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Pompidou et Senghor
27 avril, 2019, 9 h 03 min
Classé dans : Non classé

J’étais non seulement chercheur mais aussi enseignant. Le début de ma carrière d’enseignant en Algérie fut un peu difficile, compte tenu des moyens mis à ma disposition. L’université avait été installée dans une ancienne caserne de la légion étrangère de style colonial avec  des couloirs extérieurs qui desservaient les salles de cours où les laboratoires. Les bâtiments n’étaient pas vraiment adaptés à ces nouvelles fonctions mais l’ensemble avait un certain charme. Pour les cours magistraux, il n’y avait pas de problème, nous disposions d’amphithéâtre avec de grands tableaux noirs, c’était encore le règne de la craie comme unique support de l’enseignement, dure pour les poumons et obligeant le port de la blouse. 

Plus difficile était l’organisation des travaux pratiques; tout au long de ma carrière je me suis efforcé de proposer et de maintenir un enseignement pratique de qualité considérant que c’était ce que l’université apportait de mieux aux étudiants le contact manuel avec la science et en particulier la mienne qui nécessitait de manipuler des végétaux, des instruments de mesure et des produits chimiques.

En Algérie, J’ai donc surtout enseigné la physiologie végétale, ma spécialité, une science essentiellement expérimentale que je devais illustrer sous forme de manipulations simples pouvant être réalisée avec ce dont je disposais. Déjà, au début je n’avais pas de salle dédiée, le département de botanique ne disposait que d’une seule salle dans laquelle devaient se dérouler à la fois les TP de botanique, ceux de microbiologie et les miens. Avec des séances toutes les semaines il fallait tout installer le matin, assurer la séance et tout démonter le soir. L’année suivante cela s’est amélioré, j’ai obtenu une salle de TP dédiée à cet enseignement, une salle de culture pour les expérimentations sur les plantes et, un collègue africain !

Je me suis très rapidement bien entendu avec ce nouveau collègue toujours de bonne humeur, passionné, qui avait fait une partie de ses études à Marseille. Aussi nous avons partagé les cours, assurant en binôme les TD et les TP, formant ainsi un tandem performant (Pompidou et Senghor, disaient les étudiants, je ne vois pas pourquoi) qui a fonctionné pendant plusieurs années. 

 

 



Animation d’équipe de recherche
20 avril, 2019, 12 h 15 min
Classé dans : Non classé

Mon autre activité en tant que professeur était d’animer et de développer la petite équipe de recherche dont j’étais responsable. La demande de reconnaissance déposée auprès du ministère comme équipe d’accueil entre Nantes et Le Mans avait obtenu pour une fois un avis favorable. Nous avions maintenant un sujet commun portant sur les microalgues responsables du verdissement des huîtres et un budget qui nous permettait d’accueillir des étudiants et des étudiantes en doctorat dans de meilleures conditions. En effet précédemment nos moyens financiers étaient réduits, émargeants au BQR (bonus qualité recherche) financement qui était plus proche d’un malus que d’un bonus ne permettait au laboratoire que de survivre.

Pour compléter notre budget quelques astuces comme des petits contrats de recherche très coûteux en temps de travail nous rapportaient quelques sous. Le principe de ces contrats-factures consistait à réaliser des travaux de recherche répondant à des problèmes rencontrés par des petits industriels locaux qui ne disposaient pas de service de recherche propre. Mes interventions consistaient souvent à rechercher des contaminants suspectés d’être des algues dans des dispositifs où circulaient de l’eau. Comme il n’y avait pas de lumière ce ne pouvait être des algues et après quelques vérifications au laboratoire sur des prélèvements, je pouvais leur annoncer triomphalement que c’était des champignons filamenteux oligotrophes (car ils n’avaient pas grand chose à manger).

Quelques sociétés nous versaient leurs taxes d’apprentissage et en particulier une société américaine d’extincteurs car la secrétaire particulière du milliardaire américain, propriétaire de cette société, était la mère d’un collègue agrégé, professeur dans le secondaire, qui préparait une thèse au laboratoire. Pendant 6 ans ce financement important a complété largement le fameux BQR et à permis d’accueillir et de financer les travaux de ce collègue et du laboratoire. Je récupérais aussi un peu de financement lors d’actions de coopération que je menais avec l’Algérie.

Les instances de l’université reconnaissaient maintenant notre activité et nous finançait dans la limite de ses moyens. Le ministère à l’encontre de ce qu’il déclare ayant toujours du mal à donner des sous pour la recherche !

 

 

 

 



Évaluer
13 avril, 2019, 10 h 14 min
Classé dans : Non classé

J’avais mon bâton de maréchal, de professeur des universités pardon, mais je n’étais pas au bout de mes peines. Suite à cette nomination le président m’a demandé de faire quelque chose de plus pour l’université et m’a proposé un poste de chargé de mission à l’évaluation des enseignements pour l’ensemble de l’université.

J’ai galéré

 

J’ai bêtement accepté et pas mal galéré, mettant en place une évaluation en ligne en profitant du réseau intranet de l’université ce qui présentait l’avantage d’un dépouillement automatique. Un fois en place après mille consultations, j’ai fait face à de nombreuses résistances; d’une part des étudiants qui y participaient peu et d’autre part de nombreux enseignants qui ne raffolaient pas de ce système car ils étaient présents derrière les enseignements évalués et pour beaucoup n’acceptaient pas qu’indirectement on les évalue.

Système innovant

 

Aussi ce système ne s’est jamais vraiment imposé mais il avait le mérite, du moine à l’époque, d’être innovant et de répondre aux souhaits du ministère. Je me suis copieusement fait insulter la dernière année de ma mission lorsque, à la demande des étudiants, j’ai mis en place la possibilité d’envoyer de façon anonyme sur le mail des profs leurs avis sur les cours dispensés ! C’était pourtant très intéressant. Juste pour l’anecdote un des messages reçu me concernant disait : « A chaque fois que j’arrive le cours est commencé » rien à dire, c’était surréaliste.

Trop bon, trop con

Je me  suis rendu compte que mon dispositif n’était pas parfait car impossible de lui répondre que lui ou elle n’avait qu’à arriver à l’heure. Ce dispositif que j’avais fait évoluer d’années en années m’avait pris beaucoup de temps, j’étais satisfait car il fonctionnait très bien même s’il attirait peu d’étudiants et encore moins d’enseignants. Je ne pouvais rien faire de plus et j’ai démissionné lors de l’élection d’un nouveau président que je n’appréciais pas du tout. Pour se venger, il a donné une grosse prime à mon successeur alors que j’avais tout mis en place bénévolement et que j’avais rendu le système totalement automatique ! Trop bon, trop con, on me l’a souvent dit sous forme d’une contrepèterie : « bon comme un tremclin ». 

 



La recherche
6 avril, 2019, 12 h 24 min
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Revenons à la recherche, j’ai ensuite abandonné les macroalgues pour les microalgues, plus faciles à conserver et à cultiver au laboratoire, il fallait beaucoup moins d’eau de mer et au bout de quelques années suite au naufrage d’un pétrolier dans notre lieu de prélèvement, nous sommes passé à l’eau de mer artificielle.

Pour avancer dans ma carrière, n’ayant pu soutenir une thèse d’état il me fallait passer une HDR, cela n’a pas été simple car l’inscription à ce diplôme m’a été refusée par les professeurs du Mans, tous animaliers sous prétexte qu’ils n’étaient pas compétents pour juger des travaux sur le monde végétal. J’avais très vite compris que ce faux prétexte n’avait pour but que de protéger leur poulain en vue d’une éventuelle promotion au grade de professeur des universités. 

L’unique solution était d’aller passer ce diplôme dans une autre université; j’ai essayé l’université de Clermont Ferrand qui était prête à m’inscrire mais j’ai finalement annulé (trop de conflit en biologie végétale dans cet établissement et je ne tenais pas à en faire les frais) ! Les soutenances de DEA ou de thèse dans cet université était souvent l’occasion pour les profs de régler leurs comptes en public sur le dos des candidats. J’en avais été le témoin lorsque rattaché à l’un de ces laboratoires, j’y amenais les étudiants que j’encadrais au Mans mais qui étaient inscrits à l’université Blaise Pascale de Clermont Ferrand.

Des années plus tard, après avoir soutenu une HDR au Mans, mais avec d’autres professeurs, j’ai pu associer mon groupe avec une équipe nantaise travaillant depuis plusieurs années sur des microorganismes marins, les diatomées. J’ai ainsi obtenu avec Nantes une reconnaissance ministérielle comme équipe d’accueil intitulée : »Ecophysiologie marine intégrée ». Dans la foulée, j’ai obtenu une qualification comme professeur et suite au décès d’un collègue, j’ai obtenu sans trop de difficultés (à la fin de la procédure, je restais l’unique candidat ) un poste de professeur. A cette époque, malheureusement révolue, c’était le ministre qui nommait les professeurs des universités et cela avait de la gueule !C’est donc Jack Lang qui m’a nommé et j’ai reçu un courrier très flatteur (c’était son truc) signé de sa main (voir ci-dessous) et j’en suis fier ! Nommé professeur par un ministre de gauche même un peu caviar, c’était le pied, quand je pense qu’à quelques années près j’aurais pu être nommé par François Fillon, quel cauchemar !

 

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