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La conserverie et les rillettes
10 novembre, 2018, 15 h 49 min
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Dans cette installation semi-industrielle, il y avait aussi une conserverie avec une sertisseuse et un gros autoclave à gaz avec un palan pour soulever le couvercle, et un rail fixé au plafond pour amener les grands bacs grillagés contenant les conserves à stériliser; dispositif impressionnant qui datait d’avant la guerre et qui avait été installé par mon grand père pour proposer aux paysans les jours de marché  la stérilisation à façon de leurs bocaux de légumes.

Une activité florissante et que j’ai encore vu fonctionner dans les années 1950/1960. Les bocaux numérotés à l’aide d’une petite plaquette en métal dont le double était donné au client (comme maintenant dans les pressings) étaient soigneusement rangés dans un grand panier à autoclave placé sur un monte charges  qui l’emmenait ensuite à l’étage au dessus où était situé l’autoclave; un palan monté sur des rails permettait ensuite d’acheminer le panier jusqu’à  l’introduire dans l’autoclave. Les clients pouvaient ainsi venir rechercher leurs bocaux stérilisés à la fin du marché. Ce petit bizness  a ensuite disparu avec l’avènement de la cocotte minute.

Par contre la conserverie avec la mise en boite de rillettes et de pâté de foie, leur sertissage et leur autoclavage et l’expédition de rillettes et de pâté de foie mais aussi de boudin noir et de boudin blanc sur Paris s’est prolongée encore longtemps puisque que j’y ai participé et mon jeune frère aussi, en chargeant les cartons dans la camionnette 2CV et en les emportant à la gare d’Alençon pour les transférer ensuite dans le wagon.

Nous fournissions ainsi une bonne vingtaine de charcuteries parisiennes et un représentant de commerce gérait les commandes. Le transport se faisait de nuit dans un wagon, dit réfrigéré, d’un train de marchandises. En fait la réfrigération se limitait à quelques ouvertures circulaires sur le toit du wagon munies d’ailettes qui tournaient avec le vent et renouvelaient l’air de l’intérieur. C’était pour le moins rustique mais à l’époque cela suffisait au bonheur de la SNCF et au nôtre; c’était suffisant dans la mesure où seul des produits frais étaient transportés et en Normandie les nuits sont fraîches.

 



Mes parents charcutiers
3 novembre, 2018, 11 h 02 min
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Tous les deux issus de famille de charcutier, leur avenir était tout tracé, ma mère dont les parents étaient charcutiers à Argentan et mon père qui avait hérité de la charcuterie de ses parents à Alençon. Ils étaient fait pour se rencontrer lors des réunions départementales de charcutiers. Mon père avait été formé au métier comme apprenti dans une grande charcuterie parisienne dont j’ai oublié le nom.

Malheureusement il a été déporté en Allemagne dans le cadre du STO comme beaucoup de jeunes gens à cet époque pas très réjouissante et n’a pu terminer sa formation. En Allemagne, il avait été affecté comme manœuvre dans une cimenterie avec des conditions de vie et de travail difficiles et un employeur qui était loin d’être chaleureux. Heureusement ses parents lui envoyaient des colis alimentaires qui permettaient d’améliorer son ordinaire et celui de ses compagnons. Au retour de son séjour forcé, en 1945, il a rapidement épousé ma mère dans la mesure où je suis né en février 1948.

Ils furent heureux et eurent trois beaux enfants comme dans les contes de fées (sur les photos, mon père, ma mère et leurs deux premiers enfants). L’entreprise familiale avait largement été développée par mon grand père qui avait mis en place une petite usine de rillettes avec marque déposée : «Rillettes du château des Ducs d’Alençon» qui étaient abondamment exportées sur Paris, une activité à laquelle j’ai beaucoup participé dans ma jeunesse. Il avait aussi ouvert une petite succursale dans un quartier périphérique, Courteille, où étaient logés un couple d’employés, la femme tenant la charcuterie et l’homme cuisinant les rillettes au feu de bois ce qui n’était pas une mince affaire dans la mesure où elles mijotaient dans des grands chaudrons pendant plus de 24 h.

Il fallait approvisionner en bûchettes les foyers de ces vieux chaudrons en cassant de grosses bûches à l’aide d’une casseuse mécanique mue par un moteur électrique et qui faisait tomber du plafond à intervalles régulier une lourde hache sur un billot en acier. L’officiant devait tenir la bûche avec ses mains en la présentant  au fil de la hache et en la faisant tourner au fur et à mesure pour obtenir des bûchettes. Pour éviter d’y laisser un bout de main, il fallait être très concentré. En plus de 40 ans de carrière l’employé ne s’est jamais blessé, j’avoue ne jamais avoir essayé. 



Mon frère la fin
27 octobre, 2018, 11 h 51 min
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Sa fille travaille chez « RecycLivre », une sorte d’ONG qui revend, sur internet, les livres qu’on lui a donnés et reverse une partie de ses bénéfices à des associations luttant contre l’illettrisme comme « Lire et faire lire ». Le fondateur prenant une année sabbatique, elle va prochainement devoir prendre plus de responsabilité afin de cogérer la société. Ses deux enfants ont chacun acheté un appartement le fils à Londres et la fille à Paris et mon frère à participé au financement à chaque fois comme un bon père de famille. Récemment à la retraite, il poursuit son activité d’auto-entrepreneur mais de façon plus décontractée et en profite pour rejoindre le midi ses copains dans un bistrot qui lui sert de quartier général, tenu par une petite chinoise très sympathique.

Par ailleurs, nous profitons de la liberté que nous procure notre état de retraités pour effectuer des séjours, entre hommes, c’est à dire sans nos épouses respectives donc de vraies vacances ! Au bord de la mer, soit sur la Méditerranée à Sanary où sa belle famille possédait jusque-là une grande maison ou bien sur la Manche à Dinard où je suis copropriétaire avec l’un de mes fils  d’une petite maison. J’en profite pour lui faire faire quelques petits bricolages que je ne puis réaliser du fait de mes problèmes de santé. Il s’initie au golf et je ne puis malheureusement l’accompagner alors que c’était devenu mon sport favori avant que j’en sois privé pour cause d’arthrose, puis de hanches  artificielles. Toujours prêt à sauter sur une occasion de vacances, il nous a accompagné lors d’une croisière sur le Rhin avec notre cousine; d’un autre côté il me rend service en conduisant ma voiture sur les longues distances (sorte d’Hubert bien qu’il s’appelle Daniel !).

Enfin, un peu joueur, comme moi, il m’accompagne de temps en temps au casino où nous jouons à la roulette électronique ce qui évite de donner un pourboire au croupier et permet de jouer de plus petites sommes afin dépenser moins vite nos euros; récemment, pour la première fois, nous sommes ressorti avec un peu plus d’argent que nous en avions à l’entrée, événement suffisamment rare pour le signaler. Mais fini la belle vie, son épouse sera bientôt en retraite, nos vacances entre hommes risquent d’être compromises, mais on va s’adapter. 



Encore mon frère préféré
20 octobre, 2018, 11 h 33 min
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Pour en revenir à notre sujet principal, le roi de la tondeuse, à gazon mais pas à cheveux parce qu’il y a longtemps qu’il n’en a plus, comme il était excellent commercial vendant beaucoup de machine de différentes marques, il a été de nombreuses fois invité par les fournisseurs parcourant ainsi le monde avec ses différents patrons aux frais de la princesse. Il a changé plusieurs fois de sociétés au fur et à mesure de leur disparition concurrencées par les grandes surfaces, pour finir malheureusement à pôle emplois vers la cinquantaine. Mais encore très dynamique, il s’est déclaré auto-entrepreneur démarchant pour une société familiale dans laquelle il avait précédemment travaillé et qui maintenant développait une activité de réparation de machines horticoles de plus en plus florissante. Même si ce n’était pas très rémunérateur, la société lui fournissait un véhicule et un téléphone et cela suffisait à son bonheur et surtout lui permettait de rencontrer ses copains en banlieue.

D’un autre côté, il avait mis en place avec son épouse une vente de différents objets sur internet, le problème était l’approvisionnement, mais il avait trouvé une solution en récupérant les objets, surtout des jouets et des livres pour enfants abandonnés sur le trottoir par les parents des quartiers chics. C’était un bon bizness, mais contraignant l’obligeant en quelques sortes à faire les poubelles tous les soirs ! Puis une opportunité s’est présentée grâce à sa fille, recycleuse de livres donnés par les citoyens, lors d’un don spectaculaire plus de 200 000 ouvrages, il a récupéré des milliers de disques vinyles qui allaient être détruits. Il les a stockés avec quelques difficultés compte tenu du grand nombre, mais très rapidement, la mode du vinyle revenant au premier plan, il a commencé à en vendre des quantités importantes sur les différents sites commerciaux accessibles en ligne ou lors de vides greniers, pourtant son stock est loin d’être épuisé.

Son fils qui vit en Angleterre après y avoir fait des études de journaliste a épousé une charmante petite chinoise; ils communiquent dans la langue de Shakespeare dans la mesure où le garçon ne parle pas le chinois et la jeune fille ignore tout de la langue française. Cela pose surtout un problème à mon frère qui ne parle pas vraiment anglais ce qui réduit fortement ses relations avec sa belle fille. Un heureux événement est programmé pour la Noël, ce pauvre enfant aura du pain sur la planche : 3 langues à apprendre ! La future grand-mère, qui elle parle anglais couramment, travaille encore comme marchande de composés électroniques à l’international, mais c’est sa dernière année, elle va pouvoir profiter d’une retraite bien méritée et faire la grasse matinée après s’être levée tous les jours à l’aube pour éviter les embouteillages afin d’arriver à l’heure à son travail.

 



Mon frère la suite
13 octobre, 2018, 12 h 14 min
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Dans ses activités horticoles, il a brillamment réussi. Il s’est construit une clientèle  prestigieuse vendant des tondeuses à Matignon, à l’Élysée, à Versailles, au Muséum d’histoire naturelles, etc. 

L’ambiance de l’entreprise était tellement bonne qu’il organisait des barbecues à différentes occasions comme la sortie du beaujolais nouveau; l’un de mes fils qui a fait quelques stages avec son oncle en a gardé un souvenir impérissable. Après le rachat de  l’entreprise qui l’employait par un jeune patron aux dents longues qui possédait 8 sociétés, il est devenu directeur de celle qui commercialisait du matériel horticole. Il profita des cadeaux fournisseurs voyageant de part le monde, voyages mérités dans la mesure où il vendait beaucoup de leurs produits,  accompagnant son PDG, mais avec pour mission de s’occuper de l’accueil et de l’installation des invitées du dit PDG dans les cabines de luxe des paquebots de croisières haut de gamme. En contrepartie, il était obligé d’assister aux formations pendant que son patron lutinait ses invitées. Sensible au mal de mer, pour une fois il n’était pas malade comme quoi quand on a l’esprit occupé (par les conférences, bien sûr) on oublie la maladie.

Il s’est marié avec une valentinoise qui faisait des études de commerce à Paris dans la même école de commerce privée que notre cousin et c’est comme cela qu’ils se sont rencontrés. Le mariage fut grandiose, à l’église, avec un curé qui était aumônier militaire et qui avait souligné dans son prêche que le marié, « ce ptit gars », aurait fait un malheur dans le djébel. Pour sa belle famille, c’était un bon citoyen car il avait fait son service militaire comme tireur (au flanc) dans un régiment de cuirassiers, alors que son frère aîné lui, avait réussi à y échapper en allant servir la France d’une autre façon, en Algérie, crapahutant vraiment, dans le djebel mais avec des étudiants qu’il initiait à la flore du Maghreb.

Il s’est donc marié, pas l’union de la carpe et du lapin mais d’un fils de marchand de cochon avec une fille de marchand de tissus. Le moment grandiose de la réception fut la fontaine de champagne qui a dû coûter un bras aux deux pères des mariés. De cette union devant Dieu est issue deux beaux enfants, une fille et un garçon qui travaillent maintenant tous les deux dans le recyclage, la fille recyclant les livres (je suis bon client) et le fils les ordures; et là c’est moins mon truc, j’avoue que déjà mettre les ordures tous les soirs dans une demi douzaines de poubelles de couleur différentes comme chez nos voisins allemands, ce n’est pas ma tasse de thé. Heureusement connaissant le côté indiscipliné des français, en dehors des déchets ménagers une seule poubelle est proposée dans laquelle on enfourne les journaux et les papiers, les boites de conserves, les emballages plastiques, j’en passe et des meilleurs, ensuite advienne que pourra ! 



Mon frère
6 octobre, 2018, 12 h 09 min
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Dans ma famille, après un garçon et une fille, un troisième larron est arrivé par surprise car en général dans la famille traditionnelle française après un garçon et une fille, on s’arrête là. Sauf que parfois, dans les années 1950 et suivante, le docteur Ogino s’immisçait dans la vie sexuelle des couples, bref je n’en dirai pas plus !

Le petit était de santé fragile souffrant de jaunisse à répétition et le médecin lui faisait manger des huîtres soignant le mal par le mal à moins que ce soit de l’homéopathie, aussi c’était le chouchou des parents et de son grand père maternel. Plus âgé, ce petit emmerdeur a été installé dans ma chambre à la place de ma sœur, mais comme je suis parti en pension, il a dormi toute sa jeunesse à côté d’un lit vide, ce qui l’a traumatisé.

Par rapport à son frère aîné, très bon élève (je n’ai pas les chevilles fragiles), il n’aimait pas trop l’école ni les professeurs, plus attiré par les filles de sa classe que par les maths. Il n’a pas eu la chance car il était malheureusement décédé d’avoir eu comme moi un grand père attentif à lui faire réviser tous les soirs ses leçons; aussi sa scolarité a été quelque peu chaotique jusqu’à ce qu’il trouve sa voie dans l’horticulture.

Je l’avais un peu perdu de vue dans la mesure où je vivais à Caen pour mes études et qu’il était interne dans un établissement privé confessionnel situé en Bretagne afin d’obtenir un brevet professionnel d’horticulteur, ne revenant chez nos parents que lors des vacances. Toutefois je me suis occupé de lui une fois et ce fut la bonne en l’emmenant se présenter à un concours qui se tenait dans les locaux d’HEC et  il a été retenu, passant, après un an de formation, du statut d’ouvrier horticole à cadre commercial en produit et matériel d’horticulture. 



Fils numéro 5
29 septembre, 2018, 11 h 04 min
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Il reste le petit dernier, plus barbu que ses frères, le seul qui a fait une partie de sa scolarité dans l’enseignement privé mais il quand même obtenu son bac avec mention, après un DUT  complété  par une licence pro sur le site de Laval de l’université du Maine. A la fin de son stage il a été recruté par le patron comme webmaster au Mans afin de gérer des sites de vente de voitures haut de gamme d’occasions; le marché s’étant réduit il s’occupe maintenant dans la même société d’un site de vente de lunettes de soleil sur internet, mais une partie de son temps est consacré à l’emballage et à l’expédition des produits commandés, ce qui s’écarte un peu de sa formation initiale.

Pour compenser, n’étant pas employé à plein temps, il s’est déclaré auto entrepreneur réalisant des sites web à façon, mais compte tenu des charges, ses activités sont peu bénéficiaires surtout si on les relient au temps passé. Il fait aussi et surtout de la musique depuis longtemps, ayant enregistré un CD de hard rock il y a quelques années, il répétait dans la cave et il se produisait sur les scènes locales, mais avec une musique difficile pour des vieilles oreilles comme les miennes et celles des voisins, même avec des bouchons !

Depuis il s’est assagi, préparant en studio avec un autre groupe un nouveau CD plus mélodieux, du moins je l’espère ! par contre il m’impressionne par sa maîtrise de plusieurs instruments : guitare, clavier, batterie, chant, etc. En plus son copain d’enfance et colocataire, prof d’anglais, ne fait plus de musique mais va écrire en anglais les textes des chansons et remplacer avantageusement le « yaourt » de leur précédent disque. A voir !

Il a récemment rencontré une jeune fille très sympathique, et qui plus est enseignante, professeur des écoles, une collègue en quelque sorte, elle pourra comme le faisait mon épouse corriger ses fautes d’orthographe (maintenant elle ne veux plus car j’écris trop). je leur souhaite tout le bonheur du monde.



Fils numéro 4
22 septembre, 2018, 11 h 53 min
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Le numéro quatre m’a sauvé de la faillite en réussissant, après 3 ans de prépa comme son frère, le concours d’entrée dans une école où il a été salarié tout au long de sa scolarité à Lyon-Villeurbane. Suite à son diplôme d’ingénieur, il a intégré la fonction publique d’état au niveau du ministère de l’environnement en charge des transports; d’abord sur Paris, il a ensuite été délocalisé avec tout son service à Surdon à 100 km de Paris, afin de compenser le départ des militaires et la disparition de la caserne décidé par Sarkozy; ils ont été installés dans les locaux laissés vacants (pas très sains car, secret défense on ignorait ce qui y avaient pratiqué les militaires), et Sarkozy y a aussi installé son fameux internat d’excellence et de prestige avec des élèves en uniforme; ce fut une réussite 100% de reçu au bac, mais il faut savoir que les bâtiments sont installés dans des champs de betteraves à plusieurs km de toute civilisation et les élèves n’ont qu’un choix : travailler !

Pour les fonctionnaires en poste vivant avec leur famille à Paris, ce n’était pas des plus pratique, même si une navette avait été mise en place pour les amener au travail le  matin et les ramener le soir à Paris. Raisonnable notre fils avait loué un studio dans la ville voisine de Provins. Après quelques années de purgatoire dans les champs de betterave, il a été muté à La Défense s’occupant alors des ponts et des tunnels. Il a récemment quitté ce quartier prestigieux pour des bureaux plus discrets dans un autre quartier de Paris faisant maintenant de la prospective.

 Il n’a pas acheté de logement, mais a investi pour 1/3 dans notre résidence secondaire commune à Dinard. Une bonne action, et peut-être un bon placement, dont profitent largement ses parents, ses frères et le reste de la famille. C’est le seul à avoir un parrain et une marraine, se faisant baptiser vers 11 ans ce qui m’obligea, moi passant pour gauchiste pour mes voisins, tous lecteurs du Figaro, a participer à la cérémonie religieuse dans la paroisse du quartier. Peu d’anecdote significative encore que lorsqu’il était plus jeune, nous l’avons perdu un soir dans une fête foraine au Portugal; stressant à la fois pour l’enfant et les parents, mais on a fini par le  retrouver !



Fils N° 2 & N° 3
15 septembre, 2018, 13 h 08 min
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Le deuxième de la fratrie a fait de longues études de comptabilité en vue de devenir expert-comptable, ce qu’il vient de réussir enfin ! Il travaille dans un important groupe international ayant des activités d’audit et de conseil. C’est le seul qui s’est marié en grandes pompes, épousant une de mes étudiantes qui est devenue infirmière et ils ont fait ensemble deux charmantes petites filles blondes aux yeux bleus, nous transformant de fait en grands-parents. Un peu bling bling, il aime bien les beaux costards (celui de son mariage m’avait coûté un bras !) et les belles bagnoles (j’ai du lui prêter une somme importante pour qu’il puisse acheter sa Nissan Cashkay, mais en son temps mon père avait fait de même pour que je puisse acheter mon camping car Volkswagen). Ils ont acheté ensemble une maison ancienne sur quatre niveaux, mais pas vraiment mancelle, à proximité de la gare qu’ils ont fait remettre à neuf. Dans la mesure où ils habitent au Mans, on les voit souvent surtout leurs deux petites filles que leur grand-mère adore garder au moins deux fois par semaine, je dois avouer que c’est moins ma tasse de thé (jouer à la dînette en faisant semblant de manger, ce n’est pas trop mon truc, au niveau des plaisirs de la table, je préfère le réel au virtuel) !

Plusieurs anecdotes sur une même thématique, ce garçon était plus casse coup que ses frères, premier accident renversé par une mobylette dans un camping, juste quelques égratignures. La fois suivante, c’était en traversant une rue près des cliniques (judicieusement) qu’il se fait renverser par une voiture, admis aussitôt aux urgences mais il n’avait rien de cassé, la troisième fois en tombant de son lit mezzanine, il s’est enfin cassé un bras. Ensuite cela s’est calmé, sportif il avait tendance à réussir dans tous les sports mais c’est surtout en escrime qu’il a brillé sans jamais se blesser.

Le troisième larron a fait 3 ans de prépa à Montesquieu et il a réussi à intégrer une école de mécanique : Sup Méca située en banlieue parisienne à Saint Ouen où il a joué les Rastignacs, logeant dans un studio au 6ème étage d’un immeuble jouxtant les puces, mais avec vue sur le sacré cœur. Il a obtenu son diplôme d’ingénieur au bout de 3 ans en s’occupant beaucoup du BDE et de la commercialisation du Johnny Walker et de la bière. Après avoir débuté sa carrière chez Dassault système sur Paris, il a rencontré une sportive de haut niveau, ex vice-championne du monde d’apnée par équipe. Il a retenu son souffle et a migré sur Lyon où cette jeune personne exerce le métier d’ostéo-poils aux pattes pardon d’ostéopathe. Ils ont ensemble acheté une petite maison dans un quartier très agréable de Lyon. Malheureusement il travaille maintenant chez Michelin à Clermont Ferrand ce qui l’a obligé à passer son permis de conduire (enfin, il était temps) afin de se rendre à son travail avec un véhicule prêté par sa société. On les voit seulement de temps en temps du fait de l’éloignement, préférant séjourner l’été dans les résidences de la belle famille sur la Côte d’Azur et l’hiver dans une station de ski dans les alpes, plutôt que dans notre petite maison sur la côte bretonne à Dinard, encore que cette été ils sont venus deux fois, la première était incontournable car je les avais invités comme ses frères et leurs compagnes dans un restaurant gastronomique étoilé pour fêter nos 70 ans.

 Sa meilleure blague a été de dénoncer ses parents en nous accusant de maltraitance lors d’une rencontre avec une association s’occupant de ces problèmes dans l’école primaire où il était élève. Tout cela parce que nous l’obligions comme ses frères à mettre et à débarrasser la table ! En effet chez ses copains, enfants de chirurgiens, de médecins ou de magistrats, il y avait du personnel pour ce genre d’activités. Pour le gag, nous fûmes convoqués par le directeur de l’école afin de nous justifier, mais rassurez vous, il n’y a pas eu de poursuites judiciaires et nous avons continué à lui imposer des tâches ménagères !



Fils numéro 1
8 septembre, 2018, 7 h 29 min
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Pour en revenir à l’aîné, l’artiste, il a obtenu brillamment son Master d’art plastique, il suivait aussi les cours des beaux-arts, mais il s’est arrêté avant l’obtention du diplôme pour cause de désaccord avec le directeur de l’établissement qui n’était pas moins que Jacques Sauvageot, le secrétaire général de l’UNEF en 1968,  leader du mouvement étudiant avec Geismar et Cohn-Bendit comme quoi, lui et  beaucoup d’autres soixante huitards ont mal évolué, même Cohn-Bendit est devenu macroniste, c’est vous dire ! Depuis il fait l’artiste, un peu marginal, connu entre autres pour ses interventions sur les graphes présents sur les murs des villes en les remettant au propre sur fond blanc pour les rendre plus lisibles afin de sensibiliser les habitants à l’art de rue. Il intervient dans l’espace urbain sous différentes formes : en créant des outils ou en détournant des objets, en organisant des visites de ses installations ou de celle des autres, en diffusant sur le WEB des vidéos et des photos de ses réalisations. Il pratique aussi beaucoup les résidences artistiques, souvent invité en France (Toulouse,Metz, Strasbourg, Marseille, Quimper, Rennes, Paris, Aix en Provence, Besançon, en Europe et au delà (suisse, USA, Allemagne, Russie) et j’en oublie. Membre cofondateur des Frères Ripoulains mais aussi du collectif BIP (bureau d’investigation photographique), membre du FAT (Free Art and Technology lab),  il termine un doctorat en arts, mention arts visuels, mais il tarde un peu, à mon goût, à soutenir cette thèse, pourtant il devrait occuper un demi poste d’ATER à la rentrée prochaine. En s’insérant dans l’université mais sur un emploi encore précaire, c’est la tendance actuellement avec ce gouvernement, il marche dans les pas de son père, espérons que comme ce dernier il fera une belle carrière universitaire ! J’ai les chevilles un peu gonflées, mais c’est à cause l’œdème !. 

 

Juste une anecdote qui m’a marqué parmi beaucoup d’autres, un soir où nous rentrions de Rennes en camping-car et que tous le reste de la famille dormait derrière, assis à côté de moi il était tranquillement en train de se rouler un joint et il a proposé de m’en préparer un comme quoi ce n’est pas un mauvais fils, il est partageux comme moi ! Je lui ai quand même fait remarquer que ce n’était pas l’endroit idéal pour ce genre d’activité où l’on pouvait à tout moment se faire arrêter par les flics. Il en a convenu et a rangé son matériel sans allumer son pétard d’autant plus qu’il aurait intoxiqué ses frères. Je dois reconnaître qu’ayant consciencieusement fumé le cigare au volant pendant 20 ans, c’est surtout moi qui les ai intoxiqué. Avec les nouvelles réglementations cela me coûterait cher, mais je ne fume plus, je n’ai plus de camping-car et les garçons sont grands.

 


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