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Des copains de gauche
28 avril, 2018, 11 h 32 min
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Je reviens une dernière fois sur mes  bras droit ou plutôt de gauche plutôt lorsque sur la fin de mon séjour j’ai été secrétaire de la section syndicale APES d’Oran, fonction mal comprise et prise au premier degré par les responsables du Consulat de France qui de ce fait ne m’invitaient pas lors des réceptions alors que mes deux collègues y étaient conviés eux ! Ces deux collègues et néanmoins amis sont restés un peu plus longtemps que moi en coopération; ensuite l’un géologue et l’autre ichtyologue et leurs épouses respectives ont échoué après la coopération plus au Sud les chanceux; l’un Le parisien breton à l’université Claude Monnet de Saint Étienne après une période de purgatoire comme guide pédagogique au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris et l’autre, le corse, intégré à l’université de Montpellier après une petite prolongation de séjour en Algérie.

Le premier a fait une très belle carrière prenant beaucoup de responsabilités scientifiques et administratives. Après avoir été  l’un des derniers dans les années 1980 a prélever des échantillons dans le Hoggar, ce qui lui a permis de faire pendant quelques années des publications originales à peu de frais ! Il a effectué ensuite une fois en poste à l’université Jean Monnet de nombreuses missions aventureuses aux Kerguelen et re-publications de haut niveau (chanceux ou brillant, là est la question !). A une époque président de sa section du CNU alors que le Ministre de l’Enseignement Supérieur était sa majesté Claude Allègre, le géophysicien, ce ne devait pas être facile tous les jours ! Puis élu vice-président à la recherche de son université pour finir une fois son mandat terminé éminence grise de son président, ce qui lui allait très bien. Pour la retraite il retourne en partie en Bretagne où ils ont acheté avec son épouse une belle maison dans des champs d’artichauts du Finistère (quand on aime les légumes !).

Le second n’était pas carriériste mais passionné par les poissons et leur devenir, s’emmerdant à étudier leur oolithes pour leur donner un âge. Malgré un dossier de publications scientifiques important il n’a jamais cherché à devenir professeur préférant la liberté du chercheur plutôt que les tâches administratives et les emmerdements qui vont avec cette fonction. Comme le précédent, mais cette fois, c’est en Corse qu’avec son épouse ils ont fait construire une splendide maison dans le village familial avec une vue magnifique sur la Méditerranée, mais loin de la plage, nous dans le Nord on aime bien aller à la plage à pied .

Un troisième copain physiologiste et son épouse, elle aussi physiologiste, comme moi, mais pour le monde animal parti avant nous comme beaucoup d’autres, (à l’époque on disait remis à disposition). Ils habitaient à  Oran dans la même résidence et m’invitaient très souvent à dîner ce qui m’évitait une trop grande solitude et je leur en resterais éternellement reconnaissant. En dehors de nos activités professionnelles nous mettions en commun nos compétences pour découper des sangliers, je vous en ai déjà parlé, obélisque et Astérix, je vous laisse deviner qui est qui ! Résident toujours à Clermont Ferrand Il a acheté un pied à terre sur la Côte d’Azur, mais il possède aussi depuis longtemps une longère dont il a hérité dans une clairière  de son pays natal, la Corrèze, où il peut s’adonner à sa passion : de l’agriculture plutôt que du jardinage vu les surfaces exploitées et la quantité de légumes produite. Chercheur passionné, comme le précédent, dans un domaine un peu particulier la physiologie humaine avec comme modèles des sportifs de haut niveau, il a brillé dans cette activité, mais n’en a pas retiré au niveau de son établissement la reconnaissance qu’il méritait.

 



Un aventurier
21 avril, 2018, 12 h 11 min
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Un autre copain, facile à reconnaître, que j’ai tout d’abord rencontré en Algérie à l’université d’Oran à l’époque de mon service militaire où il enseignait la physique nucléaire, mais sa caractéristique physique principale était une chevelure abondante et des petites lunettes rondes style John Lennon. Baroudeur, avec un de ses collègues physicien comme lui qui possédait une Range Rover, ils n’hésitaient pas à traverser le Sahara pour faire un petit tour au Mali. Je l’ai ensuite perdu de vue car il était parti enseigner en Afrique noire, ensuite il est revenu encore quelques années à Oran, puis il est rentré en métropole facilement car il bénéficiait d’une procédure de rattachement dans une université française.

Il a échoué au Mans et plus tard nous nous sommes retrouvés lorsque la procédure de noria (ça tourne, un qui rentre, un qui part!) mise en place sous la pression des coopérants syndiqués (dont je faisais parti) par le gouvernement socialiste de l’époque, m’a permis enfin de rentrer et d’intégrer une université française, celle du Mans. Fonctionnaires, nous avons fonctionné de concert pendant de nombreuses années siégeant parfois ensemble dans différents conseils mais surtout refaisant le monde à l’heure du café. Il était connu au niveau de l’université comme un chroniqueur féroce et sans pitié au sein d’un groupe de discussion interne mis en place par un autre ex coopérant. Célèbre car il avait mis en ligne au début de l’Internet « un abécédaire pour un démaquillage de la recherche académique » toujours d’actualité et que je vous conseille de consulter si vous appréciez votre dirlab ( http://www.cristal.org/book.html). A la fin des années 80 nous avons débuté le golf ensemble suivant les cours proposés par le service des sports de l’université qui nous prêtait les clubs,  et nous donnait accès au prestigieux golf du circuit ; puis nous avons poursuivi cette activité dans un golf plus populaire celui de Sargé-les-Le Mans qui nous convenait mieux surtout du point de vue financier ! Nous avons brillé dans ce sport, surtout mon collègue lui remportant de nombreuses compétitions et moi souvent derrière, le Poulidor du golf !

Brillant accousticien, il lit avec attention mes chroniques hebdomadaires en y répondant de temps en temps par mail transmis à tous mes lecteurs, en me taillant un short la plupart du temps à tel point que ses réactions à mes chroniques sont plus lues et font plus de succès que mes propres écrits. Je pourrais presque en être jaloux si je n’étais pas devenu un vieux sage (j’ai bien dit sage !). J’attend toujours la création du conseil des sages de l’université, promesse électorale du président qui tarde à venir, moins rapide que son collègue président de la république !



Copains comme cochons !
14 avril, 2018, 12 h 10 min
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Enfin un club de retraités avec deux chimistes chez qui j’ai  découvert au cours du temps des points communs : l’un professeur comme moi, originaire d’Alençon comme moi, nous sommes liés par des relations commerciales entre nos pères respectifs, le sien fournissant des cochons contre rémunération et le mien les transformant en délicieuses charcuteries dont il tirait des bénéfices conséquents; l’autre chimiste, ingénieur et chercheur au CNRS a fait comme moi ses études secondaires à Caen dans un établissement privé confessionnel mais différent du mien, et nous nous sommes aperçu en nous remémorant nos souvenirs respectifs que nous avions subi les mêmes profs de philo et d’histoire et géo, avec un décalage de quelques années, comme quoi le monde est petit. Nous essayons de manger en ville une fois par semaine souvent le vendredi, le plus souvent dans une brasserie, le Globe place de la république où nous sommes très connus, mais aussi dans d’autres établissements voisins dont la cuisine est meilleure comme « Popotes et patouilles  (papilles, pardon) ou « La Villa » mais sans Pancho (pas terrible comme astuce je le reconnais!) cuisine française, restaurants que je vous conseille où l’on a le meilleur rapport qualité/prix.

Deux autres chimistes (encore, cela pullule autour de moi), l’un brillant professeur de classe exceptionnelle mais sans cheveux, encore en activité, directeur d’une équipe de recherche travaillant sur les polymères mais aussi récemment nommé directeur d’un institut de physique et de chimie, nous a accompagné de temps en temps et sa collègue, une chimiste plus jeune et pleine de cheveux, d’origine espagnole, nous rejoignait parfois, mais de moins en moins, mère de deux petites filles, elle n’a plus de temps à nous consacrer, dommage, mais je mange encore une ou deux fois par semaine au restaurant universitaire avec eux et ma collègue qui m’accueille gracieusement dans son bureau depuis que je suis à la retraite.

Physiologiste mais pour les plantes comme moi, nous avons travaillé de concert pendant plus de 30 ans défendant avec conviction et acharnement notre spécialité la physiologie végétale contre les agressions du monde animal (la carotte étant destinée à être mangée par le lapin), pardonnez moi cette métaphore. Comme elle va, elle aussi, partir prochainement à la retraite, je suis un peu inquiet quand à mes possibilités futures d’hébergement dans la mesure où les locaux de la biologie sont quelque peu saturés. Heureusement, j’ai de bonnes relations avec le personnel féminin du laboratoire (moins avec les mâles), cela va peut-être me sauver. Elles me trouveront bien une petite place, car j’aurais du mal à me priver de la pause café du matin et au chocolat du 4h avec ces charmantes collègues, même  si moqueuses certaines m’accueillent par « un bonjour proféchieur » pas très respectueux ! Mais pour ne pas être en reste je les surnomme non pas maître de conférence mais « merde de chien » et « technichienne » pour les autres, ce qui n’est pas vraiment politiquement correct, mais tant qu’elles ne portent pas plainte pour harcèlement !



Retour au Mans
7 avril, 2018, 12 h 06 min
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Définitivement installé au Mans à plus de 38 ans, du point de vue copains tout était à refaire. Nous avions quand même, mon épouse et moi, quelques amis de jeunesse dans cette ville, en particuliers un couple dont la femme était la copine de faculté de la mienne, son mari était banquier, (personne n’est parfait) et ils étaient présents à notre mariage donc ce n’est pas d’hier. Nous les fréquentons toujours, le mari est même le parrain de l’un de mes fils, le seul qui soit baptisé, je suis un mécréant ! Tous les vendredi soir, nous nous retrouvons dans le bistrot des jacobins où nous avons nos habitudes et où la serveuse nous accueille toujours chaleureusement et surtout me sert des cocktails bien tassés dans la mesure où je lui laisse de gros pourboire (vieille technique que j’ai longtemps pratiquée dans les théâtres parisiens : j’achetais toujours des billets à moitié prix au kiosque souvent mal placés, mais je donnais à l’ouvreuse comme pourboire un billet à la place de la petite pièce habituelle et je lui suggérais de me proposer de meilleures places s’il y en avait de libres juste avant le début de la séance et cela marchait à presque tous les coups, machiavélique j’étais,  n’est-ce pas Maître Yoda !).

Nous fréquentions aussi une autre copine de ma femme avec laquelle elle avait suivi sa licence d’espagnol à Caen, mariée à un physico-chimiste très militant politique à l’époque au PSU, il avait même été  candidat à la députation dans les années 1970, au fil des années après de multiples activités, construisant des maisons ou fabriquant des décodeurs quand il ne se lançait pas en politique pour conquérir la mairie du Mans, pour n’en citer que quelques unes; il est devenu avec le temps doyen de la Faculté des Sciences et Techniques donc en quelque sorte mon supérieur hiérarchique, mais y a t il vraiment une hiérarchie à l’Université !

Arrivé dans cette ville au milieu de ma vie, Il m’était difficile de trouver de nouveaux copains, mais plus facile de lier des relations amicales d’abord avec mes voisins. Nous avions eu l’idée dés notre installation dans la rue afin d’éviter les conflits de voisinage et en particulier ceux générés par le stationnement de proposer une rencontre en terrain neutre. Aussi nous avions organisé avant que cela ne soit institutionnalisé une fête des voisins, un repas partagé qui était l’occasion de régler amicalement d’éventuels conflits et surtout de régler les problèmes de transport scolaires de nos nombreux enfants car il y avait dans la rue trois familles nombreuses en plus de la mienne. Nous étions tous équipés de véhicules adaptés pour le transport de ces petits écoliers ce qui nous permettaient d’organiser des roulements, j’en trimballais une bonne demi douzaine tous les matins.


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