Un site utilisant unblog.fr
  • Accueil
  • > Archives pour novembre 2015

Une grosse boulette
28 novembre, 2015, 11 h 55 min
Classé dans : Non classé

 

Syndicaliste responsable et secrétaire du bureau de l’APES d’Oran, je devais me rendre de temps en temps aux réunions à Alger. J’avais testé tous les moyens de communication entre ces deux villes et en particulier le train rapide : l’Inox, mis en service en 1975, c’était son nom ou plutôt son surnom car il était un peu rouillé ayant la forme d’une micheline en plus compact et en métal argenté; prioritaire, il fonçait à plus de 100 km à l’heure sur la voie ferrée unique, les autres trains moins rapides avaient intérêt à laisser la place en se garant dans les gares, c’est le cas de le dire !

 

 

 

Pour plus de sécurité, lors du voyage, nous étions enfermé dans les compartiments par le contrôleur et il fallait demander la clef pour aller aux toilettes; il y avait  quand même un wagon restaurant ou l’on nous servait un repas frugale avec comme dessert un fruit de saison, comme d’habitude… Mais une fois, il y a eu une erreur d’aiguillage et au lieu d’éviter la gare il est rentré dedans, rassurez vous je n’étais pas dans le train. Du coup plus d’Inox, il ne nous restait plus que l’avion.

 

 

 

Le voyage en avion entre Oran et Alger est toujours un peu stressant car vu la faible distance moins de 400 km à vol d’oiseau, le Boeing a juste le temps de monter, de se stabiliser 5 min et de redescendre ce qui est quelque peu turbulent. Ce jour là, je suis parti avec mon bras droit ou non plutôt gauche vu ses orientations politiques, le voyage aller se déroula  sans problèmes, la réunion syndicale à Alger ne fit que confirmer ce que l’on savait déjà, le gouvernement socialiste ne savait pas quoi faire de nous, donc nous devions continuer à lutter en occupant chaque fin d’année le centre culturel de l’Ambassade de France, mais je vous en ai déjà parlé. Nous avons repris l’avion, le soir, mais entre temps, une tempête de sable s’était levée. Très vite l’avion a été pris dans la tempête et s’est mis à bouger dans tous les sens, tandis que les passagers musulmans récitaient leur prière (« La ilaha illallah ») afin d’aller directement au paradis en cas de crash. L’ambiance était très lourde, nous faisions semblant d’être indifférents tout en se tenant fortement aux bras des fauteuils. L’avion finit par atterrir à Oran, ce n’était pas encore notre heure…

 

 

 

Nous fûmes soulagés, il était tard et nous n’avions pas encore mangé, aussi j’émis l’hypothèse que la mauvaise femme de mon collègue (surnom donné à toutes nos femmes en référence à la Corse, femme parfaite qui nous servait d’étalon, elle pas son mari …) ne devait rien avoir préparé. Arrivé dans son appartement, son épouse étant déjà endormie mon collègue se rend à la cuisine, ouvre le réfrigérateur et m’appelle : « Regarde, mauvaise langue, elle nous a préparé des boulettes ». Ému par tant de sollicitude, nous avons dévoré tout le plat pour compenser notre stress. Je suis ensuite rentré chez moi rassasié d’aventures et de boulettes. Mais le lendemain mauvaise donne (la nouvelle n’était pas encore inventée), mon comparse m’appris que l’on avait fait une grosse boulette en mangeant ces dernières, car c’était le repas prévu pour des invités du lendemain. Comme je n’étais pas invité á ce repas, je me suis dit qu’il y avait une justice et j’ai bien remercié la cuisinière, mais il me semble que cet épisode reste définitivement gravé dans sa mémoire et qu’elle m’en veut encore.

 

 

 



De vols en vols
21 novembre, 2015, 11 h 48 min
Classé dans : Non classé

 

 

Au début de mon séjour au Maghreb, je n’étais pas fan des voyages en avion; en effet lorsque j’étais plus jeune, comme mon petit frère, je souffrais du mal des transports, incapable de faire 20 km en voiture sans vomir. En bateau c’était pire, lors de ma première traversée de la Méditerranée j’étais l’un des premiers à quitter le restaurant et lors des voyages suivants, j’étais condamné au jeûne car, pour ne pas être malade, je restais allongé dans ma cabine durant tout le voyage, ne me relevant que lorsque le bateau était à quai dans le port d’Oran. Parfois un collègue compatissant m’apportait quand même un bout de pain et un bout de fromage. Lors des voyages de retour la présence de mon collègue africain, un peu sorcier, m’aidait à supporter le voyage quand la mer était calme en luttant contre le mal par le mal grâce à une forte consommation de boissons alcoolisées.

Aussi en avion, lors des premiers vols, je n’étais pas brillant, cramponné au sac à vomir; puis de voyage en voyage, je me suis fait une raison, je n’avais pas vraiment le choix avec ma famille en France. Pourtant prendre souvent l’avion expose à quelques petites mésaventures. Au départ d’Oran l’une des difficultés était de conserver sa place dans l’avion qui était toujours bondé; comme les responsables de l’enregistrement des bagages avaient toujours des copains sans réservation à faire embarquer, il fallait se dresser par dessus le comptoir et montrer son nom sur la liste lorsque le responsable de l’enregistrement vous annonçait innocemment que vous n’étiez pas sur la liste d’embarquement.

 

Compte tenu de la difficulté à obtenir un billet, je n’aurai pas apprécié de ne pas monter dans l’avion. En effet, chaque nouvelle année, dés le 2 janvier les algériens se précipitaient dans les agences pour acheter des billets en open et réserver un vol; avoir un billet pour la France dans la poche, c’était leur espace de liberté. Ainsi au bout de quelques jours tous les avions étaient complets pour l’année à venir et vers toutes les destinations, du moins virtuellement sur le papier. Pour les responsables des agences vendre ensuite des places était un casse tête car tous les vols étaient théoriquement complets alors qu’ils n’ignoraient pas que la plus part des passagers allaient annuler leur réservations quelques jours voir quelques heures avant le départ de l’avion pour ne pas perdre leur billet. Heureusement, bon client, je m’étais fait quelques relations au niveau des secrétaires de l’agence de mon quartier qui, me connaissant, savaient que j’allais effectivement prendre l’avion et j’obtenais facilement  une place.

 

Dans l’avion ensuite quelques moments intenses comme lors d’un vol de retour vers Oran ou le Stewart n’ayant pas envie de se déplacer a annoncé que la vente d’alcool en détaxe se ferait à l’avant de l’avion et qu’aussitôt les 3/4 des passagers se sont levés pour courir vers l’avant ce qui a déstabilisé l’avion et déclenché un début de panique. Une autre fois sur un vol Air France, une émeute à éclaté car le repas servi était par erreur à base de porc, ce jour là j’ai bien mangé, car j’ai eu beaucoup de rab. Autre activité, je passais une partie du voyage à recopier des passeports sur des fiches de débarquement pour mes voisins. Parfois c’était plus tendu comme lors d’un atterrissage de nuit raté sur l’aéroport d’Oran, « Mon jeune collègue est débutant, il a pris trop court », nous a dit au micro le commandant de bord, mais il va recommencer … et il a réussi ! Une autre fois toujours à Oran l’avion d’Air France s’était bien posé, mais il s’arrête soudain sur la voie de dégagement sans plus d’explications; au bout d’un quart d’heure, on voit le commandant de bord, rigolard, traverser l’avion et descendre sur la piste par l’escalier arrière.

 Petite digression : il faut savoir que dans ces vieux Boeings, il y avait un escalier dans la queue de l’avion sous le troisième réacteur qui se dépliait sur la piste et par où les passagers pouvaient accéder dans l’avion en faisant la queue, pardon la chaîne (il était incorrecte en Algérie de parler de queue pourtant fréquente dans les administrations de l’époque, allez savoir pourquoi ?), parfois il fallait faire la chaîne perpendiculairement à l’avion car de l’huile suintait du réacteur mais cela n’empêchait pas l’avion de décoller, Inch Allah … D’ailleurs quand parfois je me plaignais de la perte de temps lors de ces longues chaînes, le guichetier implacable répondait :  » Tu prendras toujours bien le temps de mourir », imparable … L’autre utilisation de cet escalier, c’était de servir de lieu de stockage au frais des sacs remplis de grosse crevettes roses que les passagers exportaient en France; toutes les marches en étaient remplies ne laissant qu’un étroit passage aux pieds des voyageurs pour descendre de l’avion; aussi á l’arrivée, je prenais mon temps attendant que tous les sacs soient évacués, mais il me restait encore l’odeur car cela ne sentait pas la rose mais plutôt … Je ne me précipitais pas pour sortir car, pour les européens, le contrôle de police lors du passage de la frontière à Orly était rapide mais beaucoup moins pour les algériens. Ce qui n’était pas le cas dans l’autre sens, à Es-Senia, où il fallait compter entre une et deux heures pour sortir de l’aéroport sauf lorsque mon collègue africain venait me récupérer; je passais en 5 min mais dans mon sac je lui rapportais un magnum de whisky, produit dont il était très friand et qui était rare et coûteux en Algérie.

 

Pour en revenir au commandant de bord, revenu dans l’avion il nous expliqua qu’une échelle obstruait le passage et que personne ne venant il était allé la déplacer étant le seul autorisé à quitter l’avion hors du tarmac.

Á l’époque encore il y avait souvent un gros embouteillage dans le ciel à Orly le soir, si bien que l’on tournait en rond pendant plusieurs dizaines de minutes avant de pouvoir atterrir et une fois je fus contraint par dame nature de me rendre au toilettes, à peine installé la lumière s’est éteinte remplacée par la veilleuse de secours et l’hôtesse en tambourinant sur la porte m’intima de sortir d’urgence; je pris quand même le temps de remettre mon falzard et je retournais à ma place, on nous informa qu’il y avait un problème électrique dans l’avion et que nous allions rester dans le noir jusqu’à l’atterrissage qui s’est bien déroulé puisque je suis encore présent.

 

Parfois mon voyage était un peu plus compliqué ainsi au moment de Noël, je rentrais en France le 24 décembre pour le traditionnel réveillon familial organisé par mes parents. Pour l’occasion ils mettaient les petits plats dans les grands, ancien charcutier traiteur mon père cuisinait merveilleusement et je ne voulais rater ce repas à aucun prix. Aussi je prenais le premier avion du matin pour Paris afin d’arriver à temps.

Un de ces 24 décembre j’étais dans la salle d’attente à l’aube, attendant l’avion d’Air Algérie lorsque l’on nous informa que suite à une grève des pilotes, (l’un d’entre eux étant décédé d’une crise cardiaque à l’atterrissage par surmenage, tous les autres avaient décidé de refuser de voler). il n’y aurait pas d’avion, la compagnie ayant annulé tous ses vols.

Á ma connaissance cette situation, une grève des pilotes en Algérie ne s’étaient encore jamais produite et portant ils avaient quelques raisons de se plaindre car leurs temps de vol étaient bien supérieur à celui des autres compagnies; en particulier, il y avait tous les soirs un équipage qui était réquisitionné pour jouer le rôle d’avion balai en faisant le tour des principaux aéroports du Sud afin de récupérer les passagers oubliés et les déposer dans les aéroports du nord durant la nuit.

 

Bloqué á Oran il ne me restait plus qu’à embarquer sur l’avion d’Air France de midi qui partait pour Marseille. Arrivé à Marignane, on me proposa un vol pour Lyon et je repartais aussitôt. De Lyon plus difficile de monter sur Paris, pas encore de TGV, l’unique solution fut d’embarquer sur une vieille Caravelle, avion français au fuselage étroit et aux grandes ailes (j’en avais construit une maquette quand j’étais adolescent, seul avion à réaction capable de planer sur plusieurs centaines de km en cas de panne des réacteurs, mais l’atterrissage restait un problème). Cet avion était très étroit, il fallait se plier en deux pour s’asseoir près du hublot ce qui était inconfortable mais l’important pour moi était d’arriver à Orly. Un coup de bus pour Montparnasse puis 2 h de train et je suis arrivé au Mans à temps pour emmener mon début de famille nombreuse à Alençon pour le réveillon et déguster l’excellent foie gras préparé par mon père.

J’en remportais d’ailleurs dans mes bagages pour le réveillon du nouvel an à suivre à Oran. Pour conserver ce précieux produit et le transporter sans chaîne du froid, mon père utilisait une technique ancienne qui consistait à placer le bloc de foie gras dans un moule sous une importante couche de saindoux. Méthode de conservation très efficace car lors d’un voyage, par malchance, ma valise fut égarée et se retrouva à Marrakech. Elle mis plusieurs jours á revenir à Oran mais le foie gras était intact et nous l’avons dégusté lors d’un post réveillon.

 



Voyage aventure à l’Est (du Maghreb)
13 novembre, 2015, 12 h 03 min
Classé dans : Non classé

 

Au début de mon séjour lors d’une période de congés  de fin de semestre, plutôt que de rentrer en France, nous sommes partis pour un grand périple au Maghreb; Est algérien puis Tunisie avec un autre couple dans leur  Renault 4L. La mienne était trop usée, elle n’avait plus de plancher et pour enclencher le démarreur il fallait patiner avec le pied à l’extérieur, ce qui n’était pas très pratique; je l’ai quand même revendu à un collègue russe qui l’a transformée en bombe roulante,  c’est-à-dire en véhicule GPL en fixant une bouteille de butane avec des tendeurs dans le coffre et en la branchant à l’aide d’un tuyau souple sur un gicleur adapté au gaz de fabrication soviétique. Je ne sais pas s’il a survécu.

Il fallait d’abord traverser l’Algérie d’Ouest en Est ce qui nous semblait, en suivant plus ou moins la côte, ne pas poser de problème particulier. Nous étions en février, la veille du départ, j’étais couché malade, pourtant en hiver à Oran le climat est doux et souvent ensoleillé. Remis de mon coup de froid à l’aide de whisky et d’aspirine (recette traditionnelle mais je n’avais ni rhum, ni calva), nous sommes partis tôt le lendemain matin, confiant, en chemise et en mocassin, notre uniforme de tous les jours, prévoyant d’aller d’une seule traite jusqu’à Bejaia (Bougie) en Kabylie. Jusqu’à Tizi Ouzou, nous n’avons pas rencontré de problème et puis en montagne (petite Kakylie), tout d’un coup, nous fûmes pris et surtout surpris par une tempête de neige; pour atteindre le village suivant, nous mîmes beaucoup de temps car une 404 « Pigeot » bâchée avec les femmes sous la bâche (respectant la tradition) nous précédait mais roulait très lentement sur la neige, il n’y avait qu’une voie de tracée sur la route de montagne, impossible de doubler. Arrivés au col, pensant que cela allait s’arranger en descendant vers Bougie donc vers la mer, nous avons décidé  de continuer en constatant pour notre malheur que la « Pigeot » nous voyant repartir se mis à nous suivre; cette fois pas de chance, car au bout de quelques Km nous avons rencontré  au détour d’un virage un congère (pas un congénère) qui bloquait la route ; avec seulement deux casseroles comme outil de déneigement nous avons vite compris que nous n’allions pas arriver à dégager un passage. Impossible de faire demi-tour, seule solution retourner au village en marche arrière, difficile d’expliquer cela au conducteur de la Peugeot qui ne voulait plus bouger stressé par la neige. Nous réussîmes à pousser sa voiture sur le côté et à retourner en marche arrière jusqu’au village.

 Avec mes mocassins dans 50 cm de neige, je n’étais pas très à l’aise et il nous fallait trouver un logement pour la nuit. Je me suis rendu dans une échoppe qui ressemblait à un café demandant s’il y avait un hôtel, « wallou » me répondit le cafetier. Je lui expliquais notre situation et il nous proposa comme solution d’aller voir le toubib français. Ce toubib habitait une grande maison au centre du village adossée à une colline, après avoir sonné à la porte un jeune couple nous ouvrit. Le toubib était un VSNA comme nous, aussi le couple nous accueillit chaleureusement par contre ne disposant pas de chambre ni de lit supplémentaire (le mobilier des VSNA était rudimentaire, dois-je vous le rappeler), ils nous proposèrent de dormir sur le tapis du salon. La nuit fut très longue car le froid du pavé remontait à travers le tapis et il n’y avait pas de chauffage dans la maison. Le lendemain matin au réveil vers 6 h, surprise, la colline derrière la maison était pleine de femmes et d’enfants qui attendaient l’ouverture du cabinet. Le jeune médecin nous expliqua que depuis son arrivée, c’était la même galère tous les matins une foule de femmes remplissaient sa salle d’attente jusqu’au soir; baptême du feu pour notre jeune collègue médecin, heureusement nos charges d’enseignement à l’université  étaient moins lourdes. Il faut savoir qu’en Algérie la médecine est gratuite et une visite chez le médecin était en fait une soupape de liberté pour les femmes, du moins à l’époque.

 Nous avons abandonné notre collègue médecin à son triste sort et je me disais qu’ayant failli faire des études de médecine, prof de biologie à l’université  était en fin de compte peut être un meilleur choix au moins en Algérie sauf que mon avenir en France était moins évident. Nous repartîmes vers Bougie, la neige avait presque complètement disparu (Algérie, pays de contrastes violents) et le soir nous avons dormi dans un hôtel en bord de mer dans des vrais lits. Le lendemain, nous sommes parti pour Souk Haras ou nous avons visité le cimetière français afin d’y retrouver des tombes de « Pieds Noirs » et d’en faire des photos pour leurs enfants installés en France. Nous sommes passés ensuite en Tunisie. Visite de Carthage, du souk de Tunis, de Sidi Bous Saïd et ses volets bleus,de  Kairouan et sa mosquée, de Jijel et de son amphithéâtre , Tozeur et son zoo dans lequel on a pu caresser des jeunes lions et se faire des colliers avec des serpents et offrir une bouteille de bière à un dromadaire qui l’a bu consciencieusement. En fait pas d’aventures particulières en Tunisie, nous avons joué les touristes avec une étape à Sfax et visite de sa médina traditionnelle sans savoir que j’y reviendrai de nombreuses fois au siècle suivant pour y enseigner. Puis ce fut le retour en Algérie par le Sud, passage de frontière près d’El Oued et traversée de l’Algérie jusqu’à Oran, à peine 1000 km,  la routine quoi !

 



Passage en douane
7 novembre, 2015, 17 h 13 min
Classé dans : Non classé

Dans la mesure ou ma famille résidait en France, j’effectuais beaucoup de voyages en avion (souvent un ou deux par mois) finançant ainsi Air France dont les vols sur les lignes du Maghreb étaient très rentables car les avions étaient toujours bondés et hors de prix (à l’époque le Paris – Oran en classe économique coûtait  aussi cher que le Paris New-York).  Rapidement je me suis mis à voyager en classe affaire pour plus de confort, mangeant du caviar avec du champagne à volonté; c’était la belle époque des voyages en avion avec Air France (lors d’un récent voyage vers l’Algérie sur la même compagnie, l’hôtesse a jeté sur ma tablette un morceau de pizza emballé dans de l’aluminium en guise de déjeuner et j’ai du le manger avec les mains … Mac Donald sort de cet avion).

 Je craignais pourtant un peu les voyages en avion jusqu’au jour où, manquant de champagne, l’hôtesse me proposa d’assister à l’atterrissage sur Orly dans la cabine de pilotage avec les pilotes. Assis entre le commandant et le copilote, en dehors du magnifique spectacle, j’ai été très rassuré par leur décontraction et leur compétence discutant avec eux et ne me faisant taire qu’aux dernières minutes avant l’atterrissage. Par contre le troisième personnage, le mécanicien coincé dans le fond faisait des tas de calculs et annonçait aux deux pilotes des valeurs qu’ils s’empressaient d’afficher sur leurs cadrans à molette sans plus d’explications.

Je vous passe le coté spectaculaire de l’arrivée sur Paris-Orly mais, à partir de cette expérience, je n’ai plus jamais eu peur en avion, tellement confiant que j’y terminais ma nuit sur les vols du matin qui m’obligeaient à me lever très tôt, mais qui me permettaient de donner mon cours l’après midi à l’université d’Oran.  Ces voyages fréquents se traduisaient aussi par de nombreux passage devant les douaniers, avec à chaque fois des petits trafics bénins. Ayant observé la façon de fouiller des douaniers, j’avais acheté un sac à roulettes suffisamment haut pour que le bras du douanier ne puisse atteindre le fond. Aussi tout ce que je voulais soustraire à leur vue était dans le fond du sac, le plus souvent des cassettes vidéo contenant des films (tout public, bien sûr) pour alimenter les soirées télé à Oran, des ordinateurs de l’époque comme le QL Sinclair dont le fond noir se confondait avec celui du sac et bien d’autres choses.

Je ne suis fait prendre qu’une seule fois en essayant de passer une mini chaîne stéréo; ayant trouvé un des baffles dans mon sac de cabine, cette fois ils m’ont fait vider entièrement mon grand sac et ont trouvé le reste. Après une leçon de morale que j’avais déjà subi plusieurs fois sur le fait qu’en tant qu’enseignant je devais donner l’exemple, ils m’ont temporairement confisqué l’appareil me donnant une convocation pour régler à la fois la taxe de 100 % et l’amende; cela m’a coûté très cher cette fois, mais divisé par le nombre de fois ou je ne me suis pas fait prendre, c’était acceptable. Pour faciliter ce passage en douane, j’utilisais parfois une technique dont j’ai un peu honte, et qui consistait à mettre sur le dessus du sac deux numéros d’un magazine pour homme moderne. Á l’ouverture du sac le douanier faisait une colère saisissant les deux objets du délit, déchirant devant ses collègues l’un d’entre eux en vociférant des reproches à mon encontre alors qu’il laissait tomber le second magazine et d’un petit coup de pied agile l’envoyait sous le meuble ou était posé mon sac afin de le récupérer plus tard; du coup il négligeait le reste de la fouille et me renvoyait tout contrit après m’avoir fortement réprimandé.

Juste pour l’anecdote mon faux cousin dont j’ai déjà parlé et que je venais chercher un jour à l’aéroport avait aussi dans ces bagages un de ces magazine et le douanier ouvrant la triple page centrale et  s’offusquant de la nudité de la jeune personne, mon cousin répondit : » elle n’est pas complètement nue, elle a encore ses chaussettes ». Retenu par la douane, je l’ai attendu plusieurs heures avant qu’il ne me raconte cette anecdote, comme quoi les douaniers même algériens  n’ont pas toujours le sens de l’humour.

Pour finir, lors de l’un de ces voyages j’ai été un peu inconscient; il manquait au niveau du laboratoire d’Oran un produit chimique, du nitrate de potassium, indispensable pour préparer les solutions nutritives nécessaires aux travaux de recherche de mes étudiants. Je décidais donc de résoudre ce problème en important moi même dans mon bagage à main 1 kg de ce produit que j’avais acheté,  fort cher d’ailleurs, chez un fournisseur de produits et matériel de laboratoire du quartier latin. J’ai ainsi transporté de la poudre blanche sans problème à la barbe des douaniers si je puis dire, mais le problème n’est pas là. Sachant que le nitrate de potassium est l’un des composants de base d’un explosif simple à fabriquer (la poudre noire), il n’était peut-être pas très judicieux de le transporter en avion mais je ne me suis pas fait prendre et c’était une autre époque. Un exploit qu’il serait difficile de renouveler maintenant.


MatLo |
BRYAN ET BEVERLY HILLS STAN... |
Vidéos chats drôles, humour... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | E.V.G Viale week end du 1er...
| Papierdumeur
| Entrezdanslalegende