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Première année agitée au Mans
26 août, 2017, 11 h 22 min
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Intégrés à l’Université du Maine pour la première année, lors de mes cours dans les amphis au Mans, j’ai été très vite surpris par le manque d’attention de la plupart des étudiants. Par rapport à l’Algérie ou les étudiants recevaient mes paroles comme celle de l’évangile, pardon du Coran, les conditions étaient différentes, un certain nombre d’étudiants ou d’étudiantes étaient là par défaut, d’autres étaient là pour passer le temps (au chaud et à la lumière comme disait un ancien président de la république) et profiter des avantages du statut étudiant, pour certains c’était quand même positif car ils attendaient de présenter des concours administratifs qui avaient lieu en cours d’année comme ceux des écoles d’infirmières. Dans ces conditions pour les intéresser, il fallait mouiller sa chemise.

Le premier semestre fut difficile d’une part mon important cours de Physiologie Végétale destiné aux étudiants de 2ème année de Deug  était mal placé le samedi matin seul enseignement de la matinée, difficile dans ces conditions de remplir un amphi avec des étudiants motivés, d’autre part car les séances de TD avaient lieu le vendredi en fin de journée, pas mieux !  En effet nos chers collègues animaliers se réservaient cette journée du vendredi pour leurs soi-disantes sorties de terrain afin de chasser le Sphérome  (un petit crustacé vivant sous les pierres en bord de mer) pour leurs travaux de génétique; mais aussi pour avoir la possibilité de prendre de longs week-ends de missions scientifiques, à la mer bien sûr, d’autant plus qu’ils disposaient d’un camping-car laboratoire multi-usages financé par le CNRS ! C’était vraiment ce que l’on appelle combiner l’utile à l’agréable et je me comprend pendant que nous ramions avec les étudiants en fin de semaine !

Par aillleurs cette période universitaire était agitée par les manifestations étudiantes contre la loi Devaquet ; loi qui prévoyait non seulement une sélection à l’entrée de l’université et une mise en concurrence de celles-ci, mais aussi une augmentation des droits d’inscription et la disparition des diplômes nationaux. C’était de la droite dure, inacceptable. De nombreuses et très importantes manifestations contre ces projets étaient organisées à Paris et en province auxquelles j’ai bien sûr participé (soixante huitard, j’ai toujours été très manif). L’une d’entre elle a fini très mal par le décès d’un étudiant passé à tabac par les voltigeurs en moto, Malik Oussekine, et a abouti au retrait de la loi et à la démission du ministre. Un de moins, mais le problème de l’accueil des étudiants bacheliers à l’Université n’est toujours pas résolu !

 

Par contre j’étais à l’époque membre de la CA (commission administrative) du SNESup siégeant à Paris où je me rendais de temps pour entendre la bonne parole de la tendance Action Syndicale, très proche à la fois dans ses idées et dans son fonctionnement du Parti Communiste.  Les collègues syndiqués du Mans auraient souhaité que je prenne pour la partie enseignante la tête de la contestation sur Le Mans; mais je ne suis pas un meneur d’hommes et je suis resté dans l’ombre comme militant de base, bien qu’organisant ensuite pendant plusieurs années les réunions syndicales au sein de la Faculté des Sciences, mais sans grand succès,

 



A l’université d’Oran
19 août, 2017, 11 h 18 min
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Mais revenons à l’université d’Oran, j’avais vite compris que pour pouvoir développer une activité de recherche scientifique propre et donc de disposer d’un laboratoire et d’un peu de matériel, il fallait que je mette en place un enseignement pratique à destination et pour le plus grand bien des étudiants. C’est la démarche que j’ai initiée durant ma première année d’enseignement et que j’ai pratiquée ensuite les années suivantes avec mon collègue africain. Dès mon arrivée, je me suis acharné à installer une salle de culture indispensable quand on fait de l’expérimentation sur le végétal avec un châssis en cornières équipé de tubes fluorescent, une horloge pour reproduire l’alternance jour/nuit et un climatiseur. L’air étant trop sec j’avais du ramener de France un humidificateur (quelle abnégation).

 Nous pouvions ainsi contrôler les conditions de culture, il ne restait plus qu’à choisir des modèles de plantes à étudier. Pour les travaux des étudiants en formation dans le cadre de la préparation d’un DES (diplôme d’études supérieures), les responsables algériens nous avaient imposé de travailler sur les luzernes. Mon collègue africain cultivait du mil et de mon côté, j’y faisais pousser une petite plante discrète qui colonisait de temps en temps les rives des lacs salés ou sebkhas en y formant la ceinture de végétation la plus interne dans les zones très riches en sels. Cette recherche très fondamentale sur l’écophysiologie d’halopeplis amplexicaulis correspondait à mon inscription en thèse d’état à l’université de Caen.

C’était un travail d’une quinzaine d’années et avant que je n’arrive au bout, ce diplôme a été supprimé et remplacé par l’habilitation à diriger des recherches que j’ai soutenu beaucoup plus tard, mais en utilisant quand même les résultats obtenus en Algérie et en partie publiés. Ce fut l’occasion de faire un article de synthèse en français (mon dernier dans cette langue) sur ces travaux, article qui est souvent consulté et cité par des jeunes collègues maghrébins qui s’intéressent aux halophytes des sebkhas. Comme quoi ce travail de recherche très fondamental n’a pas été complètement inutile, ce que les évaluateurs d’aujourd’hui ont pourtant tendance à penser. Depuis la création de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), en France seuls les travaux de recherches à court terme et menant à des applications rapides sont reconnus, et surtout financés.

J’ai quand même formés à la recherche une demi-douzaine d’étudiants tous les ans dont la plupart ont intégrés les universités de leurs pays et nous y ont remplacés. Le temps a passé ils sont maintenant proches de la retraite après avoir fait de belles carrières comme chercheurs ou dans l’administration universitaire algérienne (plusieurs sont devenus recteurs). Ils restent très reconnaissants des efforts que nous avons faits pour eux et je vais en revoir avec plaisir prochainement quelques uns lors d’un prochain déplacement à Oran.  J’ai répondu positivement à l’invitation de l’un d’entre eux afin d’y présenter dans un colloque mes travaux sur le monde des algues.

Vous allez me dire, un vieux prof ça raconte toujours les mêmes histoires et vous n’avez pas tord car j’ai fait le même type d’intervention à Oran à la fin des années 80, mais rassurez vous après plus de 25 ans de recherche sur les algues, j’ai fait de nombreuses mises à jour.

 



Les étudiants bonheur ou galère ?
11 août, 2017, 19 h 24 min
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Avec en moyenne 2 à 300 étudiants par an et plus de 25 ans d’activités d’enseignement au Mans et précédemment 12 ans en Algérie mais avec de plus petites promotions de l’ordre d’une trentaine par an au début puis d’une cinquantaine ensuite, j’ai dû côtoyer plus de 10 000 étudiants ou étudiantes. Ça laisse des traces !  L’enseignement en amphi était facile en Algérie (on entendait les mouches voler) dans la mesure où les étudiants qui avaient la chance d’accéder à l’université étaient très motivés et d’un autre côté très démunis, car en dehors des cours que nous leurs dispensions, il n’avaient à leur disposition aucune autre source de documentation. Internet n’était pas encore inventé et l’informatique individuelle inexistante; l’unique bibliothèque était très pauvre et le plus souvent il n’y avait qu’un seul exemplaire de l’ouvrage dont ils avaient besoin.

 Par contre, à l’époque, pour leur transmettre le savoir, nous ne disposions que d’amphithéâtre et de grands tableaux noirs. On devait donc tout illustrer à la craie, c’était mauvais pour mes poumons, mais comme j’avais subi ce type d’enseignement quelques années au par avant je me suis facilement adapté. C’était le cours magistral dans toute sa splendeur, mais fruit de mon expérience passée, j’évitais de pratiquer ce que j’avais subi comme étudiant de la part de certains de mes professeurs, la nécessité de prendre des notes avec une main et les schémas de l’autre car ils faisaient le commentaire de leurs schémas tout en les dessinant au tableau (pas très pédagogique). C’était très difficile à suivre à moins de s’associer avec un copain l’un prenant le texte et l’autre les images. Ce qui obligeait ensuite à reprendre le soir chaque séance  pour reconstituer le cours en regroupant texte et illustrations. Nous étions donc obligé de travailler deux fois plus, mais après tout, c’était peut-être bénéfique.

 Pour revenir à l’enseignement en Algérie, du côté prof, après quelques années nous avons pu bénéficier mes collègues et moi d’une machine fabriquant des stencils électroniques, ce qui nous a permis de fournir aux étudiants, sur des documents polycopiés, les illustrations de nos cours et de respirer moins de craie.

Plus tard, au Mans, j’ai pu disposer de rétroprojecteurs et de photocopieuses, le rêve et, en fin de carrière, de vidéo projecteurs facilitant, mais peut être un peu trop la transmission du savoir l’étudiant devenant spectateur; il n’a presque plus besoin de prendre de notes car il sait qu’il va retrouver sur un site dédié ce que l’enseignant vient de lui diffuser sur l’écran. Si ces cours conférences très illustrés sont très agréables à suivre pour les étudiants et à préparer pour les enseignants; j’ai peur que pour la plupart ils ne leurs rentrent que par une oreille et un oeil et ressortent par les autres sans vraiment laisser de traces dans leur cerveau. Lors des examens, ils semblent avoir pour la plupart, du mal à restituer sur leur copie d’examen les connaissances mal acquises à partir de supports audiovisuels. Je reste persuadé, que pour bien préparer ses examens, rien ne vaut un support écrit de la main de l’étudiant qui correspond à une appropriation du cours dispensé par le professeur. 



la lutte pour la bouffe continue
5 août, 2017, 11 h 57 min
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Au grand dam du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Sociales) la presse régionale avait rapporté notre intervention protestataire au RU (Restaurant Universitaire). Elle avait été très contestée par certains collègues qui trouvaient la bouffe du RU très acceptable, mais n’y mangeaient jamais. Il faut savoir que l’université et son président n’ont aucun pouvoir sur cet organisme indépendant. D’ailleurs la possibilité d’un restaurant spécifiquement destiné au personnel a fait longtemps l’objet de négociations entre les deux organismes.

Puis il y eut une prise de conscience de cette situation catastrophique par les responsables du CROUS avec l’ouverture de plusieurs restaurants : cuisine traditionnelle, cuisine du monde, snack hamburger pizza, et après des travaux d’agrandissement l’ouverture d’une nouvelle salle du personnel concédée par le CROUS avec une très nette amélioration de la qualité des plats servis.

Enfin depuis quelques mois au RU pour un petit supplément des plats cuisinés plus fins dits gastronomiques sont proposés et j’en profite souvent. Par contre mon statut de retraité s’est traduit par une augmentation du prix du repas et l’on m’applique le tarif passager le plus élevé alors que je suis un bon client présent presque tous les jours et depuis plus de 30 ans. Ma fidélité n’est pas récompensée, C’est pas juste comme dirait Titeuf !

Toutefois pour diversifier mon alimentation, je sors manger en ville une fois par semaine avec des copains chimistes (nul n’est parfait), le plus souvent au Globe ou le serveur nous connaît bien, mais aussi de temps en temps à la Villa (le meilleur rapport qualité/prix, mais bruyant en hiver) où à popotes et papouilles, papilles pardon où la cuisine est excellente !


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