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Etudier la photosynthèse c’est contraignant !
30 mars, 2019, 12 h 11 min
Classé dans : Non classé

Pour étudier la photosynthèse chez les algue, j’ai du utiliser de la radioactivité. Pour un militant antinucléaire convaincu comme moi, j’ai du me déjuger et me trouver des excuses. C’était pour faire avancer la science et mon emploi au Mans était plus ou moins lié à la gestion d’un laboratoire utilisant des radio-isotopes donc je n’avais pas vraiment le choix. Pour être habilité dans cette fonction, j’ai du faire un stage de plus d’un mois au centre de Saclay afin de m’initier à la physique nucléaire et à ses risques, quelle galère !

J’avais déjà débuté des travaux sur des algues méditerranéennes, les cystoseires à l’université d’Oran que j’ai ensuite poursuivis au Mans, donc assez loin de la mer, mais la biologie marine était, en plus des rillettes, une tradition à l’université du Mans. Cela s’explique facilement car à l’origine le centre universitaire du Mans était rattaché à l’université de Caen et les professeurs de biologie qui venaient enseigner au Mans avaient imposé au niveau recherche leurs spécialités marines.

Pour en revenir à mes activités de recherches sur les algues, des collègues marseillais me fournissaient les cystoseires dont j’avais besoin pour mes travaux et au début je me déplaçais pour les récupérer lorsqu’il venaient à Paris ou bien je descendais avec mon matériel jusqu’à Marseille pour y faire des mesures sur des algues fraîchement récoltées. Ensuite afin de m’approvisionner plus régulièrement en cystoseires nous avons utilisé les sociétés de transport dont les camions réfrigérés traversaient à vide la France pour aller chercher du poisson en Bretagne et approvisionner les marchés de Marseille. J’avais fini par mettre ces algues en culture dans les chambres froides de mon laboratoire au Mans. C’était pratique mais assez contraignant dans la mesure où il me fallait de grandes quantités d’eau de mer que j’allais chercher à la station biologique de Luc-sur-mer près de Caen. J’en profitais pour emmener mon père et nous en profitions pour gueuletonner dans un restaurant gastronomique, puis j’allais chercher mon eau de mer et des Fucus serratus à marée basse. A la station biologique, je rencontrais parfois un ancien collègue de coopération et un copain avec qui j’avais fait mes études à Caen, un coup de jeune, c’était très agréable. Par contre ce trafic d’eau de mer m’a valu d’être arrêté une fois par les douanes qui nous avait pris pour des trafiquants de Calvados. Après avoir vérifié le contenu des bidons, déçus, ils m’avaient quand même  précisé que c’était une infraction sans toutefois me sanctionner lorsque je leur avais expliqué mes activités universitaires. Toutefois sanction indirecte l’eau de mer qui fuyait des bidons avait fait rouiller le châssis de ma voiture et j’ai eu quelques problèmes à la revente.

 


Un commentaire
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  1. Henri Roussel

    J’ai en effet revu le futur professeur émérite à la station marine de luc sur mer. Il faisait les voyages avec son vénérable combi wolksvagen transformé en citerne d’eau de mer pour ses recherches d’algologue. De mon côté je travaillais sur le « cerveau » ou plutôt les ganglions de la seiche… Folle jeunesse de chercheurs, à l’époque glorieuse de l’université d’antan. Le professeur Gégé nous dira bientôt ce qu’il pense de l’évolution récente de l’université française; ses propos sont corrosifs et ses chroniques ne manquent pas de sel!…



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