Un site utilisant unblog.fr
  • Accueil
  • > Archives pour septembre 2017

les copies, quel pensum !
30 septembre, 2017, 11 h 14 min
Classé dans : Non classé

Les années suivantes du fait de la politique régionale de notre université du fait d’un rapprochement obligatoire avec celle d’Angers, il a fallu faire « master commun » mais sur une thématique différente la toxicologie. J’en ai laissé la responsabilité à l’un de mes collègues car cette thématique ne me branchait pas. Ce n’était pas très satisfaisant car si à Angers cette thématique correspond parfaitement aux activités de recherche du laboratoire, c’était loin d’être le cas pour les biologistes du Mans.

Maintenant professeur émérite, je ne me mêle plus de l’enseignement, mais je trouve quand même cette évolution peu satisfaisante. Toutefois avec la grande COMUE Bretagne-Pays de la Loire  tout peut changer rapidement !

Le plus pénible dans ce métier ce sont les corrections de copies et à une époque j’ai cherché à trouver une solution à ce problème lorsque j’ai dû assurer un enseignement en Algérie à plus de 600 étudiants en première année de pharmacie. Je faisais cours dans une salle de spectacle, seul sur la scène, face à un micro sur pied, ce qui vérifiait le fait que faire des cours c’est un peu du théâtre.

 Pour éviter la correction de la masse de copies que cela allait générer (il allait faloir une brouette pour les transporter), j’avais conçu une sorte de QCM dont la correction était automatique, mais très sévère; réalisée grâce à un ordinateur individuel, mais je vous en ai déjà parlé en détail, j’étais un précurseur. Après cette expérience, je suis revenu aux examens traditionnels avec copie anonyme (je l’ai toujours exigé alors que c’est de plus en plus abandonné) et un stylo rouge, bien que cela ne soit pas politiquement correct d’après un de mes collègue à moitié Canadien pour qui nous sommes des « maudits français ».

Maintenant des logiciels à base de QCM ont été mis en place par les services informatiques des Universités et mis à disposition des enseignants qui ne veulent plus corriger de copies à la main. Du coup on n’est plus gêné par les fautes d’orthographes et de français mais lorsque plus tard les étudiants doivent rédiger un mémoire, on récolte ce que l’on a pas semé et l’on doit en réécrire une grande partie.



Retour au Mans
23 septembre, 2017, 17 h 17 min
Classé dans : Non classé

Revenu au Mans, après avoir participé à la mise en place à l’université d’Oran d’un magister, j’étais presque revenu au point de départ en enseignant au niveau bac +2. Tout était à refaire et  je me suis efforcé de développer à l’offre de formation afin de proposer aux étudiants en biologie à l’université du Maine un cursus complet.

Après le rejet par le Ministère d’une licence de biochimie présentée par un professeur qui n’était pas crédible, nous avons proposé, en association avec des chimistes, une autre licence intitulée « chimie biologique ». Elle a plu aux experts (peinards!), puis une maîtrise de biotechnologie que je suis allé défendre à Paris, avec un tel succès que l’expert m’a proposé de poursuivre mes efforts en soumettant un projet de DESS pour l’année suivante. Je ne l’ai pas suivi, j’en avais assez fait, tout cela gênerait trop d’heures supplémentaires, pour une équipe enseignante trop petite, au détriment de la recherche qui était quand même l’une de nos missions principales, souvent préférée et surtout plus valorisante d’un point de vue carrière !

La réforme LMD à mis fin à ces démarches individuelles pour monter des filières, cette fois tout était encadré et il fallait rentrer dans des cases prédéfinies. J’ai quand même réussi avec mes collègues de Nantes à insérer un Master de Biologie Marine Appliquée qui correspondait à peu près à nos activités de recherche communes. Cette fois avec le doctorat à suivre nous avions un cursus complet, bac plus 8, à proposer à nos étudiants. J’étais très satisfait de ce résultat que nous avions mis plus de 15 ans à obtenir, mais tout n’étais pas résolu au niveau du master 2 les enseignements théoriques et pratiques étaient seulement assurés à Nantes. Ce qui obligeait les étudiants du Mans à se déplacer durant le premier semestre, par contre le stage pouvait s’effectuer dans les laboratoires MMS du Mans ou ailleurs en fonction du choix des étudiants.

L’autre problème était lié au fait que les étudiants du Mans (très rillettes !) préférant le cochon, étaient peu attirés par le poisson (encore que l’on trouve des rillettes de maquereaux), et donc par la Biologie Marine aussi, en tant que responsable, je m’efforçais d’inscrire des étudiants étrangers afin de maintenir un effectif suffisant pour éviter la fermeture d’une filière que nous avions eu tant de mal à mettre en place. Cela marchait, mais ne satisfaisait pas du tout mon co-responsable de Nantes qui était  contre l’inscription d’étrangers et surtout de chinois. Il considérait que ces derniers étaient tricheurs et menteurs, et il parlait d’expérience puisqu’il en avait épousé une ! Pourtant ces recrutements étaient positifs puisque la dernière année de fonctionnement de ce master, tous les étudiants du Mans étaient étrangers et lors du classement final ils étaient presque tous devant ceux de Nantes qui étaient pourtant des français de souche; comme quoi nul n’est prophète en son pays.



prof en Tunisie
16 septembre, 2017, 9 h 07 min
Classé dans : Non classé

Rassurez vous j’ai toujours été bien évalué par les étudiants.  Je suis aussi allé dispenser mon enseignement appliqué sur les algues dans d’autres établissements : un IUT, celui de Clermont Ferrand et dans une Faculté de pharmacie à Lille. Dans ces établissements les étudiants étaient à priori plus motivés, mais mes interventions qui sortaient du cursus, donc ne menant pas à un contrôle, étaient souvent prises comme une détente par ces derniers, ce qui était un peu décevant.

A l’université de Sfax en Tunisie, dans le cadre d’une co-diplomation avec l’ Université du Maine, je suis intervenu plusieurs années, au niveau master, sur le milieu marin et la biologie des algues; puis le programme du master ayant changé j’ai donné un cours de phytogéographie; cela m’a rajeunit car dans cette spécialité dans laquelle j’avais obtenu une mention et avait été major de la promotion, impressionnant non ! Toutefois pour éviter que mes chevilles ne gonflent trop, le prof m’avait convoqué dans son bureau pour me préciser « qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ».

Ces interventions en Tunisie me plaisaient beaucoup, face à des étudiants et des étudiantes non voilées attentifs, cela me rappelait le calme des amphis lorsque j’étais prof en Algérie. Après la révolution du jasmin, j’ai été un peu déçu car la moitié des étudiantes étaient cette fois voilées; leur demandant pourquoi, elles expliquaient que c’était leur liberté. Drôle de conception de la liberté, encore que dans l’établissement confessionnel où j’avais fait mes humanités, on nous obligeait à apprendre par cœur une définition de la liberté qui était : » Être libre, c’est être capable de prendre à son compte la réponse à faire à l’appel de Dieu », ce qui correspondait un peu à leur attitude. Efficace puisque plus de 50 ans après je m’en souvient encore !

De plus avec ma rémunération en dinars tunisiens je finançais une ballade qu’un collègue géologue résidant à Sfax m’organisait. Quelques jours de mission sur le terrain (tourisme pour le citoyen ordinaire mais pas pour un professeur des universités qui travaille même lorsqu’il se promène avec sa femme avait expliqué un éminent professeur de géologie, il y a quelques années dans un article du Monde qui avait fait sensation !) en logeant dans les palaces qui sont nombreux dans ce pays. Malheureusement, j’ai dû abandonner ces fonctions lors de mon départ en retraite et par répercutions les voyages aventures avec séjours dans les palaces.



L’enseignement pratique
9 septembre, 2017, 19 h 19 min
Classé dans : Non classé

A coté des cours magistraux que j’assurais (brillamment bien sûr!), j’étais plus attiré par l’enseignement pratique que j’ai beaucoup développé au cours de ma carrière, transférant lorsque c’était possible des manipulations de recherche vers l’enseignement pratique; ainsi j’ai mis en place avec une collègue une manipulation d’EXAO originale que j’aurais du breveter permettant de mesurer automatiquement la transpiration d’une plante en continu. Le logiciel que j’avais programmé à l’époque en Qbasic sur un PC maintenant obsolète fonctionne encore pour le plus grand bien des étudiants !

Au cours des années, je me suis efforcé de remplacer une partie de l’approche microscopique de la biologie et de la physiologie végétales préexistantes par des démarches plus expérimentales dite de physiologie cellulaire végétale, comme la mesure de l’activité photosynthétique sur une algue brune en suivant le dégagement du dioxygène. Avec ma collègue nous jouions donc vraiment notre rôle d’enseignant-chercheur transférant au niveau des étudiants nos connaissances et nos techniques, mais cela énervait beaucoup nos collègues animaliers, rois du microscope, qui sous-traitaient tout ce qui était physiologie.

D’autres manipulations de physiologie cellulaire végétale ont été mises en place, comme l’étude de la réaction de Hill (mise en évidence du pouvoir réducteur des chloroplastes à la lumière) ou de la photophosphorylation (synthèse d’ATP à la lumière par les chloroplastes), des mesures d’activité enzymatique par la méthode du pH stat ou encore sur des plantes entières une initiation à l’étude de la photosynthèse par fluorimétrie modulée (technique de pointe), j’en passe et des meilleures car je pense que cela devient trop technique et vous indiffère.

Pour être à la mode, J’ai développé dans les années 90 une initiation à la culture in vitro et à l’obtention de protoplastes (cellules végétales débarrassées de leurs parois) non seulement pour mes étudiants mais aussi pour des enseignants du secondaire. Je suis aussi allé enseigner (cours sur les algues et leurs applications) dans d’autres établissements comme l’IEA d’Angers (la catho, pour gagner mon ciel !) avec une petite différence car nous étions dans le privé payant; l’étudiant étant alors un client avec une évaluation des enseignants en fin d’année par les étudiants ce qui modifie drôlement les relations prof/élèves et l’un de mes collègues de l’UCO, géologues de son état, a été licencié après avis des étudiants et présence insuffisante dans l’établissement. Dans le privé nos collègue sont astreint à environ 1 600 h de présence annuelle, c’est théoriquement la même chose dans le public mais avec beaucoup plus de souplesse !!!  et avant que l’on vire un fonctionnaire, il faut en faire des bêtises !



Faire grève à l’Université
2 septembre, 2017, 11 h 57 min
Classé dans : Non classé

Pour en revenir à l’enseignement, dans ces conditions, j’ai eu beaucoup de mal à trouver des créneaux horaires pour assurer mon enseignement et à finir le semestre. Comme c’était ma première année à l’Université du Maine, je tenais à respecter mon engagement. Il faut savoir que militer syndicalement et surtout faire grève dans l’université française ce n’est pas si simple. Même si l’on est en grève, il faut rattraper les cours qui sont annualisés et surtout poursuivre nos travaux de recherche sur le vivant qui lui n’attend pas. Si l’on se déclare gréviste l’administration retient un jour de rémunération par jour de grève (double sanction puisqu’il nous faut malgré tout travailler, car sur la partie recherche de nos activités nous sommes nos propres patrons et si on les suspend, c’est à notre détriment). Par contre si l’on ne dit rien comme la plupart, on est considéré comme non gréviste. En Algérie c’était plus simple nous n’avions pas le droit de grève.

 

Les premières années mon éthique de syndicalisme me forçait à me déclarer en grève tout en travaillant et en participant aux manifestations, puis j’ai découvert que la plupart de mes collègues enseignants même gréviste ne se déclaraient pas car il n’y avait pas de contrôle pour les enseignants chercheurs de la part de l’administration. Les autres catégories de personnels qui pointaient, étaient eux financièrement sanctionnés. C’était injuste aussi nous avons fini par mettre en place une caisse de soutien aux grévistes au niveau de laquelle nous reversions nos journées de travail plutôt que de laisser l’argent à l’état. C’était plus satisfaisant et nous étions en règle avec notre conscience… syndicale !

 

Ce premier contact avec l’enseignement en France m’avait décoiffé bien que portant encore les cheveux frisés, héritage de mon long séjour au Maghreb. Pour le second semestre, j’ai été plus exigeant sur mon emploi du temps en supprimant les cours du samedi matin et en les plaçant le mercredi matin à 8 h, au grand désaccord des professeurs de l’époque qui ne voulaient pas que des enseignements de biologie débutent avant 9 h afin de conserver leur qualité de vie. Mais je n’ai pas cédé et pendant longtemps j’ai dispensé un cours passionnant (bien sûr) de physiologie végétale tous les mercredis matins car c’était le seul jour où je n’avais pas d’enfants à emmener à l’école. A cette heure matinale, je pouvais enseigner en amphi ce qui était beaucoup plus confortable (pour l’enseignant) que dans des salles préfabriquées bondées où l’on avait des étudiants du premier rang presque sur les genoux, encore que les étudiantes !


MatLo |
BRYAN ET BEVERLY HILLS STAN... |
Vidéos chats drôles, humour... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | E.V.G Viale week end du 1er...
| Papierdumeur
| Entrezdanslalegende