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La noria, un poste au Mans
23 mars, 2019, 12 h 38 min
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Précédemment, j’avais déjà candidaté, mais sans être retenu, sur un emploi d’assistant ouvert au Mans suite au décès accidentel du professeur qui y enseignait la biologie végétale. Sur le coup j’avais été très déçu mais quelques temps après j’ai obtenu un emploi de niveau supérieur, maître-assistant dans le même établissement.

J’ai bénéficié de la procédure dite de la noria (réservé aux coopérants) dont le principe était le suivant, une fois recruté, pour que le coopérant puisse rentrer dans une université française, il fallait qu’un enseignant titulaire, en poste dans la même université, parte ou soit déjà parti en coopération laissant ainsi disponible son poste budgétaire (astucieux pour le ministère puisqu’à coût nul !). Comme ma famille nombreuse (en devenir, il en manquait encore un) habitait déjà au Mans, j’étais très satisfait d’avoir obtenu ce poste. J’espérais en utilisant les équipements mis à ma disposition mettre en évidence chez cette espèce un métabolisme photosynthétique CAM (trop long à vous expliquer) qui pouvait être présent chez ce genre de plante crassulescente vivant dans un milieu salé un peu hostile. Malheureusement ce projet qui nécessitait l’utilisation de carbone 14 et la participation d’un laboratoire parisien d’agronomie n’a pas abouti car cette recherche était trop fondamentale pour ce laboratoire. Je n’en saurais donc jamais plus sur le métabolisme de cette plante qui je le reconnais n’intéressait pas grand monde, un mystère non résolu !

Le but final était d’utiliser les résultats de ces 10 ans de travaux de recherche afin de soutenir un doctorat d’état. J’ai donc rédigé un document de thèse, pas de chance ce diplôme a été supprimé avant que je puisse le passer, remplacé par la nouvelle thèse d’université qui était sensiblement équivalente à celle que j’avais déjà soutenu 10 ans avant  et surtout par l’HDR (Habilitation à diriger des recherches) qui permettait de postuler sur les emplois de professeur des universités.

Raté, tout était à refaire ! Pour positiver, j’étais quand même, après avoir refusé un emploi similaire à l’université de Rennes, définitivement installé au Mans, titulaire de mon poste de maître-assistant. Par contre, je devais changer de modèle végétal d’étude et sur la pression du collègue qui m’avait recruté. Changement de milieu, mais toujours salé, je me suis tourné vers la mer et les algues et ce n’était pas pour me déplaire, j’aime beaucoup la mer mais surtout la regarder de la plage ou m’y baigner, mais pas naviguer dessus car je soufre du mal de mer ! Cette fois la thématique de recherche était plus ciblée. C’est ainsi que je me suis intéressé aux capacités photosynthétiques de ces végétaux aquatiques et à leur métabolisme carboné. 



Week-end avec deux femmes
19 mars, 2019, 9 h 46 min
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Une petite entracte. Nous étions venu à Dinard afin d’assister au festival du film historique et pas de chance celui-ci a été annulé sans prévenir et surtout sans laisser cette information sur le web, ce qui n’est pas très correcte . Du coup je me suis trouvé coincé à la mer avec deux femmes, la mienne et une amie de madame, germaniste. Nous étions venu pour aller voir des films aussi sommes nous allés tous les jours au cinéma de Dinard et par chance la programmation était acceptable, évitant les films américains, nous avons visionné quatre films français aux thématiques très différentes. Le premier : »Le mystère Henri Pick » très agréable avec Fabrice Luchini a condition d’aimer cet acteur, en général un peu exubérant, l’histoire était bonne et comme disait jean Gabin pour faire un bon film il faut trois choses : »Une bonne histoire., une bonne histoire et une bonne histoire ». Le jour suivant nous sommes allé voir : « Damien veut changer le monde », comédie humaniste très bien interprétée par un acteur très investi dans son rôle, histoire un peu invraisemblable mais se laissant regarder avec plaisir. Le soir suivant, journée de la femme on est allé voir un film de femmes : « celle que vous croyez » avec Juliette Binoche, plus difficile, un peu lourd, très psy, basé sur les réseaux sociaux et les manipulations qu’il peut résulter de leur utilisation mal maîtrisée, un va et vient entre le monde concret et le monde virtuel d’une femme vieillissante qui essaie de se retrouver face à sa psychiatre; des problèmes de femmes que nous les hommes qui restons perpétuellement beau ne pouvons pas comprendre ! Enfin pour le fun un dernier film que nous espérons plus détendant, une séance de promotion en présence du réalisateur et des deux acteurs principaux Alexandra Lamy et José Garcia : «  Chamboultout «. Ce film que nous pensions être une comédie nous a surpris par un côté dramatique en filigrane, servi par un panel d’excellents acteurs bien dirigés, a égayé le dernier jour de notre séjour à Dinard.

Le reste des journées était plus difficile pour moi, les deux ex prof de langue tâtassaient à longueur de journée sur leurs expériences réciproques de vie professionnelle, de vie familiale, d’aventures de jeunesse, etc. j’en passe et des pires ! j’avais difficilement la parole me cantonnant au rôle de chauffeur de mesdames, évitant de faire du bruit en faisant la vaisselle, en fait c’était le lave-vaisselles qui faisait du bruit ! Me réfugiant dans ma chambre afin de me concentrer pour lire le dernier Houellebecq. Pas facile d’être un homme dans cette époque hyper féminisée ou l’on risque d’être pris pour un harceleur pour la moindre petite blague sexiste qui nous font pourtant beaucoup rire nous les hommes !

Pour parler encore cinéma, « Rebelles » un film noir, féministe où les hommes sont maltraités  avec un excellent trio d’actrices,  la merveilleuse Cecile de France, Audrey Lami surprenante et l’incontournable Yolande Moreau que je vous conseille.



A l’université d’Oran
16 mars, 2019, 11 h 23 min
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A l’université d’Oran, expatrié, j’ai enseigné la physiologie végétale pendant 12 longues années, répétant mon cours deux fois par an car l’enseignement supérieur fonctionnait dans un système semestriel afin d’éviter les redoublements. J’assurai aussi l’enseignement pratique et dirigé, je l’ai ensuite partagé avec un collègue africain et avec lui j’ai développé l’offre de formation afin de mener quelques étudiants jusqu’au doctorat; j’y reviendrais.

Au niveau recherche, sur ma lancée, dans le même laboratoire et avec le même professeur (je suis un peu masochiste), je me suis inscrit en doctorat d’état à l’université de Caen. Cette fois, ayant fait mes classes, si l’on peut dire, j’ai eu le droit d’approcher le graal, c’est à dire d’intégrer la thématique principale du laboratoire : une recherche fondamentale sur les halophytes (des plantes vivant sur des terrains salés). Fini les activités paysannes plus ou moins appliquées, j’allais enfin faire de la vrai science juste pour le plaisir ! Profitant de ma présence en Algérie, le professeur m’a proposé de regarder une petite plante des sebkhas (les lacs salés d’Afrique du nord); c’était sa méthode pour proposer un sujet de thèse : « regarder », succinct mais totalement ouvert avec une totale liberté : « demerdenzizich » comme on dit en faux allemand.

Les bonnes années quand il était en forme, ce professeur directeur de thèse rajoutait parfois un complément d’information : regarder les phénols, l’azote ou le potassium, etc. Rien de plus pour moi, je me suis donc débrouillé tout seul, au Maghreb loin de la Normandie. Dans un premier temps, de septembre à février, je n’ai pas réussi à repérer cette petite plante en milieu naturel et pour cause elle n’avait pas encore germé, arpentant pourtant  les rives des lacs salés où elle avait été signalée dans la littérature scientifique par les botanistes au temps de la colonisation, donc rien à reparler ! En fait, j’ai découvert un peu tard que c’était une plante annuelle éphémère dont l’apparition était fortement dépendante des précipitations assez irrégulières dans ce pays donc à la fin de l’hiver. J’ai ensuite démontré que, en plus, la période de pluie devait être conséquente pour dessaler suffisamment le sol des stations ou s’installait cette espèce très discrète et permettre sa germination. De plus elle était pionnière, s’installant en avant des autres ceintures de végétation. C’est sur la sebkha d’Arzew que grâce à une charmante collègue qui n’a pas eu peur de s’aventurer vers le centre du lac salé (un risque d’enlisement, mais elle était plus mince que moi et ignorait le risque, un de mes anciens étudiants maintenant professeur à l’université d’Oran s’est enlisé et s’est fait une entorse sur cette sebkha la semaine dernière, comme quoi le risque perdure) que ma première station a été localisée. Je lui dois beaucoup car après plusieurs mois de recherches infructueuses, je commençais à être un peu découragé.

Ce fut mon terrain d’études pendant les années suivantes et je l’ai beaucoup exploité. Ces travaux sur le terrain ont mené à plusieurs publications (en langue française à retrouver sur Google) pour ensuite cultiver en conditions contrôlées Halopeplis amplexicaulis en Algérie puis au Mans. En milieu naturel, cette petite plante crassulescente à feuilles embrassantes développait très rapidement ses organes reproducteurs afin d’assurer sa pérennité en répandant ses graines durant l’été. J’ai prolongé ces travaux à l’université du Maine au Mans dans le laboratoire de physiologie végétale pendant mes vacances en France lorsque que j’y fus rattaché. C’était de la recherche très fondamentale que j’ai rapidement abandonnée car il n’y avait aucune application pratique de ces travaux hormis d’enrichir la connaissance et ce n’était plus du tout à la mode. Maintenant en poste dans une université française je devais orienter mes travaux vers des thèmes de recherche appliquée, si je voulais être reconnu et financé. En Algérie c’était plus simple puisque je finançais moi-même et discrètement mes travaux personnels de recherche, heureusement mon double salaire me le permettait !



En 3ème cycle
9 mars, 2019, 9 h 37 min
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J’ai donc suivi cette formation de 3ème cycle en effectuant la partie pratique du diplôme en partie au laboratoire, m’initiant aux techniques d’analyses des sols, et en partie au niveau de la chambre d’agriculture de Caen pour laquelle j’ai réalisé une enquête sur le devenir de la populiculture dans le bocage virois dont les plantations avaient été financées par cet organisme dans les années 1950. Souvent, pour le paysan, la plantation de peupliers correspondait à la naissance d’une fille en vue de financer son mariage vingt ans plus tard. J’ai effectué, tout l’hiver dans la brume et le froid, souvent les pieds dans l’eau glacée (j’avais quand même des bottes), une enquête chez les paysans planteurs de peuplier, visitant les peupleraies et y faisant des mesures et finissant par un café calva dans la cuisine de la ferme afin de remplir mon enquête au chaud. J’ai compilé les résultats dans un mémoire qui a ensuite été publié, mais sans nom d’auteur, par la chambre d’agriculture de Caen. Ce jour là, j’ai compris que je devrais me battre tout au long de ma carrière pour que mes droits d’auteurs soient respectés. 

Suite à  ce DEA, je me suis inscrit en doctorat poursuivant des travaux de recherche en physiologie végétale dans le même laboratoire mais un peu à la marge; les enseignant-chercheurs titulaires développaient des travaux sur les halophytes (plantes vivant sur les terrains salés); mais plutôt que de la recherche fondamentale, les nouveaux thésards dont je faisais partie avaient été orientés par le patron du labo vers de la recherche plus appliquée sur des plantes à intérêt agronomique. C’est ainsi qu’il me proposa de travailler avec une coopérative agricole CoopCan sur un problème rencontré par les producteurs de maïs fourrage du Calvados correspondant à une anomalie de développement des jeunes plants associée à un bleuissement des tiges et des feuilles. Sujet de recherche un peu bizarre sur lequel j’ai perdu presqu’un an sans réussir à reproduire dans la serre du laboratoire ce phénomène. Peu, voire pas du tout, aidé par mon directeur de recherche, j’ai pris sur moi de réorienter mes travaux sur les effets de la sécheresse sur la nutrition minérale du maïs variété LG11 (LG pour Limagrain, mais je l’ai découvert beaucoup plus tard, lors d’un séjour en Auvergne). L’originalité de ces travaux portait sur le fait que je simulais la sécheresse lors des cultures des plantules en hyroponie, c’est à dire en milieu liquide, en ajoutant dans la solution nutritive un agent osmotique le PEG (polyéthylène glycol) qui réduisait la prise d’eau par les plantes. Je m’en suis sorti avec difficultés, mais j’ai pu soutenir cette thèse à Caen quelques années plus tard alors que j’étais en poste en Algérie à l’université d’Oran après avoir effectué mes 18 mois de service national en coopération. Ce doctorat m’a valu une promotion et je suis passé d’assistant à maître-assistant. 

 



Mai 68 la fin !
2 mars, 2019, 11 h 43 min
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Par contre en septembre 68, fini la rigolade, il fallait rattraper l’année et deux sessions d’examens ont été organisées. J’ai été reçu à la deuxième, pour mon malheur, car ceux qui ont été collés se sont retrouvés en deuxième année de pharmacie et 4 ans plus tard ils avaient un emploi et pas moi, comme quoi les bons élèves ne sont pas toujours récompensés.

Ensuite, pour la licence, j’ai eu le choix entre de la biologie animale ou de la biologie végétale, et ayant eu quelques problèmes avec le professeur de biologie animale (il m’avait expulsé de son bureau avec un zéro pointé lors d’un examen oral en me disant que je ferais un bon ouvrier à la Saviem). Du coup j’ai choisi la filière végétale : à quoi cela tient, une vocation ! En licence, j’ai un peu trainé ayant échoué à l’un des certificats, celui de botanique justement, à croire que j’étais un peu là par défaut, mais j’avais une excuse j’étais amoureux des choses qui arrivent avec l’âge ! Par contre j’avais obtenu celui de physiologie végétale théoriquement plus difficile, mais c’était prédestiné puisque j’ai enseigné cette matière durant toute ma carrière.

J’ai dû refaire une année, et pour m’occuper et gagner mon indépendance financière, j’ai occupé en même temps un emploi de pion/prof de sciences naturelles dans un collège d’Alençon. Une année de galère au cours de laquelle j’ai constaté qu’enseigner à des gamins et des gamines insupportables n’était pas du tout mon truc. Cela m’a remotivé et l’année suivante j’ai obtenu les deux certificats de la maîtrise de biologie végétale, microbiologie et phytogéographie à la première cession, avec mention assez bien et major de promotion dans ce dernier certificat; j’étais devenu un bon élève.

J’hésitais sur ma poursuite d’études, j’avais tenté un recrutement à l’ORSTOM (office de la recherche scientifique et technique outre-mer devenu IRD, Institut de recherche pour le développement) envie d’Afrique, mais sans succès et pourtant j’avais mis une cravate lors de l’audition ! Le professeur de microbiologie m’avait proposé d’intégrer sur titre une filière d’ingéniorat dans l’agroalimentaire mais il fallait aller vivre à Paris et je n’en avais ni les moyens ni l’envie. J’ai choisi la qualité de vie, en restant sur Caen avec mon amoureuse et en m’inscrivant dans un DEA de biologie et physiologie végétales. J’ai dû me marier rapidement afin d’obtenir une bourse d’études, théoriquement d’excellence et j’étais excellent, mais avec une petite part sociale, afin que les gros revenus de mes parents ne soient  pris en compte par l’administration, et d’éviter ainsi de perdre la bourse (pas la vie) mais ma liberté; encore que du coup je m’étais mis la corde au cou.



Mes études, la suite !
23 février, 2019, 13 h 12 min
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Les méthodes pédagogiques des professeurs de l’époque consistaient à essayer de décourager un maximum d’étudiants et en fin d’année d’en coller une bonne partie avec des examens particulièrement difficiles. Il n’y avait pas de compensation entre les épreuves, ce qui m’a valu d’être la première année reçu à l’écrit, mais collé aux TP obligé de repasser les épreuves pratiques et les oraux à la session de septembre.

C’était la fameuse sélection par l’échec en première année d’université que le ministère a essayé plusieurs fois de masquer par des mesures d’accompagnement des étudiants en difficultés (des plans licences) sans jamais vraiment de résultats.

Aussi cette sélection par l’échec a fonctionné durant toute ma carrière sans que l’on puisse la résorber. Je ne crois pas que la mise en place récente de « parcours sup », afin de  soi-disant orienter les étudiants vers des filières où ils auraient plus de chance de réussir, soit une solution suffisante à ce problème; le gouvernement, malgré ses promesses, n’ayant pas mis de moyens pour la partie remise à niveau. Son seul but est d’essayer de désengorger des filières saturées comme le STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou la psychologie. Du coup un certain nombre d’étudiants s’inscrivent par défaut dans des formations qu’ils n’ont pas choisies et d’autres en attente de l’ouverture de concours comme celui des écoles d’infirmières, enfin il y en a qui viennent pour la lumière et le chauffage comme disait Sarkozy et il n’a pas totalement tort pour une fois !

Je suis quand même passé en deuxième année, mais j’étais loin d’être au bout de ma peine (encore qu’être étudiant pendant 8 ans comme moi, est-ce vraiment pénible ?). Il est vrai qu’en deuxième année nous étions beaucoup moins nombreux, une petite cinquantaine en CB et une trentaine en BG sur 250 au départ, c’était une vraie épuration. Cette deuxième année a été un peu agitée car nous étions en 1968. Les cours se sont arrêtés en avril et il faisait très beau. J’étais déjà de gauche, adhérent à l’UNEF donc cette période a été très enrichissante, pas scientifiquement je le reconnais mais intellectuellement. Refaire le monde lors de nombreuses assemblées générales dans l’amphi Pierre Daure (un physicien ancien recteur de l’académie de Caen d’avant la guerre) une sorte de théâtre de plus de 600 places malheureusement trop petit pour accueillir tous les jeunes révolutionnaires. J’étais trop timide pour prendre la parole aussi je ne suis jamais devenu un leader ! Du fait de mon appartenance syndicale j’étais malgré tout chargé d’animer les réunions qui concernaient  la Biologie. Durant cette période, j’ai usé beaucoup de chaussures en arpentant les rues de la ville de Caen. Après s’être beaucoup amusés nous avons décidé à plusieurs que nous avions suffisamment fait la révolution et nous sommes parti en vacances en Espagne (voir : A nous les petites allemandes). 



Comment je suis devenu professeur des universités !
16 février, 2019, 12 h 04 min
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Après avoir abondamment parlé dans ce blog de toute ma famille proche ou plus éloignée, il est temps si vous le permettez (mais vous n’avez pas le choix) que je consacre quelques lignes au sujet qui m’intéresse le plus, moi-même !

Je suis rentré à l’université de Caen en septembre 1966 comme étudiant après avoir été reçu au bac dit Fouchet, du nom du ministre de De Gaulle, particulièrement difficile. Je n’avais pas de but professionnel précis, hormis celui de m’inscrire dans la filière biologie afin d’être étudiant, le rêve de tout lycéen à l’époque car synonyme de liberté après des années de lycées casernes.

Le SPCN venait de disparaître remplacé par deux années dites de CB-BG, du coup je prenais une année de plus pour arriver en licence, mais en échange le ministère nous gratifiait d’un nouveau diplôme à bac plus 2, le DUES (diplôme universitaire d’études scientifiques) qui ne valait rien, une belle arnaque !

Dès les premiers cours, les profs nous avaient briefé négativement en nous précisant qu’il n’y avait pas de débouchés dans cette filière et que nous n’aurions pas dû nous y inscrire (discours que j’ai entendu durant toute ma carrière mais auquel je n’ai jamais souscrit). Pas très encourageant, mais c’était la mode à l’époque, les profs mandarins se sentaient inamovibles pourtant ils se tiraient une balle dans le pied dans la mesure où sans étudiants, ils n’auraient pas eu de raison d’être. Pourtant à l’époque l’étudiant était pour la plupart d’entre eux un artéfact de leur profession et seul importaient leurs activités de recherches.

L’une des raisons de cette attitude était que nous étions trop nombreux dépassant les capacités d’accueil des amphis dans lesquels ils diffusaient leur enseignement magistral. La présence d’étudiants sur les marches les insupportait car cela générait un certain désordre que nous avions tendance à amplifier lorsque le cours manquait d’intérêt, ce qui était fréquent !



Mes grands parents dernier chapitre
9 février, 2019, 12 h 31 min
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Revenons au jardin de mes grands parents paternel, au fond du jardin d’agrément deux murets avec un passage en pergola permettait d’accéder au potager et à une grande allée bordée d’arbres fruitiers en espalier, des pommiers et surtout des poiriers sur lesquels étaient parfois fixées des carafes afin que la poire se développe à l’intérieur et mon grand père après récupération y plaçait de l’alcool. J’ai longtemps vu chez mes parents de telles carafes avec une grosse poire à l’intérieur baignant dans du calvados, et les non initiés se demandaient souvent comment on avait pu la faire rentrer, mais cette tradition familiale a disparu depuis longtemps; je ne possède plus de telles carafes, dommage, le plus difficile était de consommer l’alcool avec modération et de ne pas oublier d’en rajouter quand la poire commençait à émerger.

Cette allée menait au fond où se trouvait une partie boisée collant à l’ancienne muraille de la ville. Sur la droite on trouvait une fosse de compostage dans laquelle traditionnellement les mâles de la famille urinaient régulièrement afin de l’enrichir en azote. On trouvait ensuite un poulailler, un appentis pour ranger les outils de jardinage et des toilettes à l’ancienne (au fond du jardin !) avec un siège en bois muni  d’un trou rond et d’un couvercle. Il y avait enfin un garage en préfabriqué dans le coin gauche ou mon grand-père rangeait sa 2CV Citroën et un portail permettant d’accéder à une cour avec quelques bâtiments servant de garages ou de remises et débouchant sur la rue.

Quand j’étais gamin, il y avait une école juste à côté et du jardin nous pouvions observer les enfants jouant dans la cour; elle a ensuite été détruite, reconstruite un peu plus loin et remplacée par un parking.

 C’est dans ce jardin que, plus tard, mes parents ont fait construire une maison pour leur retraite, le terrain était bien situé, à proximité de la cathédrale donc en plein centre ville, le long des murailles de la ville, mais malencontreusement  il correspondait aux anciennes douves qui avaient été comblées aussi a-t-il fallu creuser très profond pour trouver un terrain solide permettant de placer des poteaux en béton afin d’implanter la maison. Une fois construite après quelques difficultés avec les services des monuments historiques dans la mesure où la façade donnait sur une placette bordée par un reste des anciens remparts de la cité, elle faisait l’objet de remarques désagréables par le guide municipal qui faisait visiter la ville aux touristes; il la présentait comme la verrue de la place du Plénitre, ce qui ne faisait pas plaisir à mon père.

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La maison de mes parents

Cette maison très confortable dans laquelle mes parents ont vécu plus d’une trentaine d’années fut ensuite vendue lorsqu’ils sont partis s’installer près de chez notre sœur en Bretagne dans la banlieue de Rennes en y achetant un appartement. Mon père y a vécu très peu de temps ayant perdu son autonomie, ma mère ne pouvant plus s’occuper de lui, il a été placé en EPHAD. Ma mère y a vécu quelques années puis ayant du mal à se déplacer et ne pouvant plus rester seule elle est, elle aussi, maintenant en maison de retraite et semble s’y être bien acclimatée. Ma soeur, une aide soignante amie viennent la voir presque tous les jours et mon frère et moi lui rendons visite de temps en temps, lorsque nous pouvons nous déplacer.



Grands parents paternels
2 février, 2019, 12 h 07 min
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Ma grand-mère paternelle était elle aussi assez sévère, attachant ma sœur quand elle était petite avec un morceau de laine afin qu’elle ne bouge pas de sa chaise. Elle était très exigeante sur la propreté de sa maison et elle passait beaucoup de temps à astiquer les meubles jusqu’au barres sous la table de la salle à manger après les repas. Lors de nos vacances à la mer à Riva-Bella, dans leur villa, les règles étaient elles aussi sévères; les repas étaient un moment essentiel de la journée à heure fixe, midi et demi et nos cousins qui rentraient déjeuner à points d’heures choquaient terriblement nos grands parents lorsque à table dans la salle à manger de la villa nous les voyons passer sous nos fenêtres, rentrant de la plage pieds nus, les garçons en blue-jeans (ce que mon grand-père ne supportait pas car pour lui c’était un vêtement de travail) dans la maison voisine. Sans rien dire nous aurions bien voulu être à leur place, mais nous étions obligé d’acquiescer au discours moralisateur de mon grand-père.

Les repas étaient un peu longs car nous n’avions pas le droit de parler à table. Par contre ma grand-mère paternelle était une excellente cuisinière, l’autre aussi d’ailleurs, et nous régalait avec ses pommes de terre sautées coupées en petit carré. A la mer, elle nous préparait aussi des rognons de mouton coupés par la moitié et enfilés sur des petites broches métalliques et des maquereaux au four, à la crème et au vin blanc, recette  excellente que je continue à pratiquer à Dinard.

 

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De haute en bas: colins mayonnaise, langouste en belle vue, et jambon en croute sauce madère

À Alençon lors du repas traditionnel du dimanche midi, les mois en r il y avait toujours des huîtres, c’est à dire hors des périodes de reproduction (les huîtres triploïdes n’avaient pas encore été inventées). Ma mère adorait cela et elle nous a transmis son addiction. Dans les deux familles, mon frère, ma sœur et moi nous  avons toujours très bien mangé, la bonne bouffe était une tradition familiale le contraire aurait été étonnant compte tenu de la profession de nos parents et de nos grands parents. Nos conjoints au début de nos existences communes en ont largement profité en allant chercher le samedi soir quelques mets fins dans les chambres froides de la charcuterie et en ont gardé un souvenir impérissable. Par atavisme nous étions tous très bouffe dans la famille participant tout les dimanches matins à la réalisation de plats correspondant à une petite activité traiteur de la charcuterie comme le montre les photos des plats préparés (voir ci-dessus).

Bon appétit !



Mon grand-père paternel
26 janvier, 2019, 11 h 57 min
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Mon autre grand père, Maurice, celui qui me faisait revoir mes leçons, était plus sévère surtout lorsqu’il revêtait sa grande robe noire de juge au tribunal de commerce d’Alençon. Autodidacte cultivé comme son frère aîné, Fernand, qui lui n’avait pas pu être charcutier à cause d’une blessure au poignet reçue lors de la guerre 14/18. Ce dernier avait épousé une fille de droguiste dont il avait grandement développé la société, grossiste ayant profité pendant longtemps d’une sorte de monopole pour tout ce qui était produits de droguerie sur tout l’ouest de la France.

Mon grand-père avait donc hérité de la charcuterie familiale de mon arrière grand père Jules et il l’a fit beaucoup prospérer, développant en particulier la production semi-indutrielle de rillettes et ouvrant un deuxième magasin à la périphérie d’Alençon. Il lisait le Figaro ce qui nous permettait à ma sœur et moi de participer aux concours de château de sable à Riva-Bella organisé par ce journal tous les étés. A la retraite, il habitait avec ma grand-mère dans une grande maison très confortable qu’il avait fait construire par un architecte lors de l’entre deux guerres. Elle était située dans une rue proche de la charcuterie, la rue Cazault, et elle était reliée à celle ci par une ligne téléphonique privée directe ce qui était très pratique. C’était une maison bourgeoise traditionnelle, on y pénétrait par un couloir qui desservait un salon sur la gauche puis après une porte vitrée, on débouchait dans un grand hall d’où partait un grand escalier permettant d’accéder au chambres. Deux chambres au premier étage, dont celle de mes grands parents qui possédait un balcon donnant sur le jardin avec une grande salle de bain et une baignoire à l’ancienne et surtout, original, un gros coffre-fort peint dans les tons de la salle de bain, les voleurs ne l’ont jamais trouvé. Au deuxième étage 3 chambres, une petite pour la bonne, une plus grande à côté où j’ai logé à partir de septembre 1968 afin que ma grand-mère ne soit pas seule dans sa grande maison; mais afin surtout d’éviter une réquisition car une loi avait été proclamée par le gouvernement de l’époque pour lutter contre le manque de logements préconisant la réquisition des habitations insuffisamment occupées. Il y avait en plus une autre grande chambre sur la rue rarement occupée. Un petit escalier discret permettait d’accéder à un grand grenier rempli de souvenirs et en particulier des jouets de mon père et de mon oncle.

Revenons au rez-de-chaussée, au bout de ce hall d’un côté une salle à manger qui s’ouvrait sur une véranda et de l’autre une grande cuisine donnant sur une terrasse et permettant d’accéder au jardin. Ce dernier était divisé en deux parties, la première consistait en un jardin d’agrément avec un bassin carrelé en bleu au centre, où nageaient quelques poissons rouges avec au fond un rocher surmonté d’une statue représentant une naïade sortant du bain mais dont les attributs étaient cachés par un drapé et d’où coulait un jet d’eau par intermittences; du côté droit en descendant la terrasse il y avait un bac à sable, (sable prélevé sur la plage de Riva-Bella, ce qui était interdit) et dans lequel nous avons beaucoup joué; à gauche un large escalier descendait à la cave qui s’étendait sous toute la maison. Cette cave comportait plusieurs parties : un grand atelier équipé à la fois pour travailler le bois et le fer, une pièce obscure où étaient conservées les pommes du jardin mais aussi celles d’un verger que possédait près d’Alençon, à  Saint Gervais du Perron, mes grands-parents, une cave à vin où dans un petit tonneau vieillissait, entre autre, du calvados et enfin une chaufferie dans mon enfance alimentée avec du charbon qu’il fallait charger tous les jours puis plus tard par du fuel. Après le décès de mes grands parents cette superbe maison a été louée quelques années à un colonel puis elle fut achetée par l’agence immobilière voisine qui souhaitait s’agrandir et qui a dû la saccager, c’est navrant.

 


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