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Mon grand-père paternel
26 janvier, 2019, 11 h 57 min
Classé dans : Non classé

Mon autre grand père, Maurice, celui qui me faisait revoir mes leçons, était plus sévère surtout lorsqu’il revêtait sa grande robe noire de juge au tribunal de commerce d’Alençon. Autodidacte cultivé comme son frère aîné, Fernand, qui lui n’avait pas pu être charcutier à cause d’une blessure au poignet reçue lors de la guerre 14/18. Ce dernier avait épousé une fille de droguiste dont il avait grandement développé la société, grossiste ayant profité pendant longtemps d’une sorte de monopole pour tout ce qui était produits de droguerie sur tout l’ouest de la France.

Mon grand-père avait donc hérité de la charcuterie familiale de mon arrière grand père Jules et il l’a fit beaucoup prospérer, développant en particulier la production semi-indutrielle de rillettes et ouvrant un deuxième magasin à la périphérie d’Alençon. Il lisait le Figaro ce qui nous permettait à ma sœur et moi de participer aux concours de château de sable à Riva-Bella organisé par ce journal tous les étés. A la retraite, il habitait avec ma grand-mère dans une grande maison très confortable qu’il avait fait construire par un architecte lors de l’entre deux guerres. Elle était située dans une rue proche de la charcuterie, la rue Cazault, et elle était reliée à celle ci par une ligne téléphonique privée directe ce qui était très pratique. C’était une maison bourgeoise traditionnelle, on y pénétrait par un couloir qui desservait un salon sur la gauche puis après une porte vitrée, on débouchait dans un grand hall d’où partait un grand escalier permettant d’accéder au chambres. Deux chambres au premier étage, dont celle de mes grands parents qui possédait un balcon donnant sur le jardin avec une grande salle de bain et une baignoire à l’ancienne et surtout, original, un gros coffre-fort peint dans les tons de la salle de bain, les voleurs ne l’ont jamais trouvé. Au deuxième étage 3 chambres, une petite pour la bonne, une plus grande à côté où j’ai logé à partir de septembre 1968 afin que ma grand-mère ne soit pas seule dans sa grande maison; mais afin surtout d’éviter une réquisition car une loi avait été proclamée par le gouvernement de l’époque pour lutter contre le manque de logements préconisant la réquisition des habitations insuffisamment occupées. Il y avait en plus une autre grande chambre sur la rue rarement occupée. Un petit escalier discret permettait d’accéder à un grand grenier rempli de souvenirs et en particulier des jouets de mon père et de mon oncle.

Revenons au rez-de-chaussée, au bout de ce hall d’un côté une salle à manger qui s’ouvrait sur une véranda et de l’autre une grande cuisine donnant sur une terrasse et permettant d’accéder au jardin. Ce dernier était divisé en deux parties, la première consistait en un jardin d’agrément avec un bassin carrelé en bleu au centre, où nageaient quelques poissons rouges avec au fond un rocher surmonté d’une statue représentant une naïade sortant du bain mais dont les attributs étaient cachés par un drapé et d’où coulait un jet d’eau par intermittences; du côté droit en descendant la terrasse il y avait un bac à sable, (sable prélevé sur la plage de Riva-Bella, ce qui était interdit) et dans lequel nous avons beaucoup joué; à gauche un large escalier descendait à la cave qui s’étendait sous toute la maison. Cette cave comportait plusieurs parties : un grand atelier équipé à la fois pour travailler le bois et le fer, une pièce obscure où étaient conservées les pommes du jardin mais aussi celles d’un verger que possédait près d’Alençon, à  Saint Gervais du Perron, mes grands-parents, une cave à vin où dans un petit tonneau vieillissait, entre autre, du calvados et enfin une chaufferie dans mon enfance alimentée avec du charbon qu’il fallait charger tous les jours puis plus tard par du fuel. Après le décès de mes grands parents cette superbe maison a été louée quelques années à un colonel puis elle fut achetée par l’agence immobilière voisine qui souhaitait s’agrandir et qui a dû la saccager, c’est navrant.

 



Mes grands-parents maternels
19 janvier, 2019, 12 h 01 min
Classé dans : Non classé

Cette cour Langlois desservait la maison de maître et plusieurs autres habitations appartenant toutes à mes grands-parents. Nous allions souvent dans la  petite maison de l’oncle René qui jouxtait une grange, mais surtout où il y avait un billard russe dans la salle du rez-de-chaussée. Ce billard qui était son principal loisir pourtant difficile à transporter a toujours suivi mon oncle au fur et à mesure de ses déplacements. D’abord dans une aile de la grande maison lorsque la petite maison fut vendue. Le billard a suivi ensuite mes grands parents et mon oncle à Argentan où il fut installé dans le garage.  Puis au décès de mon oncle, mon frère en a hérité et il a échoué dans le sous sol de la maison de mes parents à Alençon, où nous l’avons beaucoup utilisé, pour enfin être, transporté à Paris et vendu mon frère n’ayant pas de place pour le conserver.

L’origine de ce billard était particulière, en effet à la fin de la seconde guerre mondiale mon grand père dont la charcuterie avait été détruite par les bombardements a dû, pour réouvrir son commerce dans des locaux provisoires se procurer des tables en marbre; astucieusement il a récupéré des billards russes dont il a désossé le dessus jusqu’à ne plus avoir que la plaque en marbre sur laquelle il pouvait travailler. Il en a acheté plusieurs et a gardé celui qui était en meilleur état et sur lequel nous avons joué toute notre jeunesse.

 

Flers

Une partie de la maison vue du début du parc

La grande maison bourgeoise où nous accueillaient mes grands parents lors des vacances était située à l’extrémité d’un grand parc qui se terminait par une grille majestueuse donnant sur la rue mais personne ne rentrait par là et je crois bien ne l’avoir jamais vue ouverte.

cour la nglois

Grille bordant le parc coté rue

Ce parc était une aire de jeu formidable pleine de cachettes dont nous profitions abondamment, planté de grands arbres, certains très certainement centenaires, qui entouraient une grande pelouse centrale en pente avec deux allées de part et d’autres descendant vers un bassin où vivotaient quelques poissons rouges. Je me souviens d’un grand hêtre, d’un noyer et d’un araucaria (appelé aussi désespoir du singe mais je ne l’ai appris que beaucoup plus tard à l’université en cours de botanique). Ensuite on remontait vers la maison en traversant un grand potager de part et d’autre de l’allée principale où mon grand-père cultivait des légumes. Mon oncle René s’occupait plus particulièrement de l’entretien du parc, enlevant les feuilles, désherbant et ratissant les nombreuses allées. Un paysan venait à la fin de l’été faucher l’herbe de la grande pelouse et faisait un gros tas de foin sur lequel nous nous amusions beaucoup. J’avais aussi une copine de mon âge,  la fille d’un des locataires de mon grand père habitant l’une des maisons de la cour Langlois, avec qui je jouais presque tous les jours. Je l’ai revu beaucoup plus tard puisqu’elle s’est installée au Mans après avoir quitté l’enseignement et est devenue marchande de chaussures reprenant le magasin de ses beaux parents. A la retraite elle occupe de hautes fonctions au sein de l’AVF (l’association des villes de France) et elle a embauché il y a quelques années mon épouse qui y enseigne l’espagnol. Comme quoi le monde est petit ! 



Grands parents, la suite
12 janvier, 2019, 12 h 01 min
Classé dans : Non classé

Concernant ce grand père maternel, quelques souvenirs, il avait fait la guerre 14/18, 7 années à l’armée avec un long séjour dans les Balkans et il en était revenu en héros avec plusieurs médailles qu’il était fier de nous montrer. Il élevait des poules et des lapins et je participais au sacrifice de ces animaux pour assurer le repas quotidien, de temps en temps lorsqu’il y avait quelques pigeons qui séjournaient sur le mur d’en face, il nous annonçait qu’il y aurait du pigeon au repas de midi et il allait chercher sa carabine pour les « cueillir ». En ce qui concerne les repas mon meilleur souvenir est celui du vendredi midi où notre grand-mère nous préparait des galettes de Sarrazin à volonté; c’était impressionnant car pour rassasier ses 6 petits enfants il fallait qu’elle assure une production en continu devant son fourneau pendant plusieurs heures, ce devait être très fatigant, mais elle était tellement heureuse de nous faire plaisir qu’elle devait en oublier sa fatigue, du moins je l’espère.

 Dans cette grande maison de maître où avait dû vivre une famille bourgeoise traditionnelle, il y avait encore au niveau de l’arrière  cuisine un vieux tableau électrique avec des numéros correspondant aux chambres permettant aux habitants d’appeler les domestiques pour leur petit déjeuner par exemple, mais il n’était plus fonctionnel et il n’y avait plus de domestiques.

 Nous avions l’habitude d’entrer par la cuisine empruntant rarement l’entrée principale qui ouvrait sur un long et large couloir qui menait à un escalier majestueux menant à l’étage où il y avait 4 où 5 grandes chambres. Au deuxième étage il y avait aussi quelques chambres plus petites dont certaines étaient louées à des ouvriers et un grand grenier rempli jusqu’au toit de vieilleries appartenant aux précédents propriétaires. Je le souviens d’avoir participé à le vider avec mon grand-père et les compagnons d’Emmaüs peu de temps avant la vente de la propriété parce que nous y avions trouvé des obus datant de la 2ème guerre mondiale.

Quand j’étais jeune deux chambres du premier étage étaient encore louées à une famille nombreuse dont les enfants devaient dormir à plusieurs dans un grand lit. Ces locataires une fois partis nous avons récupéré ces chambres et en particulier le frère de ma grand mère que nous appelions « Tonton René » qui précédemment habitait une petite maison tout en haut de la cour Langlois. D’autres locataires un peu bizarres occupaient l’aile droite du rez-de-chaussée et y sont restés jusqu’à la vente de la maison et qui élevaient des dizaines de chats ce qui contrariait fortement mes grands parents. Dans nos familles de charcutiers, les chats n’avaient pas bonne presse. Depuis ma femme et mes enfants ont plein de chats, je me suis fait une raison !



Mes grands-parents !
5 janvier, 2019, 12 h 48 min
Classé dans : Non classé

 

Comme un peu tout le monde, j’ai eu deux grands pères tous les deux charcutiers dans l’Orne, l’un à Argentan l’autre à Alençon. Dans les deux villes leurs magasins étaient judicieusement situés à proximité de la cathédrale, donc dans la zone commerçante du centre-ville. Ils ont  tous les deux avec leurs épouses respectives faits de très bonnes affaires, faisant fructifier leurs établissements. Il n’existait pas encore de caisse de retraite pour les petits commerçants aussi devaient-ils investir dans l’immobilier. Mon grand père paternel, Maurice, achetant entre les deux guerres une grande villa au bord de la mer de la Manche à Ouistreham-Riva-Bella, faisant construire plus tard pour sa retraite une maison d’architecte spacieuse à Alençon, achetant les commerces autour de sa charcuterie afin de pouvoir permettre à ses successeurs (!) de s’agrandir un jour.

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Charcuteries de mon arrière grand-père (Jules) et de mon grand-père à Alençon

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La charcuterie de mon grand père maternel à Argentan de gauche à droite : avant la guerre, après le bombardement et reconstruite dans les années 1950

Mon grand père maternel, Léon, de son côté a investi à Flers de l’Orne en achetant, en viager, une grande propriété de maître avec parc arboré et une cour privée, la cours Langlois, où se trouvait une demi-douzaine  de petites maisons mais aussi une salle des ventes et une salle de judo.

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Maison de maître à Flers

Il avait fait une très bonne affaire ne payant qu’une année de viager, le propriétaire étant décédé prématurément. Nous avons profité ma sœur, mon frère, moi et nos cousins, abondamment de ces résidences de vacances pendant toute notre jeunesse puis malheureusement elles furent vendues.

 

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Villa à Riva-Bella

Tout d’abord la propriété de Flers que mon grand père a vendu pour revenir dans sa ville d’origine, Argentan, où il avait fait construire une petite maison proche de la gare où vivait aussi le frère de ma grand mère, dit tonton René. Mon grand-père n’en a pas profité très longtemps décédant dans sa soixante troisième année. Cardiaque il avait fait le choix de ne pas suivre les conseils des médecins et de ne pas faire de régime (un peu comme moi, encore que je fais de temps en temps des efforts). Ma mère aime à rappeler que le jour de son décès, il y avait un kg de tripes pour son repas de midi dans le frigo. Par contre mon autre grand père atteint des mêmes maladies à suivi les conseils des médecins se privant de beaucoup de choses, il a vécu un ou deux ans de plus mais de façon beaucoup moins agréable. Je vais bientôt me trouver face à ce choix, pas facile, cela m’inquiète. Ma nature me pousse plutôt vers le choix de mon grand père maternel, j’ai souvent un pied de cochon ou d’autres douceurs charcutières dans mon frigo !


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