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Mes soirées artistiques
3 mai, 2015, 17 h 18 min
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Une autre de mes activités nocturnes concernait le théâtre; en effet des copains que j’avais connu par ma collègue de bureau (en thèse) faisaient du théâtre dans la troupe du « Gros Caillou », théâtre pour enfants mais dont les pièces convenaient aussi aux adultes. La pièce s’appelait  » les aventures d’Albert le renard » et pendant les nombreux mois de répétition au TMC (Théâtre Municipal de Caen), j’accompagnais les acteurs et actrices impressionné surtout par une certaine lulu qui jouait le rôle de « Jimmy le Poulet ».

 

Le metteur en scène m’avait gracieusement accueilli dans la loge d’où il dirigeait la mise en scène et j’étais devenu une sorte de conseiller spécial mais un peu béotien. C’était très intéressant et très agréable d’autant plus qu’après les répétitions je participais au repas de la troupe, tard dans la nuit, et au cours duquel on refaisait le monde du spectacle. J’ai mis longtemps à comprendre que ma situation privilégiée venait du fait que le metteur en scène homosexuel avait un faible pour moi. J’ai profité, en tout bien tout honneur, de cette ambiguïté, (« il a un rôle pour toi » me disait un des acteurs) jusqu’à la première du spectacle dans la grande salle du TMC.

 

Mais pour terminer cette histoire sentimentale … qui n’avait pas encore débuté, un soir de répétition, je suis venu avec mon épouse ce qui mis fin à mes fonctions de conseil. A la fin de la soirée, mon soupirant nous suivi à distance en soupirant (c’est le cas de le dire) jusqu’à notre domicile, puis il disparut dans la nuit et je ne l’ai jamais revu. Mes relations avec le théâtre se sont malgré tout poursuivies en fréquentant une autre troupe le « Living Theater » de Genève qui produisait des pièces difficiles mélangeant de l’expression corporelle et la lecture de textes pro-palestiniens. Juste deux anecdotes, la troupe avait été retenue par la Mairie de Caen pour jouer une de leur pièce à  l’occasion d’une quelconque inauguration.

 

Nous étions invités et toute notre bande s’était placée dans les premiers rangs afin de profiter au mieux du spectacle; en effet une des actrices illustrait à l’aide de son corps, bien sur toutes les coutures, les textes très arides lus sur scène par l’un des comédiens et elle avait eu la bonne idée de l’emballer (son corps) dans une nuisette hippie en voile de coton très léger et très transparent, de plus l’éclairagiste avait astucieusement placé la poursuite en arrière d’où un magnifique soleil vénitien qui captait toute l’attention des spectateurs. Malgré cela la plus grande partie des huiles municipales présentes avait quitté leurs chaises pour aller s’empiffrer au buffet préparé au fond de la salle comme quoi ces gens n’aiment pas le théâtre ! Et du coup comme nous n’avions pas déserté nous n’eûmes presque rien à manger, hors pauvres étudiants nous étions surtout venu pour le buffet.

 

Dans un autre spectacle de la même troupe une autre anecdote dans un moment de grande tension, le leader de la troupe qui s’était donné le premier rôle vêtu d’un pantalon très moulant lors d’une grande tirade dramatique se terminant par mon sexe et en le montrant de la main, (bien avant Michael  Jackson), fit éclater son pantalon ce qui déclencha chez moi un fou rire incontrôlé, ce qui me valu d’être interpellé par l’acteur par un « Ta gueule Tremblin », il venait d’inventer le One Man show interactif mais à mes dépens. Pour en finir avec le théâtre j’ai aussi passé quelques soirées avec la femme de Serge Reggiani, Annie Noël, actrice qui était en résidence au théâtre de Caen, mais je restais discret et intimidé, donc pas d’anecdote. 



Promotion au CNEC et mariage
26 avril, 2015, 19 h 37 min
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Au niveau du cercle naturaliste, je montais rapidement en grade comme responsable de l’information avec  Nanard un autre étudiant très artiste, bon dessinateur et bon musicien avec qui j’ai fait les quatre cents coups mais j’en parlerai plus tard. Pour l’affichage nous avions révolutionné le métier en inventant l’affiche odorante imprégnée de vin rouge de mauvaise qualité et couverte de dessins de rondelles de saucisson ce qui nous valu une convocation chez le Recteur et des remontrances (nous en avions volontairement  collé une près de son bureau, juste pour voir).

 

Pour l’anecdote je fus une deuxième fois convoqué chez le Recteur lors de mon stage de DEA dans le laboratoire de Physiologie Végétale. En effet sur mon véhicule de fonction que je garais sur le parking du personnel en face du bureau du dit Recteur, il était marqué en gros et en rouge « viande » car, suite au décès de mon grand-père, j’étais devenu le fils de la société charcutière Tremblin & fils et à ce titre je bénéficiais d’une 4L de fonction et la présence permanente de ce véhicule « Viande »  choquait le Recteur.

 

Ma deuxième fonction fut père Paillard avec la responsabilité de la vente de fascicules de chansons et l’animation dans le car lors des excursions du dimanche avec mon collègue Nanard, reconnaissant les membres du bureau nous avaient dédié deux refrains de l’internationale paillarde 1 : « c’est Nanard qui a le plus gros braquemard et c’est Tremblin qui baise comme un lapin » (ce qui n’était pas obligatoirement à mon avantage, mais la rime était riche).

 

Lors de la mise en place du bal annuel du CNEC une tradition était de préparer des panneaux humoristiques couvant les vitres de l’aquarium. Lors de ces préparatifs qui nous occupaient le soir durant plusieurs semaines, d’un naturel très moqueur, je devais peut-être un peu énerver mes collègues, aussi je me suis retrouvé avec les fesses peintes en rouge sur une idée d’une amie proche que je côtoie toujours (elle se reconnaîtra). Je fus, à ma connaissance, le deuxième universitaire dans cette situation car auparavant après 68, un prof de physique Mabout-Stromberg très gauchiste avait subi la même agression, mais par un groupuscule fasciste. Aussi j’ai pu en faire un jour de gloire.

 

En dehors de ma participation aux activités du CNEC, j’avais une autre vie plus intellectuelle qui consistait à passer des soirées avec mes colocataires dans un petit bar un peu louche près de la gare routière, en contre bas, le Petit Malherbe, où nous refaisions déjà le monde. Avec certain d’entre eux, Je militais aussi dans des mouvements pacifistes et non violent, essayant de vendre devant les portes du RU « alerte atomique », le journal du MCAA  (Mouvement contre l’armement atomique) font le slogan majeur était « actif aujourd’hui ou radioactif demain », devenu ensuite le MDPL (mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté). Nous n’en avons jamais vendu beaucoup sauf une année où nous avions recruté une très belle jeune fille blonde, pleine d’avantages,  du coup elle vendait tout le stock rapidement et nous plus du tout (comme quoi le succès en politique ne tient pas à grand chose).

 

Mon plus grand fait d’armes, en dehors de dizaines de réunions et de quelques manifestations assez confidentielles, c’est d’avoir peint avec un camarade, sur le trottoir, devant le phénix en haut du Gaillon le slogan suivant : »le fusil sert de sexe aux impuissants » très  antimilitariste pour les groupes qui prônaient à l’époque la lutte armée. Comme j’avais utilisé une bombe de peinture laquée pour réfrigérateur et dans la mesure où ce slogan n’était pas peint sur un mur (il aurait été rapidement effacé) mais sur le trottoir, il est resté plusieurs années pour mon plus grand plaisir. Les gauchistes ont bien cherché quel groupuscule avait pu oser peindre un tel slogan démobilisateur, mais sans jamais le découvrir, j’en parle maintenant car je pense qu’il y a prescription.

 

Durant cette période je me suis aussi marié devant les Hommes à la mairie de Caen, dans la prestigieuse abbaye aux hommes, mais entre copains ce qui n’avait pas manqué d’inquiéter les responsables de la mairie, en particulier le préposé au mariage qui attendait des mariés traditionnels alors que nous étions présent depuis un quart d’heure mais non costumé. Sentant que la situation était bloquée, j’allais voir le dit préposé en lui demandant pourquoi la cérémonie ne débutait pas : »On attend les mariés » me répondit il ! Je l’informais donc de notre présence et il fut très soulagé lorsque la cérémonie fut terminée dans la mesure où nous dénotions un peu dans le rouge et or des fauteuils de la salle de mariage, surtout mon témoin qui s’occupait d’un centre d’accueil des clochards, donc habillé en conséquence, dans le cadre du service civil lié à l’objection de conscience. Je me suis aussi marié devant Dieu quelques temps plus tard dans une chapelle en Sarthe en présence de toute ma famille afin de respecter les traditions judéo-chrétiennes mais nous avions judicieusement choisi le curé qui avait quelques restes soixante-huitards et dont l’homélie débutait par : « lorsqu’en 68 les étudiants écrivaient sur les murs : sous les pavés la plage … » je vous fait grâce du reste mais une partie de ma famille (les Tremblins peinture, droguistes, par opposition aux Tremblins boudin, charcutiers) n’avait pas vraiment apprécié le sermon. Je n’en dirais pas plus du moins pour le moment.

1) A cette adresse pour ceux qui ne connaissent pas :http://www.paillardier.fr/50-20-79-internationale.html



Villa à la mer et CNEC …
20 avril, 2015, 13 h 16 min
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En 1966, il y avait encore dans les locaux de l’université de grandes salles qui servaient en temps normal de salle d’examen mais aussi permettait l’organisation de bals étudiants prestigieux, costard-cravate obligatoire et robe longue pour les dames avec plusieurs pistes de danses, orchestres jouant des valses, du blues ou du rock suivant les goûts. Mais pour pouvoir assister à de telles réjouissances il fallait venir avec une cavalière. Bien que très timide mais désireux de participer à ce bal prestigieux (image de la vie de l’étudiant dans les films en noir et blanc de ma jeunesse), j’osais inviter une petite étudiante  blonde aux grands yeux bleus qui à ma grande surprise accepta. Je passais donc une soirée formidable, malheureusement cette idylle fut de courte durée car un autre garçon mis le grappin dessus et la maria l’année suivante. J’appris par la suite que son père était militaire, aussi étant plutôt antimilitariste, je n’ai rien regretté.

Le printemps arrivant il me restait une autre option pour me faire des relations dans la gent féminine, la villa de mes grands-parents au bord de la mer, « Ouistreham Riva-Bella » à quelques kilomètres de Caen. Ma grand-mère pensant bien faire, me proposa les clefs de sa villa afin que je puisse réviser mes examens au calme. Très rapidement avec un copain biologiste nous nous sommes installés afin de démarrer nos révisions. Mais très vite nous eûmes de plus en plus de copains pour de longues soirées bien arrosées. L’un d’entre eux, étudiant en histoire, mais habitant Riva-Bella venait nous voir le soir avec des minutions (souvent une caisse de bière c’est à dire 12 bouteilles d’un litre de Walstar). Il nous appris un nouveau jeu de dés, auquel j’ai beaucoup joué par la suite, le 7, 14, 21 dont les règles sont relativement simples : chacun des participant jette les dés à tour de rôle, on ne compte que les uns et on les additionne, le premier qui arrive à 7 prépare la boisson, celui qui arrive à 14 boit et celui qui arrive à 21 paye. Dans le salon de la villa nous l’avions un peu modifié dans la mesure où les participants apportaient chacun une boisson alcoolisée et donc qu’il n’y avait pas à payer et que nous avions remplacé le verre par un très grand bol dans lequel celui qui arrivait à 7 faisait les mélanges si bien que l’on ne pouvait gagner qu’une seule fois (deux pour les plus résistants) car ensuite il fallait cuver pardon éliminer. En général pour terminer la soirée on se rendait dans un restaurant qui appartenait au père de l’un des joueurs et on faisait une grande bouffe (un soir ayant trouvé des langoustes en « belle vue » dans la chambre froide nous les avons mangé, ce fut notre dernier repas car le papa nous a définitivement interdit l’accès à son restaurant); parfois nous avions du mal à rentrer à la villa, un matin ou plutôt un soir je me suis réveillé avec la nuque en sang car mes « copains » m’avaient trainé chacun par une jambe sur le chemin du retour et en plus, cette fois la, nous avions dormi plus de 24 h et nous nous  sommes réveillé un jour plus tard que prévu ce qui déstabilise. Parmi les participants il y avait Jean Marc Flambard un  historien, futur agrégé,  très brillant mais présentant une forte addiction à l’alcool. Alors qu’il était promis à une grande carrière (il avait passé un an à la Villa Médicis) il s’est volontairement exclu de la société et il est mort noyé lors d’une inondation alors qu’il habitait une caravane sur les bords de l’Orne.

En ce qui concerne les filles, j’étais tombé amoureux de la fille de l’épicier de Riva-Bella qui était plus que charmante (une vrai petite s….) et participait de temps en temps à nos soirées, mais qui m’ignorait superbement d’autant plus qu’elle avait comme copain le fils du marchand de journaux qui roulait en Austin-mini alors que je roulais en 2CV Citroen, je ne faisais pas le poids mécaniquement (pourtant j’étais mince à l’époque). Après avoir rejeté mes avances, elle m’a un jour sauté au coup en me tapant deux bises alors que je flânais avec ma future femme dans les rues de la station balnéaire (confirmant la phrase de Reiser  : « toutes des s…. sauf maman »).

Dans ces conditions pourtant favorables, nos révisions ne furent pas fructueuses et nous fûmes collés à nos examens, mon collègue dés l’écrit et moi reçu à l’écrit mais collé aux TP. j’ai réussi, malgré tout, à la session de septembre, je suis passé en seconde année de biologie à la rentrée d’octobre 1967. Le premier semestre se déroula sans problèmes par contre l’année suivante (1968)  fut beaucoup plus animée. En janvier tout d’abord, pour une raison sur laquelle je reviendrai peut-être, j’ai adhéré à l’UNEF le syndicat étudiant ce qui me valut de me trouver plus engagé que je ne l’aurais voulu lors des événements de mai 1968. Cet engagement syndical avait une motivation pas très politiquement correct comme on dit maintenant. En effet avec un collègue étudiant (celui de Riva) nous avions conçu, afin d’arrondir nos fins de mois et d’animer un peu les sections de biologie, le projet d’organiser un bal des CB-BG dans les locaux de l’A (géré par l’UNEF); notre statut récent de membre actif du syndicat nous autorisant à utiliser ses locaux. C’est ainsi qu’un jeudi soir, après une campagne publicitaire astucieuse (faisant, une semaine avant, courir le bruit que des petites anglaises qui venaient d’arriver étaient invitées gratuitement; c’était crédible car les échanges avec l’Angleterre toute proche étaient nombreux) le bal eut lieu, grosse réussite, on refusa du monde surtout des garçons, malheureusement pas de petites anglaises, nous avions anticipé mais sans succès le film de Michel Lang (1976). Toutefois le but était atteint, nous nous étions renfloués financièrement mais vers 3 h du matin descente de police avec amende pour tapage nocturne car nous avions pas prévenu les habitants du quartier. Notre association les amis des CB-BG s’est auto-dissoute le lendemain et nous nous fîmes oublier.

Mais nous n’en avions pas fini avec les bals. Membre du CNEC (Cercle Naturaliste des Etudiants de Caen, ne pas confondre avec naturiste encore que certains d’entre nous avaient tendance à montrer leurs fesses à l’arrière du car pour dissuader les voitures de nous suivre), en dehors des sorties botaniques ou géologiques du dimanche en autocar souvent très agitées, cette association pour se financer organisait tous les ans un bal officiel important dans l’aquarium (grande salle vitrée de l’Université, d’où son nom). Je participais activement à l’organisation de cet événement et en particulier j’étais chargé de l’intendance, c’est à dire de la gestion des sandwichs et du punch. Pour les sandwichs ce fut une réussite financière dans la mesure où je n’avais acheté que le pain, les rillettes et le pâté étant fournis gracieusement ou presque par les établissements Tremblin et fils.  Pour ce qui est du punch alors qu’il était interdit de vendre de l’alcool nous avions trouvé une astuce qui consistait à vendre des cartes d’adhérent qui donnaient droit à un verre de punch de bienvenue. J’ai assuré ces fonctions durant plusieurs années au détriment de mon foie qui en prenait à chaque fois un sacré coup, ne serait-ce qu’à cause des vapeurs et de ma conscience professionnelle (il fallait bien goûter !). A la fin du bal, j’étais souvent dans un sale état affalé dans un coin faisant du stop à la farandole et c’est ainsi que m’a vu pour la première fois Roselyne Coulon que j’épouserai quelques années plus tard (le destin) moi je n’avais rien vu bien sûr.



Ma vie d’étudiants, premier pas ….
16 avril, 2015, 15 h 27 min
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Après avoir séjourné dans un établissement privé confessionnel où la gent féminine (le péché) était prohibée, je me suis trouvé brutalement plongé dans un milieu où la mixité était la règle et les tentations nombreuses et attirantes. Pourtant mes débuts furent difficiles, d’abord je roulais en vélo solex et en plus j’étais logé chez un charcutier dans les logements des apprentis au confort réduit au minimum (chambre mansardée de 9 m2, avec un point d’eau sur le palier, sans fenêtre, avec juste un vasistas non étanche et l’eau qui tombait sur le lit et sur la couverture chauffante unique mode de chauffage, c’était très risqué). Dans ces conditions, difficile d’inviter quelqu’un et encore moins une personne du sexe dans un tel logement. Aussi mes premiers mois d’étudiants furent difficiles d’autant plus que je ne connaissais personne dans un amphi de 250 étudiants et étudiantes.

Les premières séances de TP consistèrent à former des binômes et coup de chance en TP de physique, je me retrouvais avec une partenaire. J’allais donc pouvoir découvrir ce que l’on m’avait toujours interdit : « la femme », grâce à cette relation professionnelle; c’est devenu une très bonne copine que je fréquente toujours 45 ans après. Au début, innocent, je m’installais dans le bas de l’amphithéâtre afin de suivre les cours avec application et d’entendre le prof, puis les mois passant, je suis peu à peu remonté vers le haut, moins près du prof mais plus proche des jeunes filles dévergondées qui occupaient les derniers rangs;  ainsi au cours du second semestre,  j’ai très vite été séduit par une grande fille, une grande gueule, assez vulgaire, toujours accompagnée d’une toute petite (un chaperon) à qui je payais des cafés dans le « café des sports » au bas du Gaillon, sans jamais conclure comme dirait plus tard Jean-Claude Dusse.

Par contre ma situation immobilière avait évolué, la chambre que m’avais retenue mes parents était enfin disponible. Je quittais mon taudis sans regret et m’installais chez une dame âgée qu’on allait, les autres locataires et moi, appeler rapidement la grand mère, d’autant plus que c’était vraiment la grand-mère de l’un d’entre nous. Quatre garçons donc (dans le vent bien sûr mais seulement deux avaient les cheveux longs) chez une logeuse mais avec des consignes strictes : interdiction d’amener des filles, là encore cela n’allait pas faciliter mon épanouissement si vous voyez ce que je veux dire… Mais par contre faciliter mes études. Du coup les bistrots étaient nos quartiers de prédilection où nous passions beaucoup de notre temps à faire le monde mais pas encore à le refaire, cela viendra plus tard.

Notre quartier général s’appelait le « Petit Malherbe » près de la gare routière, bistrot aux lumières tamisées un peu mal famé et en dévers, il fallait descendre quelques marches pour accéder à la salle principale et nous occupions souvent une petite arrière salle où nous étions plus tranquille. Innocents, nous mimes plusieurs années à nous apercevoir que la serveuse très gentille avec nous, montait avec les clients, en fait il la jouaient aux dés (au 421) ce qui devait être plus excitant; je n’ai jamais fait de partie de 421 du moins dans ce bistrot par contre j’ai été entraîné quelques fois par un copain à jouer à ce jeu pour de l’argent mais je me suis rapidement arrêté lorsque je me suis aperçu que je jouais surtout le rôle de pigeon. Á l’époque Nous avions deux options pour le café du midi après le restau U ou nous descendions vers le centre ville et nous prenions un express qui nous coûtais cher, alors que si nous remontions vers la maison de notre logeuse dans le bistrot voisin le café était beaucoup moins cher et arrosé d’un coût de Calvados. Devenir alcoolique mais plus riche, ou sobre et plus pauvre, là était la question comme a déjà dit quelqu’un avant moi …



Ma vie de lycéen
13 avril, 2015, 17 h 33 min
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Je suis un pur produit de l’enseignement privé confessionnel. D’abord en maternelle à l’école Sainte Thérése de l’Enfant Jésus tenue par des Bonnes Sœurs puis en primaire à l’école privée de la rue du cours dans laquelle j’ai pris deux ans d’avance L’inconvénient d’une scolarité si rapide, c’est que j’ai  zappé l’apprentissage de l’orthographe ce qui m’a quelque peu handicapé par la suite. J’ai poursuivi ma scolarité à Saint-François de Sales, institution privée tenue par des abbés dans laquelle j’ai suivi les  4 années de collège comme demi-pensionnaire en bon élève  qui n’avait pas le choix hormis celui de travailler, car la journée commençait à 8 h 30 pour se terminer à 19 h15 avec plusieurs études dans la journée, une longue étude de 17 h à 19 h 15,  même le jeudi qui était théoriquement un après-midi de congés et une étude le dimanche matin à 8 h suivi d’une messe obligatoire pendant la période de la communion solennelle, messe qui complétait celle du vendredi. Le soir, je rentrais à 19 h 30 et je passais chez mon grand-père qui me faisait revoir mes leçons hormis l’anglais qu’il ne connaissait pas ce qui explique en partie mes difficultés avec cette langue.

Tout cela  pour rentabiliser l’investissement de mes parents qui payaient ma scolarité en rillettes si bien que lorsque les dites rillettes étaient servies à l’un des repas le chef de table qui s’appelait Billy et dont la mère vendait des soutiens gorges et des culottes et donc qui était très en avance sur les choses de la vie et nous assurait une formation au cours du repas, j’étais privé de rillettes considérant que j’en mangeais déjà assez chez moi. Je ne pouvais difficilement lui rendre la pareille compte tenu de la profession de ses parents et de l’absence totale de porteuses de sous vêtements de ce type dans l’établissement.

Bref à 15 ans après ces quatre années de collège alors que je passais en seconde sans problème, ma mère décida de m’envoyer en pension à Caen. On me fit passer un examen d’entrée (une dissertation, exercice que je n’avais jamais pratiqué) et je me suis retrouvé à redoubler la troisième. Tout n’est pas négatif car j’y ai rencontré un copain que je fréquente encore … La première année fut quand même difficile, la vie en dortoir de 50 pensionnaires, le lit en métal et le casier en tôle, la toilette très rapide à la chaîne dans le froid, la veilleuse toute la nuit que nous appelions la violeuse car elle nous empêchait de dormir, l’uniforme obligatoire, une blouse grise, les châtiments corporels (le fouet) dont on nous menaçait… Aussi, très vite, j’ai appris la révolte et la débrouille : arrivé le jeudi soir, mes parents pensant que j’étais emprisonné pour un mois, le samedi matin sur les conseils de mon nouveau copain, je quittais l’établissement muni d’une vrai fausse autorisation et prenais le  train tout seul pour la première fois en direction d’Argentan ou je passais le week-end et bien d’autres ensuite chez ma grand-mère toute heureuse de m’accueillir.

Très vite avec d’autres nous avons su profiter des défauts d’organisation de cet établissement pourtant très surveillé. Ainsi nous avions le soir entre 9 h et 10 h la possibilité d’être dans deux endroits à la fois ubiquiste en quelque sorte : en étude ou au dortoir, aussi avions à quelques uns nous décidé d’aller dans un troisième lieu : après s’être fait faire une clef nous passions à l’étage supérieur du bâtiment d’études où étaient en construction des chambres pour les terminales et dans cette zone interdite nous passions des soirées avec radio, cigarettes et boissons diverses, toutes choses interdites… Sans jamais nous faire surprendre sauf une fois ou le directeur est monté mais nous avions eu le temps de fuir par l’escalier de secours et de rejoindre le dortoir sans être pris.  L’autre problème c’est que nous étions prisonnier dans cet établissement; la porte principale était gardée par des pions qui surveillaient les entrées et les sorties et en tant qu’interne les sorties nous étaient interdites…. Nous résolûmes assez rapidement ce problème; nous formions à l’époque une petite bande dont la particularité était de passer toutes les récréations planqués dans une pissotière (plus large que les autres) car le règlement interdisait de rester immobile sur la cours durant toute la durée de la récréation sous peine de sanctions. Ces directives étaient données par le directeur des études qui surveillait tout cela à l’aide de jumelles de marine en prenant des photos des contrevenants avec un téléobjectif. L’un d’entre nous participait à « la conférence de Saint Vincent de Paul » qui consistait à visiter et à rendre des petits services à des personnes âgées à l’extérieur de l’établissement ; c’est ce dernier point qui avait attiré notre attention et ainsi sous prétexte de cette activité nous sortions tous les quatre tous les midis prendre notre café dans le bistrot d’à coté et la routine bien mise en place les pions s’étaient habitués à nous voir entrer et sortir tous les jours à la même heure ne nous ont jamais demandé ou nous nous rendions. Pour être en règle avec ma conscience, je suis allé une fois remplir le seau à charbon d’une petite vieille, comme quoi j’ai un bon fond, mais pendant 4 ans, sauf les jours de pluie, je suis allé prendre mon café en ville, merci á Saint Vincent de Paul.

Juste un mot sur les dirigeants de cet établissement qui étaient des frères des écoles chrétiennes, mais que l’on surnommait aussi frères 4 bras car ils portaient une cape sous les manches de laquelle il y avait des ouvertures par où pouvait surgir les bras aussi les claques étaient-elles difficiles à éviter. L’établissement ne survécu pas à mai 68, il faut dire que ses performances n’étaient pas exceptionnelles. L’année où j’ai passé mon bac, sur les 3 classes de terminales de l’époque math-élémentaire, sciences expérimentales et philosophie, il y eu très peu de reçu même pas 10 % et surtout aucun en philo car le prof testait une méthode pédagogique dite non directiviste, c’est à dire qu’il laissait les élèves totalement libre durant ses cours tandis qu’il lisait son journal. Coup de chance j’ai été reçu et pourtant j’aurais pu échouer ou du moins ne pas me présenter. En effet quelques semaines avant les épreuves ayant mis un peu d’ambiance dans l’établissement en installant durant la nuit les salles de cours dans la cour justement ce qui faisait suite à une participation active à la grande messe en l’honneur du saint patron de l’établissement : lorsque l’officiant entonna « Non le grand Saint Joseph n’est pas mort » nous répondîmes tous en coeur « car il bande encore (bis) »  nous fûmes tous renvoyés (les terminales) 8 jours avant le bac. Aussi je trouvais refuge avec 3 autres candidats à Bernières sur Mer dans la villa de l’un d’entre eux en attendant les épreuves et le soir nous fîmes une virée en Dauphine qui faillit se terminer dans le mur de l’église  et le lendemain j’ai malencontreusement lancé la clef du portail à travers la cour et elle s’est accrochée au fil téléphonique. Nous eûmes beaucoup de mal à la récupérer et nous arrivâmes au lycée moins d’une minute avant le début des épreuves. Diplôme en poche, je m’inscrivis à l’université de Caen en biologie mon destin était fixé … Je serais prof de bio.

Je déjeune depuis des années avec des chimistes (personne n’est parfait) et j’ai découvert au bout de quelques années que  l’un d’entre eux était le fils d’un marchand de cochon qui fournissait la charcuterie de mon père a Alençon et que l’autre a fait, comme moi, ses études secondaires et supérieures à Caen et bien que dans des établissements différents mais tous les deux confessionnels, nous avons découvert par hasard que nous avions á quelques années de distance subit les mêmes prof de philo et d’histoire et géographie, comme quoi cela se vérifie souvent le monde est petit …



Avant-propos
13 avril, 2015, 11 h 53 min
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Je suis plutôt un intellectuel qu’un manuel; j’ai quand même un peu bricolé quand je n’avais pas le choix, par manque d’argent quand j’étais étudiant dans les différents appartements que nous avons loué, quand j’ai du fabriquer mon mobilier en Algérie ou lorsque nous nous sommes installés dans la maison que mes beaux parents avaient donné à leur fille. Aussi après avoir commis pas mal d’articles sur mes recherches ou celles de mes étudiants dans la langue des Beatles et quelques ouvrages scientifiques en français, je me suis dit qu’il fallait faire encore plus, écrire sur le sujet qui m’intéresse le plus : MOI; donc une sorte de biographie non exhaustive en parlant de tout et dans tous les sens afin que mes petits enfants, pour le moment des petites filles, puissent un jour peut-être, si elles en ont envie, savoir quelle a été la vie de leur grand-père. En effet hormis quelques histoires ponctuelles et le fait qu’ils ont gagné pas mal d’argent, je n’ai jamais su ce qu’a été la vie de mes deux grands pères charcutiers en particulier durant une période sûrement difficile, la deuxième guerre mondiale. Je n’ai pas fait de guerre même pas de service militaire sauf comme VSNA (volontaire du service national actif … Actif, à croire que les vrais militaires, ceux avec des uniformes, ne foutaient rien dans les casernes hormis apprendre à fumer et à boire de la bière, oui je suis un peu antimilitariste…) en Algérie; mais j’ai quand même des histoires à raconter, ce que je vais faire dans la suite de ce document. J’espère au moins vous distraire sinon vous amuser, voire vous intéresser en insérant quelques pointes de mon humour très second degré et souvent non politiquement correct.



Avant-propos bis
12 avril, 2015, 17 h 44 min
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Bonjour à toutes et à tous

Vous trouverez régulièrement dans ce blog des petits textes portant sur des anecdotes que j’ai vécues ou des situations que j’ai rencontrées lors de mes activités professionnelles ou de loisirs. Je ne cite aucun nom mais certains pourront mettre des noms sur les personnages de ces courtes histoires aussi  comme on le signale souvent en début des ouvrages : « toute ressemblance avec des personnes ayant existé reste indépendante de ma volonté », ils n’avaient qu’à ne pas me croiser.



Les premières années
12 avril, 2015, 15 h 16 min
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Je suis né charcutier, fils de charcutier, petit fils de charcutier, arrière petit fils de charcutier … en quelque sorte prédestiné à ce métier. Mon grand père qui avait gagné quelque argent  (durant la guerre peut être ou bien avant) avait acheté les commerces voisins du sien afin de m’offrir, lorsque j’en aurais l’âge, la possibilité d’ouvrir une moyenne surface commerciale dans les métiers de bouche, ce qui n’avait pas encore été inventé … Malheureusement je fis « d’sétudes » comme on dit dans la campagne normande et ce projet n’aboutit pas. Après une scolarité sans histoire (je dus redoubler 2 fois : la sixième puis la troisième lors de changement d’établissement, heureusement j’avais pris de l’avance en primaire en suivant deux classes par an) qui se déroula successivement dans quatre établissements scolaires privés (avec Dieu) : pour mémoire (la mienne) : Sainte Thérèse de l’enfant Jésus pour la maternelle, l’école de la rue du cours pour le primaire, Saint François de Sales jusqu’en troisième puis Saint Joseph de Caen en redoublant la troisième pour finir avec un bac sciences expérimentale en juin 1966, année redoutable ou le nombre de reçus fut très réduit surtout dans mon établissement (dépassant difficilement les 10 %) ; avec ces mauvais scores, l’établissement ne survécut pas à mai 68… Mes  excellentes notes en Sciences Naturelles me poussèrent à choisir la filière bio en pleine mutation, l’année de SPCN venant tout juste d’être remplacé par le CB-BG puis  l’année suivante par le CB ou le BG,  c’est à dire biologie avec chimie ou géologie, en fait Fouchet, l’homme de la réforme du même nom  venait de nous rajouter une année qui aboutissait à un nouveau diplôme le DUES.


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