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Enseigner en France, pas si simple !
25 mars, 2016, 10 h 42 min
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A l’Université du Maine, bien que nommé seulement maître assistant, j’ai récupéré un très grand bureau de professeur près de 40 m2 (dans les années 70, date de la construction et de l’aménagement du bâtiment de biologie, la surface des bureaux étaient liée au grade et à la fonction) avec le mobilier correspondant : un bureau ministre, une vitrine bibliothèque, une armoire porte manteau, un meuble bas et une desserte, le luxe ! Du moins pour l’époque; c’était exceptionnel pour moi qui avais vécu pendant les 12 années précédentes avec pour tout bureau mon attaché-case. En effet à l’université d’Oran la plupart des bureaux étaient destinés aux garçons de labo.

 

L’enseignement universitaire en France, au début du moins, m’a un peu déçu. En effet, en Algérie,  j’étais habitué à avoir en face de moi, durant les cours des étudiants en licence (une quinzaine) qui buvaient mes paroles et prenaient  des notes avec application dans la mesure où j’étais pour eux la principale, voir l’unique source de connaissances, internet n’était pas encore inventé et ils n’avaient pas vraiment le choix du fait de l’absence de livre en quantité suffisante à leur disposition dans la bibliothèque de l’université d’Oran (du moins à l’époque, maintenant elle s’est enrichie ! les ouvrages coécrits avec mon collègue y sont présent).

Á l’université du Maine c’était bien différent car les étudiants étaient beaucoup moins motivés et beaucoup plus nombreux plus de 130 en première année et presque une centaine en deuxième année; malheureusement un certain nombre étaient là par défaut, venant surtout profiter du statut étudiant et de ses avantages ou bien en attendant d’intégrer une école d’infirmière. Dans la masse il y avait quand même quelques bons éléments mais ils étaient souvent difficiles à repérer. Á l’époque, au Mans, on ne leur proposait que deux années d’études qui les menait à un DEUG et pour une poursuite d’étude en licence puis en maîtrise, il leur fallait trouver une autre université ce qui n’était pas toujours facile.

Cette situation ne me plaisait pas, j’enseignais jusqu’à bac +5 en Algérie et j’y dirigeais des mémoires et je me retrouvais à faire des petites classes (humour !) au Mans. Progressivement j’ai essayé de changer cela; dans un premier temps je me suis battu pour faire disparaître une sorte de numerus closus mis en place par les professeurs de l’époque qui sans raisons valables (hormis un argument fallacieux sur le manque de microscopes) limitaient à 135 places l’accueil des bacheliers en première année de biologie. Ayant obtenu du conseil d’administration, dans lequel  je m’étais rapidement  fait élire en tant que syndiqué  SNESup la disparition de cette limite, en quelques années nous avons atteint presque  300 étudiants en première année, ce qui était positif pour les étudiants et leur famille (rendant possible sur place donc à moindre frais leurs premières années d’études), mais en contre partie a fortement augmenté  les difficultés d’intégration en licence dans les universités voisines.

Á partir de là, j’ai sorti un autre projet de mon chapeau (que je ne portais pas encore) sous la pression de ce grand  nombre d’étudiants, j’ai proposé au CA  d’ouvrir une licence de biologie au Mans afin de leur permettre de poursuivre leurs études sur place justifiant notre rôle social d’université de proximité. C’était difficile à obtenir dans la mesure où les collègues de rang A (les professeurs, ma bête noire á l’époque, moins depuis que j’en fait partie), déposaient auprès du ministère tous les ans le même dossier, une demande d’habilitation (sans consulter les rang B) pour une licence de biologie traditionnelle (version année 1950 très orientée approche microscopique), qui était à chaque fois rejetée et pour cause. Il fallait proposer autre chose et grâce au soutien du professeur de géologie qui avait été président de l’université, avec mes autres collègues nous avons proposé une formation de licence pluridisciplinaire originale avec pour acronyme  BGM : biologie, Géologie, Mathématiques  dont le débouché principal et original  était  le concours de professeur des écoles au niveau duquel il manquait  à l’époque des candidats de formation scientifique. Nous avions même  obtenu que l’obtention de cette licence soit prise en compte par l’IUFM pour l’accession à l’année de préparation au concours. Mais cette formation malgré tout assez traditionnelle avait ses limites tous les étudiants n’avaient pas comme projet d’être professeur des écoles. 



Retour au Mans, mais où je parle encore de l’Algérie !
19 mars, 2016, 12 h 26 min
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Avec mon dernier mois de salaire de coopérant, j’ai acheté une Austin Mini à mon épouse, le mois suivant quand j’ai reçu ma feuille de paye de fonctionnaire et j’ai été très déçu et cru à une erreur? A l’insu de mon plein grès, on ne m’avait pas tout dit : mon indice spécial de maître assistant avait disparu comme le coefficient multiplicateur (ça je le savais), mon pouvoir d’achat venait d’être réduit de moitié; heureusement grâce à mes quatre enfants, (depuis j’en ai cinq mais que des garçons quand on aime on ne compte pas, une sorte de héros si j’étais resté à Oran) je touchais à la fois des allocations familiales et un complément familial de traitement conséquent, une maigre compensation.

Cette fois, après douze ans de galère (je ne vous ai raconté que les bons moments) j’étais enfin fonctionnaire et enseignant chercheur dans une Université française : L’Université du Maine au Mans, mon rêve !!! Mais pour aboutir à cela, j’ai passé une grande partie de ma jeunesse loin de ma patrie et de ses milles plaisirs dans l’austérité d’un pays musulman ou tout plaisir était interdit hormis celui de fumer et du coup je suis devenu un fumeur  invétéré (invertébré aurait dit Bérurier) même lorsque j’enseignais. Comme beaucoup de jeunes diplômés de ma génération,  les pays du Maghreb nous ont accueilli par milliers, ce qui nous a bien rendu service en nous permettant d’exercer notre métier et d’éviter le chômage.

D’autant plus qu’une fois passé les 18 mois de solde liée au service militaire, nous étions ensuite bien rémunéré puisque notre salaire était affecté d’un coefficient multiplicateur de 1,9 du moins en Algérie. Toutefois c’était un peu plus compliqué car ce salaire était composé d’une part en devises, en francs dits convertibles, environ 30 %, non soumis au contrôle des changes (ce qui m’a rendu service lors d’un voyage au Mexique sous le gouvernement de François Miterrand qui avait limité la sortie des devises) et directement versés sur un compte spécial en France,  et d’autre part d’une partie en dinars algériens versés sur un compte chèque de la poste algérienne et sur cette part dite algérienne une partie (25 %) était transférable en francs à conditions d’en faire la demande tous les mois.

Plus compliqué était la récupération de cet argent, il fallait éviter d’en gagner trop car un plafond n’autorisait que la sortie d’une certaine somme (1 500 dinars si je me souviens bien) avec une procédure lourde puisque qu’il fallait une fois le retrait effectué qu’une petite carte en carton parte à la poste centrale d’Alger puis revienne à la poste d’Oran pour pouvoir à nouveau tirer de l’argent … c’était loin d’être informatisé. Quand la carte s’égarait, il n’était plus possible de retirer de l’argent ni de se plaindre à la poste puisque c’était ses services qui l’avaient égarée. Kafkaïen comme beaucoup de chose en Algérie à cette époque ! Il restait les chèques postaux malheureusement du moins au début de mon séjour aucun organisme, fut-il d’état, ne les acceptait et encore moins le privé.

Comme ma famille résidait en France, j’étais obligé de rapatrier de l’argent tous les mois pour payer mes nombreux voyages en avion. Á l’époque les deux compagnies air France et air Algérie se partageaient le magot sans concurrence, le tarif était très élevé plus de 5 000 francs français (750 euros) l’aller et retour en classe économique et, dans la mesure où les vols étaient toujours complet, il était  souvent difficile d’avoir des places sans piston. Je rachetais donc des dinars à moitié prix à un pied noir qui avait conservé  une entreprise de bâtiment à Oran et qui ne pouvait pas transférer son argent. Çe qui n’était pas très réglementaire, je le reconnais, mais il y a prescription.

Juste une fois cela a été un peu compliqué; je venais de récupérer une demi-douzaine de billets de 100 dinars quand le lendemain nous avons appris que le gouvernement algérien avait décidé de supprimer cette grosse coupure et que la population dont nous faisions partie avait une journée pour changer ces billets en plus petites coupures. Á Oran, nous ne pûmes même pas approcher de la  banque tant la foule était importante. Avec mon collègue corse qui était dans la même situation, nous sommes parti hors de la ville afin de trouver une poste ou une banque accessible pour changer nos billets. Nous avons fini par en trouver une dans un bled (c’est le cas de le dire) et après beaucoup d’attente, nous avons fini par réussir à changer nos billets. Nous avons appris par la suite que le hall d’arrivée de l’aéroport était jonché de billets de 100 dinars car les algériens résidant en France essayaient de rapatrier les millions de dinars qu’ils avaient stockés à l’étranger, sûrement dans des lessiveuses, bien que ce soit interdit (pas la lessiveuse mais l’exportation de la monnaie nationale). Mais les services de police avaient prévu le coup et fouillaient tous les arrivants qui n’avaient pas d’autres solutions que de se débarrasser de leurs billets avant la fouille s’ils ne voulaient pas finir en taule. En ce qui nous concernait nous avions réglé notre problème sans dommage. Morale de cette histoire rien ne vaut les petites coupures; les hommes et les femmes de ménage qui ont nettoyé l’aéroport le soir après la fermeture ont du manipuler bien plus d’argent qu’il n’en verront dans toute leur vie.



Quitter l’Algérie avec regrets
12 mars, 2016, 10 h 34 min
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Il fallait bien que tout ait une fin, après douze ans j’étais devenu à moitié algérien à tel point que j’avais les cheveux frisés et une moustache. Je me demandais quand même  ce que j’allais bien pouvoir regretter après avoir quitté ce pays d’adoption. En fait il ne m’a pas été difficile d’en faire une liste (mais non exhaustive) :

- La mer Méditerranée, tout d’abord, près de laquelle j’ai passé beaucoup de temps, dedans en chasse sous-Marine, en surface à la nage ou au-dessus en planche à voile.

- Le climat qui me permettait de rester en chemisette tout au long de l’année.

- Les paysages grandioses du Sud et les nombreuses missions que j’y ai effectué (un professeur de biologie ne fait pas de tourisme mais effectue des missions de terrain).

- Les étudiants, très attentifs, qui buvaient mes paroles lorsque je leur faisais cours ce qui était très agréable et très motivant, et que je n’ai malheureusement pas retrouvé en France.

- Les  coopérants et les coopérantes de toutes nationalités, française, belges, béninois mais ex dahoméen, polonais, égyptiens, indien, corses, (hé oui, pays amis depuis les dernières régionales !) expatriés comme moi et avec lesquels j’ai vécu les multiples aventures que je vous ai racontées mais je crains d’en avoir oubliées quelques unes (n’hésitez pas à me le signaler).

- Quelques collègues algériens que je fréquente encore, surtout celui avec qui j’écris des ouvrages scientifiques à succès. Pour la plus part, ils ne m’ont pas oublié; je le vérifie à chaque fois que je rencontre  l’un ou l’autre de mes anciens étudiants devenus universitaires, en visite à l’université du Maine.

- Les lacs salés ou sebkhas dans lesquels j’ai passé pas mal de temps à torturer une petite plante qui ne m’avait rien demandé, mais pour une bonne cause, la Science, mais du coup, elle est passée à la postérité et devrait me remercier.

- L’aventure qui est souvent au coin de la rue quand on est expat !

- Les souks surtout ceux du Maroc dans lesquels j’adorais fureter.

- Le couscous viandes à 3 dinars que je consommais au début de mon séjour dans les gargotes de Ville Nouvelle  alors que ma femme prenait un couscous légumes à 1 dinar 50 afin de respecter les traditions locales.

- Les parties de tennis qui occupaient mes fins de journées.

- Les voyages en classe affaires sur Air France lors desquels j’ai souvent dégusté du caviar et du champagne millésimé (époque malheureusement révolue, maintenant sur Air Frances on a droit à un sandwich en pain tout mou pour ne pas faire de miettes, d’un autre coté il y a bien longtemps que je n’ai plus voyagé en classe affaire !).

- Ma jeunesse, bien sûr, alors pleine d’espoir et d’idéal, allant participer au développement d’une jeune université dans un jeune pays,  mais vite déçu par la vie de tous les jours dans un pays en construction se voulant socialiste, mais s’inspirant un peu trop du régime soviétique.

 

En effet, en Algérie, dans les années 70 tout était centralisé et à la charge de l’état, les logements lui appartenait, les sociétés nationales très nombreuses et très inspirées du système soviétique contrôlaient toute l’économie, l’armée était une entreprise de travaux publics, l’unique banque était publique.  La presque totalité des travailleurs étaient rémunérés par l’état; même les paysans ce qui pour eux n’était pas très stimulant et expliquait en partie les fréquentes pénuries de légumes.

Ce jeune pays, jadis grenier à blé de la France, avait des difficultés avec l’agriculture ce qu’avait bien repéré l’agronome René Dumont lors d’une sortie sur le terrain dans la région de Mostaganem. Pour l’anecdote accompagnant une délégation de l’ITA (institut de technologie agricole) il avait été le seul à prévoir des bottes pour aller dans les champs alors que tous les jeunes ingénieurs avec leurs chaussures cirées étaient restés sur la route goudronnée. À partir de cet événement, il avait émis des réserves sur l’avenir de l’agriculture en Algérie. La fonctionnarisation des fellahs lors de la construction intensive des villages socialistes voulue par le président Houari Boumediene  n’a pas amélioré la situation.

Dans l’industrie la gestion était  trop centralisée, le président appliquant le principe de l’industrie industrialisante des soviétiques, Il y avait une surproduction d’acier et pour l’utiliser on installait autour des immeubles des grilles massives ce qui n’était pas du meilleur effet d’un point de vue urbanistique. Seul la Sonatrach (le gaz et le pétrole) indépendante et état dans l’état, tirait son épingle du jeu grâce à ses grosses rentrées d’argent.

 

 La population manquait cruellement de logements aussi l’Algérie était un vaste chantier mais qui manquait de ciment et pourtant une grande cimenterie très moderne avait été construite près d’Oran par une société française dont je fréquentais quelques cadres. Malheureusement trop sophistiquée elle était souvent en panne, heureusement pour sauver la  mise des responsables,  sur le même site, l’ancienne cimenterie reliquat  de la colonisation avait été conservée et fonctionnait toujours produisant l’essentiel du ciment mais en quantité bien insuffisante.

 

Toutefois l’Algérie, grâce aux revenus gaziers et pétroliers, nourrissait sa population en soutenant le prix des produits alimentaires de première nécessité comme la farine, l’huile, le beurre, la semoule, le sucre ou le café. Par contre d’un point de vue nutritionnel, ce n’est pas excellent.

Dans la cité populaire des Amandiers, où j’ai vécu les trois premières années de mon séjour, le père de famille algérien achetait chaque jour chez le « soussi » (l’épicier) autant de « tipana » (baguettes de pain) qu’il avait d’enfants, 100 g d’olives pimentées et deux ou trois litres de lait reconstitué; un tipana sur lequel l’enfant frottait son olive, un verre de lait et c’était  le repas pour la journée. Le dimanche, pardon le vendredi, le père allait acheter chez le boucher de la cité (un peu escroc) quelques dizaines de grammes de poulet que cet honnête commerçant pesait avec précision en le plaçant sur du papier très épais si bien que le père de famille payait surtout du papier. Ce petit morceau de poulet était ensuite placé dans le couscous, ainsi les enfants avaient le goût de la viande mais c’était le père qui la mangeait. 30 ans après, l’Algérie continue à soutenir le prix de ces produits, ce qui crée un trafic important avec les pays voisins où ils sont beaucoup plus chers. C’est ce que m’ont expliqué mes collègues nutritionnistes lors de mon dernier séjour. Logés ensuite en centre ville dans un appartement mal orienté (il fallait se pencher pour voir la mer), j’ai perdu le contact avec cette population miséreuse, mais j’espère que depuis leur situation c’est améliorée.

Cette fois c’est terminé pour l’Algérie mais pas totalement avec le Maghreb où je suis retourné professionnellement  de temps en temps mais dans les deux pays voisins, le Maroc et la Tunisie donc des anecdotes à venir. Mais tout d’abord, mon intégration à l’université du Maine, ce sera la saison 3 dès la semaine prochaine.



Partir c’est mourir un peu
6 mars, 2016, 2 h 50 min
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Une semaine avant de quitter définitivement l’Algérie et afin de compléter mes travaux sur ma plante fétiche, je décidais de me rendre avec un géologue (encore un!) sur la sebkha de Benziane à  quelques 200 km d’Oran dans une zone quelque peu désertique où  la présence de cette plante avait été précédemment signalée dans un article scientifique datant de la colonisation. Cette sortie fut un succès, Halopeplis amplexicaulis abondait au niveau de nombreuses plaques de végétation sur tout le pourtour de la sebkha. Après avoir pris quelques photos et quelques notes, je saluais des nomades qui avaient installé leur khaima à proximité et qui étaient venus voir ce que nous trafiquions; après une rapide explication, ils insistèrent pour nous emmener dans leur campement et là, après nous avoir présenté leur famille, ils nous invitèrent à partager un couscous sous leur tente.

Nous nous sommes retrouvés mon collègue géologue et moi assis sur des tapis devant un grand plat rond rempli de semoule et de légumes. Ce n’était pas la première fois que je me trouvais dans cette situation mais cette fois c’était particulier; il faisait étouffant nous étions fin juin et il fallait manger avec la main droite (traditionnellement la main gauche est réservée aux ablutions, je ne vous fait pas un dessin !) en faisant des boulettes de semoule; c’était difficile et d’habitude voyant ma maladresse, ils m’apportaient une cuillère mais là, ils n’en avaient pas malheureusement. Je finis donc le repas couvert de sauce tomate, mais le pire fut le verre de lait caillé que l’on m’offrit contenu dans une outre en peau de chèvre retournée, une boisson dont j’avais horreur et que je dus avaler en souriant.

Ce fut  ma dernière expédition sur les sebkhas car je quittais définitivement l’Algérie les jours suivants, nous étions fin juin 1986, ma longue mission de coopération (12 ans) était terminée et j’allais enfin intégrer une Université française en septembre, laissant derrière moi beaucoup de souvenirs et si je vous en ai fait partager quelques uns, les autres je les garde pour moi..

 

Mais je suis revenu deux ans plus tard à Oran dans le cadre d’une mission lié à un accord Franco-algérien  de coopération  entre l’université du Mans et d’Oran et j’ai été un peu déçu de ne pas retrouver le laboratoire  que j’avais mis en place d’année en année pendant plus de 10 ans. Ainsi la salle de culture avec climatisation et groupe électrogène de secours que j’avais aménagé dans un grand sous-sol avait été squattée par les femmes de ménage qui en avait fait un grand sèche linge. De même, alors que je devais faire une conférence un après-midi, j’ai découvert un quart d’heure avant le début de mon intervention que le rétroprojecteur que je devais utiliser  était hors d’usage et qu’il n’y en avait pas d’autres; retrouvant mes anciens réflexes face à ce type de problème (en Algérie, il n’y a jamais de problème) j’ai demandé au garçon de labo d’aller me chercher ceux qui étaient en panne et de m’apporter aussi un tournevis et la salle remplie à assisté patiemment  à la reconstruction d’un rétro fonctionnel à partir des trois qui étaient en panne.  J’ai ensuite pu officier de façon satisfaisante et présenter les algues et leurs applications à l’assistance; mais d’expérience, pour l’avoir pratiqué lorsque j’étais en poste, je m’étais au préalable assuré que la salle n’était pas remplie de garçon de labo et de femmes de ménage, ce que je faisais lorsque des profs français venaient, comme moi cette fois, faire des conférences impromptues aux étudiants et que la plupart étaient absents. Cette conférence fut un succès, bien sûr, j’espère que vous n’en doutiez pas. Par contre nous étions avec mon collègue logés dans l’unique palace d’Oran, le « grand café riche » en face du siège du FLN, où l’on nous servait royalement une assiette de coquillette le soir; malheureusement il n’y avait plus de coopérants pour nous inviter à dîner comme je le pratiquais avec les profs invités lorsque j’étais moi-même coopérant, tout se perd même les bonnes traditions.

Je suis retourné en Algérie à  la fin de l’année 2015 sur invitation d’une collègue professeure comme  conférencier dans un colloque sur la nutrition organisé dans un palace de la chaîne Sheraton au club  des pins près d’Alger. Territoire hautement sécurisé puisque s’y trouve la résidence du chef de l’état et de nombreuses villas dans lesquelles sont logés les membres du gouvernement et les personnages importants du régime. Mais du coup je n’ai rien vu de l’Algérie nouvelle, pris en charge  dés l’aéroport comme les autres invités étrangers, nous avons été conduit à l’hôtel dans lequel nous sommes restés trois jours cloîtrés , juste libre d’aller prendre l’air sur la plage privée. Comme la fois précédente 30 ans avant, la bouffe, dite internationale, était infecte et pourtant je ne suis pas difficile …

Par contre avantage de l’âge, le policier dans la guérite qui contrôlait les passeports me fit dribbler toute la queue en m’appelant, mais de façon peu flatteuse et encore moins respectueuse, : « hé, le vieux passe sous les barrières et viens ici » sur le coup j’ai regardé autour de moi pour voir à qui il pouvait bien s’adresser, les autres passagers plus jeunes me regardant avec insistance, j’ai vite compris que ce discours était pour moi, je suis donc passé sous les barrières oubliant qu’avec mes hanches j’aurais du mal à me relever. Heureusement des jeunes algériens compatissants m’ont aidé et j’ai franchis triomphant le contrôle de police. J’aurais dû  ainsi gagner beaucoup de temps si le préposé à l’accueil avec sa pancarte « Pr Tremblin » n’était pas parti prendre un café. J’ai mis plus d’une heure à le retrouver et il m’a fait attendre avec d’autres collègues, plus de 3 h, la navette sécurisée; au Maghreb le temps n’a pas la même valeur que chez nous. Après un long embouteillage sur l’autoroute qui contourne Alger par le sud, Nous sommes arrivés dans la zone ultra sécurisée du club des pins. Après passage sous un portique qui a sonné comme d’habitude à cause de mes hanches en titane, m’obligeant à passer à la fouille pour la troisième fois dans la journée. Nous avons pu enfin nous reposer un peu, parti du Mans à 3 h du matin je n’étais pas très frais; j’avais fait le projet de me baigner dans la Méditerranée sur la plage privée de l’hôtel mais la mer était agitée, il y avait du vent et je n’ai pas eu le courage de me plonger dedans. Comme mes collègues étrangers nous sommes restés cloîtrés dans l’hôtel pendant trois jours et de ce fait pour une fois dans un congrès, j’ai assisté à toutes les séances, comme quoi même à mon âge, il y a un début à tout.


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