Un site utilisant unblog.fr

Une licence puis une maîtrise
25 mai, 2019, 11 h 52 min
Classé dans : Non classé

Il restait non résolue la situation des étudiants de l’option biochimie qui avaient encore plus de mal que les précédents à s’insérer en licence à l’université de Caen où cette filière était déjà saturée. Il fallait faire quelque chose pour débloquer cette situation. Après le rejet par le ministère d’un dossier de licence de biochimie bâclé par le professeur de biochimie, j’ai pris les choses en main en proposant avec mes collègues chimistes une licence, avec un contenu original, intitulée licence de chimie biologique. Ce projet a plu et nous avons été convoqués au ministère par un conseiller scientifique afin de défendre notre dossier. J’ai donc rencontré ce conseiller avec deux collègues un animalier et un chimiste. Il a été convaincu par nos arguments et a autorisé l’ouverture de cette licence.

Sur ses conseils, pour l’année suivante, j’ai aussitôt préparé une demande de maîtrise que j’avais orienté vers la biotechnologie. J’ai été à nouveau convoqué au ministère, mais cette fois j’y suis allé seul, mes collègues étant en vacances. J’ai été très bien reçu par le conseiller très satisfait par mon projet et me demandant juste de modifier le nom du diplôme, l’appellation biotechnologie étant réservée à des établissements dérogatoires.

Je suis donc reparti avec une habilitation pour une maîtrise de biochimie, mais avant de partir ce conseiller, qui m’avait à la bonne, m’a proposé de soumettre pour l’année suivante un projet de DESS car c’était sa dernière année de détachement au ministère et je pouvais une dernière fois bénéficier de son soutien. Je l’ai bien remercié, mais sans emploi supplémentaire, il m’était difficile de mettre en place une cinquième année et de surcharger de travail mes collègues. Nos étudiants pouvaient maintenant obtenir un bac plus quatre au Mans ce qui n’étais déjà pas si mal. 



Revoir l’enseignement pratique
18 mai, 2019, 12 h 43 min
Classé dans : Non classé

J’ai ensuite quelque peu revu l’enseignement pratique qui était à mon arrivée au Mans, pour une matière expérimentale beaucoup trop descriptif, faisant à mon goût beaucoup trop appel au microscope, un instrument que je n’ai jamais beaucoup aimé. En TP de microscopie c’était pénible car il fallait faire le tour de tous les postes afin de vérifier que les étudiants observaient bien ce qu’ils devaient observer, ce qu’ils confirmaient à chaque fois sans vraiment me convaincre. Je n’ai apprécié ces instruments que lorsque j’ai enseigné quelques années plus tard dans un établissement privé à Angers, car sur chaque microscope il y avait une caméra reliée à un ordinateur et du bureau du professeur en cliquant sur les différents postes, je pouvais surveiller le travail d’observation des étudiants et intervenir sans bouger de ma chaise, quel confort !

Durant les années suivantes, j’ai progressivement réussi à implanter de vraies expérimentations de physiologie cellulaire végétale encouragé et aidé par ma collègue avec qui je partageais cet enseignement.

Au niveau de la biologie, il y avait tout de même un problème, nous ne pouvions délivrer qu’un diplôme à bac plus deux, le DEUG. Nos étudiants avaient ensuite beaucoup de difficultés à se faire accepter en licence dans les universités voisines. Nous devions faire quelque chose, il y avait bien eu une formation licence/maitrise à l’université du Maine que ma collègue avait d’ailleurs suivie lorsqu’elle était étudiante au Mans, mais qui avait ensuite été supprimée par manque de candidats. Nos chers collègues professeurs persévéraient à déposer la même demande au ministère pour une licence de sciences naturelles traditionnelle et tous les ans leur demande était rejetée.

 Il fallait proposer quelque chose de plus original et c’est grâce au professeur de géologie, ancien président de l’université, que nous avons ensemble monté une formation originale, une licence dite BGM (biologie, géologie, mathématiques). Elle permettait d’accéder dans de bonnes conditions au métier de professeur des écoles avec une formation scientifique qui manquait à la plupart des candidats et des candidates à ces emplois qui venaient surtout des sciences humaines. Ce fut un succès d’autant plus que cette formation permettait d’accéder avec des points bonus à la préparation au concours de professeur des écoles au niveau de l’IUFM.

 



Fin d’expatrIation
11 mai, 2019, 10 h 47 min
Classé dans : Non classé

Les années suivantes j’ai donc continué à encadrer des stagiaires de DESS puis après avoir participé à l’encadrement et au jury de soutenance d’un magister, présenté par l’un de mes meilleurs étudiants, je suis enfin rentré en France. Cet étudiant, je l’avais beaucoup aidé en lui prêtant, pour rédiger sa thèse, un des premiers ordinateurs familiaux, un QL de Sinclair  que j’avais réussi à passer à la « moustache » des douaniers (à l’époque, les algériens portaient surtout la moustache). 

Réintégré à l’université du Maine dans le service de biologie et physiologie végétales, j’avais comme à Oran la charge d’enseigner  ces matières. J’ai quelque peu bousculé l’organisation du service en proposant de débuter mes cours à 8 h du matin alors que traditionnellement ils débutaient à 9 h, les professeurs qui n’aimaient pas se lever tôt n’étaient pas d’accord, mais j’ai réussi à l’imposer; cet horaire matinal me permettait de disposer d’un amphi dans la mesure où, au début du moins, j’étais le seul à enseigner de si bon matin !  C’était beaucoup plus agréable qu’une salle préfabriquée étroite et bondée. 

J’ai été heureux de profiter enfin de la technologie du rétroprojecteur qui réduisait de beaucoup l’utilisation de la craie et du tableau noir que j’avais pratiquée pendant les 12 années précédentes en Algérie. Je projetais ainsi les nombreux schémas et illustrations nécessaires à mon enseignement sur un grand écran, en prenant soin d’en distribuer une photocopie à chaque étudiant. J’utilisais quand même le tableau noir, pour y inscrire les mots nouveaux ou un peu compliqués afin de faciliter la prise de note sans trop de « fôtes » d’orthographe par les étudiants, et la blouse blanche pour me protéger de la craie. Certains, les meilleurs bien sûr, prenaient leur notes en laissant la place pour y coller les illustrations que je le leur fournissais et reconstituaient ainsi une sorte d’ouvrage, un outil de travail leur permettant de revoir facilement leur cours et de préparer très efficacement leurs examens. Le remplissage du tableau me permettait aussi de pratiquer une technique pédagogique qui consistait d’une part à arrêter mon enseignement 5 minutes avant l’heure, car il n’y avait pas d’intercours programmés sur l’emploi du temps, et aussitôt de demander s’il y avait des questions (pédagogue) tout en me retournant pour effacer soigneusement le tableau (de haut en bas comme me l’avait appris une inspectrice d’académie) et lorsque je me retournais l’amphi était vide. En fait comme j’assurais la totalité de l’enseignement, cours, TD et TP j’avais beaucoup de contact avec les étudiants et les étudiantes qui pouvaient me questionner à loisir, de plus la porte de mon bureau restait toujours grande ouverte afin de les accueillir sans contraintes



Mon collègue béninois
4 mai, 2019, 0 h 39 min
Classé dans : Non classé

 

Nous avons ensemble développé cet enseignement de licence puis mis en place une année supplémentaire menant à un diplôme d’enseignement supérieur scientifique ou DESS, comprenant 6 mois de stage d’initiation à la recherche dans un laboratoire. Ensuite cela s’est prolongé par un magister, donc un travail de thèse en 2 ans complété par des formations sous forme de séminaires que je devais animer. Le collègue algérien avec lequel j’écris maintenant des ouvrages scientifiques a été l’un des premiers à suivre et obtenir ce diplôme. Par contre nous n’avions pas trop le choix des orientations de recherche et on nous avait imposé de travailler sur les luzernes. Nous devions faire de la recherche/formation avec les étudiants sur ce modèle végétal qui intéressait les responsables du ministère. Nous avons dirigé et mené à bien ces travaux en faisant soutenir en fin d’année universitaire des mémoires devant un jury mixte composé de coopérants et de nationaux. Tous les étudiants de cette première promotion ont été reçu et on pu poursuivre leur formation dans des universités françaises. J’en ai rencontré récemment quelques uns soit au Mans lots de visite soit en Algérie lors de mes missions récentes invité comme conférencier. Il semble que je leur ai laissé un très bon souvenir, reconnaissant d’avoir mis en place une filière qui leur a permis de faire carrière dans l’université même si ils ne nous trouvaient pas très halal car notre haleine sentait le vin que nous avions copieusement consommé avec mon collègue au cours du repas, mais nous ne pouvions faire autrement car consommer de l’eau était bien trop risqué ! 

Mon collègue africain était un ex dahoméen, devenu béninois suite à la prise de pouvoir par Mathieu Kérékou, et il était resté apatride plusieurs années dans la mesure où, fils adoptif de l’ancien président (réfugié en France), il lui était difficile d’obtenir la nouvelle nationalité ayant refusé de rentrer au pays suite au coup d’état. Je l’accompagnais lors des vacances en France, mais le passage des contrôle de police n’étaient pas simple dans la mesure où il n’avait plus de passeport. A l’embarquement au port d’Oran, il arrivait malgré tout à passer en embrouillant le policier avec mon aide. A l’arrivée à Marseille il présentait un permis de conduire obtenu en France lorsqu’il était étudiant et sa ressemblance avec Basile Boli lié à son charisme faisait le reste.

Après quelques années il est ensuite rentré en France avec sa femme française, mais fille de républicain espagnol réfugié, afin de préparer un doctorat d’état sur le mil à Orsay. Il n’a pas été remplacé et m’a laissé tout seul pour gérer la formation à bac plus cinq que nous avions mis en place


MatLo |
BRYAN ET BEVERLY HILLS STAN... |
Vidéos chats drôles, humour... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | E.V.G Viale week end du 1er...
| Papierdumeur
| Entrezdanslalegende