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Enfin à la retraite
14 octobre, 2017, 12 h 59 min
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A 65 ans j’ai choisi de partir à la retraite et pourtant j’aurais pu continuer à travailler jusqu’à 67 ans et demi du fait de mon statut privilégié de professeur des Universités (et oui il y en a plusieurs, c’est comme cela que l’on dit !); administrativement j’ai bien fait de partir quand j’ai découvert sur mon bilan d’activités que j’avais travaillé 3 ans de plus que ne l’exigeait le système. De ce fait j’aurais dû bénéficier d’un bonus, mais celui-ci ne m’a pas été attribué car avec mes autres avantages : 12 ans à servir la France en coopération ce qui m’a valu un bonus de 4 ans de cotisations et en plus avoir élevé 5 garçons (et c’est pas de la tarte, moins pire que des filles quand même !), j’ai bénéficié d’une majoration de 20 %. Malheureusement ces différentes majorations, ajoutées à la surcote de 15 % pour les 3 ans supplémentaires, qui théoriquement s’additionnent ont dépassé le montant de mon dernier traitement indiciaire et j’ai été écrêté. Après calcul ma pension a été réduite de 1000 € par mois (c’est pas rien) mais rassurez vous, il m’en reste encore puisque ne payant plus de cotisations sociales, je me retrouve avec une pension supérieure à mon salaire lorsque j’étais en activité. On m’avait toujours dit que l’un des avantages de la fonction publique c’était la retraite, j’en suis un exemple vivant mais un peu malade (pourvu que cela dure comme disait la maman de Napoléon).

Le deuxième avantage du statut de professeur des universités, c’est de pouvoir bénéficier de l’éméritat qui consiste à continuer à travailler mais cette fois bénévolement. Ce statut attribué par un arrêté du président sur proposition du laboratoire et après consultation des différentes instances hiérarchiques permet au professeur émérite de conserver quelques privilèges comme un accès dans son ex laboratoire qui lui fournit un bureau, la possibilité de poursuivre des recherches et de les publier sous couvert de l’université, d’encadrer des étudiants en thèse, d’être invité comme conférencier (c’est le cas fin octobre ou je vais me rendre en tant que conférencier invité dans mon ancienne université à Oran en Algérie), de participer à des jurys de thèses et d’HDR et enfin de profiter de divers petits avantages comme une adresse internet professionnelle, la possibilité d’emprunter des ouvrages à la bibliothèque, du chauffage et de la lumière (comme le faisait remarquer bêtement un ex président), etc. La notion d’émérite n’ayant rien à voir avec le mérite, mais il faut plutôt la comprendre comme au service de, bien que le synonyme le plus courant de ce terme soit exceptionnel (c’est pas moi qui le dit, c’est le dictionnaire !).



Radié de la fonction publique, l’enseignement c’est fini
7 octobre, 2017, 10 h 23 min
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L’enseignement me manque un peu, faire la vedette devant un amphithéâtre rempli d’étudiants et d’étudiantes, c’était fatiguant mais valorisant; sur la fin je ne pouvais plus me tenir debout sur toute la durée du cours aussi j’avais astucieusement planqué derrière les écrans des trois amphithéâtres des sièges hauts de laboratoire qui avaient été réformés. Je faisais donc cours à moitié debout, demi fesse appuyée sur ce siège haut (technique Laurent de la mèche, Delahousse, pardon).

Par contre l’évolution récente concernant la prise de notes des étudiants où mes collègues encore en activité donnent leurs cours face à des dos d’écran d’ordinateur portables, cela ne m’aurait pas vraiment plu.

Depuis je n’ai plus d’étudiants car je n’ai plus le droit d’enseigner, mais du fait de mon statut de professeur émérite, j’en côtoie encore, quelques uns ou quelques unes, lorsqu’ils font des stages de quelques mois au laboratoire ou plus longtemps lorsqu’il préparent des thèses (actuellement c’est un étudiant chinois très sympathique que je côtoie tous les jours car nous sommes cote à cote dans le même bureau).

La présence de cette jeunesse studieuse autour de moi est très vivifiante et me confirme dans l’idée que les efforts que j’ai investi dans la mise en place de ce cursus n’ont pas été vains.

En effet, lorsque je suis arrivé à l’université du Maine les étudiants en biologie/biochimie étaient bloqués à bac plus deux, le DEUG, ils peuvent maintenant poursuivre jusqu’à Bac plus huit, donc suivre un LMD complet au Mans; l’université du Maine (maintenant « Le Mans Université ») jouant ainsi pleinement son rôle d’établissement de proximité fournissant, aux étudiants dont les parents disposent de peu de moyens, la possibilité de suivre un cursus complet sans avoir besoin de se déplacer dans d’autres établissements; pourvu que cela dure !

Mais avec ce nouveau gouvernement ce n’est pas gagné. Avec la politique des gros pôles d’excellence, le risque pour Le Mans Université (nouvelle appellation) est de rester une Université de proximité mais ne délivrant plus que des licences donc à bac plus 3, ce sera très réducteur. Avec la disparition des Masters l’existence des laboratoires de recherche risque d’être compromise, de même que la fonction recherche des enseignants chercheurs. Mauvais présages, j’ai un peu honte d’être un oiseau de mauvais augure, mais c’est dans l’air du temps.



les copies, quel pensum !
30 septembre, 2017, 11 h 14 min
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Les années suivantes du fait de la politique régionale de notre université du fait d’un rapprochement obligatoire avec celle d’Angers, il a fallu faire « master commun » mais sur une thématique différente la toxicologie. J’en ai laissé la responsabilité à l’un de mes collègues car cette thématique ne me branchait pas. Ce n’était pas très satisfaisant car si à Angers cette thématique correspond parfaitement aux activités de recherche du laboratoire, c’était loin d’être le cas pour les biologistes du Mans.

Maintenant professeur émérite, je ne me mêle plus de l’enseignement, mais je trouve quand même cette évolution peu satisfaisante. Toutefois avec la grande COMUE Bretagne-Pays de la Loire  tout peut changer rapidement !

Le plus pénible dans ce métier ce sont les corrections de copies et à une époque j’ai cherché à trouver une solution à ce problème lorsque j’ai dû assurer un enseignement en Algérie à plus de 600 étudiants en première année de pharmacie. Je faisais cours dans une salle de spectacle, seul sur la scène, face à un micro sur pied, ce qui vérifiait le fait que faire des cours c’est un peu du théâtre.

 Pour éviter la correction de la masse de copies que cela allait générer (il allait faloir une brouette pour les transporter), j’avais conçu une sorte de QCM dont la correction était automatique, mais très sévère; réalisée grâce à un ordinateur individuel, mais je vous en ai déjà parlé en détail, j’étais un précurseur. Après cette expérience, je suis revenu aux examens traditionnels avec copie anonyme (je l’ai toujours exigé alors que c’est de plus en plus abandonné) et un stylo rouge, bien que cela ne soit pas politiquement correct d’après un de mes collègue à moitié Canadien pour qui nous sommes des « maudits français ».

Maintenant des logiciels à base de QCM ont été mis en place par les services informatiques des Universités et mis à disposition des enseignants qui ne veulent plus corriger de copies à la main. Du coup on n’est plus gêné par les fautes d’orthographes et de français mais lorsque plus tard les étudiants doivent rédiger un mémoire, on récolte ce que l’on a pas semé et l’on doit en réécrire une grande partie.



Retour au Mans
23 septembre, 2017, 17 h 17 min
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Revenu au Mans, après avoir participé à la mise en place à l’université d’Oran d’un magister, j’étais presque revenu au point de départ en enseignant au niveau bac +2. Tout était à refaire et  je me suis efforcé de développer à l’offre de formation afin de proposer aux étudiants en biologie à l’université du Maine un cursus complet.

Après le rejet par le Ministère d’une licence de biochimie présentée par un professeur qui n’était pas crédible, nous avons proposé, en association avec des chimistes, une autre licence intitulée « chimie biologique ». Elle a plu aux experts (peinards!), puis une maîtrise de biotechnologie que je suis allé défendre à Paris, avec un tel succès que l’expert m’a proposé de poursuivre mes efforts en soumettant un projet de DESS pour l’année suivante. Je ne l’ai pas suivi, j’en avais assez fait, tout cela gênerait trop d’heures supplémentaires, pour une équipe enseignante trop petite, au détriment de la recherche qui était quand même l’une de nos missions principales, souvent préférée et surtout plus valorisante d’un point de vue carrière !

La réforme LMD à mis fin à ces démarches individuelles pour monter des filières, cette fois tout était encadré et il fallait rentrer dans des cases prédéfinies. J’ai quand même réussi avec mes collègues de Nantes à insérer un Master de Biologie Marine Appliquée qui correspondait à peu près à nos activités de recherche communes. Cette fois avec le doctorat à suivre nous avions un cursus complet, bac plus 8, à proposer à nos étudiants. J’étais très satisfait de ce résultat que nous avions mis plus de 15 ans à obtenir, mais tout n’étais pas résolu au niveau du master 2 les enseignements théoriques et pratiques étaient seulement assurés à Nantes. Ce qui obligeait les étudiants du Mans à se déplacer durant le premier semestre, par contre le stage pouvait s’effectuer dans les laboratoires MMS du Mans ou ailleurs en fonction du choix des étudiants.

L’autre problème était lié au fait que les étudiants du Mans (très rillettes !) préférant le cochon, étaient peu attirés par le poisson (encore que l’on trouve des rillettes de maquereaux), et donc par la Biologie Marine aussi, en tant que responsable, je m’efforçais d’inscrire des étudiants étrangers afin de maintenir un effectif suffisant pour éviter la fermeture d’une filière que nous avions eu tant de mal à mettre en place. Cela marchait, mais ne satisfaisait pas du tout mon co-responsable de Nantes qui était  contre l’inscription d’étrangers et surtout de chinois. Il considérait que ces derniers étaient tricheurs et menteurs, et il parlait d’expérience puisqu’il en avait épousé une ! Pourtant ces recrutements étaient positifs puisque la dernière année de fonctionnement de ce master, tous les étudiants du Mans étaient étrangers et lors du classement final ils étaient presque tous devant ceux de Nantes qui étaient pourtant des français de souche; comme quoi nul n’est prophète en son pays.



prof en Tunisie
16 septembre, 2017, 9 h 07 min
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Rassurez vous j’ai toujours été bien évalué par les étudiants.  Je suis aussi allé dispenser mon enseignement appliqué sur les algues dans d’autres établissements : un IUT, celui de Clermont Ferrand et dans une Faculté de pharmacie à Lille. Dans ces établissements les étudiants étaient à priori plus motivés, mais mes interventions qui sortaient du cursus, donc ne menant pas à un contrôle, étaient souvent prises comme une détente par ces derniers, ce qui était un peu décevant.

A l’université de Sfax en Tunisie, dans le cadre d’une co-diplomation avec l’ Université du Maine, je suis intervenu plusieurs années, au niveau master, sur le milieu marin et la biologie des algues; puis le programme du master ayant changé j’ai donné un cours de phytogéographie; cela m’a rajeunit car dans cette spécialité dans laquelle j’avais obtenu une mention et avait été major de la promotion, impressionnant non ! Toutefois pour éviter que mes chevilles ne gonflent trop, le prof m’avait convoqué dans son bureau pour me préciser « qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ».

Ces interventions en Tunisie me plaisaient beaucoup, face à des étudiants et des étudiantes non voilées attentifs, cela me rappelait le calme des amphis lorsque j’étais prof en Algérie. Après la révolution du jasmin, j’ai été un peu déçu car la moitié des étudiantes étaient cette fois voilées; leur demandant pourquoi, elles expliquaient que c’était leur liberté. Drôle de conception de la liberté, encore que dans l’établissement confessionnel où j’avais fait mes humanités, on nous obligeait à apprendre par cœur une définition de la liberté qui était : » Être libre, c’est être capable de prendre à son compte la réponse à faire à l’appel de Dieu », ce qui correspondait un peu à leur attitude. Efficace puisque plus de 50 ans après je m’en souvient encore !

De plus avec ma rémunération en dinars tunisiens je finançais une ballade qu’un collègue géologue résidant à Sfax m’organisait. Quelques jours de mission sur le terrain (tourisme pour le citoyen ordinaire mais pas pour un professeur des universités qui travaille même lorsqu’il se promène avec sa femme avait expliqué un éminent professeur de géologie, il y a quelques années dans un article du Monde qui avait fait sensation !) en logeant dans les palaces qui sont nombreux dans ce pays. Malheureusement, j’ai dû abandonner ces fonctions lors de mon départ en retraite et par répercutions les voyages aventures avec séjours dans les palaces.



L’enseignement pratique
9 septembre, 2017, 19 h 19 min
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A coté des cours magistraux que j’assurais (brillamment bien sûr!), j’étais plus attiré par l’enseignement pratique que j’ai beaucoup développé au cours de ma carrière, transférant lorsque c’était possible des manipulations de recherche vers l’enseignement pratique; ainsi j’ai mis en place avec une collègue une manipulation d’EXAO originale que j’aurais du breveter permettant de mesurer automatiquement la transpiration d’une plante en continu. Le logiciel que j’avais programmé à l’époque en Qbasic sur un PC maintenant obsolète fonctionne encore pour le plus grand bien des étudiants !

Au cours des années, je me suis efforcé de remplacer une partie de l’approche microscopique de la biologie et de la physiologie végétales préexistantes par des démarches plus expérimentales dite de physiologie cellulaire végétale, comme la mesure de l’activité photosynthétique sur une algue brune en suivant le dégagement du dioxygène. Avec ma collègue nous jouions donc vraiment notre rôle d’enseignant-chercheur transférant au niveau des étudiants nos connaissances et nos techniques, mais cela énervait beaucoup nos collègues animaliers, rois du microscope, qui sous-traitaient tout ce qui était physiologie.

D’autres manipulations de physiologie cellulaire végétale ont été mises en place, comme l’étude de la réaction de Hill (mise en évidence du pouvoir réducteur des chloroplastes à la lumière) ou de la photophosphorylation (synthèse d’ATP à la lumière par les chloroplastes), des mesures d’activité enzymatique par la méthode du pH stat ou encore sur des plantes entières une initiation à l’étude de la photosynthèse par fluorimétrie modulée (technique de pointe), j’en passe et des meilleures car je pense que cela devient trop technique et vous indiffère.

Pour être à la mode, J’ai développé dans les années 90 une initiation à la culture in vitro et à l’obtention de protoplastes (cellules végétales débarrassées de leurs parois) non seulement pour mes étudiants mais aussi pour des enseignants du secondaire. Je suis aussi allé enseigner (cours sur les algues et leurs applications) dans d’autres établissements comme l’IEA d’Angers (la catho, pour gagner mon ciel !) avec une petite différence car nous étions dans le privé payant; l’étudiant étant alors un client avec une évaluation des enseignants en fin d’année par les étudiants ce qui modifie drôlement les relations prof/élèves et l’un de mes collègues de l’UCO, géologues de son état, a été licencié après avis des étudiants et présence insuffisante dans l’établissement. Dans le privé nos collègue sont astreint à environ 1 600 h de présence annuelle, c’est théoriquement la même chose dans le public mais avec beaucoup plus de souplesse !!!  et avant que l’on vire un fonctionnaire, il faut en faire des bêtises !



Faire grève à l’Université
2 septembre, 2017, 11 h 57 min
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Pour en revenir à l’enseignement, dans ces conditions, j’ai eu beaucoup de mal à trouver des créneaux horaires pour assurer mon enseignement et à finir le semestre. Comme c’était ma première année à l’Université du Maine, je tenais à respecter mon engagement. Il faut savoir que militer syndicalement et surtout faire grève dans l’université française ce n’est pas si simple. Même si l’on est en grève, il faut rattraper les cours qui sont annualisés et surtout poursuivre nos travaux de recherche sur le vivant qui lui n’attend pas. Si l’on se déclare gréviste l’administration retient un jour de rémunération par jour de grève (double sanction puisqu’il nous faut malgré tout travailler, car sur la partie recherche de nos activités nous sommes nos propres patrons et si on les suspend, c’est à notre détriment). Par contre si l’on ne dit rien comme la plupart, on est considéré comme non gréviste. En Algérie c’était plus simple nous n’avions pas le droit de grève.

 

Les premières années mon éthique de syndicalisme me forçait à me déclarer en grève tout en travaillant et en participant aux manifestations, puis j’ai découvert que la plupart de mes collègues enseignants même gréviste ne se déclaraient pas car il n’y avait pas de contrôle pour les enseignants chercheurs de la part de l’administration. Les autres catégories de personnels qui pointaient, étaient eux financièrement sanctionnés. C’était injuste aussi nous avons fini par mettre en place une caisse de soutien aux grévistes au niveau de laquelle nous reversions nos journées de travail plutôt que de laisser l’argent à l’état. C’était plus satisfaisant et nous étions en règle avec notre conscience… syndicale !

 

Ce premier contact avec l’enseignement en France m’avait décoiffé bien que portant encore les cheveux frisés, héritage de mon long séjour au Maghreb. Pour le second semestre, j’ai été plus exigeant sur mon emploi du temps en supprimant les cours du samedi matin et en les plaçant le mercredi matin à 8 h, au grand désaccord des professeurs de l’époque qui ne voulaient pas que des enseignements de biologie débutent avant 9 h afin de conserver leur qualité de vie. Mais je n’ai pas cédé et pendant longtemps j’ai dispensé un cours passionnant (bien sûr) de physiologie végétale tous les mercredis matins car c’était le seul jour où je n’avais pas d’enfants à emmener à l’école. A cette heure matinale, je pouvais enseigner en amphi ce qui était beaucoup plus confortable (pour l’enseignant) que dans des salles préfabriquées bondées où l’on avait des étudiants du premier rang presque sur les genoux, encore que les étudiantes !



Première année agitée au Mans
26 août, 2017, 11 h 22 min
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Intégrés à l’Université du Maine pour la première année, lors de mes cours dans les amphis au Mans, j’ai été très vite surpris par le manque d’attention de la plupart des étudiants. Par rapport à l’Algérie ou les étudiants recevaient mes paroles comme celle de l’évangile, pardon du Coran, les conditions étaient différentes, un certain nombre d’étudiants ou d’étudiantes étaient là par défaut, d’autres étaient là pour passer le temps (au chaud et à la lumière comme disait un ancien président de la république) et profiter des avantages du statut étudiant, pour certains c’était quand même positif car ils attendaient de présenter des concours administratifs qui avaient lieu en cours d’année comme ceux des écoles d’infirmières. Dans ces conditions pour les intéresser, il fallait mouiller sa chemise.

Le premier semestre fut difficile d’une part mon important cours de Physiologie Végétale destiné aux étudiants de 2ème année de Deug  était mal placé le samedi matin seul enseignement de la matinée, difficile dans ces conditions de remplir un amphi avec des étudiants motivés, d’autre part car les séances de TD avaient lieu le vendredi en fin de journée, pas mieux !  En effet nos chers collègues animaliers se réservaient cette journée du vendredi pour leurs soi-disantes sorties de terrain afin de chasser le Sphérome  (un petit crustacé vivant sous les pierres en bord de mer) pour leurs travaux de génétique; mais aussi pour avoir la possibilité de prendre de longs week-ends de missions scientifiques, à la mer bien sûr, d’autant plus qu’ils disposaient d’un camping-car laboratoire multi-usages financé par le CNRS ! C’était vraiment ce que l’on appelle combiner l’utile à l’agréable et je me comprend pendant que nous ramions avec les étudiants en fin de semaine !

Par aillleurs cette période universitaire était agitée par les manifestations étudiantes contre la loi Devaquet ; loi qui prévoyait non seulement une sélection à l’entrée de l’université et une mise en concurrence de celles-ci, mais aussi une augmentation des droits d’inscription et la disparition des diplômes nationaux. C’était de la droite dure, inacceptable. De nombreuses et très importantes manifestations contre ces projets étaient organisées à Paris et en province auxquelles j’ai bien sûr participé (soixante huitard, j’ai toujours été très manif). L’une d’entre elle a fini très mal par le décès d’un étudiant passé à tabac par les voltigeurs en moto, Malik Oussekine, et a abouti au retrait de la loi et à la démission du ministre. Un de moins, mais le problème de l’accueil des étudiants bacheliers à l’Université n’est toujours pas résolu !

 

Par contre j’étais à l’époque membre de la CA (commission administrative) du SNESup siégeant à Paris où je me rendais de temps pour entendre la bonne parole de la tendance Action Syndicale, très proche à la fois dans ses idées et dans son fonctionnement du Parti Communiste.  Les collègues syndiqués du Mans auraient souhaité que je prenne pour la partie enseignante la tête de la contestation sur Le Mans; mais je ne suis pas un meneur d’hommes et je suis resté dans l’ombre comme militant de base, bien qu’organisant ensuite pendant plusieurs années les réunions syndicales au sein de la Faculté des Sciences, mais sans grand succès,

 



A l’université d’Oran
19 août, 2017, 11 h 18 min
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Mais revenons à l’université d’Oran, j’avais vite compris que pour pouvoir développer une activité de recherche scientifique propre et donc de disposer d’un laboratoire et d’un peu de matériel, il fallait que je mette en place un enseignement pratique à destination et pour le plus grand bien des étudiants. C’est la démarche que j’ai initiée durant ma première année d’enseignement et que j’ai pratiquée ensuite les années suivantes avec mon collègue africain. Dès mon arrivée, je me suis acharné à installer une salle de culture indispensable quand on fait de l’expérimentation sur le végétal avec un châssis en cornières équipé de tubes fluorescent, une horloge pour reproduire l’alternance jour/nuit et un climatiseur. L’air étant trop sec j’avais du ramener de France un humidificateur (quelle abnégation).

 Nous pouvions ainsi contrôler les conditions de culture, il ne restait plus qu’à choisir des modèles de plantes à étudier. Pour les travaux des étudiants en formation dans le cadre de la préparation d’un DES (diplôme d’études supérieures), les responsables algériens nous avaient imposé de travailler sur les luzernes. Mon collègue africain cultivait du mil et de mon côté, j’y faisais pousser une petite plante discrète qui colonisait de temps en temps les rives des lacs salés ou sebkhas en y formant la ceinture de végétation la plus interne dans les zones très riches en sels. Cette recherche très fondamentale sur l’écophysiologie d’halopeplis amplexicaulis correspondait à mon inscription en thèse d’état à l’université de Caen.

C’était un travail d’une quinzaine d’années et avant que je n’arrive au bout, ce diplôme a été supprimé et remplacé par l’habilitation à diriger des recherches que j’ai soutenu beaucoup plus tard, mais en utilisant quand même les résultats obtenus en Algérie et en partie publiés. Ce fut l’occasion de faire un article de synthèse en français (mon dernier dans cette langue) sur ces travaux, article qui est souvent consulté et cité par des jeunes collègues maghrébins qui s’intéressent aux halophytes des sebkhas. Comme quoi ce travail de recherche très fondamental n’a pas été complètement inutile, ce que les évaluateurs d’aujourd’hui ont pourtant tendance à penser. Depuis la création de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), en France seuls les travaux de recherches à court terme et menant à des applications rapides sont reconnus, et surtout financés.

J’ai quand même formés à la recherche une demi-douzaine d’étudiants tous les ans dont la plupart ont intégrés les universités de leurs pays et nous y ont remplacés. Le temps a passé ils sont maintenant proches de la retraite après avoir fait de belles carrières comme chercheurs ou dans l’administration universitaire algérienne (plusieurs sont devenus recteurs). Ils restent très reconnaissants des efforts que nous avons faits pour eux et je vais en revoir avec plaisir prochainement quelques uns lors d’un prochain déplacement à Oran.  J’ai répondu positivement à l’invitation de l’un d’entre eux afin d’y présenter dans un colloque mes travaux sur le monde des algues.

Vous allez me dire, un vieux prof ça raconte toujours les mêmes histoires et vous n’avez pas tord car j’ai fait le même type d’intervention à Oran à la fin des années 80, mais rassurez vous après plus de 25 ans de recherche sur les algues, j’ai fait de nombreuses mises à jour.

 



Les étudiants bonheur ou galère ?
11 août, 2017, 19 h 24 min
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Avec en moyenne 2 à 300 étudiants par an et plus de 25 ans d’activités d’enseignement au Mans et précédemment 12 ans en Algérie mais avec de plus petites promotions de l’ordre d’une trentaine par an au début puis d’une cinquantaine ensuite, j’ai dû côtoyer plus de 10 000 étudiants ou étudiantes. Ça laisse des traces !  L’enseignement en amphi était facile en Algérie (on entendait les mouches voler) dans la mesure où les étudiants qui avaient la chance d’accéder à l’université étaient très motivés et d’un autre côté très démunis, car en dehors des cours que nous leurs dispensions, il n’avaient à leur disposition aucune autre source de documentation. Internet n’était pas encore inventé et l’informatique individuelle inexistante; l’unique bibliothèque était très pauvre et le plus souvent il n’y avait qu’un seul exemplaire de l’ouvrage dont ils avaient besoin.

 Par contre, à l’époque, pour leur transmettre le savoir, nous ne disposions que d’amphithéâtre et de grands tableaux noirs. On devait donc tout illustrer à la craie, c’était mauvais pour mes poumons, mais comme j’avais subi ce type d’enseignement quelques années au par avant je me suis facilement adapté. C’était le cours magistral dans toute sa splendeur, mais fruit de mon expérience passée, j’évitais de pratiquer ce que j’avais subi comme étudiant de la part de certains de mes professeurs, la nécessité de prendre des notes avec une main et les schémas de l’autre car ils faisaient le commentaire de leurs schémas tout en les dessinant au tableau (pas très pédagogique). C’était très difficile à suivre à moins de s’associer avec un copain l’un prenant le texte et l’autre les images. Ce qui obligeait ensuite à reprendre le soir chaque séance  pour reconstituer le cours en regroupant texte et illustrations. Nous étions donc obligé de travailler deux fois plus, mais après tout, c’était peut-être bénéfique.

 Pour revenir à l’enseignement en Algérie, du côté prof, après quelques années nous avons pu bénéficier mes collègues et moi d’une machine fabriquant des stencils électroniques, ce qui nous a permis de fournir aux étudiants, sur des documents polycopiés, les illustrations de nos cours et de respirer moins de craie.

Plus tard, au Mans, j’ai pu disposer de rétroprojecteurs et de photocopieuses, le rêve et, en fin de carrière, de vidéo projecteurs facilitant, mais peut être un peu trop la transmission du savoir l’étudiant devenant spectateur; il n’a presque plus besoin de prendre de notes car il sait qu’il va retrouver sur un site dédié ce que l’enseignant vient de lui diffuser sur l’écran. Si ces cours conférences très illustrés sont très agréables à suivre pour les étudiants et à préparer pour les enseignants; j’ai peur que pour la plupart ils ne leurs rentrent que par une oreille et un oeil et ressortent par les autres sans vraiment laisser de traces dans leur cerveau. Lors des examens, ils semblent avoir pour la plupart, du mal à restituer sur leur copie d’examen les connaissances mal acquises à partir de supports audiovisuels. Je reste persuadé, que pour bien préparer ses examens, rien ne vaut un support écrit de la main de l’étudiant qui correspond à une appropriation du cours dispensé par le professeur. 


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