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Grands parents paternels
2 février, 2019, 12 h 07 min
Classé dans : Non classé

Ma grand-mère paternelle était elle aussi assez sévère, attachant ma sœur quand elle était petite avec un morceau de laine afin qu’elle ne bouge pas de sa chaise. Elle était très exigeante sur la propreté de sa maison et elle passait beaucoup de temps à astiquer les meubles jusqu’au barres sous la table de la salle à manger après les repas. Lors de nos vacances à la mer à Riva-Bella, dans leur villa, les règles étaient elles aussi sévères; les repas étaient un moment essentiel de la journée à heure fixe, midi et demi et nos cousins qui rentraient déjeuner à points d’heures choquaient terriblement nos grands parents lorsque à table dans la salle à manger de la villa nous les voyons passer sous nos fenêtres, rentrant de la plage pieds nus, les garçons en blue-jeans (ce que mon grand-père ne supportait pas car pour lui c’était un vêtement de travail) dans la maison voisine. Sans rien dire nous aurions bien voulu être à leur place, mais nous étions obligé d’acquiescer au discours moralisateur de mon grand-père.

Les repas étaient un peu longs car nous n’avions pas le droit de parler à table. Par contre ma grand-mère paternelle était une excellente cuisinière, l’autre aussi d’ailleurs, et nous régalait avec ses pommes de terre sautées coupées en petit carré. A la mer, elle nous préparait aussi des rognons de mouton coupés par la moitié et enfilés sur des petites broches métalliques et des maquereaux au four, à la crème et au vin blanc, recette  excellente que je continue à pratiquer à Dinard.

 

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De haute en bas: colins mayonnaise, langouste en belle vue, et jambon en croute sauce madère

À Alençon lors du repas traditionnel du dimanche midi, les mois en r il y avait toujours des huîtres, c’est à dire hors des périodes de reproduction (les huîtres triploïdes n’avaient pas encore été inventées). Ma mère adorait cela et elle nous a transmis son addiction. Dans les deux familles, mon frère, ma sœur et moi nous  avons toujours très bien mangé, la bonne bouffe était une tradition familiale le contraire aurait été étonnant compte tenu de la profession de nos parents et de nos grands parents. Nos conjoints au début de nos existences communes en ont largement profité en allant chercher le samedi soir quelques mets fins dans les chambres froides de la charcuterie et en ont gardé un souvenir impérissable. Par atavisme nous étions tous très bouffe dans la famille participant tout les dimanches matins à la réalisation de plats correspondant à une petite activité traiteur de la charcuterie comme le montre les photos des plats préparés (voir ci-dessus).

Bon appétit !



Mon grand-père paternel
26 janvier, 2019, 11 h 57 min
Classé dans : Non classé

Mon autre grand père, Maurice, celui qui me faisait revoir mes leçons, était plus sévère surtout lorsqu’il revêtait sa grande robe noire de juge au tribunal de commerce d’Alençon. Autodidacte cultivé comme son frère aîné, Fernand, qui lui n’avait pas pu être charcutier à cause d’une blessure au poignet reçue lors de la guerre 14/18. Ce dernier avait épousé une fille de droguiste dont il avait grandement développé la société, grossiste ayant profité pendant longtemps d’une sorte de monopole pour tout ce qui était produits de droguerie sur tout l’ouest de la France.

Mon grand-père avait donc hérité de la charcuterie familiale de mon arrière grand père Jules et il l’a fit beaucoup prospérer, développant en particulier la production semi-indutrielle de rillettes et ouvrant un deuxième magasin à la périphérie d’Alençon. Il lisait le Figaro ce qui nous permettait à ma sœur et moi de participer aux concours de château de sable à Riva-Bella organisé par ce journal tous les étés. A la retraite, il habitait avec ma grand-mère dans une grande maison très confortable qu’il avait fait construire par un architecte lors de l’entre deux guerres. Elle était située dans une rue proche de la charcuterie, la rue Cazault, et elle était reliée à celle ci par une ligne téléphonique privée directe ce qui était très pratique. C’était une maison bourgeoise traditionnelle, on y pénétrait par un couloir qui desservait un salon sur la gauche puis après une porte vitrée, on débouchait dans un grand hall d’où partait un grand escalier permettant d’accéder au chambres. Deux chambres au premier étage, dont celle de mes grands parents qui possédait un balcon donnant sur le jardin avec une grande salle de bain et une baignoire à l’ancienne et surtout, original, un gros coffre-fort peint dans les tons de la salle de bain, les voleurs ne l’ont jamais trouvé. Au deuxième étage 3 chambres, une petite pour la bonne, une plus grande à côté où j’ai logé à partir de septembre 1968 afin que ma grand-mère ne soit pas seule dans sa grande maison; mais afin surtout d’éviter une réquisition car une loi avait été proclamée par le gouvernement de l’époque pour lutter contre le manque de logements préconisant la réquisition des habitations insuffisamment occupées. Il y avait en plus une autre grande chambre sur la rue rarement occupée. Un petit escalier discret permettait d’accéder à un grand grenier rempli de souvenirs et en particulier des jouets de mon père et de mon oncle.

Revenons au rez-de-chaussée, au bout de ce hall d’un côté une salle à manger qui s’ouvrait sur une véranda et de l’autre une grande cuisine donnant sur une terrasse et permettant d’accéder au jardin. Ce dernier était divisé en deux parties, la première consistait en un jardin d’agrément avec un bassin carrelé en bleu au centre, où nageaient quelques poissons rouges avec au fond un rocher surmonté d’une statue représentant une naïade sortant du bain mais dont les attributs étaient cachés par un drapé et d’où coulait un jet d’eau par intermittences; du côté droit en descendant la terrasse il y avait un bac à sable, (sable prélevé sur la plage de Riva-Bella, ce qui était interdit) et dans lequel nous avons beaucoup joué; à gauche un large escalier descendait à la cave qui s’étendait sous toute la maison. Cette cave comportait plusieurs parties : un grand atelier équipé à la fois pour travailler le bois et le fer, une pièce obscure où étaient conservées les pommes du jardin mais aussi celles d’un verger que possédait près d’Alençon, à  Saint Gervais du Perron, mes grands-parents, une cave à vin où dans un petit tonneau vieillissait, entre autre, du calvados et enfin une chaufferie dans mon enfance alimentée avec du charbon qu’il fallait charger tous les jours puis plus tard par du fuel. Après le décès de mes grands parents cette superbe maison a été louée quelques années à un colonel puis elle fut achetée par l’agence immobilière voisine qui souhaitait s’agrandir et qui a dû la saccager, c’est navrant.

 



Mes grands-parents maternels
19 janvier, 2019, 12 h 01 min
Classé dans : Non classé

Cette cour Langlois desservait la maison de maître et plusieurs autres habitations appartenant toutes à mes grands-parents. Nous allions souvent dans la  petite maison de l’oncle René qui jouxtait une grange, mais surtout où il y avait un billard russe dans la salle du rez-de-chaussée. Ce billard qui était son principal loisir pourtant difficile à transporter a toujours suivi mon oncle au fur et à mesure de ses déplacements. D’abord dans une aile de la grande maison lorsque la petite maison fut vendue. Le billard a suivi ensuite mes grands parents et mon oncle à Argentan où il fut installé dans le garage.  Puis au décès de mon oncle, mon frère en a hérité et il a échoué dans le sous sol de la maison de mes parents à Alençon, où nous l’avons beaucoup utilisé, pour enfin être, transporté à Paris et vendu mon frère n’ayant pas de place pour le conserver.

L’origine de ce billard était particulière, en effet à la fin de la seconde guerre mondiale mon grand père dont la charcuterie avait été détruite par les bombardements a dû, pour réouvrir son commerce dans des locaux provisoires se procurer des tables en marbre; astucieusement il a récupéré des billards russes dont il a désossé le dessus jusqu’à ne plus avoir que la plaque en marbre sur laquelle il pouvait travailler. Il en a acheté plusieurs et a gardé celui qui était en meilleur état et sur lequel nous avons joué toute notre jeunesse.

 

Flers

Une partie de la maison vue du début du parc

La grande maison bourgeoise où nous accueillaient mes grands parents lors des vacances était située à l’extrémité d’un grand parc qui se terminait par une grille majestueuse donnant sur la rue mais personne ne rentrait par là et je crois bien ne l’avoir jamais vue ouverte.

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Grille bordant le parc coté rue

Ce parc était une aire de jeu formidable pleine de cachettes dont nous profitions abondamment, planté de grands arbres, certains très certainement centenaires, qui entouraient une grande pelouse centrale en pente avec deux allées de part et d’autres descendant vers un bassin où vivotaient quelques poissons rouges. Je me souviens d’un grand hêtre, d’un noyer et d’un araucaria (appelé aussi désespoir du singe mais je ne l’ai appris que beaucoup plus tard à l’université en cours de botanique). Ensuite on remontait vers la maison en traversant un grand potager de part et d’autre de l’allée principale où mon grand-père cultivait des légumes. Mon oncle René s’occupait plus particulièrement de l’entretien du parc, enlevant les feuilles, désherbant et ratissant les nombreuses allées. Un paysan venait à la fin de l’été faucher l’herbe de la grande pelouse et faisait un gros tas de foin sur lequel nous nous amusions beaucoup. J’avais aussi une copine de mon âge,  la fille d’un des locataires de mon grand père habitant l’une des maisons de la cour Langlois, avec qui je jouais presque tous les jours. Je l’ai revu beaucoup plus tard puisqu’elle s’est installée au Mans après avoir quitté l’enseignement et est devenue marchande de chaussures reprenant le magasin de ses beaux parents. A la retraite elle occupe de hautes fonctions au sein de l’AVF (l’association des villes de France) et elle a embauché il y a quelques années mon épouse qui y enseigne l’espagnol. Comme quoi le monde est petit ! 



Grands parents, la suite
12 janvier, 2019, 12 h 01 min
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Concernant ce grand père maternel, quelques souvenirs, il avait fait la guerre 14/18, 7 années à l’armée avec un long séjour dans les Balkans et il en était revenu en héros avec plusieurs médailles qu’il était fier de nous montrer. Il élevait des poules et des lapins et je participais au sacrifice de ces animaux pour assurer le repas quotidien, de temps en temps lorsqu’il y avait quelques pigeons qui séjournaient sur le mur d’en face, il nous annonçait qu’il y aurait du pigeon au repas de midi et il allait chercher sa carabine pour les « cueillir ». En ce qui concerne les repas mon meilleur souvenir est celui du vendredi midi où notre grand-mère nous préparait des galettes de Sarrazin à volonté; c’était impressionnant car pour rassasier ses 6 petits enfants il fallait qu’elle assure une production en continu devant son fourneau pendant plusieurs heures, ce devait être très fatigant, mais elle était tellement heureuse de nous faire plaisir qu’elle devait en oublier sa fatigue, du moins je l’espère.

 Dans cette grande maison de maître où avait dû vivre une famille bourgeoise traditionnelle, il y avait encore au niveau de l’arrière  cuisine un vieux tableau électrique avec des numéros correspondant aux chambres permettant aux habitants d’appeler les domestiques pour leur petit déjeuner par exemple, mais il n’était plus fonctionnel et il n’y avait plus de domestiques.

 Nous avions l’habitude d’entrer par la cuisine empruntant rarement l’entrée principale qui ouvrait sur un long et large couloir qui menait à un escalier majestueux menant à l’étage où il y avait 4 où 5 grandes chambres. Au deuxième étage il y avait aussi quelques chambres plus petites dont certaines étaient louées à des ouvriers et un grand grenier rempli jusqu’au toit de vieilleries appartenant aux précédents propriétaires. Je le souviens d’avoir participé à le vider avec mon grand-père et les compagnons d’Emmaüs peu de temps avant la vente de la propriété parce que nous y avions trouvé des obus datant de la 2ème guerre mondiale.

Quand j’étais jeune deux chambres du premier étage étaient encore louées à une famille nombreuse dont les enfants devaient dormir à plusieurs dans un grand lit. Ces locataires une fois partis nous avons récupéré ces chambres et en particulier le frère de ma grand mère que nous appelions « Tonton René » qui précédemment habitait une petite maison tout en haut de la cour Langlois. D’autres locataires un peu bizarres occupaient l’aile droite du rez-de-chaussée et y sont restés jusqu’à la vente de la maison et qui élevaient des dizaines de chats ce qui contrariait fortement mes grands parents. Dans nos familles de charcutiers, les chats n’avaient pas bonne presse. Depuis ma femme et mes enfants ont plein de chats, je me suis fait une raison !



Mes grands-parents !
5 janvier, 2019, 12 h 48 min
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Comme un peu tout le monde, j’ai eu deux grands pères tous les deux charcutiers dans l’Orne, l’un à Argentan l’autre à Alençon. Dans les deux villes leurs magasins étaient judicieusement situés à proximité de la cathédrale, donc dans la zone commerçante du centre-ville. Ils ont  tous les deux avec leurs épouses respectives faits de très bonnes affaires, faisant fructifier leurs établissements. Il n’existait pas encore de caisse de retraite pour les petits commerçants aussi devaient-ils investir dans l’immobilier. Mon grand père paternel, Maurice, achetant entre les deux guerres une grande villa au bord de la mer de la Manche à Ouistreham-Riva-Bella, faisant construire plus tard pour sa retraite une maison d’architecte spacieuse à Alençon, achetant les commerces autour de sa charcuterie afin de pouvoir permettre à ses successeurs (!) de s’agrandir un jour.

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Charcuteries de mon arrière grand-père (Jules) et de mon grand-père à Alençon

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La charcuterie de mon grand père maternel à Argentan de gauche à droite : avant la guerre, après le bombardement et reconstruite dans les années 1950

Mon grand père maternel, Léon, de son côté a investi à Flers de l’Orne en achetant, en viager, une grande propriété de maître avec parc arboré et une cour privée, la cours Langlois, où se trouvait une demi-douzaine  de petites maisons mais aussi une salle des ventes et une salle de judo.

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Maison de maître à Flers

Il avait fait une très bonne affaire ne payant qu’une année de viager, le propriétaire étant décédé prématurément. Nous avons profité ma sœur, mon frère, moi et nos cousins, abondamment de ces résidences de vacances pendant toute notre jeunesse puis malheureusement elles furent vendues.

 

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Villa à Riva-Bella

Tout d’abord la propriété de Flers que mon grand père a vendu pour revenir dans sa ville d’origine, Argentan, où il avait fait construire une petite maison proche de la gare où vivait aussi le frère de ma grand mère, dit tonton René. Mon grand-père n’en a pas profité très longtemps décédant dans sa soixante troisième année. Cardiaque il avait fait le choix de ne pas suivre les conseils des médecins et de ne pas faire de régime (un peu comme moi, encore que je fais de temps en temps des efforts). Ma mère aime à rappeler que le jour de son décès, il y avait un kg de tripes pour son repas de midi dans le frigo. Par contre mon autre grand père atteint des mêmes maladies à suivi les conseils des médecins se privant de beaucoup de choses, il a vécu un ou deux ans de plus mais de façon beaucoup moins agréable. Je vais bientôt me trouver face à ce choix, pas facile, cela m’inquiète. Ma nature me pousse plutôt vers le choix de mon grand père maternel, j’ai souvent un pied de cochon ou d’autres douceurs charcutières dans mon frigo !



Ma soeur, suite et fin !
29 décembre, 2018, 12 h 46 min
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Elle est ensuite devenue fonctionnaire en obtenant un poste en milieu hospitalier d’abord en région parisienne puis en Bretagne à Rennes. Elle a épousé à Argentan, dont il est originaire, un militant barbu très engagé dans la vie syndicale, à la CGT, syndicat au niveau du quel il a rapidement pris des galons et où il a été détaché comme permanent pendant une grande partie de sa carrière. Toutefois pour l’avoir accompagné quelquefois à Paris, il se rendait souvent place du Colonel Fabien ! Je dis cela, je dis rien !

Ils ont eu deux enfants un garçon et une fille, renouvelant juste l’espèce comme beaucoup de couples, moi j’ai fait exception ! Les enfants sont maintenant tous les deux pacsés  et ont quitté la Bretagne, le garçon ingénieur en électronique est installé à Tours avec sa femme comptable et une petite fille. La fille est montée vers le Nord dans les hauts de France, elle a deux petites filles et elle est webmaster après une formation de deux ans en IUT; profession dans laquelle elle a réussi brillamment et bénéficie de fortes rémunérations. Son conjoint est ingénieur.

Ma sœur et son mari avaient acheté une maison neuve dans la banlieue de Rennes à Chantepie, village dans lequel se sont ensuite installés mes parents lorsque notre père a eu des problèmes de santé, ma mère souhaitant se rapprocher de sa fille. Mon père décédé, ma sœur s’occupe toujours beaucoup de notre mère qui est maintenant en maison de retraite après avoir vécu plus d’une dizaine d’années dans un appartement qu’ils avaient acheté dans la même localité. Avec son époux très bricoleur et excellent jardinier, ils profitent de leur retraite pour voyager en France en utilisant une caravane attelée à un petit camion camping aménagé par leurs soins et à l’étranger en voyage organisé à base de randonnées pédestres.



Ma soeur
22 décembre, 2018, 8 h 40 min
Classé dans : Non classé

Ma sœur est née trois ans après moi, je n’étais plus fils unique, mais j’en avais bien profité si l’on regarde tous les albums photographiques qui me sont consacrés. J’avais donc maintenant une petite sœur et je devenais un grand frère. Il fallait de la place pour ses deux enfant alors mes parents ont fait percer un mur de leur chambre afin de pouvoir accéder à une pièce de la maison d’à côté dont mon grand père était propriétaire.

Nous avons ainsi dormi plusieurs années chez le voisin dans une chambre au mobilier caractéristique de l’époque en bois plaqué de couleur beige avec deux lits jumeaux, deux bibliothèques d’angle, deux tables de nuit identiques et une armoire commune du même métal ! La fenêtre donnait sur l’impasse permettant d’accéder à l’arrière de la charcuterie. Quelques années plus tard ma sœur a quitté cette chambre remplacée par mon jeune frère et elle emménagea dans la chambre dite du devant car donnant sur la grande rue.

À 14 ans je suis parti en pension à Caen et du coup ne rentrant que de temps en temps à Alençon et lors des vacances, j’ai un peu perdu de vue ma sœur. Je ne l’ai vraiment retrouvée que lorsqu’elle est venue faire une année d’étude à l’université de Caen alors que j’y étais en quatrième année de biologie. Elle y a suivi la première année de CB-BG comme je l’avais fait quelques années plutôt, mais elle n’a pas poursuivi dans cette filière pour s’orienter vers une formation paramédicale de diététicienne qu’elle a suivi à Paris.

 



Fin d’une dynastie !
14 décembre, 2018, 23 h 38 min
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Mais c’en n’était pas fini avec l’immobilier; en effet mes parents, suite à  des héritages, avaient accumulés beaucoup de biens immobiliers s’ajoutant à ceux qu’ils avaient eux-mêmes achetés. La charcuterie était à l’époque un métier très rémunérateur; ils étaient propriétaires  d’un studio à Paris dans lequel a vécu mon frère quelques temps et de places dans un parking souterrain, fait construire des garages à Alençon comme placement financiers, acheté un appartement à Alençon et pour les loisirs un appartement à la montagne et une maison de campagne. Ils avaient hérité de la maison de mon grand-père paternel, et des commerces voisins de la charcuterie que mon grand-père avait achetés pour agrandir le magasin si j’avais succédé à mon père. Du côté maternel, ma mère avait hérité d’une demi-douzaine de maisons dans la cour Langlois à Flers. Ce n’était pas vraiment une bonne affaire car toutes les maisons étaient assujetties au loyer de 1948 peu rémunérateur pour les propriétaires qui ne couvraient même pas les frais. Bref avec tout cela ils étaient imposés sur la fortune jusqu’à ce que l’on devienne, mon frère, ma sœur et moi, en partie propriétaires de ces biens en indivision après donations.

Profitant de leur longue retraite et de leurs moyens financiers, ils ont beaucoup voyagé avec une bande d’amis dans le monde entier, même jusqu’en Chine à une époque où ce n’était pas encore la mode. La maladie de mon père a mis fin à leurs pérégrinations et c’est bien dommage. A la retraite, courageusement, ils nous recevaient tous, leurs trois enfants, leurs conjoints et les 9 petits enfants lors de week-end prolongés et surtout à Noël pour le réveillons, excellent repas que notre père préparait avec très grand soin. Nous arrivions à nous loger tous mais certains enfants devaient dormir dans une sorte de grenier.

Dans le sous sol très spacieux en dehors du billard russe, nous pouvions aussi jouer au ping-pong. De plus mon père y avait installé une annexe de la cuisine où il pouvait préparer des plats lorsque nous étions nombreux à table. Dans cette cuisine en sous-sol il m’a appris à préparer le foie gras. Il avait aussi gardé une sertisseuse qui permettait de faire des conserves de pastis pour exporter discrètement ce produit vers les pays musulmans en mettant sur la boite une étiquette de rillettes, rendant ainsi service aux expatriés comme moi.

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De tout cela il ne reste plus comme trace que ce papier à en-tête montrant les deux produits phares de la société Tremblin et fils dont j’ai fait partie pendant quelques années après le décès de mon grand-père paternel lorsque j’étais étudiant. Malheureusement, je n’ai pas reprisla charcuterie et le successeur de mon père a refusé de racheter ces marques qui ont définitivement disparues. Ainsi se termine la saga des Tremblin charcutiers à Alençon dans l’Orne.



L’immobilier
8 décembre, 2018, 16 h 35 min
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Au départ en retraite de mes parents, comme il n’y avait pas de successeur parmi leurs enfants, ils ont facilement vendu leur pas de porte, à l’époque cela avait encore de la valeur. Le successeur a bien réussi développant en complément de la charcuterie des activités de traiteur très lucratives, si bien qu’assez rapidement il a remboursé mon père qui lui avait fait en partie crédit sur la vente du pas de porte. Ensuite, il a aussi racheté les murs de la charcuterie, par contre il n’a pas voulu de la marque déposée : « Rillettes du Château des Ducs d’Alençon».

Mais au préalable mon père avait fait transformer les laboratoires où il produisait les rillettes dans un bâtiment voisin situé au dessus de plusieurs garages en 3 studios qu’il a conservé. L’ensemble fut revendu par ma mère après le décès de mon père. Elle avait mis en vente ce bien auprès d’une agence qui avait précédemment fait de très bonnes affaires avec la famille puisqu’elle était installée dans des locaux voisins que mon père et son frère leur avait vendu et plus tard ils avaient aussi acheté la maison de mon grand-père qui était voisine de leur agence pour en faire des bureaux. Nous étions des voisins bons pigeons.

 D’autres biens immobiliers, dont nous avions hérités par donation, ont aussi été vendus par l’intermédiaire de cette agence comme un immeuble situé dans la périphérie d’Alençon composé de deux commerces :  l’ancienne succursale de mes parents et un fleuriste, de deux appartements et de deux grands jardins; l’un des commerces était loué à une société d’informatique; le directeur de l’agence et le locataire nous ont fait une proposition d’achat très sous évaluée le locataire argumentant qu’il voulait s’agrandir et que si on ne lui vendait pas l’ensemble, il allait rompre son bail et que l’on ne trouverait pas à relouer. Il nous a convaincu et nous lui avons cédé l’immeuble pour une bouchée de pain, découvrant ensuite que, non seulement il ne s’est pas agrandi, mais qu’il a fait construire des maisons dans les jardins attenants et qu’il a reloué les deux commerces et les deux appartements. Vilain menteur et belle arnaque ! Je m’étais occupé de cette vente et je le reconnais je ne suis pas doué pour les affaires. 



Vacances encore
1 décembre, 2018, 10 h 46 min
Classé dans : Non classé

Plus tard nous sommes allés aux sports d’hiver au début à l’hôtel, mais rapidement mes parents ont acheté un appartement dans un grand chalet à Morzine-Avoriaz dont nous avons tous largement profité pendant plus de 30 ans.  Une fois en retraite mes parents y séjournaient aussi en été avec le plus souvent les enfants de ma sœur. Je n’y suis passé qu’une fois en été avec ma famille nombreuse et nous avions prévu de camper dans la vallée près d’une rivière mais surpris par un très fort orage nous avons dû abandonner le camping qui était sous l’eau et nous tasser au sec dans la salle de séjour de l’appartement ce qui a effrayé mes parents mais ne nous a pas posé de problème. Avec mes 5 garçons nous étions habitués à loger n’importe où et n’importe comment. 

Mes parents avaient acheté une maison de campagne, lai lieu dit La Perruche, à quelques km d’Alençon mais dans la Sarthe. Ils l’avaient fait rénover non sans mal et elle leur permettait de passer les dimanches à la campagne, d’y organiser des réunions de famille en accueillant leurs amis dans de bonnes conditions. précédemment les réceptions se déroulaient faute de place dans le laboratoire de la charcuterie. Plus tard ayant aménagé le grenier il était possible d’y passer la nuit et donc le week-end. J’y ai peu séjourné car j’étais déjà parti en Algérie, par contre mon frère en a beaucoup profité ! D’un autre côté il s’occupait de l’entretien des pelouses et des fleurs qui garnissaient un pressoir en granite que mon père avait acheté et fait installer sur la pelouse en face de la maison. Grâce à cette propriété sarthoise de Saint Rigomer des Bois, nous avons pu nous marier religieusement ma future femme et moi dans une petite chapelle proche de la maison et que nous avions fait rouvrir pour l’occasion. Ma femme a ainsi pu se marier dans son département de naissance, la tradition était respectée.

Dans l’appartement où nous vivions au dessus de la charcuterie mes parents ont progressivement réalisé des transformations afin d’améliorer le confort, une vraie salle de bain avec baignoire fut installée sur la terrasse jouxtant la chambre de mes parents. De l’autre côté du palier un cabinet de toilette fut transformée en salon et la chambre dite du devant (celle donnant sur la grande rue) fut refaite, disposant d’un petit cabinet de toilette étrange car la porte était inclue dans la tapisserie. Au second étage il y a eu d’abord une chambre dortoir pour les vendeuses et un grenier il fallait le traverser pour accéder à une chambre dans laquelle j’ai logé et une porte sur la droite permettait d’accéder à un escalier commun avec le commerce de vêtements voisin ce qui permettait d’accéder à un troisième étage où une autre chambre a permis plus tard de loger les vendeuses. Il y avait une ambiguïté dans la mesure où ces dernières devaient traverser ma chambre pour gagner la leur. Mais j’habitais alors à Caen et je n’occupais cette chambre que le week-end quand les vendeuses n’étaient pas là, la morale était sauve !


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