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Le cochon c’est bon … pour la santé !
24 novembre, 2018, 13 h 00 min
Classé dans : Non classé

Les repas étaient essentiellement à base de cochon, les frites étaient cuisinées au saindoux et ma mère préparait de temps en temps un dessert typiquement normand, une teurgoule. Si au début de l’école primaire, un apprenti qui a ensuite fait toute sa carrière  chez mes parents devenant chef, m’accompagnait à l’école tous les matins, le soir je rentrais seul en m’éclairant avec une lampe de poche, car la rue du Cours n’était pas encore éclairée et les trottoirs non goudronnés et plein de cailloux. De temps en temps je passais à la papeterie en face du magasin de mes parents afin de me procurer le matériel scolaire indispensable. L’avantage c’est que comme chez la plupart des commerces de la rue, hormis le bistrot, mes parents avaient un compte aussi je n’avais pas à payer, je pouvais ainsi m’acheter des chaussures ou des vêtements mais pas de jouets, dommage. Ils avaient réinventé le troc au détriment du fisc.

Leurs conditions de travail étaient satisfaisantes dans la mesure où mon grand père, précédemment très actif au sein du syndicat de la charcuterie, avait obtenu la fermeture du dimanche et trois semaines de congés l’été. En plus le magasin était en partie fermé le lundi après midi ce qui permettait à ma mère de se rendre dans sa maison de campagne. Au mois de juillet nous partions en vacances, en fait les premières années, nous allions à la Bourboule pour que je suive avec ma sœur une cure afin de réduire nos problèmes de sinusite. J’ai le souvenir de deux jouets : un bateau à moteur que je faisais naviguer sur un grand bassin près de la poste et un avion à hélice mu par un élastique que l’on devait enrouler et que je faisais voler avec succès dans un grand parc, le Parc Fénestre.

Ensuite, tous les mois de juillet nous avons visité la France changeant de région chaque été, non sans problème car, comme mon jeune frère, j’étais malade en voiture ce qui rendait les voyages difficiles. Nous sommes allés en Bretagne à Bénodet, puis en Alsace Lorraine séjournant à Gérardmer, dans le sud à Perpignan puis le sud-ouest à Luchon, puis à Ascain et plus à l’est à Serre-Ponçon. Dans tous ces lieux mes parents louaient des chambres en demi pension dans des hôtels de catégorie moyenne, le midi c’était le plus souvent piquenique et le soir restaurant, afin que ma mère profite de ses vacances.

Ensuite je n’ai plus accompagné mes parents préférant rester à Riva-Bella sur la côte normande avec mes copains et aller à la pèche dans la journée et le soir au casino. Mais plus jeune,  tous les étés nous passions le mois d’août à la mer, dans la villa avec mon frère et ma sœur, lorsque nos parents avaient repris le travail, gardé par nos grands parents paternels. Nos parents nous rejoignaient le week-end, le samedi soir tard dans la nuit après avoir fermé leur magasin et repartaient le dimanche soir. Traditionnellement le repas du dimanche midi était consacré aux moules marinières que je nettoyais avec mon père, et c’était du boulot car elles étaient couvertes de balanes qu’il fallait enlever par grattage (cette corvée à disparue, les moules sont maintenant vendues prêtes à cuire par les mytiliculteurs).

Nos parents nous emmenaient aussi de temps en temps à Paris afin d’aller au spectacle, Cirque d’Hiver, théâtre, mais surtout opérettes dont notre mère était friande. J’en ai vu beaucoup au théâtre Mogador souvent avec « Les compagnons de la chanson » ou avec Marcel Merkès et Paulette Merval, comme « Violettes Impériales » ou « L’auberge du cheval blanc » ! C’était d’excellents week-ends, nous allions en train passant par Le Mans (électrique) ou par Surdon (à vapeur) puis séjour à l’hôtel, toujours le même, mais dont j’ai oublié le nom et surtout nous mangions dans des restaurants self-service qui commençaient à apparaître, ce qui permettait de manger rapidement, le rêve pour des enfants. Ils m’ont ainsi donné le goût des spectacles et j’ai continué toute ma vie à aller au spectacle à Paris, (je suis snob !), moins maintenant car le trajet en voiture et la circulation dans la capitale me soucie. Il faudrait pas vieillir.



Le quotidien
17 novembre, 2018, 19 h 03 min
Classé dans : Non classé

La vie de mes parents comme chez tous les commerçants a toujours tourné autour de la charcuterie qui rythmait leur vie. Il fallait ouvrir le magasin tous les matins vers 8 h après l’avoir approvisionné dès l’aube. Mon père devait se lever tôt avant 6 h afin d’être présent à l’arrivée du personnel et lancer la fabrication. Les plus jeunes étant logés sur place dans un dortoir proche du laboratoire, les garçons d’un côté et les vendeuses, dans une autre partie de l’immeuble ainsi la morale était sauve. Seuls les employés mariés vivaient à l’extérieur, mais tous le monde était sur le pied de guerre à l’heure de l’ouverture du magasin sous l’œil vigilant de ma mère. Charcuterie renommée, le magasin ne désemplissait pas et les vendeuses avaient fort à faire.

De l’autre côté au laboratoire officiaient le chef, les commis et les apprentis qui suivaient encore une scolarité en vue de l’obtention d’un CAP. Ces derniers étaient donc à mi-temps au laboratoire et étaient seulement nourris et logés sans contrepartie financière hormis quelque argent de poche. Lorsque j’ai été plus âgé, le soir, je jouais souvent au football avec eux dans la ruelle derrière le laboratoire. En contre partie, j’intervenais aussi au laboratoire à la demande de mon père le jeudi, épluchant des kg de champignons ou d’oignons, voire faisant la vaisselle dans une petite cour glaciale ou triant les rillettes à l’oie encore chaudes afin d’éliminer les petits os.

Comme personnel il y avait en plus une femme de ménage et une cuisinière. Les repas se prenaient en commun dans la grande cuisine avec tout le personnel placé par ordre hiérarchique après le patron la patronne et les enfants dont je faisait partie, puis les vendeuses et la cuisinière enfin le chef, les commis et les apprentis; cela faisait une grande tablée de plus d’une douzaine de personnes en fonction du nombre d’apprentis.

C’était très paternaliste comme fonctionnement. Mais après quelques années, mes parents ont fait mettre une cloison afin d’avoir une salle à manger indépendante. Ainsi nous n’avons plus jamais mangé avec le personnel et c’était aussi bien pour nous comme pour eux. Ce que n’appréciais pas dans ces repas, c’était qu’ils débutaient toujours par une assiette de soupe très épaisse, riche en pain et qui avait mijoté toute la journée sur le bord de la cuisinière à charbon, l’Aga; cette soupe était un véritable étouffe chrétien et je refusais d’en manger, ce qui posait des problèmes avec ma maman, car j’étais un mauvais exemple pour le personnel d »autant plus que j’avais proposé une hypothèse qui n’avait pas fait un succès en disant que le but de cette soupe était de couper l’appétit du personnel afin qu’ils consomment moins de la suite du repas. Déjà rebelle, on était pourtant encore loin de mai 68 !



La conserverie et les rillettes
10 novembre, 2018, 15 h 49 min
Classé dans : Non classé

Dans cette installation semi-industrielle, il y avait aussi une conserverie avec une sertisseuse et un gros autoclave à gaz avec un palan pour soulever le couvercle, et un rail fixé au plafond pour amener les grands bacs grillagés contenant les conserves à stériliser; dispositif impressionnant qui datait d’avant la guerre et qui avait été installé par mon grand père pour proposer aux paysans les jours de marché  la stérilisation à façon de leurs bocaux de légumes.

Une activité florissante et que j’ai encore vu fonctionner dans les années 1950/1960. Les bocaux numérotés à l’aide d’une petite plaquette en métal dont le double était donné au client (comme maintenant dans les pressings) étaient soigneusement rangés dans un grand panier à autoclave placé sur un monte charges  qui l’emmenait ensuite à l’étage au dessus où était situé l’autoclave; un palan monté sur des rails permettait ensuite d’acheminer le panier jusqu’à  l’introduire dans l’autoclave. Les clients pouvaient ainsi venir rechercher leurs bocaux stérilisés à la fin du marché. Ce petit bizness  a ensuite disparu avec l’avènement de la cocotte minute.

Par contre la conserverie avec la mise en boite de rillettes et de pâté de foie, leur sertissage et leur autoclavage et l’expédition de rillettes et de pâté de foie mais aussi de boudin noir et de boudin blanc sur Paris s’est prolongée encore longtemps puisque que j’y ai participé et mon jeune frère aussi, en chargeant les cartons dans la camionnette 2CV et en les emportant à la gare d’Alençon pour les transférer ensuite dans le wagon.

Nous fournissions ainsi une bonne vingtaine de charcuteries parisiennes et un représentant de commerce gérait les commandes. Le transport se faisait de nuit dans un wagon, dit réfrigéré, d’un train de marchandises. En fait la réfrigération se limitait à quelques ouvertures circulaires sur le toit du wagon munies d’ailettes qui tournaient avec le vent et renouvelaient l’air de l’intérieur. C’était pour le moins rustique mais à l’époque cela suffisait au bonheur de la SNCF et au nôtre; c’était suffisant dans la mesure où seul des produits frais étaient transportés et en Normandie les nuits sont fraîches.

 



Mes parents charcutiers
3 novembre, 2018, 11 h 02 min
Classé dans : Non classé

 

Tous les deux issus de famille de charcutier, leur avenir était tout tracé, ma mère dont les parents étaient charcutiers à Argentan et mon père qui avait hérité de la charcuterie de ses parents à Alençon. Ils étaient fait pour se rencontrer lors des réunions départementales de charcutiers. Mon père avait été formé au métier comme apprenti dans une grande charcuterie parisienne dont j’ai oublié le nom.

Malheureusement il a été déporté en Allemagne dans le cadre du STO comme beaucoup de jeunes gens à cet époque pas très réjouissante et n’a pu terminer sa formation. En Allemagne, il avait été affecté comme manœuvre dans une cimenterie avec des conditions de vie et de travail difficiles et un employeur qui était loin d’être chaleureux. Heureusement ses parents lui envoyaient des colis alimentaires qui permettaient d’améliorer son ordinaire et celui de ses compagnons. Au retour de son séjour forcé, en 1945, il a rapidement épousé ma mère dans la mesure où je suis né en février 1948.

Ils furent heureux et eurent trois beaux enfants comme dans les contes de fées (sur les photos, mon père, ma mère et leurs deux premiers enfants). L’entreprise familiale avait largement été développée par mon grand père qui avait mis en place une petite usine de rillettes avec marque déposée : «Rillettes du château des Ducs d’Alençon» qui étaient abondamment exportées sur Paris, une activité à laquelle j’ai beaucoup participé dans ma jeunesse. Il avait aussi ouvert une petite succursale dans un quartier périphérique, Courteille, où étaient logés un couple d’employés, la femme tenant la charcuterie et l’homme cuisinant les rillettes au feu de bois ce qui n’était pas une mince affaire dans la mesure où elles mijotaient dans des grands chaudrons pendant plus de 24 h.

Il fallait approvisionner en bûchettes les foyers de ces vieux chaudrons en cassant de grosses bûches à l’aide d’une casseuse mécanique mue par un moteur électrique et qui faisait tomber du plafond à intervalles régulier une lourde hache sur un billot en acier. L’officiant devait tenir la bûche avec ses mains en la présentant  au fil de la hache et en la faisant tourner au fur et à mesure pour obtenir des bûchettes. Pour éviter d’y laisser un bout de main, il fallait être très concentré. En plus de 40 ans de carrière l’employé ne s’est jamais blessé, j’avoue ne jamais avoir essayé. 


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