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L’aventure MMS
28 mai, 2016, 15 h 57 min
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Après de longues années comme responsable d’une toute petite de recherche seulement financée par le BQR (Bonus Qualité Recherche) qui n’avait de bonus que le nom puisqu’il ne permettait que de survivre financièrement; puis après une association avec les collègues de Laval sans plus de reconnaissance, j’ai fait astucieusement le choix de demander l’intégration de mon groupe dans une équipe déjà reconnue mais sur Nantes. Ces collègues ont acceptés à conditions que je soutienne une HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), vu mon âge, passer une sorte d’examen n’était pas ma tasse de thé, mais j’ai du m’y plier. Pour aller encore plus loin à la demande des instances régionales, nous avons alors proposé un projet de création d’une équipe régionale de biologie marine, au départ entre Nantes et le Mans; il fallait trouver un nom et un acronyme pour cette nouvelle équipe. La première proposition fut Mer-Médicaments puisque nous allions associer des biologistes avec des pharmaciens dont le point commun était leur intérêt pour le milieu marin. L’acronyme qui en découlait : MerMed semblait excellent dans la mesure où il signifiait sirène en anglais du moins phonétiquement et un collègue de Nantes avait déjà dessiné le logo avec en fond une sirène et ses attributs bien sûr. Nous étions très fier de cette première démarche commune.

Malheureusement lorsque j’ai présenté pour la première fois ce projet au conseil scientifique de l’université, j’ai entendu dans la salle un bon mot de l’un des présents : MerMed « équipe de merde ». Ce n’était pas gagné ! Il fallait trouver autre chose la région nous ayant proposé un financement de l’ordre de 1 million d’euros si nous arrivions à regrouper plusieurs équipes, la carotte était attirante. Nous avons ainsi mis en place une grosse équipe regroupement de plusieurs petites et créé l’équipe Mer, Molécules, Santé dont l’acronyme MMS ne pouvait plus être sujet de moqueries (Rechercher dans la mer des molécules bénéfiques pour la santé, c’était un sujet porteur). Par contre les instances régionales se sont elles moquées de nous en nous refusant le financement prévu sous prétexte que notre regroupement n’était pas suffisamment convainquant du moins scientifiquement. On nous a alors demandé de refaire notre copie pour l’année suivante mais cette fois la carotte n’était plus que de 500 000 €. La troisième année, la région ne nous proposa plus rien car le Ministère nous ayant reconnu comme EA (Equipe d’Accueil), nous étions définitivement associés et les instances régionales avait obtenu ce qu’elle voulait une grosse équipe régionale de 150 personnes travaillant sur le marin faisant le pendant des équipes d’IFREMER de Nantes. C’est ce que l’on appelle de la politique !

 

Nous n’avions plus qu’à fonctionner avec les crédits récurrents du ministère qui nous avait quand même reconnu mais maintenu comme équipe d’accueil ce que nous étions déjà lorsque nous étions répartis en plusieurs petites équipes. Bref tous ces efforts pour se retrouver dans la même situation et sans plus de moyens financiers, le bénéfice était faible. Pas très satisfaisant, au lieu de codirecteur d’équipe, je n’étais plus que responsable d’un groupe car le directeur de l’équipe, très sympathique par ailleurs, étant nantais. Heureusement nous avions conservé notre indépendance financière au niveau de l’université du Maine ce qui simplifiait malgré tout notre fonctionnement. Il ne nous restait plus qu’à vivoter avec les crédits récurrents du ministère. Dans la foulée nous avions rattaché officiellement à notre équipe des collègues de l’UCO, en regroupant le public et le privé, pas très catholique tout cela !

 

Grâce à l’un de nos thésards en post doctorat en Israël nous avons été sollicité  pour participer à un programme européen (dans certains cas comme le football, l’Eurovision ou la recherche scientifique, Israël est rattachée à l’Europe) et surtout invité à  émarger dessus ce qui a mis du beurre dans nos épinards (on est dans le végétal, n’oubliez pas); pendant trois ans notre budget recherche a été plus que quintuplé ce qui a grandement amélioré nos conditions de travail en particulier nous pouvions financer la correction de l’anglais de nos articles scientifiques ce qui en facilitait la publication, surtout pour les miens. Ardent défenseur de la francophonie, j’ai toujours eu des difficultés avec la langue anglaise.

 

Pour le plan quadriennal suivant  l’objectif de notre équipe était d’obtenir une reconnaissance par le CNRS et devenir une UMR labellisée comme tout le monde. Malheureusement nous n’avons pas réussi, l’instance d’évaluation nous a fait les mêmes reproches manque d’unité aggravé par la dispersion géographique, comme si une équipe régionale pouvait se grouper en un même lieu ! Pourtant nous avions fait des efforts d’organisation les mares, pas aux canards, mais des groupes de  chercheurs sur une même thématique ; par exemple Micromar pour le groupe travaillant sur les microalgues auquel j’appartenais ou chimimar pour les biochimistes  et fungimar pour les spécialistes des champignons marins, etc. Nous étions peut-être trop satisfait par cette construction qui n’a pas séduit les évaluateurs et nous avons dû refaire une nouvelle fois notre copie pour le prochain plan début 2017 tout en restant équipe d’accueil.

 

Cette fois, dans la mesure où la production scientifique de l’équipe s’est améliorée à la fois quantitativement et qualitativement, il semble y avoir une petite ouverture vers le CNRS à condition de trouver un accueil dans une équipe existante. Mais c’est trop tard pour moi, je ne pourrais jamais mettre le logo CNRS sur ma carte de visite, tant pis pour mon rayonnement, je ne joue plus ou juste les prolongations comme professeur émérite, mais cela ne compte plus beaucoup.



Accros à l’ordinateur
21 mai, 2016, 10 h 35 min
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Dans les années 70/80, j’ai rapidement été intéressé puis vraiment passionné par les ordinateurs dans la mesure où les cartes perforées venaient d’être remplacées par des claviers directement reliés à l’unité centrale. L’approche en était rendue plus facile, aussi j’ai rapidement suivi les formations proposées par le centre culturel français d’Oran. J’ai ainsi appris sur des PC de première génération à programmer en basique puis en langage machine Z80, le microprocesseur présent dans les ordinateurs conçu par lord Sinclair. En effet je m’étais procuré un ordinateur individuel, le  ZX spectrum; la demande était tellement forte qu’ils était vendu uniquement  sur Paris presque au cul du camion et il fallait non seulement donner pas mal d’argent, mais  faire en  plus une heure de queue pour en obtenir un. J’avais d’ailleurs dû revenir au magasin car ils m’avaient vendu un 16 k alors que j’avais payé pour un 68 k ! Á l’époque la mémoire était rare et chère. Et oui 68 kilos octets c’était la quantité de mémoire vive à l’époque et la préhistoire : le clavier souple intégré dans le boîtier, ce dernier branché sur l’écran d’une vieille télévision et une sauvegarde sur les cassettes d’un petit magnétophone. C’était le début de l’informatique individuel.

 Je suis ensuite monté en gamme en achetant un QL (« Quantum Loap », saut quantique pour les anglophobes) du même fabriquant, très en avance sur son temps puisque vendu avec les logiciels de base : traitement de texte, tableur, logiciel de dessin et de gestion de base de données. Sur ce nouveau modèle révolutionnaire comme le voulait son nom, toujours miniaturisé puisqu’il n’était constitué que d’un clavier à l’intérieur du quel était placé l’unité centrale et le microprocesseur, la sauvegarde était elle aussi intégrée dans le boîtier du clavier. C’était une mini cassette contenant une bande sans fin qui ne permettait que de stocker une centaine de kilo-octets et qui n’était pas toujours très fiable. J’ai perdu ainsi de nombreux documents, en particulier mon premier thésard avec qui j’écris maintenant des ouvrages scientifiques (mais sur des machines plus fiables), et qui a rédigé son manuscrit de thèse sur cette machine en a beaucoup souffert.

De retour en France je suis rapidement devenu un inconditionnel des ordinateurs de marque Apple en commençant au labo par faire acheter un Apple IIe avec son écran vert et ses disquettes souples  ce qui fut difficile à faire accepter par le directeur du centre de calcul qui ne  jurait que par les PC; puis le fameux Macintosh à l’écran intégré mais minuscule et en noir et blanc. A la fois chez moi ou à l’université j’ai suivi l’évolution de toute la gamme des ordinateurs conçus par le génie de la société Apple, en les achetant ce qui m’a coûté fort cher ou en les faisant acheter par le service de biologie végétale, c’était moins coûteux. En plus je dévorais tous les mois SVM-Mac afin de suivre au plus près, l’évolution de ces machines.

Passionné par les possibilités des ordinateurs, j’ai développé malheureusement sur des PC plusieurs logiciels et sites web. Ma première réussite fut un logiciel de pilotage d’un dispositif d’EXAO qui permet encore de suivre en continu les échanges d’eau chez une plante (la transpiration) en conditions contrôlées et qui est toujours utilisé en TP par les étudiants du Mans 20 ans après. J’ai ensuite conçu un dispositif permettant de suivre et d’enregistrer des processus de biodégradation de bio-plastique sur plusieurs jours. J’ai développé un autre logiciel pilotant un dispositif qui permettait d’obtenir en quelques heures des paramètres de la photosynthèse chez des algues, mais surtout d’aller passer l’après midi au golf afin d’améliorer mon handicap tandis que mon dispositif collectait automatiquement des données que je traitais le soir en rentrant, couplant ainsi recherche et loisir, c’était bon pour ma santé.

D’un autre côté, mes sites web en accès libre eurent du succès en particulier ceux que j’ai conçu pour mes étudiants comme des aides en ligne pour leurs révisions avant les examens, complétés par des dispositifs d’évaluation de leurs connaissances en biologie et physiologie végétales. Ils ont été visités plusieurs dizaines de milliers de fois et certains sont encore accessibles sur le web.

Nous étions avec des chimistes et des physiciens des précurseurs, mais pas tout seul, car sur l’université,  mon site n’était pas le plus visité. En effet le serveur était souvent bloqué par des milliers d’accès à un autre site qui avait été conçu par un étudiant de biologie en compilant les droits de stockage de ses collègues étudiants. C’était un site de photos pornographiques (ce qui en expliquait le succès) qui nous valu à mon collègue responsable de la biologie animale et moi-même d’être convoqué par le Président de l’université car l’origine du site était pour lui la biologie, prof de droit, c’est une matière qu’il n’avait pas du trop pratiquer.

 Nous n’étions bien sûr absolument pas responsable de cette situation, l’étudiant fut renvoyé et son site fermé, mais un débat fut organisé sur la mise en place de filtres afin d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise. Ceci ne nous arrangeait pas vraiment car un certain nombre de mots clefs liés à la sexualité  allaient être interdits alors qu’ils étaient indispensables aux recherches en biologie animale.

Ce fut l’objet de nombreux débats avec la direction de l’université qui furent ensuite étendus à un autre problème, celui de la gratuité ou non de l’enseignement dispensé sur le Net. J’étais partisan avec quelques collègues, qui comme moi faisaient du développement, de la gratuité de nos sites destinés à aider nos étudiants, mais un groupe de collègues  plus nombreux mettait en place de l’EAD (enseignement à distance) dont l’accès allait être payant. Nous sommes tous restés sur nos positions mais vu le succès de l’EAD qui permettait en plus d’obtenir des diplômes, j’ai jeté l’éponge et je n’ai plus développé de site d’aide en ligne, mon ennemi la finance a gagné comme dirait maintenant quelqu’un !

 J’ai quand même conçu et réalisé à la fin des années 90 le site web de l’équipe de recherche mais qui n’a pas survécu au changement de siècle. Il doit encore subsister des traces dans les entrailles du serveur de l’université car en informatique  » rien ne disparaît  tout se conserve » pour paraphraser Lavoisier. Je suis retourné sur le web il y a quelques années en me proposant comme chroniqueur sur le Plus de l’Obs; ils ont publié quelques unes de mes chroniques au début puis ensuite plus du tout, je devais être passé de mode ou peut-être que mes chroniques ne présentaient  plus d’intérêt du moins pour eux, bien que plusieurs non retenues par les journalistes de l’hebdomadaire aient dépassé le millier de lecteurs par « le bouche à oreille » expression qui n’est plus adaptée et que l’on pourrait remplacer par « le mail à mail » ou plutôt « le courriel à courriel », (je vous rappelle que je milite pour la francophonie). J’ai quand même persévéré,  comptant sur mes propres forces, maintenant je m’édite moi-même sur un autre blog (prggchro.unblog.fr). Pour finir avec l’informatique, J’ai adopté les tablettes, iPad naturellement, sur lesquelles j’écris ces textes confortablement assis dans mon fauteuil devant la télévision lorsque ce qu’il y a sur l’écran ne présente pas d’intérêt (ce qui est malheureusement très fréquent).

 

 

 

 

 



Encore un peu de macro-algues
13 mai, 2016, 16 h 35 min
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C’est entre autres grâce à deux collègues marseillais que je suis devenu algologue. La première fois, je les ai rencontrés alors que j’étais encore en poste en Algérie, lors d’un colloque de la Société Phycologique de France (SPF) qui se tenait à l’université de Caen. J’y présentais mes premiers travaux sur la phosynthèse des cystoseires et j’avais fait une petite erreur que ces deux collègues m’ont corrigé en aparté après ma communication plutôt que d’intervenir méchamment (comme cela se faisait beaucoup à l’époque) durant la séance plénière. J’avais trouvé cette attitude très élégante et très correcte et lorsque rentré en France, ils m’ont proposé de continuer à travailler avec eux sur les cystoseires dont ils étaient des spécialistes, j’ai accepté.

 

Le seul problème était la distance entre Marseille et le Mans qui ne facilitait pas les collaborations. Pour aller faire des mesures d’activité photosynthétique sur des algues cultivées dans les sous-sols du bâtiment de Luminy, c’était toute une aventure car je devais trimballer sur le lit de mon camping-car tout mon matériel et en particulier un grand châssis en cornières perforées que j’avais fabriqué pour l’occasion. Du coup, à mi parcours, je devais dormir en me lovant autour de mon matériel scientifique. Je faisais donc des efforts pour mener à bien ces travaux, mais dans le labo de mes collègues marseillais faire des efforts, c’était courant; ainsi les étudiants en thèse étaient contraints de creuser leur salle de culture; en effet les sous-sols du bâtiment n’étaient pas terminés, il y avait un long couloir central et derrière chaque porte une salle à l’état brute remplie de terre et de gravats.

Il faut savoir qu’à l’origine de tout cela il y avait eu un incident, les grands aquariums dans lesquels ils cultivaient leurs cystoseires étaient installés dans le laboratoire au 6ème étage de l’immeuble et un week-end les aquariums ont lâchés 600 litres d’eau de mer qui ont dévalés les six étages en noyant les appareillages des labos d’en dessous. Du coup la direction de l’université les a obligé à installer leurs cultures dans les sous sols avec la contre partie d’y aménager les salles : travaux de maçonnerie, de plomberie, de pose de carrelage et d’installations électriques, puis fabrication de dispositifs de culture sophistiqués, l’étudiant pouvait ensuite débuter son travail de doctorat ! Le problème restait l’eau de mer, il aurait été  judicieux de la puiser dans les calanques proches, mais ce n’était pas autorisé, aussi toutes les semaines les membres du laboratoire en particulier les étudiants étaient réquisitionnés dès 6 h du matin afin de partir dans une camionnette remplie de jerricanes et d’aller puiser de l’eau du côté de Carry-le-Rouet et de la ramener en traversant Marseille avant les embouteillages; arrivé au bâtiment il fallait encore verser le contenu des jerricans dans un gros entonnoir qui sortait du sous-sol par une lucarne et qui était relié à une citerne de plus de 1000 L. Rassurez vous, je ne participais pas à toutes ces épopées, mes collègues me faisaient venir du Mans  lorsque les algues étaient prêtes pour les mesures. Le seul problème, c’est que comme je ne disposais pas de beaucoup de temps sur place, je faisais des mesures en continu de 7 h du matin jusqu’à 23 h; les journées étaient longues pour les étudiants et moi-même, et nous consommions d’énormes quantité de café à partir d’un distributeur automatique gratuit que mes collègues avaient fait installer dans leurs locaux. Que ne ferait-on pas pour faire avancer la science !

A la retraite, ne pouvant abandonner les algues qui étaient toutes leur vie, mes collègues marseillais ont monté une entreprise (Gelyma) qui produit depuis avec succès des extraits d’algues (22 produits dont 9 brevetés distribués dans plus de 30 pays) pour les industries cosmétiques.

Ces collègues en devenant mes parrains (à l’époque il fallait être parrainé pour rentrer dans une société savante, maintenant on y rentre comme dans un moulin !) m’ont permis de devenir membre de la SPF, puis d’y être élu comme membre du conseil d’administration et dans lequel j’ai siégé plus de 15 ans faute de candidats pour me remplacer. Au sein de ce conseil d’administration, j’ai participé à l’organisation de nombreuses réunions savantes et colloques dont certaines se déroulaient dans un site majestueux, au Muséum National d’Histoire Naturelle sous la grande galerie de l’évolution dans la salle de conférence attenante, prestigieux surtout car le vin d’honneur se déroulait sous le squelette de la baleine. Cette salle et ses alentours nous étaient gracieusement prêtés par le directeur du Muséum. Malheureusement après quelques années un nouveau directeur décida de rentabiliser ses locaux en facturant la salle 3 000 €, compte tenu des moyens financiers de la société, il était totalement inenvisageable de payer une telle somme d’autant plus que la participation à ces colloques était le plus souvent gratuite et que la société ne bénéficiait d’aucune subvention, ses seules ressources étaient les cotisations des adhérents.

À partir de cette date, il fut très difficile d’organiser des colloques du moins sur Paris, hors quand les séances n’avaient pas lieu à Paris la participation était souvent plus réduite, hormis le colloque de la SPF qui s’est tenu à Saint-Nazaire organisé par l’équipe de recherche régionale EMI (Ecologie Marine Intégrée) dont j’étais le directeur adjoint et qui fut un succès, bien sûr !

 

J’étais aussi membre d’une autre société savante : l’Association des Diatomistes de Langue Française ou ADLaF. Cette société organisant un colloque tous les ans, j’en ai suivi un certain nombre dont l’un au Québec (séjour très agréable, car comme à mon habitude je profitais de ces missions pour les compléter par un peu de terrain, traduit en bon français un peu de tourisme). Pour finir ma carrière en beauté, juste avant de partir à la retraite, j’en ai organisé un au Mans. J’avais bien fait d’attendre cette période car la partie administrative est lourde à gérer, en particulier  l’aspect financier  très contraignant surtout quand cela passe par les services comptables de l’université dont le caractère majeur n’est pas la souplesse, le moins que l’on puisse dire. Heureusement, secondé par mes collègues proches cela s’est bien passé et ce fut un succès. Je suis ensuite allé assister et présenter les résultats de mes derniers étudiants lorsqu’ils ne pouvaient pas m’accompagner à Boulogne-sur-mer, à Thonon-les-bains puis à Clermont-Ferrand. Maintenant n’ayant plus rien de nouveau à présenter, j’ai décidé de ne plus me rendre dans ces colloques afin de laisser la place aux plus jeunes et je regrette non pas les sessions scientifiques qui sont souvent un peu lassantes, il faut bien le reconnaître, mais les contacts chaleureux avec les collègues surtout lors des repas de gala bien sûr !

 



Plongée dans le monde des algologues
7 mai, 2016, 11 h 26 min
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Lorsque j’ai intégré l’équipe de recherche du Mans, le responsable avait lancé une nouvelle  thématique en changeant complètement de modèle végétal, abandonnant les plantes terrestres et leur résistance au sel au profit des algues. Du coup je n’avais pas le choix et je dus abandonner mon halophyte préférée : Halopeplis amplexicaulis. Mais les algues étant des végétaux essentiellement marins, et comme j’aime beaucoup la mer, cela ne me déplaisait pas. Avant mon départ d’Oran, j’avais déjà lancé quelques manips sur les cystoseires, algues brunes les plus faciles à récolter en Méditerranée sans trop se mouiller dans la mesure où certaines  sont affleurantes sur les rochers à marée basse (les placiers rocheux). Vous allez me dire : il n’y a pas de marée en Méditerranée, mais si il y en a une, bien qu’elle soit discrète quelques dizaines de cm en général on ne s’en rend pas compte, mais si vous allez sur la côte sud de la Tunisie à Sfax comme la profondeur au niveau du plateau continental est très faible, la mer se retire sur plusieurs centaines de mètres  à marée basse presque comme en Bretagne.

 

J’ai même réussi alors que j’étais encore en poste en Algérie à présenter les premiers résultats dans un colloque de la société phycologique de France à  Caen que j’ai ensuite publiés dans une revue d’algologie. J’avais donc joué le jeu de mon intégration et j’étais devenu algologue sans le faire exprès (comme monsieur Jourdain). Mais j’ignorais que je mettais le pied dans un panier de crabes (sous les algues bien sur). Mon bizutage a été d’être le témoin d’un conflit majeur entre celui qui m’avait recruté et l’algologue du Mans, directrice de recherche au CNRS, Mme L.

Dans la mesure où il venait de se lancer dans l’étude du métabolisme du carbone chez les algues, il avait proposé une collaboration à cette dame qui en cultivait dans les chambres froides du sous-sol dans des pots de crème recyclés.  Elle n’était pas écologiste elle pratiquait  plutôt le recyclage avant l’heure car elle n’avait pas les moyens de financer des contenants, mais là n’est pas le problème. Elle fournit donc des échantillons d’algue rouge à mon collègue qui servirent dans le suivi des voies métaboliques en y incorporant du dioxyde de carbone marqué. La manip réussie, un article fut rédigé puis accepté par une revue scientifique et là, c’est devenu machiavélique car Mme L. Informa mon collègue que l’espèce utilisée dans ces travaux et qu’elle avait fourni, n’était pas celle qui était prévue mais une nouvelle espèce qu’elle venait d’inventer : Aglaeothamnium chadefaudi l’´hardy-Halos aussi fallait-il d’urgence prévenir la revue afin de faire les modifications.

 

La crédibilité de l’équipe dans laquelle je venais de rentrer était mal engagée, mon collègue était hors de lui et les relations avec l’algologue de référence définitivement rompues.  C’est dans cette ambiance délétère que je suis arrivé au laboratoire du Mans. Rapidement Mme L.  a souhaité me rencontrer. A peine entré dans son labo après les salutations de rigueur, pour m’impressionner elle m’a tout de suite dit : » j’ai fait thalle dans Encyclopédia  Universalis ». Je me suis dit que j’étais tombé sur une mégalo et le soir j’ai vérifié ses dires dans mon encyclopédie, le court article était bien signé de Mme L. Mais n’ayant pas accepté ses propositions de collaboration, je venais de m’en faire une ennemie. Je l’ai ignorée pendant plusieurs années gérant le département de biologie végétale sans trop m’en occuper; la rencontrant de temps en temps lors des colloques de la SFP (Société Française de Phycologie) où elle présentait comme moi ses résultats et toujours mégalo, il fallait souvent l’arrêter lors de ses communications dithyrambiques. Mais il faut se méfier de l’eau qui dort. Quelques années plus tard une procédure offrant une possibilité d’intégration des Directeurs de recherche  comme professeurs des universités l’a relancée.

 

Toutefois sa stratégie n’a pas été la bonne car elle nous a tous convoqué dans son antre pour nous expliquer son projet : me remplacer à la direction du département de biologie et physiologie végétales me libérant ainsi des tâches administratives afin que je puisse consacrer tout mon temps à la recherche sous sa direction et fouetter les autres pour qu’ils augmentent leur taux de publications. Elle se serait occupé de tout, de la gestion des crédits du laboratoire (elle qui n’en avait pas), des participations aux congrès ce qui nous permettait de ne pas perdre de temps en déplacement  en restant à la paillasse, de siéger à ma place dans les conseils, etc. Bref un programme d’esclave à la botte. Mes collègues comme moi-même étions atterrés. À peine sorti de son bureau, nous avons lancé la contre offensive.

Renseignements pris son dossier présentait une faiblesse, le manque d’activités d’enseignements, bien sûr je ne l’avais jamais recrutée comme vacataire, car je me chargeais des enseignements sur les algues. Fortuitement j’ai appris qu’elle candidatait comme chargé de cours à l’Institut d’Ecologie Appliquée d’Angers ce qui aurait fortement enrichi son dossier. Je n’avais pas le choix et j’ai candidaté aussi.

J’ai été retenu et j’ai ainsi du assurer cet enseignement pendant une dizaine d’année ce qui était pour moi une surcharge de travail car en plus des cours je devais assurer les travaux pratiques d’un enseignement d’algologie appliquée m’obligeant à transporter souvent par le train des échantillons d’algues et tout un matériel pour chaque séances. Tout cela pour éviter qu’elle n’étoffe son dossier. Elle fit plusieurs autres tentatives dans d’autres universités  jusqu’à obliger l’université du Maine à convoquer une commission de spécialistes au frais de mon service en plein mois de juillet pour examiner sa demande d’intégration comme professeur. L’un des profs de la commission était son mari aussi ne pouvait-il siéger. Les profs de biologie végétale étaient donc majoritaires et ils ont très rapidement compris la situation : si elle était nommée professeur, l’avenir des MCF du laboratoire et du laboratoire lui même était plus que compromis car elle était systématicienne et ne connaissait rien à la physiologie végétale. La commission dans sa grande sagesse refusa sa nomination.

Du coup nos relations ne se sont pas améliorées; en plus dans le cadre d’une réorganisation des locaux son nouveau bureau/labo a été installé en face du mien de l’autre côté du couloir. Je me suis adapté à cette promiscuité sachant que dans la mesure où nous avions une technicienne en commun, j’obtenais de temps en temps quelques informations comme le fait qu’elle dénommait mon bureau assez mal rangé je le reconnais : « la niche à chien ». Heureusement elle était un peu « has been » et je m’étais un peu protégé dans le milieu des algologues en rentrant dans le conseil d’administration de la Société Phycologique de France grâce à deux collègues marseillais qui connaissaient bien la personne. Elle s’est juste vengée une fois en intrigant pour que je ne sois pas nommé dans le comité de lecture d’une revue scientifique d’algologie. Comble de malheur, j’ai été nommé professeur sur le poste de son mari après son décès. 


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