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Mission de terrain au Vietnam suite et fin …
29 juillet, 2016, 0 h 36 min
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Mes collègues m’emmenèrent aussi dans une station balnéaire en train de nuit. Le voyage fut assez éprouvant car bien qu’ayant des billets, il fut difficile d’accéder au train, il y avait un congés et les trains étaient bondés. Une fois monté à bord, on me proposa d’abord une place en 3ème classe sur des bancs en bois parmi les poules et les moutons ; ne me sentant pas de passer la nuit dans ces conditions, le responsable du wagon me proposa de m’installer dans sa case une sorte de cage en bambous surélevée au bout du wagon mais impossible de m’allonger sur la natte, j’étais trop grand (cela me rappelait quelque chose !); la troisième solution fut la bonne, le compartiment du contrôleur entre deux wagons, près des toilettes, qui ne fermait pas mais où j’ai quand même réussi à dormir sur une paillasse en me servant de mon sac comme oreiller.  Aventurier mais prudent, mon passeport, mon billet de retour et ma carte bleue étaient placés dans une pochette attachée à mon cou et planquée dans mon slip donc difficile à voler sans me réveiller.

 Mes collègues avaient fini par obtenir des couchettes dans un compartiment de 1ère classe (le pouvoir de l’argent m’a expliqué ma collègue à l’arrivée). Le matin nous sommes arrivés à Na Trang ;  j’avais demandé à visiter le centre d’océanographie où je fus reçu par un vieil algologue Vietnamien qui m’offrit l’ouvrage dont il était l’auteur sur les macro-algues de la côte vietnamienne malheureusement rédigé en vietnamien. J’avais aussi souhaité visiter un champ de culture d’algues rouges, les khappaficus. J’ai ainsi pu naviguer les filières sur lesquelles poussaient les algues, assis dans un panier rond en osier goudronné servant de bateau, justifiant pleinement la notion de coque de noix. Heureusement la mer était calme et l’algoculteur en profita pour me faire participer à une récolte. En fait ce que j’enseignais à mes étudiants au Mans était assez proche de la réalité mais j’allais pouvoir enrichir mon cours de quelques photographies, même celle dont j’étais le héros dans la coque de noix, leur montrant que j’étais prêt à tous les sacrifices pour illustrer mes enseignements. 

Anecdote

Sur la plage de Na Trang, entraîné par le mari de ma collègue, je suis allé me baigner en fin d’après-midi dans la mer de Chine, l’eau était chaude mais argileuse et je m’étonnais auprès de mon partenaire de quelque chose de bizarre : la plage était noire de monde et nous étions très peu dans l’eau. Malicieusement il me dit : »c’est parce qu’il y a plein de serpents dans le fond ». Je n’ai pas vérifié, mais je suis très rapidement  retourné vers la plage à la nage, courageux mais pas téméraire, en évitant de poser les pieds sur le fond.

Ils m’ont aussi emmené dans une île passer une journée au calme, ils avaient prévu pour le pique-nique des sèches qu’il fallut faire griller sur la plage ce qui n’était pas très appétissant, mais le mari s’était procuré du vin rouge et un camembert ce qui a égayé la fin du repas. L’après-midi, je suis allé me baigner avec le mari et nous avons nagé jusqu’à un ponton après une période de repos mon partenaire à sauté et je l’ai suivi malheureusement le niveau de l’eau avait baissé pour cause de marée basse, en mer de Chine,il n’y a qu’une seule marée par jour, j’étais mal tombé !  mon pied a heurté le fond et je me suis cassé un doigt de pied qui est devenu tout noir.  C’était très douloureux, mais je n’ai rien dit à mes collègues car je devais partir le surlendemain. En plus, il fut difficile de repartir car le bateau ne pouvait plus accoster, il fallut embarquer avec de l’eau jusqu’à la ceinture et au port ce fut encore pire puisque le quai était 2 m au-dessus du niveau de la mer. Il fallut gravir une échelle vétuste aux barreaux rouillés et disjoints et avec mon pied abîmé j’en ai vraiment bavé. Le soir, ils m’ont proposé de manger dans un restaurant de rue, assis sur un tout petit tabouret posé sur un tas d’ordures et l’on nous a servi une sorte de soupe au riz gluant que je n’ai pas réussi à avaler. Aussi je les ai rapidement emmenés, pour le plat de résistance, dans un restaurant très classe où l’on nous a servi du requin grillé et nous nous sommes régalés en oubliant la soupe immonde. Le retour en train de nuit fut plus confortable dans un vrai compartiment avec une vraie couchette. Au matin c’était impressionnant, le train roulant au pas tout d’abord à travers les plantations d’hévéas au raz des arbres puis à l’approche de Ho-Chi-Minh ville frôlant les immeubles et se frayant un passage au travers des populations qui vivaient sur ou très près des voies.

Un soir comme l’ordinateur du palace où je logeais était en panne et malgré l’heure tardive je me suis rendu dans un bar internet que j’avais repéré à moins d’un km. J’ai relevé mes mails et y ai répondu avec difficultés car les claviers qwerti étaient tellement usés qu’il n’y avait plus de lettres sur les touches. De ce fait cela m’a pris un peu plus de temps que prévu et quand je suis sorti, il était relativement tard et pour rejoindre mon hôtel, j’avais un long passage mal éclairé à parcourir à proximité d’un parc. Je n’étais pas très rassuré et j’avais raison car à l’approche du parc sont arrivés dans ma direction trois scooters avec trois passagères en minijupe. J’activais le pas, mais ils se sont vite rapprochés les conducteurs me proposant les charmes de leurs passagères. Je refusais leur proposition ce qui les mis en colère et ils commencèrent à m’encercler afin de m’empêcher de passer. Heureusement je n’avais rien d’apparent, tous mes biens précieux (passeport, argent, carte bleue) étaient dans une pochette en cuir que je portais sous ma chemise et retenu par un lacet autour de mon cou. Comme ils ne pouvaient rien attraper, ils finirent par abandonner et j’ai pu rentrer à mon hôtel, stressé mais soulagé de m’en être tiré sans dommage.

Le lendemain, j’ai pris l’avion, mais ma collègue m’avait prévu un bagage cabine supplémentaire rempli de fruits exotiques; elle a tellement insisté que j’ai dû l’emporter, n’aimant pas les fruits et encore moins exotiques, j’ai fait le bonheur de mes voisins et de mes collègues en leurs offrant à mon arrivée au Mans.

 



Président de jury au Vietnam
23 juillet, 2016, 18 h 10 min
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Après le Cambodge, l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) nous a proposé de coopérer avec des Universités vietnamiennes  qui développaient aussi des filières francophones en biologie. Nous avons ainsi accueilli au Mans pendant une dizaine d’années des enseignants vietnamiens en stage mais aussi des étudiants et des étudiantes. En parallèle, nous avons mis en place un diplôme d’université original de « formation au français scientifique langue étrangère »dont j’avais obtenu l’habilitation en faisant intervenir un élu de mon syndicat au niveau du CNESER (comme quoi le syndicalisme est efficace) afin de former de jeunes vietnamiens ou vietnamiennes. Cette formation a fonctionné quelques années jusqu’à ce que le Vietnam abandonne les filières francophones en biologie. Grâce à l’obtention de ce diplôme plusieurs étudiantes ayant obtenues leur master au Vietnam ont pu poursuivre en doctorat au Mans.

Dans ce cadre j’ai pu, une année où mon collègue professeur de biologie animale (bien que peu partageur) m’a laissé la place, participer aux jurys des mémoires de fins d’études francophones dans les trois principales universités du Vietnam, Hanoï, Hué et Ho-Chi-Minh. Cette mission qui me permit de parcourir le pays du nord au sud fut passionnante. En effet entre les nuits passées à lire et à corriger les mémoires et les journées à présider (brillamment) les soutenances, j’ai, malgré tout visité les principales curiosités de chacune de ces villes gracieusement et agréablement guidés par mes collègues vietnamiens que j’impressionnais le soir au restaurant par ma maîtrise des baguettes, attrapant facilement les petits pois du riz cantonnais.

Á Ho-chi-Minh ville, une collègue très sympathique que j’avais reçu plusieurs fois au Mans m’avait organisé tout un programme d’excursion. Le premier soir, elle m’invita à dîner chez elle en présence d’une prof de biologie vietnamienne très âgée qui avait fait ses études à La Sorbonne dans les années 50 et qui pensait que j’avais connu tous les enseignants de cette époque. Je n’ai pas réussi à lui faire comprendre que je n’étais pas de la même génération mais la soirée fut malgré tout très agréable d’autant plus que ma collègue avait mis les petits plats dans les grands et que j’adore la cuisine vietnamienne.

Les soutenances des mémoires se sont parfaitement déroulées et j’ai joué mon rôle de professeur français très respecté à la fois par les collègues et par les étudiants qui se courbaient jusqu’à terre pour me saluer. Très différent de ce que je vivais tous les jours dans mon pays d’origine où les étudiants ont plutôt tendance à te bousculer en t’envoyant les portes dans la figure et je ne dis rien des collègues…

Mission de terrain au Vietnam

Le lendemain des soutenances ma collègue me proposa de visiter le delta du Mékong. Après avoir traversé plusieurs branches du delta en ferry nous primes des pirogues afin d’accéder à un ancien camp Viêt-Cong installé dans la mangrove et ayant résisté aux bombardements américains. Il était principalement constitué d’un labyrinthe de passerelles et d’abris creusés dans la vase dans lequel je ne suis pas entré car non adapté à des Européens bien en formes comme moi ! Nous nous sommes ensuite rendus dans un parc animalier installé dans une mangrove et peuplé de petits singes et de bassin rempli de crocodiles; le jeu consistant à traverser ces bassins sur une planche; si la rigidité de cette planche supportait le poids d’un Vietnamien lorsque je l’ai franchie, elle a plié jusqu’à toucher la surface du bassin réveillant ses habitants et leurs grandes dents acérées ce qui fit beaucoup rire mes collègues mais moi beaucoup moins.  Cet épisode me rappelant la visite d’un élevage de crocodiles au Cambodge au cours de laquelle le guide nous avait expliqué que depuis la disparition des Khmers rouges, ils avaient beaucoup plus de mal à nourrir les crocodiles. 



Mission sur le terrain au Cambodge
15 juillet, 2016, 10 h 08 min
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Comme il y avait un weekend inclut dans notre séjour,  mon collègue qui avait une grande expérience du Cambodge me proposa  de nous rendre à Angkor Vat.  Il y avait trois possibilités pour s’y rendre : le train, tout d’abord, aussi nous nous sommes rendus à la gare et là on refusa de nous délivrer des billets car nous étions étranger, un anglais ayant été enlevé la semaine d’avant sur le parcours lors d’un arrêt, le gouvernement cambodgien avait interdit la délivrance des billets aux non résidents. Le bateau rapide sur le Mékong ne nous avait pas tenté non plus car il était blindé, les ouvertures recouvertes de plaques d’acier sur lesquelles on voyait des traces de balles et le voyage durait une nuit entière. Il nous restait l’avion et nous primes deux billets dans une agence. Toutefois la veille au soir nous fûmes invités par des résidents qui nous mirent en garde vis à vis des avions des lignes intérieures dont la gestion venait d’être nationalisée et les pilotes européens remplacés par des nationaux.

 Malgré cela notre vol se déroula sans problème dans un avion à hélices avec au bout, formidable récompense, le prodigieux site du temple d’Angkor Vat dont la visite, guidé par mon collègue qui y était déjà venu plusieurs fois, a été pour moi un choc à  la fois culturel et émotionnel que j’aimerai renouveler (je vous conseille d’y aller). La sortie  sur le lac Tonlè Sap voisin, peuplé de pêcheurs-aquaculteurs vivant sur des maisons flottantes sous lesquelles étaient installées des cages à  poissons et sur le toit desquelles  des milliers de crevettes roses étaient en train de sécher, complétée par la visite d’installations d’aquaculture plus conséquentes et de la forêt inondable,  tout cela était impressionnant et passionnant.

Enfin pour finir, la visite du temple envahi par la végétation luxuriante des fromagers, le Ta Phrom avec un militaire en tongs muni d’une Kalachnikov pour nous protéger de l’attaque des tigres est une expérience à vivre. Pour 20 dollars, tarif obligatoire, il a commencé par nous suivre, mais nous l’avons rapidement fait passer devant pour éviter d’être dans sa ligne de mire lors de l’arrivée d’un tigre, ce qui était peu probable, mais surtout pour éviter que par maladresse, se prenant les pieds avec ses tongs dans une racine, il nous balance une rafale dans le dos. Je vous rassure, tout s’est bien passé pas de tigre et pas de rafales, mais on est jamais trop prudent; il jouait quand même un rôle important en évitant que l’on ne quitte les chemins balisés car les environs n’étaient pas encore complétements déminés.

 Lors de ce séjour j’ai aussi rencontré de jeunes américains plus ou moins hippies qui vivaient de leurs dollars dans l’oisiveté la plus totale avec de jeunes vietnamiennes qu’ils rémunéraient au forfait (comme dans les films). Ils habitaient au bord d’un lac pas très sain (l’eau irisée indiquait qu’il était plein de cyanobacteries) dans des baraques sur pilotis, groupés en  communauté car ayant en commun une sorte de bar-restaurant où trônait un billard américain; nous y avons pris une bière en discutant avec eux une bonne heure mais en anglais, ce qui n’est pas ma tasse de thé (dans tous les cas je ne bois jamais de thé).

 

Deuxième semaine de boulot

 La semaine suivante, en plus de nos cours, la responsable cambodgienne  des filières francophone nous avait demandé de préparer deux conférences pour les profs francophones de biologie et de chimie de Phnom Penh. Ce fut un peu compliqué car il fut impossible de trouver un projecteur de diapositives dans l’université et un coopérant nous prêta celui de sa fille, un jouet si bien que nous avons dû projeter une image de moins d’un mètre de diamètre dans un amphi rempli de profs de lycée et de collège,  pas idéal. En plus, il y avait un lézard, en fait le but de tout cela (plus que l’intérêt de nos conférences, nous n’étions pas dupe) était l’organisation d’un buffet  que sa famille avait préparé et que la responsable a facturé une petite fortune (pour le pays) à l’agence, ce que m’a expliqué par la suite le directeur. C’était une maligne.

Il faut juste savoir qu’à l’époque le salaire des universitaires cambodgiens était de quelques dollars complété par un sac de riz de 20 kg. Aussi étaient-ils obligés de compléter leur maigre salaire par un deuxième travail. Avant que l’AUF ne prenne en charge les filières francophones une association à laquelle j’avais adhéré et qui était liée à France liberté de Danièle Miterrand  avait mis en place une tradition qui impliquait que, pour que les enseignants et les enseignantes cambodgiens suivent les formations il était de tradition de leur donner un billet de un dollar au début de chaque cours. Il y avait une surenchère due aux Australiens qui leur donnaient  5 dollars pour suivre leurs cours en anglais. Le collègue qui m’avait précédé ayant refusé cet arrangement, je n’ai pas rencontré ce genre de problème mais j’avais toutefois prévu une compensation ayant rempli ma valise de cadeaux (parfums, savons de Paris, bouquins, etc.) que j’ai distribués au fur et à mesure des cours aux collègues cambodgiens.

Pour finir, lors du voyage de retour, il y avait une journée d’escale à Bangkok, aussi nous avons choisi d’aller nous promener dans cette ville mythique ; la visite d’un très grand marché se termina en fin de matinée par un casse-croute dans un restaurant plus que populaire, le cuisinier faisait griller des calamars directement sur le sol couvert d’ordures où il avait placé ses braises; tout cela n’était pas appétissant et je n’ai rien mangé alors que mon collègue ayant plus d’expérience que moi de l’Asie se régalait. En fin de journée, la faim se faisant sentir, je commandais un sandwich au jambon au bar de l’aéroport, grave erreur, il n’était pas très frais, alors que mon collègue a passé une bonne nuit dans l’avion, je me suis tordu de douleur toute la nuit près des toilettes, j’avais bêtement laissé mes comprimés d’antidiaréique dans mon bagage de soute. Je n’étais pas très en forme à mon retour en France suite à cet épisode et j’ai fini avec des crises de vertiges dont j’ai encore des séquelles.



Aventures au Cambodge
8 juillet, 2016, 11 h 35 min
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Dans le cadre de la fondation « France liberté » de Danièle Miterrand puis de l’Aupelf (Association des universités partiellement ou entièrement de langue française) et maintenant de l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie) j’avais mis en place une action de coopération avec l’université royale de Pnom Penh consistant à accueillir des enseignantes cambodgiennes au Mans afin de compléter leur formation et c’était nécessaire !

En complément de l’accueil, il était prévu des missions d’enseignement au Cambodge et j’ai participé  à la deuxième. Pour l’obtention du visa, j’ai dû prendre une assurance volontaire de rapatriement en cercueil plombé en cas de décès; ce qui n’était pas très engageant mais dans les années 1990, le Cambodge n’était pas encore un pays très sécurisé. Une fois les différentes formalités administratives réglées, je suis parti avec un collègue chimiste pour quinze jours de mission et d’aventures.

Départ retardé de quelques heures à Roissy car le Boeing avait perdu un aileron lors de son précédent vol et il fallait réparer avant de partir pour Bangkok. Une fois à Phnom Penh, première surprise, la ville était noire de monde et les trottoirs remplis de famille qui y campaient, en effet c’était la grande fête de l’inversion du cours des eaux du fleuve Tonlé Sap. Heureusement nous étions confortablement logés dans un grand hôtel proche du grand marché, mais circuler en ville à pied était difficile, impossible de marcher sur les grands trottoirs occupés par les familles, ni dans la rue bondée de mobylettes et de vélos, il ne nous restait que le caniveau pas très ragoûtant. L’autre solution était d’utiliser des motos taxis très instables car lorsque j’étais assis à l’arrière et que le pilote était un cambodgien de 50 kg, à la moindre bosse la moto se cabrait dangereusement. Il  nous fallait pourtant rencontrer rapidement le Directeur de l’agence de l’Aupelf locale, ne serait-ce que pour toucher nos « per diem » et nous avons pris un taxi, moyen de transport plus confortable dont l’autre avantage était d’être climatisé.

Ce directeur, comme nous, venait d’arriver et nous avons découvert ensemble les folles soirées de cette capitale. Conseillé par de jeunes collègues coopérants en poste nous sommes allés un soir dans une sorte de night-club bondés d’expatriés dont l’ambiance était assez glauque; sur les murs étaient projetés des films américains très violents et une musique abrutissante empêchait toute conversation. Installés un peu à l’écart dans une sorte de patio, on nous servit du whisky de mauvaise qualité et très vite une mère maquerelle vint nous proposer les services d’une gamine d’une douzaine d’années. Nous eûmes beaucoup de mal à refuser cette proposition et la seule solution fut la fuite sous les insultes de la maquerelle.  

Un autre soir, toujours avec le directeur de l’agence, je suis sorti cette fois dans un karaoké. Il faut savoir qu’en hiver au Cambodge les soirées sont longues la nuit tombant avant 17 h, à 20 h c’est déjà la pleine nuit. Installé à une table loin des chanteurs nous avions commandé deux bières, on nous les servit mais accompagnées de ce qu’ils appelaient, de deux lanceuses de bière dont les prestations étaient facturées par l’établissement avec la bière. Une nouvelle fois la situation était plus qu’embarrassante, n’appréciant pas cette façon de forcer à la consommation, nous avons bu rapidement nos bières et nous primes poliment congés de nos invitées forcées, mais est-ce poli de partir sans consommer ? Pour l’anecdote, le système des lanceuses de bière fut interdit peu après. Les autres soirées, j’ai préféré les passer devant la télévision ou plutôt à bouquiner à l’hôtel.

Nous étions venu pour enseigner, mais les conditions matérielles étaient difficiles; le matin nous assurions des cours aux étudiants dans des salles non climatisées si bien que j’étais obligé d’aller reprendre mon souffle à la fenêtre entre deux phrases. L’après- midi, nous assurions des  formations pratiques destinées aux enseignants dans des salles de TP dépourvues d’eau et d’électricité (pas facile). En effet, seul le recteur disposait pour son frigo et son ventilateur de courant électrique fournit par un panneau de cellules photoélectriques qui avait été financé par l’agence pour faire fonctionner le spectrophotomètre que notre Université avait financé. Nous avions réussi à  le convaincre  de nous laisser récupérer un peu d’électricité  pour nos séances de TP en descendant un fil en sachant bien qu’une fois partis cette électricité retournerait malheureusement  à son utilisation première, le confort du recteur.

Une autre situation difficile fut de me trouver à la sortie d’un cours arrêté par une famille qui voulait savoir ce qu’était devenu une de leur fille qui avait fait un stage d’un an au Mans dans le laboratoire de biologie. Ignorant ce qu’elle était devenue, je ne pus leur répondre; mais je me souvenais qu’une fois elle était venue dans mon bureau me présenter son tonton beaucoup plus âgé et rétrospectivement j’ai compris qu’il avait dû, au mieux, l’épouser et peut être lui offrir une meilleure qualité de vie que celle qui l’attendait si elle était revenue dans son pays et au pire la faire voyager ! Mais cela était difficile à expliquer aux parents et je n’ai rien dit. C’était ma deuxième disparition d’étudiant, le précédent était un Algérien du sud, donc noir de peau, et de ce fait sa situation dans son pays n’était pas enviable. Il a obtenu un DEA au labo puis il a quitté le Mans et je ne l’ai jamais revu; mais quelques années plus tard ses parents qui n’avaient plus de ses nouvelles depuis longtemps m’ont contacté sans que je puisse malheureusement leur donner d’informations sur son devenir.

Après quelques jours d’enseignement à l’université royale de Phnom Penh, j’ai compris  que les conditions de vie des universitaires cambodgiens étaient difficiles. En effet, une collègue cambodgienne qui avait effectué un stage au Mans  n’a jamais voulu m’emmener dans son logement de fonction; j’appris par la suite qu’elle était logée dans un box d’une ancienne écurie dont le sol était en terre battue. J’ai compris ce jour-là leur joie d’être logée en France avec sa collègue dans un deux pièces de la cité universitaire. J’ignorais à l’époque tout de leur état de dénuement ainsi la première matinée de leur séjour en France, je les avais emmenés dans un supermarché et je les ai retrouvées à la caisse avec une vingtaine de baguettes de pain dans leur caddie que je leur ai fait remettre dans le rayon en leur expliquant qu’il y en aurait encore le lendemain. De la même façon quelques jours après je leur ai fait utiliser des becs Bunzen sans penser qu’elles n’avaient jamais utilisé le gaz; en rentrant du déjeuner une forte odeur de gaz régnait dans la salle de TP car au lieu de fermer le robinet, elles avaient soufflé sur la flamme. Heureusement le labo n’a pas explosé sinon je ne serais pas là pour vous raconter tout cela.

C’était mon premier séjour en Asie et je me réjouissais de profiter de la cuisine cambodgienne, d’autant plus que j’avais été initié à la cuisine asiatique ayant fait mes études avec une laotienne qui m’avait appris à manger avec des baguettes des choses bizarres arrosées de Nuoc-Mam. Avec mon collègue, nous nous sommes régalés, mais après plusieurs repas asiatiques, saturés de riz, nous revenions à la cuisine internationale du grand hôtel, car se nourrir était parfois difficile, la brochette de mygales, même si elles étaient bien grillées, je n’ai pas réussi à en manger.

 



Ma vie dans les conseils
2 juillet, 2016, 12 h 49 min
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J’ai siégé durant de nombreuses années dans divers conseils, des conseils d’administration, des conseils scientifiques au niveau de la Faculté des Sciences, de l’Université mais aussi de mon syndicat et de la société phycologique de France. Pour les conseils de l’Université mon appartenance syndicale facilitait mon élection. Je n’en ai perdu qu’une, par galanterie (mais si !); c’était des élections de liste au plus fort reste, j’avais laissé la première place de ma liste syndicale à une collègue matheuse. Résultat ma collègue a été élue et moi non, mon reste était insuffisant et ce fut le second d’une autre liste qui fut élu.

Lors de mon premier conseil d’administration à la Faculté des Sciences, je fut surpris de voir qu’un certain nombre de membre portaient des cravates, un ustensile dont je n’étais pas fan, mais on m’a vite expliqué que c’était l’apanage des professeurs, donc j’avais le temps de faire face à ce problème. Lors de l’un de ces premiers conseils, il y eut un moment fort, l’élection du directeur de la Faculté des Sciences avec un seul candidat, professeur de biologie, coopté par le précédent directeur, et surprise durant la pause précédent l’élection, l’un des membres du conseil faisait du prosélytisme pour un prof de physique. Comme le prof de biologie ne me plaisait pas trop, je me suis laissé convaincre et j’ai voté pour le physicien. Bien que non candidat il a été élu et a accepté la fonction. Grave erreur de ma part car il s’est avéré que ce nouveau directeur avait horreur de la biologie et de la géologie, pure produit issu de l’ENS (pas celle de Paris mais plus localement, l’école normale … de la Sarthe ! ); dans cet établissement, on lui avait appris que cela s’appelait les sciences naturelles, et il a poussé le bouchon  jusqu’à faire inscrire cet appellation sur le bâtiment, malgré ma protestation, nous faisant revenir 50 ans en arrière. Handicap que l’on subit toujours !

 

Je ne vais pas vous raconter plus de 20 ans de présence dans les différents conseils mais juste les anecdotes les plus piquantes. Au niveau du CA de la Faculté des Sciences les directeurs se sont succédés mais toujours représentant les sciences dures, alternance  physiciens ou chimistes, parfois des acousticiens, ces derniers étant moins antibio que les autres. Le problème principal est que nous les minoritaires avec les matheux, les géologues et les informaticiens, dans les différents conseils lors des votes, nous n’avions pas suffisamment de représentants et pour faire passer l’un de nos projets ou lors du classement des emplois à créer pour en récupérer; il fallait passer des alliances avec les autres minorités, mais le plus souvent c’était sans espoir; les physiciens et les chimistes étaient toujours majoritaires hormis quand nos amis les acousticiens nous soutenaient. Ils étaient 4 ou 5 lors de mon arrivée, mais assez rapidement, ils se sont multipliés (comme des lapins) et ils ont quitté le camp des minorités pour devenir dominants, nous abandonnant ou presque à notre triste sort.

 

 

Au niveau du CA de l’Université, c’était une autre histoire, car il y  siégeait en même temps le fils Fillon et sa maman  l’une était une professeure d’histoire, dominante au sein de l’établissement et dont l’influence était augmentée par sa fonction de directrice du CUEP établissement largement financé par la région qui était à droite. Le fils n’était encore que député de la Sarthe ayant succédé à Joël Le Theule dont il était l’assistant parlementaire mais promis à un grand avenir, comme tous les politiques qui ne savent rien faire en dehors de leur mandat; précédemment il avait été pion dans un établissement privé accueillant des fils de présidents africains (petit prolongement de la francafrique dans la Sarthe). En début de séance il serrait la main à tous les membres du conseil, j’ai dû subir ce rituel de nombreuses fois bien que je ne sois pas vraiment fan de cet homme politique, mais il faut être poli. Lors d’une séance du conseil à laquelle j’arrivais  un peu en retard, et elle aussi, la maman m’a rattrapé sur le perron de l’entrée  et s’est jetée sur moi en criant : « ça y est mon fils est Ministre des Postes et Télécommunications » et poliment je la félicitais. À peine rentrée dans la salle du conseil, elle s’est excusée de son retard en expliquant qu’elle attendait un coup de téléphone de son fils lui annonçant sa nomination comme Ministre et que c’était fait; et rebondissant aussitôt, que grâce à son fils, elle allait faire installer des cabines téléphoniques sur tout le campus (alors que c’était le début des portables, l’idée était excellente avait souligné le président en exercice un peu complaisant). Heureusement le téléphone portable s’est développé  avant que les travaux ne commencent !

Une autre fois, elle m’a quand même involontairement rendu service; je défendais la promotion d’un collègue géologue (personne n’est parfait) et j’avais échoué l’année précédente car après mon intervention le président avait donné la parole au directeur de la Faculté des sciences (l’anti bio-géol)  et celui ci avait déclaré : machin, je ne le connais pas ! Ce qui avait bloqué tout espoir de promotion pour mon collègue.

 

Cette fois, j’avais décidé de ne pas me laisser avoir. Ayant pris conseil auprès d’un de mes collègues du syndicat, vieux routards des CA; la technique la plus efficace pour défendre un dossier consistait à intervenir juste avant le vote en donnant le nom de son candidat afin que les votants indécis ou ceux qui ne suivaient pas ou dormaient, aient un nom à mettre sur leur bulletin de vote. Mme Fillon qui devait aussi connaître la méthode m’a devancé en rappelant le nom de son candidat mais j’ai réussi à rattraper le coup par une intervention à la dernière minute en disant : « comme madame Fillon, je vous rappelle que le candidat que je défend se nomme … ». C’était gagné les deux candidats furent promus à la première classe des maîtres de conférences. Je fus plus tard félicité par le responsable du département de géologie (ancien président de l’université) pour ma stratégie. Á quoi tient une carrière !

Par contre quelques années plus tard, lors d’une séance concernant la délivrance des éméritats, il fut refusé à une candidate, la maman du Premier Ministre pour qui c’était le énième renouvellement. Le président était catastrophé, il nous fit la morale : on ne devait rien refuser à la mère d’un premier ministre car cela serait mal vu en haut lieu, il voulait protéger ses arrières comme on dit et il décida d’inverser le résultat du vote.

 

Une autre histoire de promotion qui cette fois me concerne fut ma validation comme professeur  avec deux autres collègues par le conseil d’administration de la Faculté des Sciences. Á cet occasion l’un des membres du conseil fit un bon mot en nous traitant de professeur de la 72ème section (donc de la Sarthe autrement dit une sorte de promotion locale) le chiffre 72 faisant référence aux sections du Conseil National des Universités ce qui était dévalorisant et relativement méchant et ce qualificatif nous a poursuivi pendant longtemps. Université monde cruel !

Une fois professeur, j’ai continué à siéger dans les conseils, mais sans porter de cravates ayant remplacé cet attribut, quasiment lié à la fonction du moins au siècle dernier, par un foulard plus proche du chèche de ma jeunesse au Maghreb, professeur mais toujours rebelle (au moins pour ce qui est du vêtement). Mais avec le temps (le nouveau siècle) et l’évolution de la mode, les cravates au col des professeurs ont finit par disparaître, du coup entre les rangs A et les Rangs B, on ne s’y retrouve plus. Mais Si les signes distinctifs ont disparu, dans la tête cela n’a pas évolué. Certains collègues de rang A qui jusque là  ne me serraient pas la main, car comme MCF je ne faisais pas partie du sérail, m’adressaient maintenant la parole et me tendaient la main, quel grand pas en avant, tout ça pour ça ! Serrer la main de connard de prof dont je faisais maintenant parti mais en ne prolongeant pas cette tradition mandarinale, je ne sais pas si le jeu en valait la chandelle ? Heureusement il y a d’autres avantages à la fonction de professeur, mais lesquels? Je vais y réfléchir pour une prochaine fois.


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