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Retour à mon histoire !
8 juin, 2019, 12 h 07 min
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Rapidement est arrivée la réforme LMD, tout était à refaire ou du moins il fallait ajouter une année cinq, le master 2. Mon idée était de mettre en place un master 2 commun avec les collègues de Nantes sur la thématique de recherche qui nous liait la biologie Marine et ses applications. Ainsi pendant 4 années a fonctionné un master commun sur le monde marin (Mécanisme et finalisation de la bio production marine) dont j’étais coresponsable au niveau de l’université du Maine, mais avec une difficulté, il attirait peu d’étudiants du Mans qui n’avaient pas le pied marin aussi je recrutais beaucoup d’étudiants étrangers.

Autre difficulté les enseignements théoriques du master 2 n’étaient assurés qu’à Nantes, seul les 6 mois de stage pouvait se dérouler au Mans ou ailleurs en fonction des sujets proposés et du choix des étudiants. Ce master à cheval sur deux établissements fonctionnait difficilement principalement parce que les étudiants sarthois préférant les rillettes de porc aux rillettes de sardine n’étaient pas attirés par la biologie marine à tel point que la dernière année de fonctionnement,  je n’ai inscrit que des étudiants étrangers. Cela n’avait pas plu à mon coresponsable nantais qui lui n’avait inscrit que des étudiants nationaux et pourtant en fin d’année la plupart de mes étudiants étrangers, plus motivés, se sont classés devant les nantais de souche.

L’année suivante l’université nous a imposé de collaborer avec l’université d’Angers avec une nouvelle thématique la toxicologie et l’écotoxicologie. Ce n’était plus dans mon domaine de compétence et j’ai abandonné à un collègue la gestion de ce nouveau master.



Hommage à mon cousin Fred
1 juin, 2019, 9 h 30 min
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Un de mes copains ex-coopérants, de ce que l’on appelait la bande de Perret faisant référence à l’immeuble où nous habitions, vient de décéder. J’en suis très affecté aussi à sa mémoire je me permet de faire une petite parenthèse dans ma chronique familiale.

Nous nous sommes connu lorsque je l’ai accueilli au port d’Oran en 1976 et pour rentrer dans l’enceinte du port avec mon véhicule,  j’ai du mentir aux policiers en disant que j’étais son cousin. Ce surnom lui est resté, pour moi au moins, tout au long de son séjour en Algérie.  Il avait été recruté  pour construire des villages agricoles socialistes chers au président de l’époque, Houari Boumédienne, qui voulait en inaugurer un par jour. Il ne manquait donc pas d’occupation et avait un peu révolutionné le genre en remplaçant le blanc traditionnel  des façades des petites maisons par différentes couleurs. Il avait inventé les villages polychromes. Au décès du président, ce projet étant abandonné, il a été reconverti dans la construction de petits immeubles suivant un plan type qu’il avais conçu, mais toujours avec des façades colorées ce qui lui valu un jour quelques problèmes avec le Walli car les façades bleu, blanc, rouge rappelait trop le drapeau de l’ancien pays colonisateur. La fin de son séjour s’est un peu compliquée lorsqu’il a été affecté à la construction de mosquées, ce qui n’était pas vraiment sa tasse de thé (même à la menthe). Les weekends, nous les passions très souvent ensemble soit à Oran, soit à Mostaganem où il occupait un appartement prestigieux en tant qu’architecte en chef de la wilaya.  Lors de ces weekends il s’efforçait de m’apprendre à jouer du picking à la manière de Marcel Dadi, mais j’étais très mauvais élève alors qu’il était un brillant guitariste. 

Autre souvenir, les quelques voyages en Algérie, avec Fred comme excellent guide, qu’il avait organisé visitant les monuments encore debout des ruines romaines qu’il connaissait par cœur pour les avoir dessinés lors de ses études comme l’Arc de Trajan de Timgad. Milles autres souvenirs communs me reviennent qui seraient trop longs à énumérer. 

Rentré en France il a obtenu plusieurs postes comme architecte municipal, dans des villes de gauche, d’abord à Grenoble, puis au Havre (sa ville natale), à Rennes et enfin pour finir sa carrière sur Montpellier avec Georges Frêche comme maire, ce ne devait pas être facile tous les jours !

C’est le premier de notre bande d’expatriés qui disparaît. Il s’était installé pour sa retraite à Montpellier avec son épouse comme beaucoup d’anciens coopérants d’Oran qui y ont retrouvé le même climat, la même végétation et la même mer. 

Rentré tous les deux en France depuis de nombreuses années, nous avions gardé le contact et nous conversions beaucoup par écrit grâce à internet. Commentant souvent mes chroniques politiques, il était ma conscience de gauche. Dans cette époque où le positionnement politique devient difficile du fait de la présence d’un président atypique, il va beaucoup me manquer. Nous avons passé quelques jours très agréables ensemble à Dinard à la fin de l’été dernier, refaisant (un peu tardivement) le monde au cours de longues discussions, ignorant que ce serait la dernière fois..  

Mon cousin à la mode algérienne, je ne t’oublierai jamais. 

 



Une licence puis une maîtrise
25 mai, 2019, 11 h 52 min
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Il restait non résolue la situation des étudiants de l’option biochimie qui avaient encore plus de mal que les précédents à s’insérer en licence à l’université de Caen où cette filière était déjà saturée. Il fallait faire quelque chose pour débloquer cette situation. Après le rejet par le ministère d’un dossier de licence de biochimie bâclé par le professeur de biochimie, j’ai pris les choses en main en proposant avec mes collègues chimistes une licence, avec un contenu original, intitulée licence de chimie biologique. Ce projet a plu et nous avons été convoqués au ministère par un conseiller scientifique afin de défendre notre dossier. J’ai donc rencontré ce conseiller avec deux collègues un animalier et un chimiste. Il a été convaincu par nos arguments et a autorisé l’ouverture de cette licence.

Sur ses conseils, pour l’année suivante, j’ai aussitôt préparé une demande de maîtrise que j’avais orienté vers la biotechnologie. J’ai été à nouveau convoqué au ministère, mais cette fois j’y suis allé seul, mes collègues étant en vacances. J’ai été très bien reçu par le conseiller très satisfait par mon projet et me demandant juste de modifier le nom du diplôme, l’appellation biotechnologie étant réservée à des établissements dérogatoires.

Je suis donc reparti avec une habilitation pour une maîtrise de biochimie, mais avant de partir ce conseiller, qui m’avait à la bonne, m’a proposé de soumettre pour l’année suivante un projet de DESS car c’était sa dernière année de détachement au ministère et je pouvais une dernière fois bénéficier de son soutien. Je l’ai bien remercié, mais sans emploi supplémentaire, il m’était difficile de mettre en place une cinquième année et de surcharger de travail mes collègues. Nos étudiants pouvaient maintenant obtenir un bac plus quatre au Mans ce qui n’étais déjà pas si mal. 



Revoir l’enseignement pratique
18 mai, 2019, 12 h 43 min
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J’ai ensuite quelque peu revu l’enseignement pratique qui était à mon arrivée au Mans, pour une matière expérimentale beaucoup trop descriptif, faisant à mon goût beaucoup trop appel au microscope, un instrument que je n’ai jamais beaucoup aimé. En TP de microscopie c’était pénible car il fallait faire le tour de tous les postes afin de vérifier que les étudiants observaient bien ce qu’ils devaient observer, ce qu’ils confirmaient à chaque fois sans vraiment me convaincre. Je n’ai apprécié ces instruments que lorsque j’ai enseigné quelques années plus tard dans un établissement privé à Angers, car sur chaque microscope il y avait une caméra reliée à un ordinateur et du bureau du professeur en cliquant sur les différents postes, je pouvais surveiller le travail d’observation des étudiants et intervenir sans bouger de ma chaise, quel confort !

Durant les années suivantes, j’ai progressivement réussi à implanter de vraies expérimentations de physiologie cellulaire végétale encouragé et aidé par ma collègue avec qui je partageais cet enseignement.

Au niveau de la biologie, il y avait tout de même un problème, nous ne pouvions délivrer qu’un diplôme à bac plus deux, le DEUG. Nos étudiants avaient ensuite beaucoup de difficultés à se faire accepter en licence dans les universités voisines. Nous devions faire quelque chose, il y avait bien eu une formation licence/maitrise à l’université du Maine que ma collègue avait d’ailleurs suivie lorsqu’elle était étudiante au Mans, mais qui avait ensuite été supprimée par manque de candidats. Nos chers collègues professeurs persévéraient à déposer la même demande au ministère pour une licence de sciences naturelles traditionnelle et tous les ans leur demande était rejetée.

 Il fallait proposer quelque chose de plus original et c’est grâce au professeur de géologie, ancien président de l’université, que nous avons ensemble monté une formation originale, une licence dite BGM (biologie, géologie, mathématiques). Elle permettait d’accéder dans de bonnes conditions au métier de professeur des écoles avec une formation scientifique qui manquait à la plupart des candidats et des candidates à ces emplois qui venaient surtout des sciences humaines. Ce fut un succès d’autant plus que cette formation permettait d’accéder avec des points bonus à la préparation au concours de professeur des écoles au niveau de l’IUFM.

 



Fin d’expatrIation
11 mai, 2019, 10 h 47 min
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Les années suivantes j’ai donc continué à encadrer des stagiaires de DESS puis après avoir participé à l’encadrement et au jury de soutenance d’un magister, présenté par l’un de mes meilleurs étudiants, je suis enfin rentré en France. Cet étudiant, je l’avais beaucoup aidé en lui prêtant, pour rédiger sa thèse, un des premiers ordinateurs familiaux, un QL de Sinclair  que j’avais réussi à passer à la « moustache » des douaniers (à l’époque, les algériens portaient surtout la moustache). 

Réintégré à l’université du Maine dans le service de biologie et physiologie végétales, j’avais comme à Oran la charge d’enseigner  ces matières. J’ai quelque peu bousculé l’organisation du service en proposant de débuter mes cours à 8 h du matin alors que traditionnellement ils débutaient à 9 h, les professeurs qui n’aimaient pas se lever tôt n’étaient pas d’accord, mais j’ai réussi à l’imposer; cet horaire matinal me permettait de disposer d’un amphi dans la mesure où, au début du moins, j’étais le seul à enseigner de si bon matin !  C’était beaucoup plus agréable qu’une salle préfabriquée étroite et bondée. 

J’ai été heureux de profiter enfin de la technologie du rétroprojecteur qui réduisait de beaucoup l’utilisation de la craie et du tableau noir que j’avais pratiquée pendant les 12 années précédentes en Algérie. Je projetais ainsi les nombreux schémas et illustrations nécessaires à mon enseignement sur un grand écran, en prenant soin d’en distribuer une photocopie à chaque étudiant. J’utilisais quand même le tableau noir, pour y inscrire les mots nouveaux ou un peu compliqués afin de faciliter la prise de note sans trop de « fôtes » d’orthographe par les étudiants, et la blouse blanche pour me protéger de la craie. Certains, les meilleurs bien sûr, prenaient leur notes en laissant la place pour y coller les illustrations que je le leur fournissais et reconstituaient ainsi une sorte d’ouvrage, un outil de travail leur permettant de revoir facilement leur cours et de préparer très efficacement leurs examens. Le remplissage du tableau me permettait aussi de pratiquer une technique pédagogique qui consistait d’une part à arrêter mon enseignement 5 minutes avant l’heure, car il n’y avait pas d’intercours programmés sur l’emploi du temps, et aussitôt de demander s’il y avait des questions (pédagogue) tout en me retournant pour effacer soigneusement le tableau (de haut en bas comme me l’avait appris une inspectrice d’académie) et lorsque je me retournais l’amphi était vide. En fait comme j’assurais la totalité de l’enseignement, cours, TD et TP j’avais beaucoup de contact avec les étudiants et les étudiantes qui pouvaient me questionner à loisir, de plus la porte de mon bureau restait toujours grande ouverte afin de les accueillir sans contraintes



Mon collègue béninois
4 mai, 2019, 0 h 39 min
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Nous avons ensemble développé cet enseignement de licence puis mis en place une année supplémentaire menant à un diplôme d’enseignement supérieur scientifique ou DESS, comprenant 6 mois de stage d’initiation à la recherche dans un laboratoire. Ensuite cela s’est prolongé par un magister, donc un travail de thèse en 2 ans complété par des formations sous forme de séminaires que je devais animer. Le collègue algérien avec lequel j’écris maintenant des ouvrages scientifiques a été l’un des premiers à suivre et obtenir ce diplôme. Par contre nous n’avions pas trop le choix des orientations de recherche et on nous avait imposé de travailler sur les luzernes. Nous devions faire de la recherche/formation avec les étudiants sur ce modèle végétal qui intéressait les responsables du ministère. Nous avons dirigé et mené à bien ces travaux en faisant soutenir en fin d’année universitaire des mémoires devant un jury mixte composé de coopérants et de nationaux. Tous les étudiants de cette première promotion ont été reçu et on pu poursuivre leur formation dans des universités françaises. J’en ai rencontré récemment quelques uns soit au Mans lots de visite soit en Algérie lors de mes missions récentes invité comme conférencier. Il semble que je leur ai laissé un très bon souvenir, reconnaissant d’avoir mis en place une filière qui leur a permis de faire carrière dans l’université même si ils ne nous trouvaient pas très halal car notre haleine sentait le vin que nous avions copieusement consommé avec mon collègue au cours du repas, mais nous ne pouvions faire autrement car consommer de l’eau était bien trop risqué ! 

Mon collègue africain était un ex dahoméen, devenu béninois suite à la prise de pouvoir par Mathieu Kérékou, et il était resté apatride plusieurs années dans la mesure où, fils adoptif de l’ancien président (réfugié en France), il lui était difficile d’obtenir la nouvelle nationalité ayant refusé de rentrer au pays suite au coup d’état. Je l’accompagnais lors des vacances en France, mais le passage des contrôle de police n’étaient pas simple dans la mesure où il n’avait plus de passeport. A l’embarquement au port d’Oran, il arrivait malgré tout à passer en embrouillant le policier avec mon aide. A l’arrivée à Marseille il présentait un permis de conduire obtenu en France lorsqu’il était étudiant et sa ressemblance avec Basile Boli lié à son charisme faisait le reste.

Après quelques années il est ensuite rentré en France avec sa femme française, mais fille de républicain espagnol réfugié, afin de préparer un doctorat d’état sur le mil à Orsay. Il n’a pas été remplacé et m’a laissé tout seul pour gérer la formation à bac plus cinq que nous avions mis en place



Pompidou et Senghor
27 avril, 2019, 9 h 03 min
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J’étais non seulement chercheur mais aussi enseignant. Le début de ma carrière d’enseignant en Algérie fut un peu difficile, compte tenu des moyens mis à ma disposition. L’université avait été installée dans une ancienne caserne de la légion étrangère de style colonial avec  des couloirs extérieurs qui desservaient les salles de cours où les laboratoires. Les bâtiments n’étaient pas vraiment adaptés à ces nouvelles fonctions mais l’ensemble avait un certain charme. Pour les cours magistraux, il n’y avait pas de problème, nous disposions d’amphithéâtre avec de grands tableaux noirs, c’était encore le règne de la craie comme unique support de l’enseignement, dure pour les poumons et obligeant le port de la blouse. 

Plus difficile était l’organisation des travaux pratiques; tout au long de ma carrière je me suis efforcé de proposer et de maintenir un enseignement pratique de qualité considérant que c’était ce que l’université apportait de mieux aux étudiants le contact manuel avec la science et en particulier la mienne qui nécessitait de manipuler des végétaux, des instruments de mesure et des produits chimiques.

En Algérie, J’ai donc surtout enseigné la physiologie végétale, ma spécialité, une science essentiellement expérimentale que je devais illustrer sous forme de manipulations simples pouvant être réalisée avec ce dont je disposais. Déjà, au début je n’avais pas de salle dédiée, le département de botanique ne disposait que d’une seule salle dans laquelle devaient se dérouler à la fois les TP de botanique, ceux de microbiologie et les miens. Avec des séances toutes les semaines il fallait tout installer le matin, assurer la séance et tout démonter le soir. L’année suivante cela s’est amélioré, j’ai obtenu une salle de TP dédiée à cet enseignement, une salle de culture pour les expérimentations sur les plantes et, un collègue africain !

Je me suis très rapidement bien entendu avec ce nouveau collègue toujours de bonne humeur, passionné, qui avait fait une partie de ses études à Marseille. Aussi nous avons partagé les cours, assurant en binôme les TD et les TP, formant ainsi un tandem performant (Pompidou et Senghor, disaient les étudiants, je ne vois pas pourquoi) qui a fonctionné pendant plusieurs années. 

 

 



Animation d’équipe de recherche
20 avril, 2019, 12 h 15 min
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Mon autre activité en tant que professeur était d’animer et de développer la petite équipe de recherche dont j’étais responsable. La demande de reconnaissance déposée auprès du ministère comme équipe d’accueil entre Nantes et Le Mans avait obtenu pour une fois un avis favorable. Nous avions maintenant un sujet commun portant sur les microalgues responsables du verdissement des huîtres et un budget qui nous permettait d’accueillir des étudiants et des étudiantes en doctorat dans de meilleures conditions. En effet précédemment nos moyens financiers étaient réduits, émargeants au BQR (bonus qualité recherche) financement qui était plus proche d’un malus que d’un bonus ne permettait au laboratoire que de survivre.

Pour compléter notre budget quelques astuces comme des petits contrats de recherche très coûteux en temps de travail nous rapportaient quelques sous. Le principe de ces contrats-factures consistait à réaliser des travaux de recherche répondant à des problèmes rencontrés par des petits industriels locaux qui ne disposaient pas de service de recherche propre. Mes interventions consistaient souvent à rechercher des contaminants suspectés d’être des algues dans des dispositifs où circulaient de l’eau. Comme il n’y avait pas de lumière ce ne pouvait être des algues et après quelques vérifications au laboratoire sur des prélèvements, je pouvais leur annoncer triomphalement que c’était des champignons filamenteux oligotrophes (car ils n’avaient pas grand chose à manger).

Quelques sociétés nous versaient leurs taxes d’apprentissage et en particulier une société américaine d’extincteurs car la secrétaire particulière du milliardaire américain, propriétaire de cette société, était la mère d’un collègue agrégé, professeur dans le secondaire, qui préparait une thèse au laboratoire. Pendant 6 ans ce financement important a complété largement le fameux BQR et à permis d’accueillir et de financer les travaux de ce collègue et du laboratoire. Je récupérais aussi un peu de financement lors d’actions de coopération que je menais avec l’Algérie.

Les instances de l’université reconnaissaient maintenant notre activité et nous finançait dans la limite de ses moyens. Le ministère à l’encontre de ce qu’il déclare ayant toujours du mal à donner des sous pour la recherche !

 

 

 

 



Évaluer
13 avril, 2019, 10 h 14 min
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J’avais mon bâton de maréchal, de professeur des universités pardon, mais je n’étais pas au bout de mes peines. Suite à cette nomination le président m’a demandé de faire quelque chose de plus pour l’université et m’a proposé un poste de chargé de mission à l’évaluation des enseignements pour l’ensemble de l’université.

J’ai galéré

 

J’ai bêtement accepté et pas mal galéré, mettant en place une évaluation en ligne en profitant du réseau intranet de l’université ce qui présentait l’avantage d’un dépouillement automatique. Un fois en place après mille consultations, j’ai fait face à de nombreuses résistances; d’une part des étudiants qui y participaient peu et d’autre part de nombreux enseignants qui ne raffolaient pas de ce système car ils étaient présents derrière les enseignements évalués et pour beaucoup n’acceptaient pas qu’indirectement on les évalue.

Système innovant

 

Aussi ce système ne s’est jamais vraiment imposé mais il avait le mérite, du moine à l’époque, d’être innovant et de répondre aux souhaits du ministère. Je me suis copieusement fait insulter la dernière année de ma mission lorsque, à la demande des étudiants, j’ai mis en place la possibilité d’envoyer de façon anonyme sur le mail des profs leurs avis sur les cours dispensés ! C’était pourtant très intéressant. Juste pour l’anecdote un des messages reçu me concernant disait : « A chaque fois que j’arrive le cours est commencé » rien à dire, c’était surréaliste.

Trop bon, trop con

Je me  suis rendu compte que mon dispositif n’était pas parfait car impossible de lui répondre que lui ou elle n’avait qu’à arriver à l’heure. Ce dispositif que j’avais fait évoluer d’années en années m’avait pris beaucoup de temps, j’étais satisfait car il fonctionnait très bien même s’il attirait peu d’étudiants et encore moins d’enseignants. Je ne pouvais rien faire de plus et j’ai démissionné lors de l’élection d’un nouveau président que je n’appréciais pas du tout. Pour se venger, il a donné une grosse prime à mon successeur alors que j’avais tout mis en place bénévolement et que j’avais rendu le système totalement automatique ! Trop bon, trop con, on me l’a souvent dit sous forme d’une contrepèterie : « bon comme un tremclin ». 

 



La recherche
6 avril, 2019, 12 h 24 min
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Revenons à la recherche, j’ai ensuite abandonné les macroalgues pour les microalgues, plus faciles à conserver et à cultiver au laboratoire, il fallait beaucoup moins d’eau de mer et au bout de quelques années suite au naufrage d’un pétrolier dans notre lieu de prélèvement, nous sommes passé à l’eau de mer artificielle.

Pour avancer dans ma carrière, n’ayant pu soutenir une thèse d’état il me fallait passer une HDR, cela n’a pas été simple car l’inscription à ce diplôme m’a été refusée par les professeurs du Mans, tous animaliers sous prétexte qu’ils n’étaient pas compétents pour juger des travaux sur le monde végétal. J’avais très vite compris que ce faux prétexte n’avait pour but que de protéger leur poulain en vue d’une éventuelle promotion au grade de professeur des universités. 

L’unique solution était d’aller passer ce diplôme dans une autre université; j’ai essayé l’université de Clermont Ferrand qui était prête à m’inscrire mais j’ai finalement annulé (trop de conflit en biologie végétale dans cet établissement et je ne tenais pas à en faire les frais) ! Les soutenances de DEA ou de thèse dans cet université était souvent l’occasion pour les profs de régler leurs comptes en public sur le dos des candidats. J’en avais été le témoin lorsque rattaché à l’un de ces laboratoires, j’y amenais les étudiants que j’encadrais au Mans mais qui étaient inscrits à l’université Blaise Pascale de Clermont Ferrand.

Des années plus tard, après avoir soutenu une HDR au Mans, mais avec d’autres professeurs, j’ai pu associer mon groupe avec une équipe nantaise travaillant depuis plusieurs années sur des microorganismes marins, les diatomées. J’ai ainsi obtenu avec Nantes une reconnaissance ministérielle comme équipe d’accueil intitulée : »Ecophysiologie marine intégrée ». Dans la foulée, j’ai obtenu une qualification comme professeur et suite au décès d’un collègue, j’ai obtenu sans trop de difficultés (à la fin de la procédure, je restais l’unique candidat ) un poste de professeur. A cette époque, malheureusement révolue, c’était le ministre qui nommait les professeurs des universités et cela avait de la gueule !C’est donc Jack Lang qui m’a nommé et j’ai reçu un courrier très flatteur (c’était son truc) signé de sa main (voir ci-dessous) et j’en suis fier ! Nommé professeur par un ministre de gauche même un peu caviar, c’était le pied, quand je pense qu’à quelques années près j’aurais pu être nommé par François Fillon, quel cauchemar !

 

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