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12 ans dans le djebel, c’est risqué !
31 juillet, 2015, 10 h 14 min
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Il faut savoir qu’être coopérant en Afrique du Nord n’était déjà pas sans risque. Arrivés très nombreux dans les années 70, pour la plupart dans le cadre du service militaire, donc tous ayant moins de 30 ans, nous ne fûmes pas loin des 7 % de pertes autorisées pour les appelés (en fait une légende); en effet, malheureusement en coopération, la réalité est plus brutale, une bonne dizaine de collègues plus ou moins proches sont décédés pour diverses raisons : accidents de voiture (j’en ai subi deux, mais j’en suis sorti vivant), suicide, accidents de chasse sous-marine, etc. En ce qui concerne cette dernière activité, plusieurs cas ont mené l’ambassade á intervenir auprès du gouvernement algérien pour nous interdire la délivrance des permis. En ce qui me concerne j’en ai réchappé plusieurs fois, je dois être un peu chanceux et, suite à l’interdiction, je me suis recyclé dans la planche à voile dont j’étais co-propriétaire avec un collègue géologue (personne n’est parfait…). J’ai aussi échappé à diverses agressions :

- Chasse aux lentilles d’eau

Pour assurer l’enseignement pratique de physiologie végétale, nous avions besoin de lentilles d’eau (Un peu de culture générale et de botanique : Lemna minor une des espèces les plus ubiquistes sur la planète à conditions d’avoir de l’eau douce stagnante). La ville d’Oran étant accolée à une Sebkha (sorte de lacs salés dénommé ainsi en Afrique du Nord et dans lesquels je me suis beaucoup aventuré pour faire avancer la science) aussi la nappe phréatique est-elle salée comme, à l’époque, l’eau du robinet qui atteignait de temps en temps 5g/l idéal pour faire cuire les nouilles mais moins bonne pour le café.  J’avais donc découvert dans la banlieue une sorte d’étang d’eau douce jouxtant l’hôpital psychiatrique dont l’origine (renseignement pris) était une fuite dans une canalisation d’eau douce souterraine.  Naturellement la lentille d’eau colonisait ce milieu et donc j’allais en récolter deux fois par an quelques échantillons pour les travaux pratiques. Cette activité n’était pas sans danger … je m’explique lors de la première récolte avec mon collègue, nous approchant de la mare, je commençais à prélever mes échantillons lorsque qu’un bruit sec de tonnerre suivi d’un bruit de pluie dans l’eau de l’étang autour de nous me surprit d’autant plus qu’il faisait un soleil magnifique. Afin d’essayer de comprendre nous fîmes le tour de l’étang jusqu’à découvrir une sorte de gabion occupé par deux autochtones munis de fusil qui chassaient les quelques volatiles comestibles qui voulaient bien se poser sur la mare. Nous leur fîmes remarquer très poliment que lors de leur dernier coup de fusil nous nous trouvions sur la rive opposée et que ce n’était pas des façons de faire, candidement ils nous ont répondu que c’était du petit plomb pour la bécasse (comme Don Camillo) et qu’il n’y avait pas à s’en faire. Lors des récoltes suivantes, nous allions au préalable, malgré tout, négocier une trêve avec nos amis les chasseurs.

- Arrêté par l’armée et mis en joue par des militaires muni de kalachnikov

            Revenant innocemment du marché dans la voiture d’un collègue un dimanche matin, celui-ci du malencontreusement couper la route d’un véhicule de quelqu’un d’important qui nous prit aussitôt en chasse. Nous essayâmes en vain de le semer, mais il finit par nous rattraper nous faisant une queue-de-poisson juste devant la caserne de la deuxième région militaire. Ayant appelé les soldats équipés de Kalachnikov nous fûmes rapidement sommés de sortir du véhicule et de nous placer contre un mur les bras sur la tête. Après des tentatives multiples de négociations, je réussis à obtenir d’aller à pied chercher des documents prouvant notre statut de militaire français affecté à l’Université . Mon collègue qui conduisait la voiture et qui était donc responsable du différend restant otage aux mains des militaires. Il fut libéré avant que je ne réussisse à revenir avec les documents grâce à l’intervention d’un gradé qui enseignait aussi à l’Université en Fac de Droit et qui s’était porté garant de notre bonne fois.

- Braqué à l’aide d’un Luger.

 

Un soir, Nous étions invités  chez une voisine qui recevait un de ses collègues algériens qui leur avait proposé une chasse au sanglier nocturne. La table était mise et le collègue avait apporté du poulet rôti. La maîtresse de maison nous ayant proposé de passer à table nous nous sommes assis sauf le collègue algérien qui refusa de se mettre à table à notre grand étonnement, alors que c’est lui qui avait amené la nourriture. Cette situation ne me satisfaisant pas du tout, j’insistais pour qu’il prît place à table afin de partager le repas. Après de longues palabres, il finit par accepter de s’asseoir et nous comprîmes alors son refus car il sortit de son pantalon un pistolet allemand de type luger et il le posa à côté de son assiette. De nouveau peu satisfait de cette situation, je protestais en disant que traditionnellement  je n’avais pas l’habitude de manger avec un luger sur la table. Le ton monta très vite et il me planta son pistolet sur le ventre. Face à une telle situation, je menaçais de quitter le repas. La maîtresse de maison négocia avec mon agresseur la confiscation du pistolet qui, nous l’apprîmes ensuite était en fait destiné à la chasse au sanglier de nuit, mais à laquelle nous avons refusé de participer.

 

- Réquisition par la police

Un soir où je rentrais tranquillement du cinéma dans la cité des amandiers avec ma Renault 4L, je fus arrêté par des policiers en civil dont l’un avait un couteau planté dans le bras gauche.

- Réquisition du véhicule me dirent-il, alors que le blessé montait à l’arrière et l’autre à côté de moi.

- Emmenez nous à l’hôpital en vitesse me dit le premier; dans la mesure où ils étaient armés, j’obtempérais aussitôt sans discuter laissant sur place mon épouse et un couple d’amis. Très rapidement le policier trouvant que je n’avançais pas assez vite me demanda d’accélérer faisant le bruit de la sirène par la portière et m’obligeant à prendre des sens interdits malgré mes protestations en brandissant sa carte de policier par la fenêtre pour indiquer que nous étions un véhicule prioritaire. Après avoir évité plusieurs véhicules venant en sens inverse, nous arrivâmes enfin à l’hôpital où je déposais mes passagers en repartant très vite pour éviter d’être retenu comme témoin ou pire ….

 

- Agression à l’arme blanche

J’ai été deux fois agressé à l’arme blanche pas en Algérie mais dans le pays voisin, le Maroc, ou je me rendais souvent pour fuir l’austérité algérienne. La première fois, je résidais dans un hôtel à Fez avec des collègues lorsqu’un soir je fus pris à partie par un jeune Marocain (certainement aviné) que j’avais peut-être fixé avec insistance mais bien involontairement. Il s’est soudain levé sortant un cran d’arrêt de sa poche et s’est dirigé vers moi agressif en m’insultant en arabe heureusement le personnel de l’hôtel l’a intercepté avant qu’il ne m’atteigne et m’a conseillé de rentrer dans ma chambre pour éviter tout problème et j’en suis donc sorti sans dommages. La seconde fois, chevalier servant, j’avais proposé à trois collègues femmes célibataires, une bretonne prof d’anglais, une savoyarde prof de Bio et une black prof de Droit, de les emmener à Oujda (ville frontière). Arrivé à la douane algérienne, j’ai tout de suite senti de la part des douaniers et des policiers comme un malaise un homme seul avec 3 femmes dont une black, d’une part ce n’était pas dans les traditions locales et ensuite mes 3 collègues étaient très féministes donc un peu provocatrices, habituées à vivre seules dans un pays lui peu féministe. Dans les locaux du poste de douane, je ressentais comme une légère tension que mes trois collègues ne manquaient pas d’attiser par leurs remarques de femmes libérées. Je sentais que tout cela allait être pour ma pomme et lorsque le douanier m’a demandé si je n’avais rien à déclarer, j’ai répondu non avec conviction, ce qui était la vérité. Il faut savoir que les douaniers recherchaient plus particulièrement des devises ou des dinars, ces derniers qui théoriquement n’avaient pas de valeur en dehors du pays pouvaient quand même se monnayer contre des pesetas à Melilla (enclave espagnol au Maroc). Je fus donc choisi pour la fouille à corps dans les chiottes á la Turc (difficile d’appeler cela des toilettes) du poste de douane avec un douanier algérien. Ce n’était pas tellement le risque de cette fouille qui m’angoissait mais plutôt l’état des lieux où elle allait se dérouler… difficile de poser ces petites affaires sans les souiller dans ce lieu d’aisance qui avait du être nettoyé pour la dernière fois avant l’indépendance (j’exagère un peu mais pas tellement). J’en suis sorti malgré tout frais comme un gardon (si je puis dire) sous les ovations de mes 3 accompagnatrices. L’aventure ne s’est pas arrêtée là, me promenant ensuite dans la médina à quelques distances de mes 3 compagnes, je fus tout à coup bousculé et poussé dans une embrasure de porte par des délinquants malveillants dont l’un, armé d’un couteau, me demanda mon argent (la bourse ou la vie !)… dans le feu de l’action, sans réfléchir, j’ai crié en appelant mes 3 collègues femmes, ce qui a aussitôt fait fuir mes agresseurs. Devais-je mon salut à mon cri ou à mes 3 accompagnatrices ? Je ne puis répondre à cette question mais dans la mesure où elles ne s’étaient aperçues de rien…

 

- Assassinat de mon voisin

J’avais un voisin de palier de nationalité belge (nul n’est parfait) et je le fréquentais peu car il avait une vie à lui, un peu dissolue et il en mourut, assassiné dans  son appartement du mois c’était l’hypothèse qui lui servit d’oraison funèbre. Je pensais avoir la visite des policiers, mais personne n’est venu; c’est aussi bien car je n’avais été témoin de rien. Dans l’immeuble, d’autres collègues ont été agressés dans leur appartement mais moi jamais. Ce que je craignais le plus c’était une intrusion de mes voisins algériens ou une occupation sauvage durant l’été dans la mesure où ils étaient une bonne dizaine à vivre dans leur trois pièces alors que j’étais seul dans le mien. Mais il n’y a jamais eu de problème.   

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La saga des garçons de labo
24 juillet, 2015, 18 h 42 min
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En Algérie, comme dans d’autres pays, le mariage d’une fille est un problème angoissant pour le géniteur d’autant plus qu’il cherche à obtenir une dote conséquente pour sa fille. Ainsi je fus confronté involontairement et innocemment à ce problème. Un garçon de labo me demanda ainsi en fin d‘année universitaire de lui ramener de France, pour sa fille, le matériel suivant : un shampoing colorant blond, un lot de rasoir bic et une bouteille d’eau de Cologne ….. Je m’acquittais de cette tâche et je lui apportais à la rentrée de septembre le kit complet. Indiscret, je lui demandais à quel usage il destinait  ce matériel, les rasoirs Bic entre autres m’inquiétaient. Lui demandant des explications, il me confia que c’était pour le mariage de sa fille très brune comme la plupart des Algériennes. Grâce à mon kit « mariage »,   il pouvait ainsi la transformer pour quelque temps en blonde pulpeuse à l’aide du shampoing colorant, les rasoirs servant à lui raser le pubis et l’eau de Cologne à la parfumer. À partir de là, sur le marché des filles à marier elle prenait de la valeur marchande (la dote). L’année suivante, ayant une seconde fille à marier, il renouvela sa demande de Kit, mais ne voulant pas être une nouvelle fois le complice d’une telle tromperie sur la marchandise, je refusais. Malheureusement pour le futur époux, un de mes collègues, en ignorant l’usage, lui apporta le nécessaire à marier des blondes et ainsi de suite jusqu’à épuisement de son stock (de filles à marier).

 

Á  un autre garçon de labo plus jeune, j’ai rapporté à sa demande mais bien innocemment  un catalogue de la redoute pour m’apercevoir ensuite qu’il vendait une à une les pages des sous-vêtements féminins aux étudiants mâles; la fois suivante il me demanda de lui ramener des boîtes de pilules contraceptives; ce que je fis volontiers en me disant que cette démarche contraceptive était constructive mais pas vraiment. Intrigué par un défilé incessant de jeunes Algériennes dans son bureau (les garçons de labos disposaient d’un bureau mais pas les enseignants …) je lui en demandais la raison pour découvrir qu’il vendait les pilules á l’unité (il avait inventé la pilule du lendemain mais les résultats ne devaient pas être satisfaisants). J’ai ainsi involontairement participé à l’augmentation de la natalité chez les étudiantes algériennes, mais je n’en suis pas très fier. Refusant de renouveler son stock, il s’adressa aux collègues russes qui lui fournirent des pilules mais qui eurent moins de succès, les pauvres filles faisant plus confiance aux produits français et pourtant. Cette situation s’améliora pour les filles car un de mes collègues, lors d’une réforme, mis en place un cours de sexologie qui eut un gros succès; mais après son départ, pour algérianisation de l’enseignement, ce cours fut supprimé car aucun des jeunes prof algériens n’eut le courage de le dispenser. Pour en finir avec ce garçon de labo, montant en puissance et ayant volé quelques tampons administratifs, il se mît à vendre de faux diplômes, mais il se fit prendre et finit sa carrière en prison. Mais précédemment il nous avait invité à son mariage mon collègue africain et moi et nous avons regretté cantonné sur le troisième niveau de balcon d’une cour intérieure, le premier étant pour les hommes et le second pour les femmes, la cérémonie se déroulant en bas dans la cour, ils nous ont ensuite obligé à venir danser à l’oriental les bras levés au-dessus de la tête entre hommes auquel s’est ajouté le sacrifice de la mariée dans une chambre voisine contre la porte de laquelle tambourinait une dizaine de jeunes mâles excité. C’est loin de nos traditions aussi pendant les dix années suivantes, j’ai toujours refusé les invitations aux mariages.

Ainsi, le plus âgé des garçons de labo était aussi Taleb et je l’emmenais souvent à la mosquée d’Es-Sénia pour la prière du vendredi (à l’époque le vendredi n’était pas férié et la semaine démarrait le lundi comme en Europe). En effet il jouait un rôle essentiel dans mon activité à l’université, c’est lui qui avait la clef des WC réservés au personnel et qui en maîtrisait l’accès. Rôle essentiel dans cette région ou les intestins étaient très souvent sollicités car en contact avec des aliments pas toujours exempts de contaminants. Mes relations étaient donc excellentes jusqu’au jour où il m’informa de son second mariage avec une  très jeune demoiselle (la démon de la cinquantaine bien passée et que pour l’occasion, il m’invitait à assister au rituel, voire au sacrifice compte tenu de la différence d’âge entre les futurs époux que j’évaluais à la louche à 40 ans (ce qui ne veux pas dire que la jeune mariée louchait, car il était impossible de le savoir dans la mesure où on ne lui voyait qu’un seul œil).  Cette invitation n’était pas gratuite, en retour, il avait besoin de mon combi VW pour transporter les moutons du méchoui consécutif à la cérémonie. Ne tenant pas à être complice du sacrifice (le premier, c’est-à-dire le mariage forcé pas celui des moutons), je refusais l’invitation, mais je souscrivais malgré tout au second en lui transportant ses moutons. Lors du transport, je m’étais étonné de la tolérance de la religion musulmane vis-à-vis d’un tel mariage et il m’avait répondu qu’en signe de repentance, il n’avait plus droit qu’aux ablutions sèches au sable (Tayammum) pendant quelque temps (double peine pour la jeune mariée …).

Le dernier garçon de labo fut encore plus inventif. Nous avions au laboratoire dans de grandes armoires en bois, une importante collection d’échantillons de plantes conservées dans l’alcool dont la plupart dataient de l’époque coloniale. Suite à l’arrivée de ce nouveau laborantin, nous avons rapidement constaté que les échantillons avaient tendance à se détériorer. Nous en avons compris assez vite la raison en en ouvrant quelques-uns ; l’alcool avait été bu par le garçon de labo et remplacé par de l’eau. Il fut licencié pas tellement pour la perte de la collection mais surtout pour sa conduite licencieuse.

L’un des garçons de labo était aussi garçon de café, en effet c’était lui qui avait la charge de fournir du café à tout le personnel et à toute heure de la journée ; en fait c’était sa seule activité, mais combien essentielle pour mes collègues algériens et nous en profitions aussi. Il préparait du café turc dénommé aussi en Algérie café goudron avec le marc qui tapissait le fond de la tasse. Le problème, c’est qu’il jetait le contenu des tasses dans l’évier. Après quelques années de ce traitement, les canalisations finirent par se boucher puis par éclater un été et lors d’une rentrée de septembre, les salles de travaux pratiques du rez-de-chaussée furent impraticables car inondées par plus de 50 cm d’eau. Le temps de la remise en état nous valu quelques semaines de vacances supplémentaires.  

 

 

 

 



Une femme de ménage peu commune
16 juillet, 2015, 17 h 31 min
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Je partageais avec d’autres coopérants une femme de ménage très exotique dénommée Kheira, mais je devrais plutôt dire « dame de compagnie »; elle pourvoyait à l’entretien de plusieurs appartements de la résidence Perret où nous étions logés par l’université.  Sa façon de faire le ménage était très personnelle : elle lavait dans un même élan et avec la même eau mes chemises et le sol de la pièce de séjour  (écologiste avant l’heure) et peut-être la vaisselle, mais en cachette. Elle rêvait de me servir le petit-déjeuner au lit (reste de son enfance coloniale chez ses anciens patrons) ce que je refusais vivement d’autant plus qu’à cette époque je ne prenais pas de petit-déjeuner, juste un café, et que je dormais nu.

Un jour, elle me demanda de lui rapporter de France des préservatifs, ce que je fis lors de l’un de mes nombreux voyages, mais compte tenu de son âge avancé et de l’absence d’homme dans sa vie, je m’étonnais quelque peu de cette demande et indiscrètement je lui demandais : pour quoi faire ? Ne voulant pas être complice d’une éventuelle vie dissolue. Elle m’expliqua alors qu’étant d’origine marocaine et possédant encore de la famille dans ce pays voisin, lorsqu’elle leur rendait visite, ne disposant pas de devises, elle devait emporter des billets de 100 dinars algériens qu’elle changeait ensuite au noir une fois au Maroc. L’exportation de cette monnaie intérieure étant prohibée et fortement sanctionnée, les préservatifs étaient indispensables au passage de la frontière; pour cela elle faisait un rouleau des billets qu’elle plaçait dans le préservatif, puis elle introduisait ensuite l’ensemble dans un espace intime (que ma pudeur m’empêche de citer) difficilement accessible par les agents des douanes, en quelques sortes à la barbe des douaniers si j’ose dire …

Une autre fois, son père étant décédé, elle devait déplacer le corps dans une ville voisine, lieu de l’enterrement, n’ayant pas les moyens de payer les frais de transport des pompes funèbres, elle me proposa d’utiliser mon combi VW pour faire ce transport funèbre : on aurait couché le cadavre de son père dans le lit pour que cela passe inaperçu ; aventurier mais malgré tout conscient des risques, je ne cédais pas à sa requête.

 Elle était pourtant très serviable lorsqu’elle trouvait quelque intérêt à ses interventions; ainsi me devant à mes ancêtres, je charcutais quelque peu le soir souvent très tard des sangliers que me fournissaient discrètement des collègues chasseurs avec qui je trafiquais un peu. L’animal m’était livré tard le soir  à domicile en général dans un sac à pomme de terre, et souvent dans l’ascenseur des voisins musulmans s’étonnaient de ces gros sacs de patates (denrée très rare à cette époque sur les marchés d’Oran) … Je confirmais la présence de pomme de terre sans jamais leur montrer le contenu ce qui m’aurait valu sûrement quelques ennuis, le cochon même sauvage n’est pas l’animal favori des musulmans. 

Arrivant entier et encore chaud dans mon appartement, il fallait  vider l’animal plein de tiques puis le dépecer et le découper; toutes ces activités sanglantes se déroulaient dans ma salle de bain et plus précisément dans ma baignoire; depuis je ne critique plus les Algériens qui élèvent puis sacrifient  leur mouton dans les baignoires des Sablons (quartier du Mans), bien au contraire, je les comprends.

Pour cette activité tardive, j’allais souvent réveiller discrètement (son épouse bien que charmante appréciait moyennement mes intrusions dans son sommeil) un collègue et ami, fils de paysan et physiologiste animalier qui comme moi savait tuer le cochon (une formation que nous n’avons malheureusement pas transmise à nos enfants…). Une fois le travail terminé et les morceaux soigneusement découpés, emballés dans des sacs plastiques puis congelés, nous allions nous coucher vers 3 h du matin satisfait du devoir accompli en laissant la salle de bain dans l’état. De bon matin, Kheira, la femme de ménage passait tout nettoyer à condition que je lui garde la queue de l’animal qu’elle devait troquer ensuite à des marabouts pour en faire des amulettes. L’affaire devait être intéressante puisqu’elle s’acquittait de cette tâche sans rechigner et qu’elle ne m’a jamais dénoncé.

Ensuite il ne nous restait plus qu’à transporter les morceaux dans des valises afin de les placer dans les congélateurs de nos nombreux collègues…. La traversée de Paris  … non, d’Oran mais je ne vous raconterai pas, vous avez déjà du voir le film au moins 10 fois à la télé.



Nouvel appartement
11 juillet, 2015, 16 h 31 min
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Après trois années de séjour á la cité des amandiers, j’étais l’un des derniers français à y résider les autres VSNA étaient presque tous rentrés en France leur période militaire étant terminée, sauf quelques uns qui comme moi souhaitaient intégrer l’Université mais qui contractuels en Algérie n’avaient pas d’emploi en France. Aussi j’ai fait une demande et j’ai obtenu un nouvel appartement au centre ville dans la résidence Perret, une tour de plus de 20 étages, construite dans les années 60 par Auguste Perret, architecte célèbre surtout pour avoir reconstruit Le Havre après la guerre 39/45 mais qui avait fait du bon travail à Oran puisque sa tour était antisismique, construite autour d’un énorme pilier central et qu’elle a résisté aux fréquents petits séismes qui se produisent dans la région.

 

Cet appartement était auparavant occupé par un couple d’universitaires égyptiens j’aurais du m’inquiéter dans la mesure ou j’avais déjà vécu trois ans avec des voisins égyptiens. Nous avions des problèmes de voisinage á différents niveaux, le principal c’était leurs ordures qu’ils jetaient par la fenêtre de leur cuisine et qui tombaient  sur le linge qui séchait aux fenêtres (leur spécialité était la chemise blanche  au marc de café qu’une collègue en colère leur montrait de temps en temps pour les sensibiliser mais sans résultats); quand on essayait de leur poser le problème leur argument était : « on jette loin… », alors que l’on essayait de leur expliquer que la solution était de descendre les ordures dans la poubelle commune comme les autres locataires. L’autre problème apparaissait lorsque l’un d’entre eux achetait une voiture; en effet ils n’avaient pas de permis de conduire, mais ils avaient trouvé une astuce qui consistait à déclarer la perte de leur permis à la wilaya qui leur délivrait une attestation provisoire ensuite ils apprenaient à conduire dans le parking et il fallait aussitot enlever nos véhicules, car c’était assez proche du stock-car.

 

Autre particularité de cette cité, dans les vides sanitaires sous les immeubles, s’étaient installés des bergers qui y fabriquaient des fromages de chèvre pas très sains. Un collègue belge qui s’y approvisionnait finit par se retrouver avec une fièvre de Malte qui fut difficile à identifier et à soigner. Pour continuer sur les maladies, l’eau du robinet était salée (5 g par litre) donc idéale pour faire cuire les nouilles, mais imbuvable aussi certains d’entre nous allaient chercher de l’eau douce dans un village voisin Misserghin, célèbre car c’est là que le frère Clément a créé la clémentine par croisement à la fin du 19ème siècle, mais c’est une autre histoire. En effet, dans ce village, au niveau d’une fontaine dédiée à la vierge coulait de l’eau douce, mais pas vraiment miraculeuse puisque la plupart des collègues qui en consommèrent se sont retrouvés avec une hépatite virale. En ce qui nous concerne, moi Normand et mon collègue Breton, nous ne buvions jamais d’eau et nous avons échappé à la maladie. De là à penser que toutes les maladies sont dans l’eau, il n’y a qu’un pas, théorie que j’ai développée  au cours de mon long séjour au Maghreb en ne buvant, en dehors du vin et de la bière, que des boissons gazeuses dont l’absence de trouble garantissait la stérilité ( je n’avais pas fait des études de microbiologie pour rien).

 

Mais pour en revenir à l’appartement de la résidence Perret, à l’ouverture des portes, j’ai senti qu’il n’avait pas été vraiment réceptionné par les services compétent, en effet il y avait un tapis de 50 cm d’épaisseur d’ordures ménagères qui recouvrait tout le sol de la cuisine et qu’il fallu dégager à la fourche. Autre surprise, dans les toilettes il y avait, entassé jusqu’au plafond, 3 ans de serviettes hygiéniques, enfin la deuxième chambre sentait le moisi car elle servait de sèche linge mais les fils de l’étendoir étaient des cathéters  usagés (l’égyptienne était médecin hématologue) que je me suis empressé de jeter. Je me suis quand même installé dans l’appartement après avoir tout nettoyé et javellisé (toujours la microbiologie), embauchant pour l’occasion une femme de ménage très exotique que j’ai employé comme dame de compagnie les 9 années suivantes.

 

Une dernière anecdote concerne mes voisins égyptiens du précédent appartement : ce voisin était un bon musulman, il avait deux épouses et nous lui avions fait bêtement cadeau d’un sommier métallique deux places dont nous n’avions plus l’usage. Dans l’appartement 3 pièces qu’il habitait au dessus de nous, chacune des deux femmes en occupait une, mais comme il n’avait qu’un seul lit (celui que nous lui avions malencontreusement donné) il le déplaçait d’une chambre à l’autre afin d’honorer l’une puis l’autre. Comme cette activité se déroulait vers 20 h nous ne manquions pas d’inviter quelques collègues à l’apéritif pour être des témoins sinon oculaires du moins auditifs de ces ébats amplifiés par les grincements du sommier. Aussi nous le surnommâmes « tire-deux-coups ». Malheureusement il mourut quelque temps après d’une crise cardiaque due très certainement à une consommation excessive de fèves fraîches à moins que ce soit de surmenage… La veillée funèbre qui dura deux semaines fut aussi un moment difficile car mon appartement était pris en sandwich entre celui du dessus occupé par les pleureuses et celui du second étage occupé par les hommes qui faisaient de la musique et auxquels je suis malgré tout à allé présenter mes condoléances.

 

Dans l’immeuble abritant mon nouvel appartement il y avait deux problèmes l’eau et les ascenseurs. L’eau tout d’abord était distribuée par gravité  à partir d’un réservoir situé sur le toit de la tour et pour monter l’eau jusque là il fallait une grosse pompe qui tombait souvent en panne et que des coopérants de diverses nationalités s’évertuaient à réparer. Mais lorsque l’eau revenait, c’était les grandes eaux de Versailles car il y avait toujours un ou deux qui locataires avaient oublié de refermer leurs robinets et très rapidement l’eau dévalait les escaliers sur plus ou moins de 20 étages. Nous n’avions plus qu’à écoper. Pour les ascenseurs, c’était plus dangereux habitant au deuxième étage je montais heureusement à pied mais lorsque j’étais invité dans les étages il fallait bien les utiliser. Lorsqu’ils marchaient, ils ne s’arrêtaient pas toujours au bon étage et parfois entre deux paliers et il fallait alors sortir en rampant. Souvent pour  lancer la cabine qui n’était pas munie de porte, ceux qui étaient près de l’ouverture devaient patiner avec leurs mains sur le mur pour amorcer la montée. Pour arrêter au bon étage une technique consistait à glisser sa main entre le mur et la cabine puis attraper au passage la targette qui arrêtait la cabine. Tout cela était très dangereux, pourtant je n’ai pas souvenir d’accident grave ou alors je n’en ai pas été informé



Saison 2 – L’Algérie – Installation à Oran
6 juillet, 2015, 11 h 33 min
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L’objection de conscience  présentait un risque car, à l’époque, elle interdisait l’accès à la fonction publique (du moins c’était le bruit qui rodait);  ayant comme projet professionnel d’intégrer un jour l’Université, je choisis la seconde option le service national actif l’important pour moi étant de ne pas côtoyer de militaire (depuis je suis revenu sur cette intransigeance, il n’y a que  les …). Mon épouse étant hispanisante et moi travaillant sur le maïs plante d’origine mexicaine), nous espérions partir, suite à notre demande, au Mexique mais le Ministère des Affaires Etrangères nous envoya en Algérie, pays qui à l’époque était très demandeur d’enseignants. C’est ainsi qu’après avoir traversé la France dans ma vieille Renault 4, nous avons embarqué début septembre 1974 sur « l’Avenir » un bateau de la SNCM au nom prémonitoire. Pour une croisière, si l’on peut dire, car le premier soir à cause de la tempête à la sortie du golfe du Lion alors que l’on nous servait un gueuleton, je fus pris de nausées et sorti dans les premiers (enfin premier quelque part !) du restaurant pour aller vomir par-dessus le bastingage. Je passais le reste du voyage allongé dans ma cabine en fond de cale près des machines (nous n’étions pas des VIP).

 Le lendemain nous arrivâmes en vue d’Alger la blanche (du moins c’est ce qui était marqué dans les livres) qui ne nous paru pas aussi blanche que cela. Les services de l’ambassade de France nous avaient organisé un stage de formation á Zéralda (un centre de vacances de la Sonatour comme les clubs Med, avec le soleil mais sans les nanas) ou plutôt de préparation aux problèmes que nous n’allions pas manquer de rencontrer. Ce séjour au bord de la mer aux frais du ministère avait été très agréable, nous étions une bonne centaine, prêt à servir un jeune pays en construction dont une trentaine affectés à l’université d’Oran Es-Senia mais malheureusement nous n’avions pas eu le temps de faire connaissance. Il faut dire que ma copine d’études et de bureau à Caen  était déjà en poste à Alger et je l’avais fait venir avec son mari pour profiter clandestinement de ce séjour et de ce fait j’ai peu fréquenté mes futurs collègues. Le dernier jour après nous avoir donné quelques Dinars et présenté le colonel qui allait nous prendre en charge et dont nous allions dépendre durant notre période militaire, les responsables de l’ambassade prirent congés en nous demandant de rejoindre nos affectations respectives, sans autre forme de procès, autrement dit démerdez vous, pardon débrouillez vous, on s’en lave les mains.

Plus de 400 Km pour rejoindre Oran, cela nous fit arriver en soirée sans point d’accueil. Il fallait trouver une solution, je me garais dans la rue d’Arzew et décidais d’arrêter le premier véhicule de coopérant (facile à identifier par leurs plaques d’immatriculation marquée CT). La première fut la bonne, j’expliquais notre situation au jeune couple qui proposa aussitôt de nous héberger ayant vécu la même galère l’année précédente. Il restait à trouver un garage pour la voiture car elle était pleine à raz-bord du matériel indispensable à notre installation et en particulier d’un réfrigérateur introuvable dans le pays que j’avais apporté sur les conseils judicieux d’un ami déjà en poste à Constantine; j’avais enchaîné et cadenassé tout mon matériel, mais si j’avais laissé la voiture dans la rue, je n’aurais rien retrouvé le lendemain. Nous avons obtenu une place dans un garage contre pas mal l’argent, mais le lendemain ma voiture était intact. Ce n’était pas le cas de collègues qui n’avaient pas pris autant de précaution; surtout un couple bobo qui était venu avec une Diane en plastique et qui a dû repartir en France  pour racheter toutes leurs affaires.

Le lendemain, nous nous retrouvèrent tous dans les  bureaux du rectorat pour signer notre prise de fonction et surtout  obtenir notre logement. En effet à l’époque tous les logements appartenaient à l’état algérien  aussi l’attribution d’un logement d’état était incontournable. Malheureusement nous apprîmes que les logements qui nous étaient destinés n’étaient pas terminés et que nous allions temporairement être logés dans une cité étudiante en construction, c’est-à-dire sans eau et sans électricité. Nous nous sommes installés comme les autres dans une chambre d’étudiant avec un camping-gaz posé sur le frigo et les cantines comme table de chevet. Il n’y avait qu’un point d’eau sur le chantier et, pour l’électricité l’armée avait apporté un groupe électrogène qu’il fallait alimenter le soir si l’on voulait de la lumière. Nous étions à deux jours de la rentrée, il ne me restait plus qu’à préparer mon premier cours d’amphi (leçon inaugurale en quelque sorte…). Face à tous ces problèmes, nous avons très vite renoué avec les traditions de  Mai 68 avec nombreuses AG, interventions au consulat, manifestation sous les fenêtres du recteur (le Docteur Lazreg, ancien médecin militaire du président Boumedienne) qui nous sorti lors d’une harangue du haut de son balcon : « vous les aurez vos piaules « . Nous sommes quand même restés plus d’un mois dans cette cité étudiante.

Ensuite nous avons obtenu un appartement « neuf »  dans la cité des amandiers (très joli nom pour une des cités les plus populaires d’Oran), construite en bordure de la ville par la France au début des années 1960 pour loger à l’époque les populations maghrébines autochtones … Donc du logement social à la française mais construit trop tard et jamais terminé pour cause d’indépendance de l’Algérie avec dans sa conception une vision très orientée de la « sous » population locale, puisque les cuisines étaient des cuisines balcon, ouvertes sur l’extérieur, car pour les responsables de l’urbanisme de l’époque ces gens la, faisaient leur cuisine sur des Kanouns et il fallait que la fumée puisse s’échapper ; de plus les WC (à la turque) étaient combinés avec la douche (il suffisait de mettre la clayette et de ne pas se tromper de chaîne).

Bref dans ces luxueux appartements,  après négociation nous avions quand même obtenu que la cuisine soit fermée et qu’il y ait une vraie salle de bain avec une baignoire-sabot et que les wc avec siège soit séparés. Malheureusement l’eau ne montait quasiment jamais jusqu’à notre étage, alors que nous avions installé un chauffe-eau à gaz de ville modifié butane grâce à un collègue bricoleur (il était ingénieur Art et Métiers, et il nous avait redimensionné les gicleurs pour le butane). Ce qui failli être fatal à des collègues algériens qui nous voyant avec de l’eau chaude ont voulu faire de même mais sans changer les gicleurs et se sont retrouvés à l’hôpital. Pour éviter d’autres accidents nous avons ramené des lots de gicleurs de France et les avons distribués aux voisins les plus proches (nous ne pouvions sauver toute la population algérienne).

Dans ces appartements non meublés, une fois les gravas enlevés et le sol repeint par nos soins, nous nous mimes en quête de mobilier, découvrant rapidement qu’il y avait à Oran une pénurie de tables comme de chaises (Ikea n’était pas encore installé), mais aussi de bois. La seule solution, c’était les marchands des puces de “Petit lac” qui revendaient ce qui restait encore des meubles abandonnés par les pieds-noirs, il y a une dizaine d’année, mais aux prix des antiquités. Malheureusement ma maigre solde (à l’époque j’étais militaire) ne nous permettait pas d’acheter ces meubles et nous avons seulement  acheté une petite table basse à thé, achat précieux  que nous utilisons toujours car je l’ai ramenée sur la galerie de ma voiture, 12 ans après, lors de mon retour définitif en France. Aussi nous nous sommes rendus à la  Sonacob, (société pour la commercialisation du Bois ou plutôt de l’aggloméré), le vrai bois étant très rare, l’armée française ayant détruit la plupart des forêts au napalm quelques années au par auparavant. Á  l’époque, dans l’Algérie socialiste,  copie du système soviétique centralisé, tout passait par la planification et les Sociétés Nationales : « Sonatour » pour le tourisme, « Sonelgaz » pour le gaz et l’électricité, « Sonatrach » pour le pétrole et l’essence, « Sonarem » pour les mines, « Sonacom » pour les véhicules à moteur, « SNTA » pour le tabac et les allumettes, « SNTF » (société nationale pour le transport ferroviaire) pour les trains, la SNED pour les livres et enfin le plus important pour nous « ONCV»  (office nationale de commercialisation du vin) pour le vin et la bière, et j’en oublie sûrement.

Il ne nous restait plus qu’à fabriquer des meubles. Nous fûmes trois couples à nous lancer dans cette activité le couple d’en dessous dont les parents étaient menuisier entrepris d’aménager une cuisine et de construire un canapé. Le célibataire du second étage aménageant  une salle de bain en lambris style sauna finlandais pour accueillir sa future épouse  et moi fils de charcutier je dus acquérir de nouvelles compétences pour fabriquer une table, des bancs et des étagères de cuisine de part et d’autre de la fenêtre avec une tablette pour déjeuner face au magnifique paysage (en Algérie les paysages sont toujours grandioses … de loin).

Nous avons aussi fabriqué des armoires avec des caisses à thé chinoises puis nous avons dû  importer clandestinement du Maroc, réchaud à gaz, verres, assiettes et couverts ; seules des banquettes avec matelas mousse étaient fabriquées localement et commercialisées, associées à une table basse à thé c’était le mobilier de base de tous les appartements. Autre problème, ces appartements n’étaient pas raccordés au réseau électrique, heureusement un des voisins possédait un voltmètre. Il  trouva très vite une arrivée de courant et brancha tous les appartements des Français mais aussi ceux des Égyptiens et des Belges (nous n’étions pas racistes) et une fois les colonnes alimentées, il fut facile mais pas très réglementaire de faire des fusibles avec des morceaux de papier d’aluminium pour alimenter les différentes pièces.

C’était parti pour douze années, mais je ne le savais pas encore et au bout de trois ans, j’ai obtenu un appartement en centre ville dans la résidence Perret, une tour de plus de 20 étages, mais par chance j’étais au deuxième. Je vous en parlerai plus tard.

 


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