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Toujours au Maroc
29 octobre, 2017, 10 h 11 min
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En plus cette soutenance fut semée d’embûches, l’impétrant n’était arrivé que la veille au soir de France et n’avait pas eu le temps de répéter sa soutenance devant ma collègue marocaine codirectrice de la thèse. Qui plus est, alors que tout le monde était installé dans l’amphi et que l’étudiant allait démarrer son exposé, le directeur de l’école doctorale marocaine fit suspendre la soutenance invoquant un vice de forme dans la composition du jury, la présidente n’ayant pas le titre de professeur. Il fallut rapidement, mais après une demi-heure de négociations au Maghreb tout se marchande, trouver un arrangement en nommant président un professeur de médecine membre du jury et rapporteur bien que cela ne soit pas non plus administrativement correct. Le candidat put alors présenter son travail de recherche au cours duquel il avait apporté des compléments alimentaires à des rats rendus obèse contenant des microalgues riches en oméga-3 et à des marocaines de l’huile d’argan au petit déjeuner. Il a ainsi montré dans les deux cas les effets bénéfiques de ces traitements sur les paramètres sanguins et hépatiques (à la lumière de ces résultats, je vous conseille donc d’en prendre tous les matins bien que le dosage de microalgues dans les gélules commercialisé est insuffisant, merci docteur Tremblin !).

Il fut reçu avec les félicitations du jury (il le méritait, ne serait ce que pour avoir supporté cette longue attente sur l’estrade avant de pouvoir présenter son travail). La deuxième surprise eu lieu lors du pot de thèse (sans alcool)  au cours duquel il nous indiqua de loin la présence de sa fiancée puis durant le repas au cours du quel, il s’excusa et parti avant le dessert pour aller se marier ! Étonnant non ?

 

Je continue à me rendre au labo tous les matins mais avec un rythme moins soutenu, n’arrivant qu’à l’heure du café gracieusement préparé par mes collègues femmes puis le midi, repas au RU avec le plus souvent ma collègue de bureau et quelques chimistes conviviaux (il faut de tout pour faire un monde ou au moins une Faculté  des Sciences) puis un passage à la cafétéria où je retrouve souvent mon collègue acousticien retraité et émérite comme moi, ce qui nous permet de refaire le monde tous les midis et il y a du boulot ! L’après-midi une petite coupure vers 16 h pour aller prendre un chocolat avec les techniciennes qui ont fini leur journée parfois accompagné d’une jeune maître de conférences ex championne de tennis amateur. Je reste ensuite au bureau jusque vers 18 h en essayant de gratter quelques lignes voire quelques pages de mon prochain ouvrage.

 

 



Dans un petit coin
21 octobre, 2017, 10 h 26 min
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J’ai malheureusement du abandonner mon grand bureau de plus de 20 m2 dans lequel je me suis épanoui dans tous les sens du terme pendant plus de 25 ans, à tel point que les nombreuses armoires étaient bourrées de documents (je gardais tout). Plus de bureau disponible, J’ai été, par manque de locaux, gracieusement accueilli par une collègue avec qui j’avais collaboré durant toutes ces années. Maintenant, je ne dispose plus que d’un petit meuble bureau (plein de bordel, rassurez vous, les bonnes habitudes ne se perdent pas) et d’une petite armoire dans le couloir. J’ai dû me séparer d’une grande quantité de documents et le tri a été long, difficile et douloureux. On jette souvent le document dont on a besoin le lendemain, je l’ai plusieurs fois vérifié et le vérifie encore.

Avec un collègue acousticien dont j’étais proche et que j’avais connu dans ma jeunesse à l’université d’Oran en Algérie et retrouvé au Mans, nous avons fêté ensemble notre départ en retraite. Réception grandiose, très réussie, dans la grande salle d’examen de la Faculté des Sciences avec orchestre de jazz et buffet somptueux (avec des salades d’algues) au cours de laquelle nous nous sommes permis chacun un petit discours (je vous l’ai déjà diffusé). Un diaporama à notre gloire bien sûr, présentant nos points communs (des bureaux très en fouillis, mais il me battait à plate couture, beaucoup de cheveux du moins à l’époque pour moi et toujours pour lui !) et nos origines respectives, avait été préparé dans notre dos par nos collègues femmes.

Professeur émérite, il me restait à faire soutenir la thèse de mon dernier étudiant à Mohammedia au Maroc, une annexe de l’université Hassan II. Cela n’a pas été sans mal car cet étudiant repoussait sans arrêt la date de soutenance ayant dépassé largement les délais octroyés par les écoles doctorales du Mans et de Mohammedia. La thèse étant en cotutelle, pour la soutenance je me suis donc rendu au Maroc avec deux collègues membres comme moi du jury. Ces deux dames étaient un peu inquiètes de venir dans ce pays peu féministe et je n’ai pas réussi à les convaincre de séjourner un ou deux jours de plus afin d’en profiter pour visiter la région. Nous sommes donc resté juste deux nuits, c’était bien la première fois que je ne profitais pas d’une mission à l’étranger pour faire un peu de tourisme, pardon de terrain!



Enfin à la retraite
14 octobre, 2017, 12 h 59 min
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A 65 ans j’ai choisi de partir à la retraite et pourtant j’aurais pu continuer à travailler jusqu’à 67 ans et demi du fait de mon statut privilégié de professeur des Universités (et oui il y en a plusieurs, c’est comme cela que l’on dit !); administrativement j’ai bien fait de partir quand j’ai découvert sur mon bilan d’activités que j’avais travaillé 3 ans de plus que ne l’exigeait le système. De ce fait j’aurais dû bénéficier d’un bonus, mais celui-ci ne m’a pas été attribué car avec mes autres avantages : 12 ans à servir la France en coopération ce qui m’a valu un bonus de 4 ans de cotisations et en plus avoir élevé 5 garçons (et c’est pas de la tarte, moins pire que des filles quand même !), j’ai bénéficié d’une majoration de 20 %. Malheureusement ces différentes majorations, ajoutées à la surcote de 15 % pour les 3 ans supplémentaires, qui théoriquement s’additionnent ont dépassé le montant de mon dernier traitement indiciaire et j’ai été écrêté. Après calcul ma pension a été réduite de 1000 € par mois (c’est pas rien) mais rassurez vous, il m’en reste encore puisque ne payant plus de cotisations sociales, je me retrouve avec une pension supérieure à mon salaire lorsque j’étais en activité. On m’avait toujours dit que l’un des avantages de la fonction publique c’était la retraite, j’en suis un exemple vivant mais un peu malade (pourvu que cela dure comme disait la maman de Napoléon).

Le deuxième avantage du statut de professeur des universités, c’est de pouvoir bénéficier de l’éméritat qui consiste à continuer à travailler mais cette fois bénévolement. Ce statut attribué par un arrêté du président sur proposition du laboratoire et après consultation des différentes instances hiérarchiques permet au professeur émérite de conserver quelques privilèges comme un accès dans son ex laboratoire qui lui fournit un bureau, la possibilité de poursuivre des recherches et de les publier sous couvert de l’université, d’encadrer des étudiants en thèse, d’être invité comme conférencier (c’est le cas fin octobre ou je vais me rendre en tant que conférencier invité dans mon ancienne université à Oran en Algérie), de participer à des jurys de thèses et d’HDR et enfin de profiter de divers petits avantages comme une adresse internet professionnelle, la possibilité d’emprunter des ouvrages à la bibliothèque, du chauffage et de la lumière (comme le faisait remarquer bêtement un ex président), etc. La notion d’émérite n’ayant rien à voir avec le mérite, mais il faut plutôt la comprendre comme au service de, bien que le synonyme le plus courant de ce terme soit exceptionnel (c’est pas moi qui le dit, c’est le dictionnaire !).



Radié de la fonction publique, l’enseignement c’est fini
7 octobre, 2017, 10 h 23 min
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L’enseignement me manque un peu, faire la vedette devant un amphithéâtre rempli d’étudiants et d’étudiantes, c’était fatiguant mais valorisant; sur la fin je ne pouvais plus me tenir debout sur toute la durée du cours aussi j’avais astucieusement planqué derrière les écrans des trois amphithéâtres des sièges hauts de laboratoire qui avaient été réformés. Je faisais donc cours à moitié debout, demi fesse appuyée sur ce siège haut (technique Laurent de la mèche, Delahousse, pardon).

Par contre l’évolution récente concernant la prise de notes des étudiants où mes collègues encore en activité donnent leurs cours face à des dos d’écran d’ordinateur portables, cela ne m’aurait pas vraiment plu.

Depuis je n’ai plus d’étudiants car je n’ai plus le droit d’enseigner, mais du fait de mon statut de professeur émérite, j’en côtoie encore, quelques uns ou quelques unes, lorsqu’ils font des stages de quelques mois au laboratoire ou plus longtemps lorsqu’il préparent des thèses (actuellement c’est un étudiant chinois très sympathique que je côtoie tous les jours car nous sommes cote à cote dans le même bureau).

La présence de cette jeunesse studieuse autour de moi est très vivifiante et me confirme dans l’idée que les efforts que j’ai investi dans la mise en place de ce cursus n’ont pas été vains.

En effet, lorsque je suis arrivé à l’université du Maine les étudiants en biologie/biochimie étaient bloqués à bac plus deux, le DEUG, ils peuvent maintenant poursuivre jusqu’à Bac plus huit, donc suivre un LMD complet au Mans; l’université du Maine (maintenant « Le Mans Université ») jouant ainsi pleinement son rôle d’établissement de proximité fournissant, aux étudiants dont les parents disposent de peu de moyens, la possibilité de suivre un cursus complet sans avoir besoin de se déplacer dans d’autres établissements; pourvu que cela dure !

Mais avec ce nouveau gouvernement ce n’est pas gagné. Avec la politique des gros pôles d’excellence, le risque pour Le Mans Université (nouvelle appellation) est de rester une Université de proximité mais ne délivrant plus que des licences donc à bac plus 3, ce sera très réducteur. Avec la disparition des Masters l’existence des laboratoires de recherche risque d’être compromise, de même que la fonction recherche des enseignants chercheurs. Mauvais présages, j’ai un peu honte d’être un oiseau de mauvais augure, mais c’est dans l’air du temps.


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