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Grands parents, la suite
12 janvier, 2019, 12 h 01 min
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Concernant ce grand père maternel, quelques souvenirs, il avait fait la guerre 14/18, 7 années à l’armée avec un long séjour dans les Balkans et il en était revenu en héros avec plusieurs médailles qu’il était fier de nous montrer. Il élevait des poules et des lapins et je participais au sacrifice de ces animaux pour assurer le repas quotidien, de temps en temps lorsqu’il y avait quelques pigeons qui séjournaient sur le mur d’en face, il nous annonçait qu’il y aurait du pigeon au repas de midi et il allait chercher sa carabine pour les « cueillir ». En ce qui concerne les repas mon meilleur souvenir est celui du vendredi midi où notre grand-mère nous préparait des galettes de Sarrazin à volonté; c’était impressionnant car pour rassasier ses 6 petits enfants il fallait qu’elle assure une production en continu devant son fourneau pendant plusieurs heures, ce devait être très fatigant, mais elle était tellement heureuse de nous faire plaisir qu’elle devait en oublier sa fatigue, du moins je l’espère.

 Dans cette grande maison de maître où avait dû vivre une famille bourgeoise traditionnelle, il y avait encore au niveau de l’arrière  cuisine un vieux tableau électrique avec des numéros correspondant aux chambres permettant aux habitants d’appeler les domestiques pour leur petit déjeuner par exemple, mais il n’était plus fonctionnel et il n’y avait plus de domestiques.

 Nous avions l’habitude d’entrer par la cuisine empruntant rarement l’entrée principale qui ouvrait sur un long et large couloir qui menait à un escalier majestueux menant à l’étage où il y avait 4 où 5 grandes chambres. Au deuxième étage il y avait aussi quelques chambres plus petites dont certaines étaient louées à des ouvriers et un grand grenier rempli jusqu’au toit de vieilleries appartenant aux précédents propriétaires. Je le souviens d’avoir participé à le vider avec mon grand-père et les compagnons d’Emmaüs peu de temps avant la vente de la propriété parce que nous y avions trouvé des obus datant de la 2ème guerre mondiale.

Quand j’étais jeune deux chambres du premier étage étaient encore louées à une famille nombreuse dont les enfants devaient dormir à plusieurs dans un grand lit. Ces locataires une fois partis nous avons récupéré ces chambres et en particulier le frère de ma grand mère que nous appelions « Tonton René » qui précédemment habitait une petite maison tout en haut de la cour Langlois. D’autres locataires un peu bizarres occupaient l’aile droite du rez-de-chaussée et y sont restés jusqu’à la vente de la maison et qui élevaient des dizaines de chats ce qui contrariait fortement mes grands parents. Dans nos familles de charcutiers, les chats n’avaient pas bonne presse. Depuis ma femme et mes enfants ont plein de chats, je me suis fait une raison !



Mes grands-parents !
5 janvier, 2019, 12 h 48 min
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Comme un peu tout le monde, j’ai eu deux grands pères tous les deux charcutiers dans l’Orne, l’un à Argentan l’autre à Alençon. Dans les deux villes leurs magasins étaient judicieusement situés à proximité de la cathédrale, donc dans la zone commerçante du centre-ville. Ils ont  tous les deux avec leurs épouses respectives faits de très bonnes affaires, faisant fructifier leurs établissements. Il n’existait pas encore de caisse de retraite pour les petits commerçants aussi devaient-ils investir dans l’immobilier. Mon grand père paternel, Maurice, achetant entre les deux guerres une grande villa au bord de la mer de la Manche à Ouistreham-Riva-Bella, faisant construire plus tard pour sa retraite une maison d’architecte spacieuse à Alençon, achetant les commerces autour de sa charcuterie afin de pouvoir permettre à ses successeurs (!) de s’agrandir un jour.

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Charcuteries de mon arrière grand-père (Jules) et de mon grand-père à Alençon

Mon grand père maternel, Léon, de son côté a investi à Flers de l’Orne en achetant, en viager, une grande propriété de maître avec parc arboré et une cour privée, la cours Langlois, où se trouvait une demi-douzaine  de petites maisons mais aussi une salle des ventes et une salle de judo.

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Maison de maître à Flers

Il avait fait une très bonne affaire ne payant qu’une année de viager, le propriétaire étant décédé prématurément. Nous avons profité ma sœur, mon frère, moi et nos cousins, abondamment de ces résidences de vacances pendant toute notre jeunesse puis malheureusement elles furent vendues.

 

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Villa à Riva-Bella

Tout d’abord la propriété de Flers que mon grand père a vendu pour revenir dans sa ville d’origine, Argentan, où il avait fait construire une petite maison proche de la gare où vivait aussi le frère de ma grand mère, dit tonton René. Mon grand-père n’en a pas profité très longtemps décédant dans sa soixante troisième année. Cardiaque il avait fait le choix de ne pas suivre les conseils des médecins et de ne pas faire de régime (un peu comme moi, encore que je fais de temps en temps des efforts). Ma mère aime à rappeler que le jour de son décès, il y avait un kg de tripes pour son repas de midi dans le frigo. Par contre mon autre grand père atteint des mêmes maladies à suivi les conseils des médecins se privant de beaucoup de choses, il a vécu un ou deux ans de plus mais de façon beaucoup moins agréable. Je vais bientôt me trouver face à ce choix, pas facile, cela m’inquiète. Ma nature me pousse plutôt vers le choix de mon grand père maternel, j’ai souvent un pied de cochon ou d’autres douceurs charcutières dans mon frigo !



Ma soeur, suite et fin !
29 décembre, 2018, 12 h 46 min
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Elle est ensuite devenue fonctionnaire en obtenant un poste en milieu hospitalier d’abord en région parisienne puis en Bretagne à Rennes. Elle a épousé à Argentan, dont il est originaire, un militant barbu très engagé dans la vie syndicale, à la CGT, syndicat au niveau du quel il a rapidement pris des galons et où il a été détaché comme permanent pendant une grande partie de sa carrière. Toutefois pour l’avoir accompagné quelquefois à Paris, il se rendait souvent place du Colonel Fabien ! Je dis cela, je dis rien !

Ils ont eu deux enfants un garçon et une fille, renouvelant juste l’espèce comme beaucoup de couples, moi j’ai fait exception ! Les enfants sont maintenant tous les deux pacsés  et ont quitté la Bretagne, le garçon ingénieur en électronique est installé à Tours avec sa femme comptable et une petite fille. La fille est montée vers le Nord dans les hauts de France, elle a deux petites filles et elle est webmaster après une formation de deux ans en IUT; profession dans laquelle elle a réussi brillamment et bénéficie de fortes rémunérations. Son conjoint est ingénieur.

Ma sœur et son mari avaient acheté une maison neuve dans la banlieue de Rennes à Chantepie, village dans lequel se sont ensuite installés mes parents lorsque notre père a eu des problèmes de santé, ma mère souhaitant se rapprocher de sa fille. Mon père décédé, ma sœur s’occupe toujours beaucoup de notre mère qui est maintenant en maison de retraite après avoir vécu plus d’une dizaine d’années dans un appartement qu’ils avaient acheté dans la même localité. Avec son époux très bricoleur et excellent jardinier, ils profitent de leur retraite pour voyager en France en utilisant une caravane attelée à un petit camion camping aménagé par leurs soins et à l’étranger en voyage organisé à base de randonnées pédestres.



Ma soeur
22 décembre, 2018, 8 h 40 min
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Ma sœur est née trois ans après moi, je n’étais plus fils unique, mais j’en avais bien profité si l’on regarde tous les albums photographiques qui me sont consacrés. J’avais donc maintenant une petite sœur et je devenais un grand frère. Il fallait de la place pour ses deux enfant alors mes parents ont fait percer un mur de leur chambre afin de pouvoir accéder à une pièce de la maison d’à côté dont mon grand père était propriétaire.

Nous avons ainsi dormi plusieurs années chez le voisin dans une chambre au mobilier caractéristique de l’époque en bois plaqué de couleur beige avec deux lits jumeaux, deux bibliothèques d’angle, deux tables de nuit identiques et une armoire commune du même métal ! La fenêtre donnait sur l’impasse permettant d’accéder à l’arrière de la charcuterie. Quelques années plus tard ma sœur a quitté cette chambre remplacée par mon jeune frère et elle emménagea dans la chambre dite du devant car donnant sur la grande rue.

À 14 ans je suis parti en pension à Caen et du coup ne rentrant que de temps en temps à Alençon et lors des vacances, j’ai un peu perdu de vue ma sœur. Je ne l’ai vraiment retrouvée que lorsqu’elle est venue faire une année d’étude à l’université de Caen alors que j’y étais en quatrième année de biologie. Elle y a suivi la première année de CB-BG comme je l’avais fait quelques années plutôt, mais elle n’a pas poursuivi dans cette filière pour s’orienter vers une formation paramédicale de diététicienne qu’elle a suivi à Paris.

 



Fin d’une dynastie !
14 décembre, 2018, 23 h 38 min
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Mais c’en n’était pas fini avec l’immobilier; en effet mes parents, suite à  des héritages, avaient accumulés beaucoup de biens immobiliers s’ajoutant à ceux qu’ils avaient eux-mêmes achetés. La charcuterie était à l’époque un métier très rémunérateur; ils étaient propriétaires  d’un studio à Paris dans lequel a vécu mon frère quelques temps et de places dans un parking souterrain, fait construire des garages à Alençon comme placement financiers, acheté un appartement à Alençon et pour les loisirs un appartement à la montagne et une maison de campagne. Ils avaient hérité de la maison de mon grand-père paternel, et des commerces voisins de la charcuterie que mon grand-père avait achetés pour agrandir le magasin si j’avais succédé à mon père. Du côté maternel, ma mère avait hérité d’une demi-douzaine de maisons dans la cour Langlois à Flers. Ce n’était pas vraiment une bonne affaire car toutes les maisons étaient assujetties au loyer de 1948 peu rémunérateur pour les propriétaires qui ne couvraient même pas les frais. Bref avec tout cela ils étaient imposés sur la fortune jusqu’à ce que l’on devienne, mon frère, ma sœur et moi, en partie propriétaires de ces biens en indivision après donations.

Profitant de leur longue retraite et de leurs moyens financiers, ils ont beaucoup voyagé avec une bande d’amis dans le monde entier, même jusqu’en Chine à une époque où ce n’était pas encore la mode. La maladie de mon père a mis fin à leurs pérégrinations et c’est bien dommage. A la retraite, courageusement, ils nous recevaient tous, leurs trois enfants, leurs conjoints et les 9 petits enfants lors de week-end prolongés et surtout à Noël pour le réveillons, excellent repas que notre père préparait avec très grand soin. Nous arrivions à nous loger tous mais certains enfants devaient dormir dans une sorte de grenier.

Dans le sous sol très spacieux en dehors du billard russe, nous pouvions aussi jouer au ping-pong. De plus mon père y avait installé une annexe de la cuisine où il pouvait préparer des plats lorsque nous étions nombreux à table. Dans cette cuisine en sous-sol il m’a appris à préparer le foie gras. Il avait aussi gardé une sertisseuse qui permettait de faire des conserves de pastis pour exporter discrètement ce produit vers les pays musulmans en mettant sur la boite une étiquette de rillettes, rendant ainsi service aux expatriés comme moi.

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De tout cela il ne reste plus comme trace que ce papier à en-tête montrant les deux produits phares de la société Tremblin et fils dont j’ai fait partie pendant quelques années après le décès de mon grand-père paternel lorsque j’étais étudiant. Malheureusement, je n’ai pas reprisla charcuterie et le successeur de mon père a refusé de racheter ces marques qui ont définitivement disparues. Ainsi se termine la saga des Tremblin charcutiers à Alençon dans l’Orne.



L’immobilier
8 décembre, 2018, 16 h 35 min
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Au départ en retraite de mes parents, comme il n’y avait pas de successeur parmi leurs enfants, ils ont facilement vendu leur pas de porte, à l’époque cela avait encore de la valeur. Le successeur a bien réussi développant en complément de la charcuterie des activités de traiteur très lucratives, si bien qu’assez rapidement il a remboursé mon père qui lui avait fait en partie crédit sur la vente du pas de porte. Ensuite, il a aussi racheté les murs de la charcuterie, par contre il n’a pas voulu de la marque déposée : « Rillettes du Château des Ducs d’Alençon».

Mais au préalable mon père avait fait transformer les laboratoires où il produisait les rillettes dans un bâtiment voisin situé au dessus de plusieurs garages en 3 studios qu’il a conservé. L’ensemble fut revendu par ma mère après le décès de mon père. Elle avait mis en vente ce bien auprès d’une agence qui avait précédemment fait de très bonnes affaires avec la famille puisqu’elle était installée dans des locaux voisins que mon père et son frère leur avait vendu et plus tard ils avaient aussi acheté la maison de mon grand-père qui était voisine de leur agence pour en faire des bureaux. Nous étions des voisins bons pigeons.

 D’autres biens immobiliers, dont nous avions hérités par donation, ont aussi été vendus par l’intermédiaire de cette agence comme un immeuble situé dans la périphérie d’Alençon composé de deux commerces :  l’ancienne succursale de mes parents et un fleuriste, de deux appartements et de deux grands jardins; l’un des commerces était loué à une société d’informatique; le directeur de l’agence et le locataire nous ont fait une proposition d’achat très sous évaluée le locataire argumentant qu’il voulait s’agrandir et que si on ne lui vendait pas l’ensemble, il allait rompre son bail et que l’on ne trouverait pas à relouer. Il nous a convaincu et nous lui avons cédé l’immeuble pour une bouchée de pain, découvrant ensuite que, non seulement il ne s’est pas agrandi, mais qu’il a fait construire des maisons dans les jardins attenants et qu’il a reloué les deux commerces et les deux appartements. Vilain menteur et belle arnaque ! Je m’étais occupé de cette vente et je le reconnais je ne suis pas doué pour les affaires. 



Vacances encore
1 décembre, 2018, 10 h 46 min
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Plus tard nous sommes allés aux sports d’hiver au début à l’hôtel, mais rapidement mes parents ont acheté un appartement dans un grand chalet à Morzine-Avoriaz dont nous avons tous largement profité pendant plus de 30 ans.  Une fois en retraite mes parents y séjournaient aussi en été avec le plus souvent les enfants de ma sœur. Je n’y suis passé qu’une fois en été avec ma famille nombreuse et nous avions prévu de camper dans la vallée près d’une rivière mais surpris par un très fort orage nous avons dû abandonner le camping qui était sous l’eau et nous tasser au sec dans la salle de séjour de l’appartement ce qui a effrayé mes parents mais ne nous a pas posé de problème. Avec mes 5 garçons nous étions habitués à loger n’importe où et n’importe comment. 

Mes parents avaient acheté une maison de campagne, lai lieu dit La Perruche, à quelques km d’Alençon mais dans la Sarthe. Ils l’avaient fait rénover non sans mal et elle leur permettait de passer les dimanches à la campagne, d’y organiser des réunions de famille en accueillant leurs amis dans de bonnes conditions. précédemment les réceptions se déroulaient faute de place dans le laboratoire de la charcuterie. Plus tard ayant aménagé le grenier il était possible d’y passer la nuit et donc le week-end. J’y ai peu séjourné car j’étais déjà parti en Algérie, par contre mon frère en a beaucoup profité ! D’un autre côté il s’occupait de l’entretien des pelouses et des fleurs qui garnissaient un pressoir en granite que mon père avait acheté et fait installer sur la pelouse en face de la maison. Grâce à cette propriété sarthoise de Saint Rigomer des Bois, nous avons pu nous marier religieusement ma future femme et moi dans une petite chapelle proche de la maison et que nous avions fait rouvrir pour l’occasion. Ma femme a ainsi pu se marier dans son département de naissance, la tradition était respectée.

Dans l’appartement où nous vivions au dessus de la charcuterie mes parents ont progressivement réalisé des transformations afin d’améliorer le confort, une vraie salle de bain avec baignoire fut installée sur la terrasse jouxtant la chambre de mes parents. De l’autre côté du palier un cabinet de toilette fut transformée en salon et la chambre dite du devant (celle donnant sur la grande rue) fut refaite, disposant d’un petit cabinet de toilette étrange car la porte était inclue dans la tapisserie. Au second étage il y a eu d’abord une chambre dortoir pour les vendeuses et un grenier il fallait le traverser pour accéder à une chambre dans laquelle j’ai logé et une porte sur la droite permettait d’accéder à un escalier commun avec le commerce de vêtements voisin ce qui permettait d’accéder à un troisième étage où une autre chambre a permis plus tard de loger les vendeuses. Il y avait une ambiguïté dans la mesure où ces dernières devaient traverser ma chambre pour gagner la leur. Mais j’habitais alors à Caen et je n’occupais cette chambre que le week-end quand les vendeuses n’étaient pas là, la morale était sauve !



Le cochon c’est bon … pour la santé !
24 novembre, 2018, 13 h 00 min
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Les repas étaient essentiellement à base de cochon, les frites étaient cuisinées au saindoux et ma mère préparait de temps en temps un dessert typiquement normand, une teurgoule. Si au début de l’école primaire, un apprenti qui a ensuite fait toute sa carrière  chez mes parents devenant chef, m’accompagnait à l’école tous les matins, le soir je rentrais seul en m’éclairant avec une lampe de poche, car la rue du Cours n’était pas encore éclairée et les trottoirs non goudronnés et plein de cailloux. De temps en temps je passais à la papeterie en face du magasin de mes parents afin de me procurer le matériel scolaire indispensable. L’avantage c’est que comme chez la plupart des commerces de la rue, hormis le bistrot, mes parents avaient un compte aussi je n’avais pas à payer, je pouvais ainsi m’acheter des chaussures ou des vêtements mais pas de jouets, dommage. Ils avaient réinventé le troc au détriment du fisc.

Leurs conditions de travail étaient satisfaisantes dans la mesure où mon grand père, précédemment très actif au sein du syndicat de la charcuterie, avait obtenu la fermeture du dimanche et trois semaines de congés l’été. En plus le magasin était en partie fermé le lundi après midi ce qui permettait à ma mère de se rendre dans sa maison de campagne. Au mois de juillet nous partions en vacances, en fait les premières années, nous allions à la Bourboule pour que je suive avec ma sœur une cure afin de réduire nos problèmes de sinusite. J’ai le souvenir de deux jouets : un bateau à moteur que je faisais naviguer sur un grand bassin près de la poste et un avion à hélice mu par un élastique que l’on devait enrouler et que je faisais voler avec succès dans un grand parc, le Parc Fénestre.

Ensuite, tous les mois de juillet nous avons visité la France changeant de région chaque été, non sans problème car, comme mon jeune frère, j’étais malade en voiture ce qui rendait les voyages difficiles. Nous sommes allés en Bretagne à Bénodet, puis en Alsace Lorraine séjournant à Gérardmer, dans le sud à Perpignan puis le sud-ouest à Luchon, puis à Ascain et plus à l’est à Serre-Ponçon. Dans tous ces lieux mes parents louaient des chambres en demi pension dans des hôtels de catégorie moyenne, le midi c’était le plus souvent piquenique et le soir restaurant, afin que ma mère profite de ses vacances.

Ensuite je n’ai plus accompagné mes parents préférant rester à Riva-Bella sur la côte normande avec mes copains et aller à la pèche dans la journée et le soir au casino. Mais plus jeune,  tous les étés nous passions le mois d’août à la mer, dans la villa avec mon frère et ma sœur, lorsque nos parents avaient repris le travail, gardé par nos grands parents paternels. Nos parents nous rejoignaient le week-end, le samedi soir tard dans la nuit après avoir fermé leur magasin et repartaient le dimanche soir. Traditionnellement le repas du dimanche midi était consacré aux moules marinières que je nettoyais avec mon père, et c’était du boulot car elles étaient couvertes de balanes qu’il fallait enlever par grattage (cette corvée à disparue, les moules sont maintenant vendues prêtes à cuire par les mytiliculteurs).

Nos parents nous emmenaient aussi de temps en temps à Paris afin d’aller au spectacle, Cirque d’Hiver, théâtre, mais surtout opérettes dont notre mère était friande. J’en ai vu beaucoup au théâtre Mogador souvent avec « Les compagnons de la chanson » ou avec Marcel Merkès et Paulette Merval, comme « Violettes Impériales » ou « L’auberge du cheval blanc » ! C’était d’excellents week-ends, nous allions en train passant par Le Mans (électrique) ou par Surdon (à vapeur) puis séjour à l’hôtel, toujours le même, mais dont j’ai oublié le nom et surtout nous mangions dans des restaurants self-service qui commençaient à apparaître, ce qui permettait de manger rapidement, le rêve pour des enfants. Ils m’ont ainsi donné le goût des spectacles et j’ai continué toute ma vie à aller au spectacle à Paris, (je suis snob !), moins maintenant car le trajet en voiture et la circulation dans la capitale me soucie. Il faudrait pas vieillir.



Le quotidien
17 novembre, 2018, 19 h 03 min
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La vie de mes parents comme chez tous les commerçants a toujours tourné autour de la charcuterie qui rythmait leur vie. Il fallait ouvrir le magasin tous les matins vers 8 h après l’avoir approvisionné dès l’aube. Mon père devait se lever tôt avant 6 h afin d’être présent à l’arrivée du personnel et lancer la fabrication. Les plus jeunes étant logés sur place dans un dortoir proche du laboratoire, les garçons d’un côté et les vendeuses, dans une autre partie de l’immeuble ainsi la morale était sauve. Seuls les employés mariés vivaient à l’extérieur, mais tous le monde était sur le pied de guerre à l’heure de l’ouverture du magasin sous l’œil vigilant de ma mère. Charcuterie renommée, le magasin ne désemplissait pas et les vendeuses avaient fort à faire.

De l’autre côté au laboratoire officiaient le chef, les commis et les apprentis qui suivaient encore une scolarité en vue de l’obtention d’un CAP. Ces derniers étaient donc à mi-temps au laboratoire et étaient seulement nourris et logés sans contrepartie financière hormis quelque argent de poche. Lorsque j’ai été plus âgé, le soir, je jouais souvent au football avec eux dans la ruelle derrière le laboratoire. En contre partie, j’intervenais aussi au laboratoire à la demande de mon père le jeudi, épluchant des kg de champignons ou d’oignons, voire faisant la vaisselle dans une petite cour glaciale ou triant les rillettes à l’oie encore chaudes afin d’éliminer les petits os.

Comme personnel il y avait en plus une femme de ménage et une cuisinière. Les repas se prenaient en commun dans la grande cuisine avec tout le personnel placé par ordre hiérarchique après le patron la patronne et les enfants dont je faisait partie, puis les vendeuses et la cuisinière enfin le chef, les commis et les apprentis; cela faisait une grande tablée de plus d’une douzaine de personnes en fonction du nombre d’apprentis.

C’était très paternaliste comme fonctionnement. Mais après quelques années, mes parents ont fait mettre une cloison afin d’avoir une salle à manger indépendante. Ainsi nous n’avons plus jamais mangé avec le personnel et c’était aussi bien pour nous comme pour eux. Ce que n’appréciais pas dans ces repas, c’était qu’ils débutaient toujours par une assiette de soupe très épaisse, riche en pain et qui avait mijoté toute la journée sur le bord de la cuisinière à charbon, l’Aga; cette soupe était un véritable étouffe chrétien et je refusais d’en manger, ce qui posait des problèmes avec ma maman, car j’étais un mauvais exemple pour le personnel d »autant plus que j’avais proposé une hypothèse qui n’avait pas fait un succès en disant que le but de cette soupe était de couper l’appétit du personnel afin qu’ils consomment moins de la suite du repas. Déjà rebelle, on était pourtant encore loin de mai 68 !



La conserverie et les rillettes
10 novembre, 2018, 15 h 49 min
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Dans cette installation semi-industrielle, il y avait aussi une conserverie avec une sertisseuse et un gros autoclave à gaz avec un palan pour soulever le couvercle, et un rail fixé au plafond pour amener les grands bacs grillagés contenant les conserves à stériliser; dispositif impressionnant qui datait d’avant la guerre et qui avait été installé par mon grand père pour proposer aux paysans les jours de marché  la stérilisation à façon de leurs bocaux de légumes.

Une activité florissante et que j’ai encore vu fonctionner dans les années 1950/1960. Les bocaux numérotés à l’aide d’une petite plaquette en métal dont le double était donné au client (comme maintenant dans les pressings) étaient soigneusement rangés dans un grand panier à autoclave placé sur un monte charges  qui l’emmenait ensuite à l’étage au dessus où était situé l’autoclave; un palan monté sur des rails permettait ensuite d’acheminer le panier jusqu’à  l’introduire dans l’autoclave. Les clients pouvaient ainsi venir rechercher leurs bocaux stérilisés à la fin du marché. Ce petit bizness  a ensuite disparu avec l’avènement de la cocotte minute.

Par contre la conserverie avec la mise en boite de rillettes et de pâté de foie, leur sertissage et leur autoclavage et l’expédition de rillettes et de pâté de foie mais aussi de boudin noir et de boudin blanc sur Paris s’est prolongée encore longtemps puisque que j’y ai participé et mon jeune frère aussi, en chargeant les cartons dans la camionnette 2CV et en les emportant à la gare d’Alençon pour les transférer ensuite dans le wagon.

Nous fournissions ainsi une bonne vingtaine de charcuteries parisiennes et un représentant de commerce gérait les commandes. Le transport se faisait de nuit dans un wagon, dit réfrigéré, d’un train de marchandises. En fait la réfrigération se limitait à quelques ouvertures circulaires sur le toit du wagon munies d’ailettes qui tournaient avec le vent et renouvelaient l’air de l’intérieur. C’était pour le moins rustique mais à l’époque cela suffisait au bonheur de la SNCF et au nôtre; c’était suffisant dans la mesure où seul des produits frais étaient transportés et en Normandie les nuits sont fraîches.

 


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