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Encore des anecdotes
28 septembre, 2015, 0 h 57 min
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Chasse photographique

Dans les années 70/80 la photographie argentique était très à la mode chez les trentenaires dont nous faisions partie. L’Algérie était naturellement un terrain de choix pour les appareils reflex dont nous étions tous munis. Toutefois, il n’était pas toujours facile de pratiquer cet « art » sur le terrain. C’était d’autant plus difficile que nous avions, avec un copain, choisi un sujet difficile : photographier les très beau visages tatoués  des femmes berbères; pour cela nous avions mis au point un protocole de chasse photographique qui nécessitait l’usage de mon combi VW. Le principe était le suivant : nous rodions dans la campagne à proximité de campement nomades, les appareils photos prêts et posés sur le sol du véhicule entre les deux sièges; je m’arrêtais au bord de la route prêt à repartir, j’ouvrais ma vitre côté chauffeur et rapidement des enfants puis leur mère venait voir et quémander quelque argent et là il fallait être très rapide dés que la femme approchait de la fenêtre du bus mon collègue découvrait son reflex et prenait des photos alors que je démarrais sous une nuée de cailloux jetés par les autres femmes et les enfants; heureusement la peinture grise de mon vieux véhicule ne craignait rien. Nous avons ainsi fait de belles photos, malheureusement les tirages avec du papier et des produits de l’ ex-URSS n’ont pas résisté au temps comme le pays qui les produisait.

 Plus tard, mon collègue ayant quitté l’Algérie, j’ai changé de technique, m’étant procuré un objectif qui  me permettait de prendre des photos à angle droit donc de façon plus discrète, je faisais semblant de photographier des murs tout en prenant des autochtones. Une autre fois, par contre, j’avais amené de France une caméra super huit et voulant filmer un marché typique, j’ai été arrêté par des membres du  » Darak el watani » (la gendarmerie nationale algérienne) et après de longs palabres, ils m’ont libéré sans me confisquer l’objet du délit (le délit étant d’avoir filmé des femmes pourtant toutes voilées, ne montrant qu’une pupille), mais quel stress.

Comme les distractions étaient rares dans ce pays austère  qu’était l’Algérie de l’époque, j’en proposais à mes collègues. Comme les GO du Club Med, je faisais de l’événementiel avant l’heure en organisant ou en participant à l’organisation de concours photos justement, mais aussi  de tournois de tennis, de weekend à Oujda dans des palaces au Maroc ou en camping sur les plages de l’Oranais ou plus au Sud dans le Sahara, de parties de chasse sous-marine, de méchouis pas vraiment halal avec parfois du sanglier à la place du mouton, de soirées dansantes et de dîners gastronomiques préparés par un excellent cuisinier (moi-même), etc.

C’est nous les vedettes

Lors d’une sortie de terrain, c’est à dire une ballade de week-end dans le djebel du côté de Tlemcen avec trois autres couples dont un mixte et deux Combi  VW nous nous sommes installés pour la nuit après une journée un peu difficile où nous avions bénéficié à nos dépends de l’hospitalité algérienne. Accueilli dans une famille, par ailleurs très sympathique, pour prendre un café vers 10 h du matin nous n’en sommes ressortis que vers 18 h après avoir mangé un couscous auquel ils nous avaient invité vers 10 h 30, alors que le mouton était encore vivant; aussi nous sommes restés plusieurs heures assis sur des banquettes dans une petite cour engoncée subissant la visite de tout le voisinage auquel nous servions de distraction.

C’est repus mais impatients que nous sommes repartis chercher dans la montagne voisine un emplacement pour notre campement. Nous nous sommes installés dans un coin qui nous semblait isolé au bord d’un talweg assez abrupt dans un angle les deux camionnettes placées perpendiculairement  formant  un camp protégé avec les tentes au milieu comme au Far Ouest. Ainsi protégé (des indiens locaux) et confiant nous nous étions réfugiés pour passer la soirée à jouer aux cartes  dans les camions à cause du froid et pendant ce temps  des petits voleurs venus par le ravins se sont introduits dans les tentes et ont embarqués les sacs de couchage et les vêtements du couple mixte ce qui gâcha leur soirée, car les nuits sont très fraîches dans les djébels. Mais l’aventure n’était pas finie, le lendemain matin les dames voulurent se laver (quelle idée !) à une petite cascade qui coulait à quelques centaines de mètres. Elles commencèrent l’une après l’autre à se laver en soutif en toute décontraction, mais jetant par hasard un coup d’œil vers la colline proche de l’autre côté du ravin, je découvris stupéfait qu’elle était remplie de spectateurs mâles (le téléphone arabe avait fonctionné) qui ne perdaient rien du spectacle offert, contre leur grès mais gratuitement, par les « roumias ». Pour éviter tout problème nous avons fait semblant de ne rien voir et nous avons replié rapidement notre campement et nous sommes partis … sans faire la quête.

Camping dans un cimetière

Nous allions souvent à Oujda au Maroc faire quelques courses afin d’améliorer notre ordinaire : trouver de l’huile comestible, par exemple, car en Algérie la Safia, (l’huile) avait un goût horrible, inutilisable pour la mayonnaise entre autre. Elle était commercialisée en bidon de 200 l recouvert d’aluminium et distribué à l’aide d’une pompe à bras avec réservoir transparent en verre comme celle qui servait quand j’étais jeune à distribuer de la gazoline pour les mobylettes. Mais aussi des avocats et des bananes, de la boule rouge (fromage), des verres, des assiettes et des gobelets en fer recouvert d’email (vaisselle coloniale). Après ces courses, le soir arrivant il nous fallait trouver de nuit un endroit discret pour camper car nous ne possédions pas encore de camping-car. Après une longue recherche nous avions fini par trouver un terrain à peu près plat pour planter la tente éclairé par les phares de la Renault 4L. Nous dormîmes tant bien que mal car le sol était dur et des sortes de cailloux nous rentraient dans le dos. Au matin nous en avons compris la raison car en ouvrant la fermeture éclair de la tente, nous nous étions installés dans un cimetière d’où l’inconfort mais en contre partie nous n’avons pas été dérangés par les résidents pourtant très proches. Dans les pays du Maghreb les défunts sont enterrés en pleine terre sans presque creuser la tombe enveloppés dans un linceul et recouvert d’une petite couche de terre. Nous étions un vendredi (jour de prière pour les musulmans), les habitants du village voisin, venus visiter leurs morts, nous regardaient avec surprise mais sans animosité pendant que nous remballions rapidement mais un peu penaud  notre matériel.

 

 

 

 



Encore des anecdotes
18 septembre, 2015, 22 h 12 min
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Boucher magique
Dans la cité des amandiers, il y avait un boucher qui vendait à ses concitoyens des tronçons de poulet de quelques dizaines de grammes. Il les plaçait sur la balance recouverte d’un morceau de papier très épais dont le poids devait souvent dépasser celui de la viande, mais il n’y a pas de petits bénéfices, ce sont les lois du petit commerce et ce n’est pas moi, vu mes origines, qui vais cracher dans la soupe. Les maigres revenus des habitants de la cité ne leur permettant pas d’acheter un poulet entier, le petit morceau était cuit dans le bouillon du couscous, et suivant la tradition, le père le mangeait et les autres convives (la femme et les enfants) en avaient seulement le goût. Mais là n’est pas mon sujet; ce boucher était aussi magicien et sorcier à ses heures et nous fumes invités avec d’autres couples, en tant que bon client, à déguster un couscous, cette fois riche en viandes et en boulettes, mais un peu fade comme tous les couscous oranais, et à assister à une soirée magique au cours de laquelle, il essaya de nous hypnotiser sans succès. Par dépit, il hypnotisa sa femme, mais c’était moins impressionnant. Il finit son spectacle par son tour fétiche qui impressionnait beaucoup ses compatriotes et consistait à changer le lait en vin (aliment du péché). En fait il avait un deal avec l’usine où était reconstitué le lait (importé en poudre) et emballé dans des poches en plastique, une deuxième poche contenant du vin était inséré dans celle qui contenait le lait. Deux coups de ciseaux astucieux successifs permettait de changer l’eau (on nous avait déjà fait le coup il y a plus de 2000 ans) pardon le lait en vin.

 
Médecin malgré lui… Plutôt malgré moi
Parmi les collègues de l’Université, il y avait un couple de belges (que nous avions surnommé les schtikbelges) et dont la femme tomba malencontreusement enceinte. Elle avait choisi d’accoucher en Belgique et la veille du jour où elle devait prendre l’avion, elle accoucha prématurément dans la nuit à l’hôpital d’Oran. Le lendemain matin revêtu de nos blouses blanches, l’accès n’étant pas libre, nous nous fîmes passer pour des médecins (n’étions nous pas docteur après tout !) afin d’aller la féliciter, elle et son enfant. Passant très vite dans la salle d’accouchement de peur d’être réquisitionnés, où une quarantaine d’algériennes installées en demi-cercle étaient en train d’accoucher en cœur et en cris, nous nous rendîmes dans le service des prématurés. Les conditions d’hygiène et les soins laissant à désirer (le petit Belge était dans une couveuse avec un autre bébé qui n’avait pas survécu …) nous primes la décision de le sortir rapidement de l’hôpital et de l’installer dans une couveuse bricolée avec un grand panier en alfa, de l’aluminium et un chauffage électrique soufflant muni d’un thermostat. Ainsi survécu le bébé qui doit maintenant être très grand…. Ainsi je fus médecin malgré moi (pas malgré lui…) sans intervention vraiment médicale, mais craignant tout au long de mon séjour de me trouver réquisitionné par la police pour accoucher une femme arabe dans la rue comme cela est arrivé à plusieurs de mes collègues coopérants…

 



Anecdotes en vrac
13 septembre, 2015, 17 h 16 min
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Culottes grecques
Une de nos collègues était d’origine grecque aussi, de temps en temps, nous rencontrions chez elle des marins grecs qui venaient d’accoster à Oran. Ces marins étaient très sympathiques, mais ils arrondissaient leur fin de mois avec de petits trafics. Ainsi lorsqu’ils retroussaient leur manches, ils dévoilaient toutes une collection de montres fixées sur leurs bras qu’ils proposaient à la vente pour des prix très concurrentiels. Mais le plus original, c’était la vente de culottes. Il faut savoir que traditionnellement les femmes arabes ne portent pas de culottes. Nous nous en étions rendu compte auparavant car un collègue avait rapporté de France un lot de culottes à la demande de la mère d’un copain algérien pourtant marié à une française et celui-ci nous avait alors fait une grosse colère en précisant que sa mère comme toutes les femmes arabes ne portait jamais de culottes. En effet à l’inverse de chez nous, dans la nature, alors que les hommes urinent accroupis, les femmes font la même chose debout et le plus souvent en marchant grâce à l’absence de culotte.
Pour revenir aux grecs sentant qu’il y avait un marché, ils amenaient des centaines de culottes très fortement compressées dans un emballage plastique et lorsque l’on perçait le sac des centaines de petites culottes étaient projetées dans la pièce comme les cotillons d’une bombe de table lors du nouvel an ce qui était un spectacle à la fois riche et excitant.
Tisane de rue
Dans le maquis Algérien comme dans toutes les régions Méditerranéennes poussent des plantes aux capacités abortives comme la Rue (Ruta avortica). Dans les années soixante, dans les jardins botanique comme celui de Caen, les exemplaires de cette plante étaient entourés de barbelés afin d’empêcher les femmes d’en cueillir (la pilule contraceptive n’était pas encore commercialisée et encore moins la pilule du lendemain) nous avait expliqué le prof de botanique. J’ai redécouvert cette plante et son usage en Algérie. En effet elle était couramment vendue sur les marchés par des herboristes un peu sorcier. Lorsque je leur demandais à quoi servaient ces plantes, il me répondaient : « c’est pour les femmes » et ils avaient raison bien que ce soit un peu machiavélique. En effet, j’avais une hypothèse quant à l’utilisation de cette plante, nous rencontrions de temps en temps de jeunes françaises qui avaient épousés en France de jeunes algériens, beaux princes du désert bruns et ténébreux, et que nous fréquentions car elles étaient souvent employées comme enseignantes dans les d’établissements ou nous étions nous mêmes employés. Les belles mères acceptaient difficilement que leur fils ait été volé par une roumia aussi lorsqu’elle tombaient enceinte cela ne se passait pas toujours très bien et finissait souvent en fausse couche. Hors comme par hasard dés qu’elles étaient enceintes les belles mères leur préparaient des tisanes qui ne devaient pas être étrangères à leur difficultés à mener à bien leur grossesses. Cela reste une hypothèse mais je pense l’avoir vérifié au moins une fois, conseillant à la parturiente (après deux fausses couches) de refuser les tisanes de sa belle mère, elle mis au monde ensuite un beau bébé (c’est ce que l’on dit et pourtant c’est tout laid, du moins au début et je sais de quoi je parle). Si en Algérie j’ai échappé aux accouchements de rue, en France le gynécologue qui était joueur m’a obligé à participer à celui de mon dernier fils déguisé en chirurgien, car c’était par césarienne… Drôle de partie de plaisir.



L’appel du désert
5 septembre, 2015, 15 h 50 min
Classé dans : Non classé

 

Quelques mois après notre arrivée en Algérie, dés les premières courtes vacances dues à une fête musulmane, l’Aïd El Kébir, nous décidâmes à plusieurs couples de partir vers le sud, véritable expédition saharienne, un convoi avec plusieurs véhicules comme le rais Citroën de 1924 . Le voyage se déroula sans trop d’encombre encore que l’un des véhicules une antique 2 CV Citroën justement eu quelques difficultés à franchir les hauts plateaux. Nous arrivâmes au soir dans une première oasis, Bériane, sur la place principale de laquelle se déroulait une fête traditionnelle avec des danses folkloriques riches en couleurs. Cherchant dans la palmeraie un coin pour planter nos tentes, nous fûmes invités par de jeunes algériens à venir nous installer dans une maison de la palmeraie pour la nuit. Légendaire hospitalité algérienne, nous avons tout naturellement accepté cette proposition et nous nous sommes rendus dans la dite maison.

Nos hôtes souhaitaient que chaque couple occupe une des chambres, ce que nous refusâmes prétextant que nous préférions dormir tous ensemble afin de se tenir chaud pendant la nuit. En fait la raison était tout autre, nous n’étions pas très rassuré car le téléphone arabe ayant fonctionné un petit groupe d’autochtone s’était rassemblé autour de la maison et nous commencions à comprendre que nous étions pour eux une distraction (surtout nos femmes blanches) qui tombait à pic un soir de fêtes, la vie des jeunes dans ces contrées étant à l’époque, et surement encore maintenant, très austère. Epuisé par notre voyage, nous nous sommes rapidement couché sur des matelas mousse en nous organisant de façon à ce que les femmes soient derrière contre le mur et nous devant près de la porte. Cette organisation s’est rapidement révélée judicieuse car pendant la plus grande partie de la nuit nous dûmes repousser nos hôtes et leur compagnons à coup de pieds, qui en rampant essayaient d’atteindre l’objet de leurs fantasmes, les femmes blanches, nos épouses.

La nuit fut longue et peu régénérante et de très bon matin, car on se lève avec le soleil dans ces contrées très méridionales, nous nous aperçûmes qu’il y avait encore une dizaine d’individus dans le jardin de la palmeraie. Malgré tout l’un d’entre eux monta pied et mains nues en haut d’un palmier pour nous cueillir des dattes en guise de petit déjeuner. Les ayant bien remercié pour leur accueil très, voire trop, chaleureux nous sommes repartis vers le sud bien décidé à ne plus accepter d’invitations. Nos épouses avaient, elles, bien dormi et s’étonnaient de nos airs fatigués.

 La nuit suivante nous plantâmes nos tentes plus discrètement en bordure de la palmeraie dans l’oasis suivante pour être brutalement réveillé au matin par la fusillade  d’une fantasia qui se déroulait à quelques dizaines de mètres, mais cette fois notre présence laissa les habitants totalement indifférents. Cette première expérience de baptême du désert et de ses embuches n’était que les prémices de  beaucoup d’autres (en 12 ans j’ai eu le temps d’en vivre) que je vous raconterais peut-être plus tard. Car nous étions pour beaucoup venu en Algérie entre autre pour le Sahara et nous n’allions pas en rester là.

En Algérie, l’année universitaire était divisée en deux semestres séparés par plusieurs semaines de vacances. Aussi nous en profitions pour voyager. La première année j’ai profité de ces congés et de la venue de mes parents pour faire ce que l’on appelait alors la petite boucle qui consistait à partir dans le Sahara faire le tour  des oasis les  plus proches, à savoir pour ceux qui auraient un jour envie de voyager : Laghouat, Gardhaia (capitale du Mzab et habitée par les Mozabytes), El Oued (noyée dans les dunes), Biskra (capitale de la date Deglet-Nour) et enfin Bou-Saada (où nous avons découvert des ferronniers, fabricants des couteaux les Bou Saadi à partir de vieilles lime Peugeot ce qui garantissait la qualité de l’acier). Nous partîmes tous les quatre, mon épouse, mes parents et moi même dans ma vieille  4 L bleue  pour un voyage aventure de plusieurs milliers de km. La première difficulté fut de gérer  les bagages car nous devions emmener deux jerricans de 20 L d’essence pour éviter d’être bloqué dans une oasis non approvisionnée en carburant ce qui était fréquent à l’époque. Une fois tout casé, nous sommes partis pour Laghouat par un temps maussade, tellement maussade que nous avons traversé un champ de neige (phénomène assez rare au Sahara). Le voyage ayant pris plus de temps que prévu, nous sommes arrivés un peu tard dans l’oasis et nous découvrîmes que l’unique hôtel était complet, le prochain se situant à plus de 300 km. Il ne nous restait plus qu’à trouver un hébergement pour la nuit, un caravansérail qui louait des lits, plutôt des banquettes : un châssis, une mousse et une couverture par chambres de 8  sans eau et sans toilettes avec seulement un robinet dans la cour. Je louais les 8 lits pour la nuit.  Pour une première soirée dans un palace, c’était raté; dans ces conditions inconfortables surtout pour mes parents peu adepte du camping, nous avons passés une mauvaise nuit, aussi nous primes nos précautions pour la nuit suivante en allant au Sonatour (la chaîne d’hôtel d’état) réserver des chambres dans l’hôtel de la prochaine oasis : Gardhia, toutefois le réceptionniste nous conseilla d’arriver avant midi pour éviter tout problème. Il avait raison car arrivé dans les délais  à l’hôtel Sonatour de Gardhaia, il n’y avait aucune trace de notre réservation (le réceptionniste avait fait semblant de téléphoner … pour nous faire plaisir); heureusement les bus de touristes n’étant pas encore arrivé, il restait des chambres de libre. La suite du voyage s’est déroulé sans encombre à condition de démarrer de très bonne heure le matin  pour arriver avant midi dans les hôtels. Nous avions compris qu’ils ne prenaient  plus de clients après la mi-journée.

Dans ces palaces spectaculaires construits par un architecte français célèbre, Fernand Pouillon, qui avait du s’exiler car radié de l’ordre des architectes en France pour des problèmes de malversions financières il avait poursuivi sa carrière en Algérie ; malheureusement  les prestations en particulier la cuisine n’étaient pas à la hauteur de l’architecture et comme dans presque tous les restaurants algériens lorsque l’on avait échappé au plat principal comme la rate farcie (j’en ai pris une fois et je m’en suis rappelé pendant 3 jours), cela se gâtait au moment du dessert où traditionnellement  le serveur très stylé nous proposait avec sérieux : crème caramel, fruit de saison ou glace ? Et la réponse était toujours la même, il ne restait plus que le fruit de saison, l’incontournable orange, le fruit de toutes les saisons … Et je n’aime pas les oranges … J’ai ainsi été privé de dessert pendant 12 ans, du moins dans les restaurants. 

La fin du séjour de mes parents et surtout leur départ en avion fut plus difficile. En effet, je les ai emmené à l’aéroport d’Oran  tôt le matin pour un embarquement en fin de matinée; il y eu d’abord un petit problème avec la douane car mon père m’avait apporté un fusil harpon pour la chasse sous-marine que je pratiquais intensément et qui avait été  inscrit sur sa feuille de contrôle des changes afin qu’il soit réexporté. Conservant le fusil, j’avais conseillé à mon père de dire que le fusil avait été volé, mais comme je n’avais pas fait de déclaration au commissariat il a passé un très mauvais moment dans les locaux de la douane; mais le pire était à venir, pas d’avion à l’heure du départ et toujours pas d’avion six heures après. En baratinant les policiers, j’ai réussi à aller voir mes parents dans la salle d’embarquement afin de les réconforter en leur apportant des sandwichs. L’avion est enfin arrivé vers 18 h, les passagers ont embarqué et nous regardions le départ de la terrasse de l’aéroport (à cet époque on ne craignait pas encore les terroristes) et la nous avons  assistés impuissant à un début de catastrophe; en effet un camion citerne était en train de remplir les réservoirs, branché sous l’une des ailes de l’avion mais les réservoirs devaient être plein car de l’autre côté au niveau de l’autre aile, un trop plein déversait à gros bouillons le kérosène sur la piste qui en fut rapidement entièrement  recouverte; le pompiste devait être en train de prendre un café. Très inquiets nous fûmes les témoins de la suite des événements : des camions de pompiers sont arrivés, ils ont arrosé la piste de neige carbonique, puis ils ont lancé les réacteurs du Boeing et il a décollé sans que le kérosène ne s’enflamme, Inch Allah.


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