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A l’université d’Oran
19 août, 2017, 11 h 18 min
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Mais revenons à l’université d’Oran, j’avais vite compris que pour pouvoir développer une activité de recherche scientifique propre et donc de disposer d’un laboratoire et d’un peu de matériel, il fallait que je mette en place un enseignement pratique à destination et pour le plus grand bien des étudiants. C’est la démarche que j’ai initiée durant ma première année d’enseignement et que j’ai pratiquée ensuite les années suivantes avec mon collègue africain. Dès mon arrivée, je me suis acharné à installer une salle de culture indispensable quand on fait de l’expérimentation sur le végétal avec un châssis en cornières équipé de tubes fluorescent, une horloge pour reproduire l’alternance jour/nuit et un climatiseur. L’air étant trop sec j’avais du ramener de France un humidificateur (quelle abnégation).

 Nous pouvions ainsi contrôler les conditions de culture, il ne restait plus qu’à choisir des modèles de plantes à étudier. Pour les travaux des étudiants en formation dans le cadre de la préparation d’un DES (diplôme d’études supérieures), les responsables algériens nous avaient imposé de travailler sur les luzernes. Mon collègue africain cultivait du mil et de mon côté, j’y faisais pousser une petite plante discrète qui colonisait de temps en temps les rives des lacs salés ou sebkhas en y formant la ceinture de végétation la plus interne dans les zones très riches en sels. Cette recherche très fondamentale sur l’écophysiologie d’halopeplis amplexicaulis correspondait à mon inscription en thèse d’état à l’université de Caen.

C’était un travail d’une quinzaine d’années et avant que je n’arrive au bout, ce diplôme a été supprimé et remplacé par l’habilitation à diriger des recherches que j’ai soutenu beaucoup plus tard, mais en utilisant quand même les résultats obtenus en Algérie et en partie publiés. Ce fut l’occasion de faire un article de synthèse en français (mon dernier dans cette langue) sur ces travaux, article qui est souvent consulté et cité par des jeunes collègues maghrébins qui s’intéressent aux halophytes des sebkhas. Comme quoi ce travail de recherche très fondamental n’a pas été complètement inutile, ce que les évaluateurs d’aujourd’hui ont pourtant tendance à penser. Depuis la création de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), en France seuls les travaux de recherches à court terme et menant à des applications rapides sont reconnus, et surtout financés.

J’ai quand même formés à la recherche une demi-douzaine d’étudiants tous les ans dont la plupart ont intégrés les universités de leurs pays et nous y ont remplacés. Le temps a passé ils sont maintenant proches de la retraite après avoir fait de belles carrières comme chercheurs ou dans l’administration universitaire algérienne (plusieurs sont devenus recteurs). Ils restent très reconnaissants des efforts que nous avons faits pour eux et je vais en revoir avec plaisir prochainement quelques uns lors d’un prochain déplacement à Oran.  J’ai répondu positivement à l’invitation de l’un d’entre eux afin d’y présenter dans un colloque mes travaux sur le monde des algues.

Vous allez me dire, un vieux prof ça raconte toujours les mêmes histoires et vous n’avez pas tord car j’ai fait le même type d’intervention à Oran à la fin des années 80, mais rassurez vous après plus de 25 ans de recherche sur les algues, j’ai fait de nombreuses mises à jour.

 



Les étudiants bonheur ou galère ?
11 août, 2017, 19 h 24 min
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Avec en moyenne 2 à 300 étudiants par an et plus de 25 ans d’activités d’enseignement au Mans et précédemment 12 ans en Algérie mais avec de plus petites promotions de l’ordre d’une trentaine par an au début puis d’une cinquantaine ensuite, j’ai dû côtoyer plus de 10 000 étudiants ou étudiantes. Ça laisse des traces !  L’enseignement en amphi était facile en Algérie (on entendait les mouches voler) dans la mesure où les étudiants qui avaient la chance d’accéder à l’université étaient très motivés et d’un autre côté très démunis, car en dehors des cours que nous leurs dispensions, il n’avaient à leur disposition aucune autre source de documentation. Internet n’était pas encore inventé et l’informatique individuelle inexistante; l’unique bibliothèque était très pauvre et le plus souvent il n’y avait qu’un seul exemplaire de l’ouvrage dont ils avaient besoin.

 Par contre, à l’époque, pour leur transmettre le savoir, nous ne disposions que d’amphithéâtre et de grands tableaux noirs. On devait donc tout illustrer à la craie, c’était mauvais pour mes poumons, mais comme j’avais subi ce type d’enseignement quelques années au par avant je me suis facilement adapté. C’était le cours magistral dans toute sa splendeur, mais fruit de mon expérience passée, j’évitais de pratiquer ce que j’avais subi comme étudiant de la part de certains de mes professeurs, la nécessité de prendre des notes avec une main et les schémas de l’autre car ils faisaient le commentaire de leurs schémas tout en les dessinant au tableau (pas très pédagogique). C’était très difficile à suivre à moins de s’associer avec un copain l’un prenant le texte et l’autre les images. Ce qui obligeait ensuite à reprendre le soir chaque séance  pour reconstituer le cours en regroupant texte et illustrations. Nous étions donc obligé de travailler deux fois plus, mais après tout, c’était peut-être bénéfique.

 Pour revenir à l’enseignement en Algérie, du côté prof, après quelques années nous avons pu bénéficier mes collègues et moi d’une machine fabriquant des stencils électroniques, ce qui nous a permis de fournir aux étudiants, sur des documents polycopiés, les illustrations de nos cours et de respirer moins de craie.

Plus tard, au Mans, j’ai pu disposer de rétroprojecteurs et de photocopieuses, le rêve et, en fin de carrière, de vidéo projecteurs facilitant, mais peut être un peu trop la transmission du savoir l’étudiant devenant spectateur; il n’a presque plus besoin de prendre de notes car il sait qu’il va retrouver sur un site dédié ce que l’enseignant vient de lui diffuser sur l’écran. Si ces cours conférences très illustrés sont très agréables à suivre pour les étudiants et à préparer pour les enseignants; j’ai peur que pour la plupart ils ne leurs rentrent que par une oreille et un oeil et ressortent par les autres sans vraiment laisser de traces dans leur cerveau. Lors des examens, ils semblent avoir pour la plupart, du mal à restituer sur leur copie d’examen les connaissances mal acquises à partir de supports audiovisuels. Je reste persuadé, que pour bien préparer ses examens, rien ne vaut un support écrit de la main de l’étudiant qui correspond à une appropriation du cours dispensé par le professeur. 



la lutte pour la bouffe continue
5 août, 2017, 11 h 57 min
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Au grand dam du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Sociales) la presse régionale avait rapporté notre intervention protestataire au RU (Restaurant Universitaire). Elle avait été très contestée par certains collègues qui trouvaient la bouffe du RU très acceptable, mais n’y mangeaient jamais. Il faut savoir que l’université et son président n’ont aucun pouvoir sur cet organisme indépendant. D’ailleurs la possibilité d’un restaurant spécifiquement destiné au personnel a fait longtemps l’objet de négociations entre les deux organismes.

Puis il y eut une prise de conscience de cette situation catastrophique par les responsables du CROUS avec l’ouverture de plusieurs restaurants : cuisine traditionnelle, cuisine du monde, snack hamburger pizza, et après des travaux d’agrandissement l’ouverture d’une nouvelle salle du personnel concédée par le CROUS avec une très nette amélioration de la qualité des plats servis.

Enfin depuis quelques mois au RU pour un petit supplément des plats cuisinés plus fins dits gastronomiques sont proposés et j’en profite souvent. Par contre mon statut de retraité s’est traduit par une augmentation du prix du repas et l’on m’applique le tarif passager le plus élevé alors que je suis un bon client présent presque tous les jours et depuis plus de 30 ans. Ma fidélité n’est pas récompensée, C’est pas juste comme dirait Titeuf !

Toutefois pour diversifier mon alimentation, je sors manger en ville une fois par semaine avec des copains chimistes (nul n’est parfait), le plus souvent au Globe ou le serveur nous connaît bien, mais aussi de temps en temps à la Villa (le meilleur rapport qualité/prix, mais bruyant en hiver) où à popotes et papouilles, papilles pardon où la cuisine est excellente !



Le RU du Mans
29 juillet, 2017, 1 h 05 min
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De retour en France, par contre, j’ai repris cette habitude et, même en retraite depuis plus de 3 ans, je mange presque tous les midis au RU avec ma collègue de bureau et de temps en temps des chimistes. La nouvelle génération, surtout les filles, préfère apporter sa gamelle et manger dans une salle qui a été aménagée pour cela mais qui peut aussi servir de salle de réunion et surtout de salle café, espace indispensable dans toute administration qui se respecte.

Mais n’anticipons pas, le RU du Mans était célèbre dans les années 80 car il était signalé dans le guide du routard comme accessible sans carte d’étudiant, par contre il était aussi classé parmi les plus mauvais de France. Il y avait malgré tout une salle réservée au personnel ou le plat principal était servi à table donc très traditionnelle, mais pas de meilleure qualité que celui fourni aux étudiants. Un jour le steak étant tellement infect (il semblait cuit à la vapeur !) que l’un des convives alla l’écraser sur le bureau du directeur. Malgré cette protestation vigoureuse sur la mauvaise qualité des mets servis, l’évolution a été assez lente.

Dans un premier temps, pour soi disant améliorer la qualité du plat principal, la direction a supprimé un plat. La qualité n’étant toujours pas au rendez vous, le conseil d’administration de l’université auquel j’appartenais à l’époque et son président, un chimiste bon enfant, décidèrent d’intervenir en se déplaçant un midi pour manger avec les étudiants.

Sur les 40 membres qui avaient voté à l’unanimité pour cette intervention musclée une douzaine seulement sont venus (un grand  classique !). Ce jour là nous avons surtout découvert que les assiettes des étudiants étaient plus petites que celles du personnel comme quoi il n’y a pas de petits bénéfices. Nous avions quand même convoqué la presse pour marquer le coup et ce jour là avec mes collègues nous avons eu notre photo dans le journal. 



Se nourrir en Algérie
22 juillet, 2017, 17 h 24 min
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Puis j’ai quitté mon pays, j’ai quitté ma maison (comme Enrico Macias, mais dans l’autre sens !) expatrié en Algérie dans le cadre du service national actif pour lequel j’étais volontaire afin d’échapper à la caserne et au maniement des armes (ayant milité toute ma jeunesse pour la non violence);  Je suivait les préceptes de Lanza Del Vasto (notre gourou à l’époque) : « être non violent c’est dire à la violence non ».

Affecté dans une université, celle d’Oran, ma situation n’était pas dramatique et mon idée était de renouer avec le restaurant universitaire, mais cette fois c’était difficile, d’une part il n’y avait rien de prévu pour le personnel enseignant et les conditions matérielles, surtout l’hygiène étaient plus que limite, aussi je n’y ai jamais mangé. La seule fois où j’y ai séjourné, c’était réquisitionné pour surveiller un examen arabophone, épreuve qui s’était très mal fini car les tables étaient tellement grasses que l’encre des copies s’y dissolvaient, le texte restant sur la table et non sur la copie, c’est vous dire ! 

De ce fait pendant les douze années de mon séjour à l’université d’Oran je n’ai jamais pu manger au RU et cela m’a manqué. Ma technique libération-tranche de pâté-frites n’était pas possible en pays musulman; si je trouvais de temps en temps le journal, il aurait fallu remplacer le reste par du couscous et c’est moins facile à manger avec les doigts (encore que traditionnellement le couscous se mange avec les doigts) et la sauce aurait rendu difficile la lecture du journal.

J’achetais quand même de temps en temps du casher, une sorte de saucisson d’âne farci avec des  olives et coloré en rouge que j’étais le seul à consommer au grand désespoir de mon épouse et de mes collègues. Mais on ne se refait pas, il me fallait du saucisson à tout prix et celui à base de cochon était hors de prix (les deux premières années, je ne subsistais qu’avec ma solde de militaire ! Après, cela s’est arrangé). Heureusement, j’étais très souvent invité par mes collègues que je ne remercierais jamais assez et que je régalais quand même une fois par semaine en m’appliquant à faire de la gastronomie avec les moyens du bord.

Nous trouvions quand même assez facilement des gambas et de l’espadon et de temps en temps de la langouste, ce qui permettait d’améliorer l’ordinaire. La principale viande commercialisée était le mouton d’excellente qualité car il s’était nourri naturellement des maigres plantes  qui poussaient dans les steppes arides, ce qui donnait à la viande une saveur bien particulière proche des moutons de prés salés du Mont Saint Michel; rien à voir avec la viande insipide importée d’Australie ou de Nouvelle Zélande.  Nous consommions aussi du rôti de filet de poulain, seule viande que nous pouvions consommer saignante sans risque sanitaire.  grâce à ce régime frugale et à beaucoup d’activités sportives, je suis resté svelte et j’ai fini en beauté, presque mince, pesant moins de 80 kg mais il y avait un truc, j’hébergeais sans le savoir un ver solitaire… 



Les restaurants universitaires
15 juillet, 2017, 18 h 48 min
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Depuis l’âge de 10 ans, j’ai toujours mangé le midi à l’extérieur de chez moi, d’abord collégien à la cantine de l’établissement privé confessionnel à Alençon ou j’étais demi pensionnaire, mais privé une fois par semaine de rillettes par le chef de table parce que mon père les fournissait en échange de ma scolarité, il considérait que j’en mangeais assez chez moi;  puis au lycée à Saint Joseph de Caen où j’étais interne et dans lequel le repas du lundi soir : une sardine et demie et une grosse patate à cochons farineuse de 500 g était plus que frugale; La encore, c’était les parents de fils de paysans qui fournissaient la patate, la sardine toute écrasée provenant certainement d’une grosse boîte de conserve. L’argument de l’intendant était que nous revenions de week-end bien nourri par nos parents et qu’une petite diète ne nous faisait pas de mal ! Prévoyant nous ramenions discrètement quelques compléments alimentaires et en ce qui me concerne c’était du pont-l’évêque.

 A l’université ensuite, pendant mes huit années d’études, j’ai toujours été un adepte du restaurant universitaire, j’y petit-déjeunais le matin avant d’aller en cours. Le midi dans le restaurant des étudiants, le C, il y avait une queue monstrueuse pour y accéder il fallait se battre pour manger et parfois se battre en mangeant à coup de tartine de pains qui volaient par centaines dans la très grande salle du restaurant. Plus tard en 3éme cycle, j’ai été affecté dans un restaurant plus calme, le A, celui du personnel, mais pour y accéder il fallait suivre un long couloir grillagé très glauque. Ensuite il y avait deux salles dont l’une était réservée au personnel enseignant de rang magistral, les professeurs d’université, à l’époque on avait encore le sens de la hiérarchie et l’autre au personnel de base dont je faisait parti, on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes ! 

De temps en temps, avec mes copains, pour se revigorer les papilles nous allions manger (harengs pomme à l’huile, steak frites et crème caramel) dans des petits restaurants fréquentés par les ouvriers de la SAVIEM, très bon marchés qui étaient situés près de la gare de Caen, mais qui ont malheureusement disparus, comme les ouvriers d’ailleurs.

Ensuite je me suis installé en couple dans un appartement 2 pièces bon marché (ex hôtel de passe transformé en appartements) et je fréquentais moins souvent le RU. Lorsque j’étais seul, j’avais inventé le repas Libé qui consistait à acheter mon journal favori, Libération, une tranche de pâté de foie et une barquette de frites chez le charcutier d’à côté et une bouteille de bordeaux à 2,50 (pas des euros, des francs) chez le caviste, (je n’en prenais qu’un verre, je n’ai jamais aimé l’eau, source de pleins de maladies dans beaucoup de pays, c’est bien connu!), au diable la diététique ! L’avantage pas de vaisselle, la lecture de mon journal terminé en même temps que mon frugale repas, je jetais le tout à la poubelle et c’était réglé. 



Retraité, je rayonne encore !
8 juillet, 2017, 11 h 46 min
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J’ai continué à participer à des publications en langue anglaise dans des revues dites à comité de lecture afin de maintenir mon niveau dans les évaluations de plus en plus nombreuses des activités des chercheurs sur le WEB. Mais j’ai maintenant quasiment épuisé mes derniers résultats, il ne reste plus qu’à faire des « review », c’est à dire utiliser les travaux des autres pour me faire mousser. Ce n’est pas tellement mon truc.

 L’un des derniers articles de ce type que j’ai publié était une revue dans  « Diatom Research » en langue anglaise sur ma carrière scientifique et cela n’a pas été un gros succès de librairie; par contre dans la mesure où je parlais de moi, j’ai cité plus de 40 fois mes travaux ce qui a fait monter d’un point mon indice de citation sur le net et mon rayonnement comme quoi ces systèmes d’évaluations sont faciles à biaiser (pour pas dire autre chose !).

Récemment pour garder le contact  avec la science des algues, je suis venu assister contre finances au congrès international de l’ISAP organisé à Nantes par la société d’algologie appliquée, mais je n’y ai rien présenté et pourtant l’inscription était coûteuse; non financé par mon laboratoire j’ai dû puiser dans ma cassette mais il m’ont quand même fait un prix. Entièrement en anglais, j’ai fait un effort. Je pensais que c’était l’occasion de côtoyer une dernière fois mes collègues algologues venus du monde entier pour assister à ces conférences et y présenter leurs derniers travaux. J’ai été un peu déçu car d’une part, ils racontent toujours plus ou moins la même chose qu’il y a 20 ans (mais moi aussi dans mes conférences, mais j’en fait rarement) et en plus ils ont vieilli, comme moi; ils ont des cheveux blancs ou plus du tout de cheveux (chez les hommes il y a avant et après les cheveux comme dit Michèle Bernier dans un de ses sketchs). Du coup il y en a plusieurs que n’ai pas reconnu, et lycée de Versailles pardon vice versa (j’ai trop lu de San Antonio).

Comme mon premier article dans the conversation avait intéressé les lecteurs, j’ai récemment renouvelé l’expérience en soumettant cette fois avec une collègue un texte sur les spirulines intitulé :  » La spiruline,  source de protéines non conventionnelle, sera-t-elle l’aliment miracle du 21ème siècle ? « 

Il a été accepté par l’éditrice et sera publié la semaine prochaine. Je vais peut être rayonner à nouveau, le rayonnement étant maintenant l’un des critères d’évaluation des chercheurs lorsqu’il demandent une promotion. Retraité je ne demande plus rien, donc rayonner c’est pour le fun!



Article dans The conversation
1 juillet, 2017, 18 h 08 min
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Les micro-algues pourront-elles sauver la planète ?


Article dans The conversation

Culture en photobioréacteurs. Gérard Tremblin, CC BY

Discrètes, parce que microscopiques par rapport aux algues que l’on observe facilement à l’œil nu sur les côtes rocheuses, les micro-algues peuvent former ce que l’on appelle des efflorescences – ou « bloom », en langue anglaise. De quoi s’agit-il ? Le phénomène concerne plus particulièrement les espèces vivant en milieu aquatique. Lorsque l’une d’elles trouve dans son milieu naturel des conditions très favorables, elle se multiplie de façon exponentielle, jusqu’à éliminer les autres. On le perçoit aisément en observant la surface de l’étendue d’eau, qu’il s’agisse de l’océan, de la mer ou d’un lac : elle change de couleur, passant du bleu au jaune orangé ou au rouge, selon l’espèce en question.

De ces observations est née l’idée de reproduire le phénomène en milieu confiné, tout en le contrôlant. Dans un premier temps, on a ainsi cherché à produire des micro-algues « fourrages », qui servent à nourrir des mollusques – plus précisément, leurs juvéniles, autrement dit les jeunes. Telle est notamment la démarche adoptée dans des écloseries de la côte Atlantique française, où l’on cultive des espèces naturellement présentes dans le milieu naturel. Mais dans des régions plus ensoleillées et plus chaudes, et parfois depuis de nombreuses années, on produit (en bassins ou en photobioréacteurs) des espèces d’intérêt économique pour le secteur agroalimentaire ou médical. Entre autres, parce que ces espèces fabriquent des pigments aux propriétés antioxydantes.

La demande récente en acides gras oméga-3, acides gras polyinsaturés dont on vante depuis quelques années les mérites pour la santé, pourrait encourager ces cultures. Ces oméga-3 sont en effet pour l’essentiel tirés de poissons gras vivant en eau froide et aujourd’hui menacés de sur-pêche. Or, on sait depuis longtemps que certaines micro-algues sont capables d’en synthétiser. Il suffit donc d’en maîtriser la culture pour qu’elles deviennent une source renouvelable d’omégas-3. C’est chose faite dans les Pays de la Loire, où une diatomée – Odontella aurita – est cultivée en bassins ouverts et commercialisée depuis plusieurs années comme complément alimentaire riche en Omégas-3 et en silice. Mais l’intérêt des micro-algues n’est pas qu’alimentaire…

Culture de microalgues. Cliché fourni par l’auteur

En remplaçant les énergies fossiles habituelles (pétrole, charbon) par des micro-algues cultivées de manière intensive, on pourrait en effet disposer d’une nouvelle source d’énergie renouvelable. Et dans un avenir proche, l’huile que l’on peut extraire de ces végétaux particuliers serait ainsi à même de résoudre les problèmes d’approvisionnement en carburant au niveau mondial. Soulignons qu’à l’origine, le moteur inventé par Rudolf Diesel fonctionnait avec de l’huile végétale : ce sont les pétroliers qui ont imposé le gazole dérivé du pétrole. Or sur des véhicules à moteur diesel un peu anciens, on peut facilement utiliser toutes sortes d’huiles en guise de carburant. Alors pourquoi pas une huile tirée des micro-algues ?

Aux États-Unis, il y a quelques années, un collègue responsable comme je l’ai été d’un laboratoire de recherche sur les micro-algues faisait fonctionner son véhicule avec l’huile produite par ses étudiants. Mais en France, c’est… interdit ! Bien que propriétaire d’un véhicule du même type, je ne me suis pas risqué à tenter l’expérience…

Ajoutons pour conclure que 30 à 40 % du dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère est depuis toujours naturellement fixé par l’énorme biomasse que constitue le phytoplanctonmarin, c’est-à-dire les microalgues marines. Ce n’est somme toute pas très étonnant. Comme tous les végétaux, les algues utilisent le dioxyde de carbone lors de la photosynthèse pour fabriquer leur propre matière (et accessoirement libérer de l’oxygène). Qui plus est, les océans représentent 70 % de la surface du globe. Enfin, le phytoplancton y est généralement présent sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur depuis la surface. Quoiqu’il en soit, les microalgues participent ainsi depuis les millénaires à limiter l’effet de serre sur notre planète.

Sources de nutriments bénéfiques à notre santé, puits de dioxyde de carbone et sources d’oxygène, sources potentielles d’énergie renouvelable qui pourrait être utile tant aux moyens de transport terrestres (biocarburant) qu’aériens (biokérosène), ces végétaux particuliers ne sont pas encore suffisamment cultivés de façon intensive. C’est du moins mon opinion. Car si ces cultures s’accéléraient, elles permettraient sinon de sauver la planète, du moins d’éviter qu’elle ne se détériore davantage. Pour le bien-être de nos enfants, de nos petits enfants et des générations futures…



Une journée d’un professeur émérite
1 juillet, 2017, 11 h 07 min
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Je continue à me rendre au labo tous les matins mais avec un rythme moins soutenu, n’arrivant qu’à l’heure du café gracieusement préparé par mes collègues (les femmes pas les hommes) puis le midi, repas au RU avec le plus souvent ma collègue de bureau et quelques chimistes conviviaux (il faut de tout pour faire un monde, pardon une Faculté des Sciences) puis un passage à la cafétéria où je retrouve souvent mon collègue acousticien ce qui nous permet de refaire le monde tous les midis et il y a du boulot !

L’après-midi une petite coupure vers 16 h pour aller prendre un chocolat avec les techniciennes qui ont fini leur journée parfois accompagné d’une jeune maître de conférences, ex championne de tennis amateur. Je reste ensuite au bureau jusque vers 18 h vacant tout au long de la journée à des activités d’écriture. A mon âge, je ne fais plus la Science, je la raconte…

Vous allez me dire que ce sont des petites journées mais malgré cela j’ai quand même co-publié un second ouvrage scientifique et réédité le premier à la demande de ma maison d’édition EDP Sciences. Je poursuis cette activité d’écrivain en préparant actuellement,  toujours avec mon collègue et ancien étudiant algérien, un nouvel abrégé portant cette fois sur la biologie végétale. Je reconnais que je ne manipule plus de microalgues, je laisse cela aux plus jeunes adeptes de la biologie moléculaire, techniques que je n’ai jamais maitrisées et au niveau desquelles je suis totalement incompétent. 

Au cours de ces années d’éméritat je suis quand même allé présenter quelques reliquats de mes travaux scientifiques dans des colloques nationaux en français ou assister à des réunions scientifiques organisées par la société Phycologique de France. J’ai ainsi était invité à faire le savant (une conférence) dans le congrès de la Société Algérienne de Nutrition à Alger puis prochainement à présenter à Oran une conférence sur les microalgues et les cyanobacteries et dans le même esprit j’ai commis un article dans la revue « the conversation » intitulé : « Les microalgues pourront-elles sauver le monde » qui a été ensuite repris dans Le Point et qui a été lu par plus de 6000 personnes. 



Fin du discours
24 juin, 2017, 18 h 51 min
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discours Pr GG (7)


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