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Mission en Chine
30 décembre, 2016, 17 h 19 min
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Cette fois, je jouais le rôle d’accompagnant, car c’est mon épouse qui était missionnée par l’université pour enseigner le français en Chine. Je vous explique : ayant élevé beaucoup d’enfants,  elle eut le droit de prendre sa retraite avant soixante ans. Ne souhaitant pas rester inactive (ce n’est pas son genre), elle sauta sur l’occasion lorsque mon directeur et ami lui proposa d’enseigner le français à des jeunes chinois venant poursuivre leurs études à l’Université du Maine. Comme elle possédait un diplôme de français langue étrangère, elle avait toutes les compétences pour intervenir dans ce type de formation elle fut aussitôt embauchée et s’éclata dans cette fonction.

Après plusieurs années d’intervention au cours desquelles elle du jouer avec différents statuts pour pouvoir enseigner comme s’inscrire comme étudiante en première année de biologie alors que j’enseignais encore dans ce service. C’était une stratégie du directeur de la Faculté des Sciences qui lui permettait d’employer discrètement des retraités vacataires indispensables au fonctionnement de cette formation au français pour étudiants étrangers dans laquelle personne n’était titulaire. Après quelques années de bons et loyaux services, la responsable lui proposa d’aller enseigner le français en Chine à des étudiants d’une école polytechnique qui avaient été sélectionnés pour venir suivre une formation en acoustique au Mans.

 L’occasion était trop belle, elle a accepté bien que n’aimant pas les voyages en avion à condition que je puisse l’accompagner. Nous avons préparé ce voyage qui devait nous emmener jusqu’à Harbin une ville chinoise située dans le nord près de la Sibérie. Pour l’obtention du visa les délais étaient un peu justes et pour accélérer la procédure, sur les conseils de la responsable du Mans, il fallait prévoir un petit cadeau (un parfum) pour la personne chinoise à l’accueil du consulat; heureusement car cela nous a évité de faire la queue dans une très longue chaîne de postulants qui s’égrenait  sur le trottoir dès l’aube, sachant que la plupart n’allaient même pas pouvoir rentrer dans le consulat nous avait expliqué le planton. Grace à notre passe-droit à 11h nous avions déposé nos passeports et dans l’après-midi nous les avions récupérés avec les visas.

C’était l’année de l’exposition universelle à Shanghai et l’université nous avait pris des billets avec escale dans cette mégapole; la correspondance pour Harbin était dans un autre aéroport. Nous avons pris un taxi qui pour un prix forfaitaire en dollars nous a transporté juste en face ! Ce n’était pas la première fois que je me faisais arnaquer par un taxi, mais l’important, c’était d’avoir notre correspondance, en fait nous étions en avance car il fallu attendre plus d’une heure assis dans l’avion le décollage, sans information car nous étions sur une ligne intérieure et les infos n’étaient données qu’en mandarin et nous étions les seuls étrangers dans l’avion. Pour nous faire patienter, au bout d’une heure, on nous a servi un début de repas que l’on nous retira aussitôt car le décollage était imminent.

Nous étions un peu inquiet mais, malgré le retard important, notre comité d’accueil (les profs de français et un bus de l’université avec chauffeur) était encore présent à l’arrivée. Ils nous ont conduits dans un camp militaire où était située l’école d’ingénieur et nous ont installés dans un appartement de fonction dans une cité de style soviétique.

 Le lendemain nous fumes officiellement reçu par le recteur de l’université en présence d’un collègue chinois professeur d’acoustique au Mans qui nous servait d’interprète. Ils nous emmenèrent ensuite déjeuner dans un grand restaurant coréen où l’on nous installa autour d’une grande table ronde au plateau tournant et au centre de laquelle trônait un poisson rouge dans son bocal. Les mets étaient disposés tout autour et il fallait les attraper avec des baguettes lorsqu’ils passaient à proximité sans vraiment savoir ce qu’il y avait dans les plats. Dans la mesure où nous étions friands de cuisine asiatique cela ne nous a pas posé de problème. Par contre à la fin du repas nous n’avons pas répondu comme il fallait aux toasts (kampé) portés par les participants mais dans le potage à cause du décalage horaire l’absorption de multiples petits verres d’alcool de riz n’était pas notre tasse de thé, si je puis dire.



Où il est question de bain de mer et de piscine !
23 décembre, 2016, 17 h 46 min
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J’avais cette fois épuisé toutes les possibilités de loisirs sportifs à ma portée. Il ne me restait plus que le fauteuil devant la télé, ce que je pratique de temps en temps mais j’ai horreur du sport à la télé, surtout le football; toutefois je regarde une fois par an le tournoi de tennis de Rolland Garros dans la mesure ou j’ai beaucoup pratiqué. Afin de pouvoir continuer à marcher, j’ai quand même réagi en me faisant opérer des deux hanches devenant une sorte de bioman, mais cela n’a pas tenu très longtemps. Si durant quelques mois j’ai presque marché comme un jeune (c’est une expression, car je n’ai vendu que mon corps au chirurgien et non mon âme au diable !), malheureusement, trop sûr de moi, à l’université, traversant trop rapidement les voies du tramway au niveau du quai où la marche est haute, je l’ai ratée, la marche ! Par contre, moi je me suis pas raté. Je me suis éclaté le nez et le pied droit en particulier le gros orteil qui plusieurs années après me fait encore souffrir.

Comme activité sportive il ne me reste plus que la natation que je pratique essentiellement en mer (je n’apprécie pas l’ambiance confinée et très bruyante des piscines couvertes pleines de salles gosses et de chlore),  donc dans la Manche sur la côte nord de la Bretagne où l’eau est bien fraîche (cela revigore et ma combinaison naturelle me protège du froid !).

J’y ai acheté une petite maison mais dans un lieu d’exception, la station balnéaire de Dinard, à quelques centaines de mètres de la plage du Prieuré. L’ennui avec cette côte, c’est que la mer se retire deux fois par jour, heureusement il y a une piscine naturelle ouverte dont l’eau se renouvelle à chaque marée haute; sauf que lorsque je l’ai testée, j’ai découvert que s’il était facile d’y entrer,  il était plus difficile d’en sortir car les vieux barreaux rouillés des échelles fixées dans les murs du bassin n’étaient pas du tout adaptés aux vieilles personnes un peu fortes qui ont du mal à lever les jambes comme moi. Aussi j’en ai informé madame la mairesse qui m’a promis de résoudre rapidement ce problème.

Malheureusement elle a perdu les élections (droite molle contre droite dure) et j’ai renouvelé ma demande à la nouvelle mairesse qui dans l’enthousiasme de son élection à répondu, elle aussi, favorablement à ma demande et l’été suivant une nouvelle échelle dont elle m’avait envoyé les plans (j’aurais du regarder de plus près car les marches sont étroites et non rainurées donc glissantes) a été installée dans la piscine du Prieuré. Je peux donc maintenant me baigner tous les jours même à marée basse, toutefois l’eau reste fraîche dépassant rarement 20 °C.



La fin du golf
17 décembre, 2016, 18 h 37 min
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Nous participions, mon collègue et moi, de temps en temps à des compétitions régionales de golf en équipe dans lesquelles nous formions un duo, mais j’étais souvent responsable des défaites. Après plusieurs années nous avons tous les deux atteint la première série mais lui avant moi bien sûr. J’avais vraiment trouvé le sport idéal, pas d’adversaire comme au tennis au golf, on joue contre soi, la présence des autres joueurs n’intervient pas dans votre score ou vos résultats, ils ne sont là que pour vous accompagner mais lors des compétitions vérifier quand même que vous respectez bien les règles conçues par les écossais, il ne faut jamais l’oublier. Par exemple, que fait-on quand les glaçons du whisky se sont répandus sur le green et empêchent d’atteindre le trou attendre qu’ils fondent pourrait être une solution mais en Écosse cela peut être long et je n’ai pas vérifié mais je crois que l’on peut les enlever ! Comme il est très facile de tricher au golf les partenaires sont là aussi pour l’éviter surtout lors des compétitions, bien qu’un joueur de golf se doit d’avoir une certaine éthique. Enfin c’est un sport très sécurisé compte tenu de la quantité de médecins et de chirurgiens présents sur le terrain. Toutefois cela reste un  sport dangereux dans la mesure où c’est le sport où il y a le plus de décès en compétition (compte tenue de l’âge des compétiteurs) !

 Malheureusement comme toutes les belles histoires, elle ne finit pas très bien alors que j’avais trouvé un sport convivial dont j’allais pouvoir intensifier la pratique en retraite, j’ai été rattrapé par une maladie handicapante, l’arthrose des hanches. Mais avant d’être identifiée, j’ai commencé par boiter à cause d’une douleur lancinante au niveau du pied droit qui m’empêchait de marcher dont l’origine semblait être le tendon d’Achille; on m’a fait porter des semelles orthopédiques sans résultat, puis on m’a fait des infiltrations me soulageant pendant quelques semaines. J’ai dû ensuite marcher avec une canne, mais avec une canne, le swing de golf était difficile, aussi j’ai dû abandonner ce sport.

Que me restait il comme activité sportive ? Parmi les propositions du SUAPS, il y avait le billard français et j’y avais un peu joué dans ma jeunesse. Je me suis donc inscrit à ce cours qui se déroulait dans une salle de billards des bords de Sarthe qui faisait aussi karaoké. C’était moins physique que le golf ou le tennis et sûrement moins bénéfique pour ma santé à cause du whisky et des cigares. J’ai découvert que c’était encore plus difficile à apprendre que le golf et je n’ai pas renouvelé mon inscription l’année suivante.

 



Le sport en métropole
10 décembre, 2016, 11 h 52 min
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Ayant eu une activité sportive soutenue lors de mon long séjour en Afrique du Nord, je pensais pouvoir continuer lors de mon retour en métropole. Père de famille nombreuse, j’étais conscient que j’allais disposer de beaucoup moins de temps libre et par contre bénéficier de distractions dont j’avais été privés pendant toutes ces années comme le théâtre, les concerts, le cinéma, la télévision, etc. Par contre, les sports de mer n’étaient plus accessibles hormis pendant les vacances d’été, il ne me restait que les sports de terre. Le tennis d’abord, activité à la quelle j’avais consacré beaucoup de temps en Algérie au détriment de mes hanches. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Aussi je me suis rapidement inscrit aux séances d’entraînement organisées par le  SUAPS (le service universitaire  des activités physiques et sportives). Le problème, c’était les horaires, le samedi matin á 10 h et reliquat de l’emploi du temps de mon prédécesseur, je devais faire cours juste avant ce n’était pas l’idéal, déjà faire un cours de physiologie végétale à presque une centaine d’étudiants un samedi matin, c’était du sport avant le sport. Du coup je n’ai pas persévéré, je n’aime pas trop les cours en commun et encore moins les profs, (j’en vois un tous les matins dans la glace)… même de tennis;  l’année suivante, j’ai déplacé mon cours (de biologie) un autre jour de la semaine pour le plus grand plaisir des étudiants et du mien, puis j’ai loué tous les samedis matin un des terrains de tennis couvert du SUAPS  avec un collègue biologiste mais animalier et nous avons joué plusieurs années ensemble poursuivant sur le terrain la guéguerre entre les deux services;  le prof de biologie animale s’inquiétait du score tous les lundi matin afin de savoir qui des représentants des deux services avait gagné, souvent moi d’ailleurs! Tout cela a fini par un tennis-elbow.

 

Il me fallait trouver une autre activité sportive et je me suis souvenu que plus jeune, j’étais tenté par le golf; à 20 ans avec des copains, je m’étais pointé avec ma 2CV Citroën au golf de Deauville; je n’avais pas fait un succès et l’on m’avait refoulé dès l’entrée ne m’autorisant même pas à me garer. Pour jouer au golf, à l’époque il fallait acheter un morceau du terrain et j’étais loin d’en avoir les moyens.

 

Cette tradition a perduré, car quinze ans après, de retour au Mans, j’ai fait un nouvelle tentative au golf de Mulsanne et j’ai obtenu la même réponse, il fallait d’abord acheter une action avant de pouvoir prendre une adhésion, globalement il fallait allonger 20 000 francs. Heureusement le temps a passé et dans les années 1990 ce sport s’est démocratisé et le SUAPS a mis à son catalogue les cours de golf. J’ai fait partie de la première promotion et c’est devenu rapidement une passion, pourtant dans ce sport la première phase d’apprentissage est difficile et beaucoup n’ont pas persévéré, sauf un physicien acousticien aussi passionné que moi mais plus doué (en tout) et que j’avais connu à L’université d’Oran.

 

Nous nous sommes entraînés ensemble pendant plusieurs années de façon intensives, plusieurs parties par semaines et des compétitions officielles le dimanche pour améliorer notre handicap; nous emmenions sa copine de l’époque qui recherchait des balles perdues ce qui réduisait nos frais, car au golf au début on perd beaucoup de balles. Il gagnait parfois les compétitions recevant des coupes qui devaient encombrer son buffet alors que toujours derrière lui (une sorte de Poulidor !), je ne récupérais que des lots de consolation, mais parfois pas inintéressant comme un repas pour deux dans un restaurant gastronomique du Mans ou encore du whisky irlandais dans une compétition à l’occasion de la saint Patrick.



Colloques, le dernier acte
3 décembre, 2016, 0 h 00 min
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Aussi à quelques semaines du début du colloque, il m’était très difficile de savoir combien d’inscrits avaient payé et surtout combien allaient participer aux excursions et au repas de gala. Heureusement la secrétaire des services de biologie et de géologie était très efficace et a résolu ce problème. En fait j’ai découvert à mes dépens que le plus compliqué à organiser dans un colloque ce n’est pas la partie scientifique, mais l’intendance. Même les pauses café ont été complexe à mettre en place l’université voulant m’imposer un prestataire extérieur que je n’avais pas les moyens de financer. Heureusement sur ce coup là les filles du laboratoire ont assuré bénévolement cette prestation et je les ai grandement remerciées en leur offrant des roses après un court discours de remerciement le soir du dîner de gala dans un grand restaurant prestigieux du Mans.

 

Pour l’excursion de mi colloque, j’ai choisi d’utiliser un autocar mais limitant les déplacements dans la périphérie mancelle en les emmenant visiter le musée de l’automobile à proximité du circuit des 24 h, célèbre course automobile, puis un circuit en car autour des remparts de la vieille ville, la cité Cénomane, qu’ils ont ensuite visité avec des guides avec une finale qui a eu un gros succès : une dégustation des produits régionaux rillettes du Mans et vin blanc de Jasnières dans un bistrot voisin.

Le colloque s’est bien déroulé, les conditions matérielles étaient excellentes dans cette salle de spectacle en amphithéâtre parfaitement sonorisée grâce au technicien, cher mais très compétent. J’ai fait mon petit discours d’accueil et de présentation auquel a succédé l’intervention (pas trop longue pour une fois !) du président de l’université qui m’a fait l’honneur d’être présent.

Je n’ai pas pu suivre beaucoup de communications, mais j’ai plus particulièrement suivi celle d’un géologue que j’avais connu en Algérie et qui astucieusement avait rajouté à la fin de son exposé quelques diapos me représentant 40 ans plus jeune, avec des cheveux, et me livrant à des activités sportives comme le tennis ou le volley ball à Oran. Ce qui fit bien rire la salle et fut un succès d’estime au moins pour moi !

 

Pour finir, la gestion financière me réserva des surprises, il restait suffisamment d’argent pour financer les actes par contre il fut difficile de l’utiliser d’autant plus que le compte fut bloqué à la fin du colloque. C’était kafkaïen, d’un point de vue comptable, il aurait fallu que j’édite les actes du colloque avant la fin du colloque, pourquoi pas bien avant ce qui éviterait de perdre du temps à les organiser ! Bref j’ai laissé mon collègue belge gérer ce problème et plus d’un an après il a réussi à financer la publication des actes sous forme d’articles dans une revue spécialisée, malheureusement en anglais. A cette  occasion puisque j’étais maintenant à la retraite, il m’a suggéré d’écrire un article biographique sur ma carrière scientifique à la mode des chercheurs américains beaucoup plus célèbre que moi ! Je l’ai fait, refusé dans un premier temps par les éditeurs de la revue puis comme ils ont été remplacés, mon article a finalement été publié  avec les autres. Je pense qu’il n’a pas été beaucoup lu, par contre comme je me suis cité plus de 40 fois j’ai obtenu cette année là un pic de citations sur « web of science » et cela a fait monter d’un point mon « h factor », comme quoi ce type d’évaluation est souvent biaisée !

 


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